Budget 2013-2014 : Éviter une décote d’ici la prochaine élection

ÉVITER UNE DÉCOTE ET SE DONNER DU TEMPS

On raconte que le premier budget Marois-Marceau du Parti québécois répond aux marchés financiers. Qu’il est le résultat d’un choc qu’ont à subir les gouvernements lorsqu’ils prennent place autour d’une table avec les fonctionnaires du ministère des Finances.

Ainsi donc, les citoyens devront encore une fois apprendre à la dure: les politiciens peuvent dire n’importe quoi en campagne électorale, il reste que notre modèle socio-économique est épuisé. Le seul but de ce budget? Ne pas être décoté avant les prochaines élections. Réussiront-ils? Plusieurs en doutent.

FACILITÉ ET HYPOTHÈSES FRAGILES

Ce que le Parti québécois a fait, c’est ce que les gouvernements font de mieux: ajouter à la colonne des revenus. Encore une fois, le PQ verse dans la facilité: augmenter les impôts, les taxes, et les taxes sur la masse salariale des entreprises. Habile mais pernicieux comme approche. En effet, on augmente les impôts et les taxes qu’il est politiquement incorrect de contester (Impôts des plus riches, taxes sur les cigarettes et l’alcool). Ces hausses de taux et de taxes donneront-elles les résultats escomptés? Il est légitime d’en douter.

Selon un grand nombre d’analystes et de commentateurs, le budget repose également sur des hypothèses "fragiles". Les gens sont polis. En réalité, ce qu’ils veulent dire, c’est que ça n’a pas de sacré bon sens. Selon J.-Jacques Samson du Journal:

Comme leurs prédécesseurs libéraux, Nicolas Marceau et le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, pèchent en voyant la vie en rose sur le plan des dépenses. Les cibles de croissance des dépenses de 1,8 % pour 2013-2014 et de 2,4% pour l’exercice suivant ne sont pas crédibles. La moyenne depuis 2003 est de près de 5,5 %.

Par ailleurs, les deux tiers des dépenses sont des salaires. Les conventions collectives prévoient déjà des augmentations qui pourraient atteindre 3,25 % en 2013-2014, en incluant la «clause PIB». Les coûts de la santé qui accaparent près de 50 % du budget continueront de croître de 4,8 %. Les cibles de croissance des dépenses avancées hier supposent des vagues de compressions aux autres postes budgétaires jamais réalisées, de mémoire de journaliste.

LEÇONS À TIRER DU BUDGET

  1. En campagne électorale, on peut dire n’importe quoi et les gens croient ça. On peut dire qu’on va abolir la taxe santé, le fonds des générations. On peut dire qu’on va poursuivre le gel des tarifs d’électricité et hausser les redevances des minières. Rien de ça n’est dans le budget.
  2. Les partis politiques soignent leurs clientèles privilégiées. Oui, hier, les étudiants ont gagné. Big time, comme dirait le professeur Robert Bernier. Les éducatrices en garderies aussi.
  3. Aucun parti politique ne remet en cause les fondations du modèle québécois et n’a de vision long terme pour améliorer la productivité, augmenter le niveau de vie des québécois et créer un environnement où le contribuable en aurait pour son argent.

L’AVEUGLEMENT TRANQUILLE

Encore une fois, aucune réflexion ne porte sur les fondations sur lesquelles repose notre économie. Et pourtant, ces fondations méritent drôlement l’attention.

  1. L’endettement chronique
  2. Les investissements publics (vs. la faiblesse des investissements privés)
  3. Un régime fiscal complètement inefficient (beaucoup d’impôt, beaucoup de taxes, beaucoup de taxes sur la masse salariale des entreprises, culture de la gratuité et de la déresponsabilisation - tarifs trop bas)
  4. Péréquation qui vient du reste du Canada

À PROPOS DES PARTIS D’OPPOSITION

Enfin, je ne peux pas dire que je comprends la réaction des partis d’opposition, sauf celle de Françoise David qui demeure totalement cohérente.

LE PARTI LIBÉRAL DU QUÉBEC SE DÉFILE

Le PLQ – Le Parti libéral dit qu’il va voter contre le budget mais ne renversera pas le gouvernement pour autant. Eille! Un vote pour ou contre un budget, c’est un vote de confiance. Faites-vous confiance, oui ou non, au gouvernement du Parti québécois? Si vous votez contre, assumez votre décision et soyez tous en Chambre le jour du vote.

Si vous voulez mettre en sursis le gouvernement, c’est que vous lui accordez votre confiance pour quelque temps. Assumez-vous et votez POUR le budget. Mais de grâce, ne parlez pas des deux côtés de la bouche.

LA CAQ: LE PARTI AVANT LE QUÉBEC?

LA CAQ – Le porte-parole Christian Dubé a bien expliqué les raisons pour lesquelles la CAQ votera contre le budget. Un beau travail. Mais là où ça se gâte, c’est lorsque François Legault dit que la CAQ va voter contre le budget parce que "le PQ ne respecte pas ses promesses". Eille! C’est une bonne chose que le PQ ne respecte pas ses promesses, OK?

Par ailleurs, cette idée de refuser de renverser le gouvernement pour ne pas s’allier au PLQ est complètement disjonctée. De un, le renversement du gouvernement ne provoquerait pas nécessairement une élection. Et de deux, le renversement du gouvernement du PQ n’obligerait pas nécessairement une coalition entre le PLQ et la CAQ.

Tout ce que cela prend, c’est qu’un des deux partis obtienne la confiance de la chambre. Et en ce sens-là, une question légitime se pose. Quelle est la pire des situations?

MA PEUR

Que le PQ, étant donné qu’il n’a pu totalement plaire à sa base, mette le pied sur l’accélérateur sur les volets identitaires: guerre de drapeaux, interdiction à des adultes de fréquenter des cégeps anglais, niaisage d’affichage des noms des compagnies multinationales.

Ça, c’est ce qui s’en vient mes amis. Si le PQ ne peut donner des bonbons à sa base socialiste, ce sera pleins feux sur les questions nationalo-identitaires. Beau niaisage en perspective.

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9 réflexions sur “Budget 2013-2014 : Éviter une décote d’ici la prochaine élection

  1. La décote va venir – le Québec ne peut pas imprimer des dollars – alors c’est ça la limite – la Grèce s’est endetté à ce niveau parce qu’elle a emprunté à des taux bas sur la carte de crédit de l’Allemagne- l’héroine ça tue – et bien les taux bas ça tue aussi – y a pas un politicien qui coupe – ça n’existe pas – les marchés financiers – ceux qui prêtent – ils sont pas plus brillants – qui voudraient prêter à un dead beat comme le Québec ou la Grèce? – mais ils le font – la différence c’est que ce sont eux qui tirent la plug (la plupart du temps trop tard on l’a vue en 2008) et on t’enlève le bol de punch – tu coupes (et ça veut dire de la masse salariale – exemple: les infirmières…) et tu coupes vraiment sinon tu ne fais pas bouger l’aiguille. Pour ceux qui crient au meurtre à cause des méchants marchés financiers – ça ne fait pas de différence – si tu fais défaut de paiement et inflige des pertes à tes créanciers – tu ne peux plus emprunter et ta gangs de dépendants ne seront pas contents – ou tu accepte de couper – tu ne fais pas des contents chez les dépendants – à la fin – ce sont les dépendants de l’état qui perd – tout le temps – ils ne vous restent pas grand temps pour apprendre à vous débrouiller par vous mêmes….

    • J’prendrais un combat Bachant / Marceau n’importe quand!

      Peu importe la couleur politiqu, ce n’est plus l’idéologie ni les promesses qui gère le budget, c’est les créanciers de NY qui on vraiment le contrôle sur les cordons de la bourse. Ce qui reste de marge de jeu est borderline insignifiant tant qu’on attaque pas le vrai problème.

    • TI_JEAN est tellement péquiste qu’il ne comprends pas que nos politiciens ne veulent qu’une chose:LE POUVOIR SUR NOUS.

  2. Vos craintes vis-à-vis la question identitaire ne sont que par rapport à des "plasters" sur un mal identitaire qui ronge les Québécois depuis très longtemps. On ne peut pas balayer sous le tapis la question nationalo-identitaire comme si elle n’existait pas; l’économie ne peut pas remédier à la question identitaire ni les entités pseudo-objectives et fédéralistes comme l’Idée fédérale.

  3. Le budget du caméléon !…

    Revenus…
    Hausse de l’impôt des particuliers.
    Hausse de l’impôt Hydro Québec.
    Hausse de taxes à la consommation.
    Hausse de la taxe santé.

    Dépenses…
    Pas de gel de salaires à la santé
    Pas de gel de salaires à l’éducation.
    Pas de gel de salaires à la fonction publique.
    Pas de gel de la taille des CPE de la CSN.
    Pas de gel de l’impôt médicament.
    Pas de gel du BES parental.

    On croirait lire un budget du député libéral, Raymond Bachand.
    251 789 votes de plus au PQ, n’ont pas voté pour ça.
    Une arnaque électorale, évidente.

    CH

    • Aucune arnaque. Il faut mentir pour se faire élir, ensuite fait ce que tu veux… ou peux dans ce cas ci. Il faut que la population au complet se réveille sur ce point.

      NY, nos propriétaire, nous ont à l’oeil. Une décote c’est des centaines de millions par année en intérêts supplémentaire… si ce n’est pas 1 MM de plus par année.

  4. La CAQ parle de « fausse représentation ».

    Le budget péquiste augmente la taxe santé de 200 $ à 1,000 $, pour certains électeurs. Plutôt que de l’abolir pour tous les électeurs, tel promis durant la campagne électorale.

    251 789 électeurs de plus au PQ, ont voté pour l’abolition.

    Comment voulez-vous combattre la collusion, la corruption, les cartels soutenus par la mafia dans l’industrie de la construction, quand il y a dans la classe politique, à Québec, un parti et des politiciens qui exploitent le public par des fraudes, appelée fausse représentation.

    Il faudrait présenter une motion de blâme pour fraude, contre le PQ, à l’Assemblée Nationale.

    SP

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