Motion de censure: C’est Raymond Bachand qui paiera la facture

Jean Charest est passé maître pour neutraliser ses adversaires qui pourraient lui faire ombrage dans son propre parti. On l’a vu avec les Pierre Paradis, Yves Séguin, Monique Jérôme-Forget et Philippe Couillard et d’autres. Hier, il a scellé la carrière de Raymond Bachand.

Désormais, quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, Raymond Bachand ne recevra aucune écoute de la population. Il propose d’équilibrer le budget d’ici quelques années? On lui dira de commencer par s’attaquer à la colonne des dépenses et on lui rappellera que le Québec a été le seul État à offrir des augmentations de salaires à sa fonction publique en plus d’avoir augmenté le nombre de fonctionnaires depuis l’arrivée des libéraux.

Il proposera de corriger la façon dont on paie les services publics en ajustant la tarification? On lui rappellera qu’il ne livre pas le 62% de coupures de dépenses auquel il s’était engagé.

Et puis, Jean Charest et le Parti libéral du Québec lui auront scié les deux jambes une fois pour toutes hier. En refusant catégoriquement une enquête sur l’industrie de la construction, une industrie qui coûte des milliards de trop aux Québécois, Jean Charest a rendu impossible la tâche du ministre des Finances.

Non seulement Bachand aura-t-il contre lui toute la communauté des quémandeurs de fonds publics, il aura aussi contre lui une bonne partie des réformateurs qui ne demandaient qu’une chose avant d’appuyer des mesures correctives: que l’État fasse sa part, qu’il démontre sa bonne foi en résistant aux lobbies d’affaires et syndicaux et qu’enfin, il se saisisse de l’urgence de la situation financière du Québec.

Hier, Jean Charest a démontré qu’il n’en a rien à cirer et le caucus libéral a démontré leur toute-impuissance. Le PM croit toujours que le temps jouera pour lui.

Malheureusement pour lui, il faut être à l’extérieur de la politique partisane pour réaliser que la cloche a sonné. Et malheureusement pour le Parti libéral du Québec, on écrira plus tard que le refus d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et le financement des partis politiques aura été la dernière ronde.

Enfin, malheureusement pour nous, Jean Charest n’aura pas aucun incitatif pour agir comme l’agent de changement dont le Québec a besoin.

13 réflexions sur “Motion de censure: C’est Raymond Bachand qui paiera la facture

  1. Très bon texte Mme Marcotte, Jean Charest aura été le fossoyeur du PLQ comme il l’a été pour le défunt Parti progressiste-conservateur du Canada. Partout ou il passe, Jean Charest laisse derrière des ruines et la désolation. Ce piètre premier ministre avait été élu en 2003 avec un programme réformateur et il nous a berné. Depuis 2003, celui-ci représente très bien les forces du statut quo et son règne aura été l’un des pires de l’histoire de notre province.

    P.s : Je viens de devenir un participant actif du RLQ. C’est ma contribution et il faut que la droite continue d’avancer et le RLQ fait un travail remarquable, surtout vous Mme Marcotte et Éric Duhaime.

  2. Il aurait fallu écrire « quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise » mais le temps doit vous manquer pour faire les corrections.
    On verra avec le temps, si vous avez raison. L’élection de lundi devrait donner une certaine indication. J’ai l’impression que la partipation serait très faible. PLQ ou PQ rien de bien stimulant, à mon sens.

  3. « …on lui rappellera que le Québec a été le seul État à offrir des augmentations de salaires à sa fonction publique ». Cela s’appelle une demi-vérité.

    Contrairement à vous, je crois que l’agent de changement dont le Québec a besoin est à gauche de Charest, pas à sa droite.

  4. Merci pour la belle analyse Madame Marcotte.

    Je viens de trouver cet article d’une très grande rigueur sur le climatgate.

    La vie n’est plus sacrée!

    http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/nathalieelgrablylevy/archives/2010/11/20101125-035308.html

    …Or, toutes les activités humaines produisent du CO2, même le simple fait de respirer. Entre lutter contre les émissions de CO2, et s’attaquer à l’Homme, le glissement est donc facile. D’ailleurs, un nombre grandissant de voix s’élèvent à présent pour dénoncer la surpopulation terrestre et défendre la nécessité d’un contrôle démographique par de multiples moyens, allant de la limitation des naissances à l’avortement forcé, en passant par la stérilisation. Le plus inquiétant, c’est que le contrôle démographique n’est plus appuyé que par quelques marginaux fanatiques, mais bien par des personnes respectées et influentes, dont Bill Gates et David Rockefeller.

    Jusqu’à tout récemment, rien n’était plus sacré que la vie humaine. Partout et par tous, elle était célébrée, défendue et protégée. Aujourd’hui, certains ont réduit l’être humain à un vulgaire parasite dont l’existence menace l’environnement, un cancer à combattre. On disait que la vie n’avait pas de prix. Maintenant, on la mesure à son empreinte carbone.

    Assisterons-nous un jour à des génocides au nom de l’environnement? Qui sait! L’Histoire nous a montré que l’homme est capable du meilleur comme du pire. Voici néanmoins ce qu’on peut lire dans un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA): «L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable». Plutôt inquiétant, non?

    • Et le pire, c’est qu’avec les stratégies syndicales habituelles, ça ne va aller qu’en augmentant. Des gardiennes d’enfants syndiqués à $20/heure, des caissières à la SAQ à salaire semblable. Lets go! Y a pas de limites au Québec. Au train où les syndicats mettent la main sur les fonds publiques sous peu c’est de 100% de la péréquation canadienne dont le Québec aura besoin…

  5. Pingback: lacapitaleblogue.com | links for 2010-11-25

  6. Bonjour,
    Un gouvernement n’est pas l’affaire d’un seul homme.
    M Charest ne prend pas seul les décisions.
    Il y a de nombreuses personnes autour de lui.
    On a beau frapper sur un homme mais il faudrait se regarder toutes et tous sur la façon dont nous utilisons l’économie.
    Dans un monde idéal, de perfection la vie serait probablement une platitude. On doit corriger les problèmes que tu sois au pouvoir ou pas. Il n’y aura aucun gouvernement qui pourra satisfaire tout le monde.
    Je lis ou j’écoute parler les gens qui critique négativement les personnes qui défend les travailleurs et travailleuses par l’entreprise d’un syndicat. C’est comme ci le syndicat n’apporte rien de bon. Les gens parlent sans connaître la réalité. Je crois qu’être dirigé par une entité syndicale devrait être mojns pire qu’un gouvernement. Dans un syndicat, tout le monde est mis à contribution. Même nos cerveaux de la population canadienne. Il y a de bons syndicats et des moins bons. On ne peut pas comparer un syndicat de la construction à un syndicat des employés d’un hôpital par exemple.Tout les syndicats tentent d’améliorer les difficultés que rencontre les travailleurs. Dois-je comprendre que vous aimeriez que les direction des ressources humaines (cadres) prennent le grand contrôle sur les travailleurs ? Ce serait l’anarchie !! Il y a de la place pour différents groupes de défenseur ou différents groupes de décideur.

  7. Madame Marcotte, c’est un excellent texte que vous avez écrit et vous cernez très bien la personnalité de Jean Charest. Ayant connu ce dernier alors que je militais avec le parti Libéral, je trouve peut-être fort de le qualifier de tendance vers la dictature mais lorsqu’on constate que quelqu’un veut avoir les deux mains sur le volant afin d’être le seul à bord, je crois qu’il faut se poser des questions. Mais le plus important pour le Québec serait de se débarrasser de Jean Charest et comment peut-on le faire ? Nous avons beau critiquer et d’émettre de nombreuse hypothèses mais seul l’élection d’un autre parti politique pourrait nous fournir la solution et je ne crois pas que ce soit avec le Parti Québecois et Pauline Marois que nous pourrions améliorer le Québec. Il nous reste Québec Solidaire et l’ADQ. Comme je ne suis pas socialiste ou communiste, je pense que nous devons travailler à renforcer l’ADQ qui serait le seul parti qui pourrait renverser Jean Charest et ainsi permettre au Québec d’espérer des jours meilleurs. Entretemps, je fais comme vous et je suis à la tête d’un groupe (réseau) dans ma région qui continuons nos réflexions politiques sur l’avenir du Québec.

  8. Vous parlez de Yves Séguin et de Philippe Couillard…
    Ils ont adhérer à la politique dans une vision qui était plus à droite à l’époque. Ces deux ministre était selon moi des piliers du PLQ. Avec la promesse de réingénierie de l’état, le PLQ avait gagné mon vote.

    Quel déception… De plus, ils se sont fait mettre à la porte (quoi qu’on en dise…). Divergense d’opinion, changement de ligne du parti, allez savoir !

    Reste que si quelqu’un avait l’audace de les repêcher dans un futur parti, j’en serait fort heureux !

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