Observations sur l’observateur: réponse à Bock-Côté

Dans son dernier blogue, Mathieu Bock-Côté « observe » (plutôt juge) encore une fois ce qu’il appelle une « certaine droite ».

Selon lui, cette « certaine droite » accueillerait avec un plaisir malsain les constats révélés par  le dossier « Québec dans le rouge » du Journal de Montréal cette semaine. Elle s’imaginerait avec plaisir les coupes à venir et « dégobille » (c’est son expression, bien sûr) sur le « petit Québec trop imbécile pour avoir entendu ses avertissements ». Plus encore, cette « certaine droite » jouirait à l’idée de l’effondrement de l’État social et souffre évidemment d’une carence de patriotisme.

Reprenant l’expression le « p’tit Québec », j’imagine bien que Bock-Côté me compte dans les rangs de cette « certaine droite ». Il ne me nommera pas bien sûr, question de se garder une porte de sortie, mais à voir le titre de mes blogues, on ne s’y trompe pas. Peut-être compte-t-il également Mario Dumont qui se désole (oui, se désole comme nous tous, et non pas « se réjouit ») du déni dans lequel baigne le Québec.

Peut-être compte-t-il également son collègue Joseph Facal? Lui qui avouait dans une récente chronique insister pour que ses jeunes apprennent trois langues afin de leur « donner un maximum de chances d’avoir une place à bord des canots de sauvetage ». Cet ancien président du Conseil du trésor n’a-t-il pas été un des premiers à rompre avec la langue de bois et à dénoncer ce fameux « modèle québécois » qui est arrivé au bout de sa vie utile?

Bock-Côté fait le procès d’intention des gens qui avouent éprouver une certaine honte de constater l’état de dépendance dans lequel se trouve une partie de la population québécoise vis-à-vis les transferts fédéraux et la péréquation. Partageant l’agaçant défaut de la plupart des nationalistes, Bock-Côté en déduit que cette certaine droite « cultive à l’endroit du Québec une profonde aversion ». Dans l’univers des nationalistes tels que Bock-Côté, voyez-vous, il n’y a que le collectif qui existe. Critiquer un Québécois ou un gouvernement, c’est critiquer tout le Québec. Commode, non?

Le P’tit Québec, je vais te le définir, Mathieu. C’est celui qui nous parle avec grandiloquence, de notre fierté, de notre grandeur, de notre passé glorieux, d’un pays à venir. Mais c’est du même coup celui dont tous les gestes objectifs (politique de la Charte, interventionnisme économique, accointances syndicalo-étatistes) ne sentent que la petitesse, la mesquinerie et la combine politico-économique.

Ma définition du patriotisme n’est certainement pas la même que celle de Bock-Côté. La mienne ne se nourrit pas d’une rente de l’État ou de sa protection. Mon patriotisme a produit un film, un bouquin et des efforts constants pour prévenir les Québécois de la déroute.

La « certaine droite » dont parle Bock-Côté trouverait le peuple imbécile, selon lui.  On parle ici d’un « observateur » qui associe le Bye Bye à la tyrannie médiatique (?????), qui considère que le peuple québécois, comme réalité collective, ressemble de plus en plus à de l’histoire ancienne ». De quelqu’un qui juge avoir le droit d’interdire à de jeunes adultes de fréquenter un cégep de langue anglaise.

Mathieu Bock-Côté? L’homme qui juge que toutes les librairies ne se valent pas. Les vulgaires grandes surfaces qui rendent de fiers services aux familles de classe moyenne ne se qualifient pas bien sûr. C’est aussi l‘homme qui est à la recherche du lecteur perdu: « Car le lecteur n’est pas seulement un homme qui lit. C’est un homme qui sait que la lecture n’est pas une activité ou un divertissement parmi d’autres. Qu’elle vient avec un rituel. » Cours de lecture 101 de Mathieu Bock-Côté, et oubliez le iPad, indigne du véritable lecteur.

Bock-Côté en voyage à Prague? L’homme qui parle de « tourisme sauvage« , de « badauds qui défigurent la ville. Un succulent extrait ici:

« Une étrange formule m’est venue lorsque j’y étais : le tourisme de masse ne représente-t-il pas l’armée pacifique, mais invincible de la mondialisation qui impose partout ses codes et ses façons de faire? Prague n’était-elle pas sous «occupation touristique»? N’y a-t-il pas quelque chose comme un colonialisme touristique qui écrase les peuples?

Ne riez pas. C’est du sérieux… C’est quoi déjà cette fameuse citation de René Lévesque: « Je me méfie des gens qui affirment aimer le peuple, mais qui détestent ce que le peuple aime. »

Bref, je ne me réjouis nullement, Mathieu, que la dernière décennie d’avertissements et de S.O.S. n’aient servi à rien. Ce que tu lis, Mathieu, ce n’est ni de la joie, ni des plaisirs malsains. C’est de la colère et un profond sentiment d’impuissance. C’est un sentiment de résignation qui vient avec le constat qu’il est trop tard pour que l’initiative du redressement vienne des Québécois eux-mêmes.

Et ça, le véritable patriote n’a d’autre choix que de s’en désoler et d’éprouver une certaine honte. Alors au lieu de faire des procès d’intention d’une « certaine droite », il serait peut-être plus utile de t’interroger, toi aussi, sur la part de responsabilité que portent le mouvement souverainiste et  le Parti québécois dans le retard des Québécois à reconnaître l’inévitable.

Vous étiez où, souverainistes et indépendantistes, cette dernière décennie, lorsque des signaux de détresse commençaient à se faire entendre? Je vais vous le dire. Vous n’étiez nulle part.

35 réflexions sur “Observations sur l’observateur: réponse à Bock-Côté

  1. Bravo! Joanne, je réagis régulièrement sur le blogue de Mathieu Bock Côté..

    Ce jeune homme est en plein délire. Il nourrit son esprit des Alain K Finkielkraut, cet agité de l’identitaire qui boude l’Internet et, de celui de Jacques Ellul, ce penseur trop souvent négligé selon MBC. et dont la réflexion sur la civilisation technologique est indispensable, dit-il! Un retour à une vie primitive, ni plus, ni moins…

    En d’autres mots il vomit la modernité! Ses lubies ne mériteraient pas qu’on s’y arrête si ce n’était le pouvoir de propagande qui est mis délibérément à sa disposition.

    Il ne pointe ni Joseph Facal, ni Mario Dumont.. Ils visent les Éric Duhaime et Joanne Marcotte, les rares chroniqueurs qui refusent la langue de bois dans ce Québec pris en otage par les purs et durs.

    Aussi érudit que puissent le croire certains, MBC se retrouve complètement dépourvu quand on le sort de sa zone de confort. Alors à court d’arguments, il frappe sur le messager.

    Mathieu Bock Côté, Joseph Facal et Éric Bédard en mènent large au PQ/Quebecor (Fondation Lionel Groulx, Action Nationale). Les cours d’histoire à être imposés dans les CEGEP à l’automne 2014 sont le produit de ces révisionnistes.

    Au printemps suivant ils seront imposés au secondaire. Le droit de vote sera pas la suite fixé à l’âge de16 ans et le référendum gagnant deviendra à portée de la main.

    Ce que je déplore c’est la convergence vers TVA des radios populistes 98,5/ 93,3/ 98,1.Les mêmes chroniqueurs qui ressassent la même cassette.

    J’aimerais qu’en ce Québec 2014 les radios se réinventent et nous offrent l’envers de la médaille, car il existe des penseurs articulés qui mériteraient aussi d’être entendus.

    Jocelyn Létourneau, par exemple. C’est l’historien qui a été tassé par Marie Malavoy quand est venu le temps de réécrire l’Histoire. MBC a refusé de travailler avec lui.

    Justement, un livre écrit par Jocelyn Létourneau « Je me souviens », « Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse », sortira en librairie en février prochain.

    La sortie de son livre sera précédée par la tenue de conférences et à Québec et à Montréal.

    J’ai écouté sur Internet quelques unes de ses conférences. Il est très actuel et il ne déforme pas l’Histoire contrairement à MBC. Il est contemporain.

    J’ai déjà écrit à Dominique Maurais pour lui suggérer de l’inviter sur son émission sans résultat.

    Les deux ennemis à abattre pour Bock Côté c’est le multiculturalisme canadien et l’historien Jocelyn Létourneau, trop cartésien pour un mythomane, peut-être?…

  2. Merci de cette réponse à MBC sur une autre attaque qu’il semble avoir lancé (encore) à tout ceux qui ne sont pas de la clique de « bien passants » de son espèce.

    Je ne m’identifie plus au Québec et plus le temps passe, plus j’ai le goût de le quitter. Pas par mépris, pas par manque de respect envers nos aïeux mais parce que j’ai perdu espoir que cette province ait la capacité de se sortir de cette folie qui nous contrait à toute fin pratique à ce pour quoi nos ancêtres se sont battus.

    Le droit d’exister individuellement; De prendre les décisions que nous croyons juste pour nos enfants afin qu’ils puissent se saisir de toutes les opportunités qui pourraient se présenter à eux; De préparer une retraite confortable pour nos parents et avec un peu de chance qu’il nous en reste un peu pour que nous puissions préparer la nôtre.

    Une vielle expression dit que l’on fini toujours par rentrer au bercail. En ce qui me concerne le port d’attache se fait de plus en plus fragile.

  3. Ce gros molasson est un lâche qui préfère la facilité. Car il est facile au Quebec d’avoir un discours comme le sien. Par contre, se battre comme tu le fais Johanne, ca demande du courage. Bravo a toi et de grace n’abandonne pas le combat contre ces idiots qui nuisent a l’épanouissement du Quebec.

  4. Non en fait je me reconnais dans le début du texte de Bock Coté. Je ressent (1) de la honte vis-à-vis mon peuple pour être aussi immature, (2) de la joie de savoir que l’idéologie étatiste gauchiste sera pointée du doigt pour la faillite de cette époque, (3) de la joie par rapport aux changements possibles à venir, et (4) de la supériorité – car je le suis par rapport aux gauchistes – pour la simple raison que je suis plus rationnel qu’eux.

    J’éprouve beaucoup de tristesse aussi…. la pente que vous nous avez creusé sera dure à remonter. Mais au moins pour l’instant j’éprouve de la joie de savoir que le pelletage de problèmes par en avant s’achève. Mieux vaut tard que jamais.

    Alors pendant que les nationnaliste-gauchistes-idéalistes-Mathieux-Bock-Cotistes vont déchirer leurs chemises et faire des manifs dans la rue en se révoltant contre les forces de l’univers pendant les 10 prochaines années, ma gang « d’une certaine droite » on aura le feu vert pour poser doucement les briques d’un Québec plus grounder et plus prospère pour les générations à venir.

  5. Que voulez-vous ce pôvre MBC obligé d’en découdre avec la racaille au Québec. Sa vraie place est sur les plateaux de la télé francaise a se laisser aller à des bons mots avec la crème de la crème intellectuelle…

  6. Pas trop certain de comprendre quel est le rapport entre le sujet du texte de Bock-Côté (une critique d’une certaine frange de la droite) et son opinion sur le lecteur perdu, notamment, dont vous citez un extrait de façon spectaculairement malhonnête. Je suis également incertain de la pertinence de l’extrait sur le « tourisme sauvage ». Que cherchez-vous à faire Joanne? Car ce texte est beaucoup plus une réaction épidermique cherchant à discréditer une personne (ce qui est d’ailleurs plutôt raté) que ses arguments. Moi qui croyait que la droite se targuait d’être rationnel, ce texte est bien plus émotif que d’autres choses, non?

    Et en terminant, vous qui citez Lévesque sur le mépris du peuple, je vous entendais récemment « dans » Maurais Live et vous disiez que pour parler aux Québécois, il était important de garder les choses simples afin qu’ils comprennent. Il me semble que vous n’avez aucune leçon à donner sur le sujet du mépris du peuple. Et que dire d’ailleurs de PierreQc en commentaire qui dit ressentir de la supériorité… oh boy!

    • Le rapport, c’est que Mathieu Bock-Côté est bien mal placé pour reprocher aux gens de voir les Québécois comme des imbéciles. Pour ce qui est de devoir dire les choses « simplement » aux Québécois, je traduisais là l’opinion qu’ont les péquistes des Québécois. C’était de l’ironie. De toute évidence, vous ne saisissez pas le second degré de mes interventions.

  7. Je suis « supérieur » aux gauchiste en déni par rapport aux finances public juste parce que je trouve que je suis plus rationnel qu’eux. Point. L’utilisation du mot supériorité venait de Mathieu et j’ai acquiessé. J’espère que toi aussi tu estime que ta façon de penser est supérieure à la mienne.

    • Pas vraiment Pierre. Je pense surtout que ma façon de penser est différente et puisque je suis très ouvert à l’idée que je puisse être dans l’erreur, j’ai de la difficulté à croire que j’aurais une façon de penser supérieure.

    • Bien répondu ! Je suis bien d’accord avec toi en général. Pour une idée spécifique on peut, par compte, statuer que la façon dont un être humain se comporte face à un problème donné est mieux qu’une autre.

      En regard au « Québec dans le rouge », on peut affirmer qu’une personne qui comprend cette mathématique depuis longtemps, fait preuve résillence et déplore l’inaction des gouvernement a un comportement plus souhaitable que personne dans le déni. Non ?

      Si on parlait des finances personnelles d’une personne que tu ne connaissais pas, tu serais d’accord. Pourquoi tu ne suit pas quand on parle de finances public? Lit cela, pour moi c’est ça le gouv. du Québec : http://affaires.lapresse.ca/finances-personnelles/train-de-vie/201401/21/01-4730882-la-misere-des-riches.php

  8. MBC est un homme brillant, un « scribomoteur » redoutable, et un adepte de la dialectique. On pourrait apprécier ses textes et énoncés s’il pouvait, un jour, sortir de sa prison intellectuelle qu’est la souveraineté politique du Québec. Pour lui, la souveraineté est une matière de foi, comme pour Parizeau et Lisée. Ce sont des personnes brillantes à tous égards, mais incapables, par choix ou conviction, de penser « outside their box ». Et comme au Québec le néonationalisme doit être social-démocrate ou d’une certaine gauche modérée, il va de soi que ne pas partager l’idéologie souverainiste fait de vous quelqu’un de droite, de rétrograde. Je trouve cela dommage d’abord pour les gens comme MBC qui limitent volontairement leur capacité de réflexion et dont la foi souverainiste est LE critère pour le regard qu’ils jettent sur la société et les Québécois.

  9. Bock-Côté a tout à fait raison dans son texte. Et oui, cette « droite » qu’il critique inclut définitivement vous, Joanne, ainsi que les Éric Duhaime de ce monde. Vous, vous n’aimez pas le Québec. Vous aimez la droite. Si certaines personnes se reconnaissent dans les valeures de solidarité qu’incarne l’État-Providence, mais qu’ils sont d’abord et avant tout profondément attaché au Québec, à sa culture et à son histoire, vous allez les vomir jusqu’au dernier. Si, des gens qui se permettent de faire du Québec Bashing toute la journée sur des stations de radios populistes se reconnaissent dans les valeures néolibérales qui sont les vôtres, vous allez les louanger.
    Être nationaliste, c’est être capable de voir au-delà de ses propres positions politiques, et voir en notre adversaire idéologique avant toute chose un membre d’une même communauté, d’une même nation. Le nationalisme rassemble, alors que votre vision ultra partisane de la société divise, et crée un climat social des plus invivable.

    Un petit mot, en terminant, sur ce Québec qui serait «dans le rouge». Ca, c’est une vision des choses. Vous savez très bien que pour chaque constat économique que vous avancez, des tonnes d’économistes vont vous dire le contraire, vont vous sortir d’autres indicateurs que vous avez évidemment négligés, vont tirer d’autres conclusions que les votres. C’est ça le débat politique en démocratie. Quand allez vous enfin comprendre que vous ne détenez pas le monopole de la vérité, mais bien une vision de la société qui, tout en étant absolument légitime, ne constitue pas une raison valable pour insulter grossièrement des gens qui n’ont pas les mêmes lunettes que vous.

    Bonne Journée

    • Le « nationalisme rassemble »? Give me a break! C’est plutôt la vision ultra-partisane des nationalo-péquistes qui divise le Québec ces temps-ci, non? Finalement, si je vous comprends, vous êtes un partisan du relativisme en matière économique. Pour vous, les chiffres ne traduisent pas une réalité, une vérité. Grand bien vous fasse. Vous faites partie du problème généralisé au Québec chez les nationalistes: le déni. Quant aux insultes, je vous demanderais de relire le texte de Mathieu Bock-Côté. Pas de leçon à recevoir ici. Au contraire. Je considère que mon texte est plus que gentil étant donné le procès d’intention à répétition que Monsieur se permet à longueur d’année.

    • « Le « nationalisme rassemble »? Give me a break! C’est plutôt la vision ultra-partisane des nationalo-péquistes qui divise le Québec ces temps-ci, non?  »

      Le nationalisme s’articule de bien d’autres façons que celle du Parti Québécois, ça m’apparait évident.

    • Bonjour « Tapageur ». Une des phrases que je retiens de l’été du 400ième anniversaire de Québec en 2008 venait d’un journaliste belge présent à Québec pour couvrir l’événement. En réponse à la journaliste de Radio-canada qui lui demandait son opinion sur le nationalisme québécois, il refusait de se prononcer, mais il a ajouté qu’en tant que Belge, pour lui, le nationalisme était essentiellement la haine des autres nationalismes. À ses yeux, c’est le patriotisme qui définissait le mieux l’attachement à son pays d’origine et d’accueil. Je l’ai trouvé brillant, et sa phrase m’est restée depuis.

    • Vous mêles nationalisme et péquisterie… Pas la même chose.

      « Vous savez très bien que pour chaque constat économique que vous avancez, des tonnes d’économistes vont vous dire le contraire,… » (sic)

      Et ces « tonnes d’économiste »s sont…???

      Parce que jusqu’ici, les économistes CRÉDIBLES du Québec se sont tous prononcés sur la question et leur verdict est sans appel: le Québec est, selon certains presque dans le mur ou pour d’autres déjà dedans.

    • Réponse à François 1, ci-haut:
      « Et ces « tonnes d’économiste »s sont…??? … Parce que jusqu’ici, les économistes CRÉDIBLES du Québec se sont tous prononcés sur la question et leur verdict est sans appel: le Québec est, selon certains presque dans le mur ou pour d’autres déjà dedans »

      Ils sont nombreux. Pour les québécois, je vous suggère notamment Éric Pineault et Louis Gill, notamment. D’autres, comme le défunt Gilles Dostaler, ou Omar Aktouf des HEC, font partis des économistes disons plus keynésiens, à des degrés variables. Puis si on va sur la scène internationale, les économistes que je dirais « de gauche » sont de plus en plus présent. Les Stiglitz, Krugman, Akerlof, Galbraith jr, Amartya Sen, Olivier Blanchard et autres, sont très loin d’être des deux de piques.

      Voyez vous, la droite à cette tendance à concevoir que « l’Économie », c’est de facto à droite. Or rien de plus faux. Des économistes de gauche, il y en a des tonnes, qui avancent parfois les mêmes constats, mais avec des solutions totalement différente. Pis rendu là, on est sur le terrain des valeures. C’est pas un combat entre le bien et le mal, entre la vérité et le mensonge, mais entre des divergences de valeures et de visions. Si on pouvait tous partir collectivement de ce point de départ, notre société ne s’en porterait que mieux.

      Dernière chose, Joanne Marcotte est tout sauf économiste. Alors elle est un peu mal placée pour venir crier panique, encore vaudrait-il qu’elle comprenne pourquoi faut crier panique…

  10. 1) Le nationalisme rassemble, oui, je le crois profondément. Car aussi en désaccord que je puisse être avec un Joseph Facal ou un Mathieu Bock-Côté, je me reconnais dans leur attachement envers une nation, envers un peuple qui n’est pas né pour un petit pain. Ce « patriotisme » manque effectivement à cette droite néolibérale qui ne carbure qu’à l’argent, qui n’a de yeux que pour un monde globalisé. Si une telle vision est effectivement légitime dans le débat publique, permettez moi (nous) de la contester, tout de même.

    2) Relativisme, peut-être. Pour vous, les chiffres traduisent une vérité, ainsi donc. Vous avez énormément de chance de détenir cette vérité divine. Mais permettez-moi d’en douter. Car voyez vous, il existe d’autre manière de regarder notre société. Cette vision exclusivement centré sur le PIB, par exemple, ne dit absolument pas tout. D’autres indicateurs (l’indice Gini et l’IDH, par exemple) nous démontre clairement que la société québécoise est loin d’être « dans le rouge ». C’est tout dépendemment avec quelles lunettes on décide de la regarder. Je vous entend déja dire que je la regarde avec des lunettes roses, et moi de vous dires que vous la regardez avec des belles oeillères. Ni vous ni moi ne sommes plus avancés pourtant.

    3) Le déni ? Give me a break! Si je fais preuve de déni envers les scénarios catastrophistes avancés par le JdM et ses thinks thanks, vous vous faites preuve de déni envers les changements climatiques, la croissance des inégalités économiques, l’évasion fiscale, et ainsi de suite. J’ajouterais même les désavantages de l’appartenance du Québec à la fédération canadienne. Devant nos nombreux dénis, il semble que vous et moi soyons deux beaux (belles) naïf !

    4) Pour ce qui est des insultes, je faisais référence à cette chronique ou vous disiez qu’il « chiait de la merde » dans ses chroniques. À ma connaissance, MBC n’a jamais descendu aussi bas, et n’a jamais été aussi grossier à votre égard. Donc je réitère ce que j’ai dis à cet effet.

  11. Il faut du courage pour lire une des chroniques de MBC… Il suffit habituellement de lire le premier et le dernier paragraphe pour saisir la teneur de son propos. Dans le milieu, on dirait qu’il fait du copier/coller tellement c’est toujours la même chose… Désolant, l’homme n’est pas dénué d’intelligence ;)

  12. Quand je lis les réponses de vos lecteurs,je comprends mieux pourquoi notre province s’en va chez le diable. Comment peuvent-ils affirmer sans gene que ca va bien quand on recoit 8,500,000,000.$ par années des autres provinces du Canada. Bravo au système d’éducation pour leur cours en économie et en finance.
    Soyez asurés que je vais demeurer au Québec ou mon argent a beaucoup plus de valeur que dans les autres provinces du Canada,meme si les impots sont trop élevés.
    Joanne vous contribuez aussi a ce que je reste. Votre message d’amour pour le Québec ne passe pas aupres des autres gens (a gauche) qui eux aiment le Québec.

  13. AVIS IMPORTANT

    Madame Marcotte,
    Saviez-vous que Jacinthe Verrauneau sera a l’émission de  »THE VOICE en France On peut voir cette émission en direct a tous les samedi a 14:50 HRES sur internet.

  14. Bravo Joanne pour cette chronique! J’aime bien ce petit côté pamphlétaire.
    Rappelons-nous comment l’arrivée de la télévision avait secoué le monopole de la religion catholique au Québec, à la fin des années ’50 Internet est en train de poursuivre le travail sur d’autres monopoles.Ceux qui craignent la globalisation et la confrontation des idées n’ont pas fini de paniquer.

  15. Jacinthe Verrauneau? Est-ce celle dont l’accent acadien a été l’objet de moqueries de la part des juges français? Comme ce fut un jour le cas pour Fred Pellerin ou encore Nelly Arcand!

    Raymond Aron dans son évaluation des projets de souveraineté des nations en conclut que le nationalisme est « un sentiment impur, passionnel fait d’orgueil et d’ambition, sentiment dans lequel malheureusement ajoute-t-il, « vient se perdre » l’attachement légitime à une culture.

    « Ceux qui regardent les unités nationales comme seules durables (..) mettent le sceau de l’éternité sur la philosophie historique du X1Xème siècle européen. »

    Aron constate de façon répété que l’accession d’une communauté à l’état de nation « n’a pas libéré les hommes; au contraire, la volonté d’être une nation s’est épanouie en orgueil collectif ».

    Avec les nations devenues souveraines, « les guerres des rois sont devenues guerres des peuples ». Ce qui fait que le destin des cultures se jouait sur les champs de bataille.
    Les passions des hommes d’hier nous éclairent sur les passions des hommes d’aujourd’hui.

    Finalement, Aron nous dit qu’au cours de l’histoire, si les diverses nations s’étaient limitées au désir et à la volonté d’être partie prenante à l’État qui aurait représenté un plus grand ensemble », il y aurait eu moins de guerre.

    Mais le fait historique est que les nations, comme les rois, étaient belliqueuses, donc non intéressées à partager mais à dominer.

    Toutes choses égales d’ailleurs, nous en sommes encore là! en 2014…

  16. Je suis d’accord avec la charte de la laïcité et aussi d’accord avec MBC quand il parle de PETIT QUÉBEC IMBÉCILE.

  17. Le PQ et la gauche n’ont pas le monopole du nationalisme Québécois bien qu’ils le pensent. Je me rappelle de la saison des idées au PQ où Bernard Landry invitait les militants à tout remettre en question sauf la souveraineté et la social-démocratie. Donc, ça voulait dire pas remettre grand chose en question. Le PQ aurait pu redevenir la coalition qu’il était dans les années 60-70. Il a manqué le bateau de se redéfinir. Les Curés du PQ ramènent à l’ordre ceux qui critiquent le Parti et ses idées.

    Le nationalisme appartient à tous les Québécois qui sont fiers d’être Québécois peu importe leurs origines, de leur terre léguée par les générations précédentes d’habitants du Québec. Notre patrie n’appartient pas à un parti politique.

  18. Bock-Côté aime beaucoup se gargariser de mots superbes, de phrases bien tournées, de formules à l’allure percutante. Mais, tous les beaux mots qu’il éructe dans une longue diatribe sans fin, peuvent se résumé ainsi : vive la gogauche, étouffons les libertés individuelles et votons pour le PQ.

  19. MBC est dérangé par les propos de ce qu’il appelle une certaine droite, puisqu’il dit :
    ( je ne parle pas de «toute la droite ), il aimerait bien que cette droite qui le dérange garde le silence tant que le Québec n’est pas un pays, puisque selon ce qu’il imagine, parler de
    réalités économiques nuit au projet souverainiste.
    En attendant que le rêve d’un Québec indépendant, il faut selon MBC, fermer les yeux devant un bateaux en naufrage.

  20. Je crois que vous êtes un peu dérangé, monsieur. Nous ne sommes plus à l’âge des cavernes, à ce que je sache. Vous ne devriez peut-être pas lire le blogue de Mme Marcotte.

  21. Pingback: Lâchez-nous avec vos lunettes roses! | Les analystes

  22. You go girl. J’aime vraiment ton article. Je suis incapable d’écouter et de lire MBC. Il est interminable dans ces articles. Il met 2 pages à écrire ce que l’on aurait pu écrire dans deux phrases, si tu enlèves tous ces mots ostentatoires. Tu as des blogueurs ici qui en ont fumé de la bonne. Rassembleur le PQ? Give me a; break. Ce gouvernement a non seulement pas rassembles les gens, il les a divisé d’une façon cruelle. Tout ça pour avoir plus de votes. J’en reviens pas.

  23. Je trouve tellement prétentieux les donneurs de leçon à la MBC qui critiquent la droite en les accusant de ne plus avoir foi en leur pays. Comme si le seul remède possible était « une mobilisation intense du sentiment national » alors que presque toutes les autres provinces font mieux que nous tout en étant membre du méchant Canada. BTW, suis-je un vrai Québécois si je pense que le Québec peut très bien s’épanouir dans un Canada uni ?

    Aux MBC et aux autres qui pensent comme lui, peut-être que l’aversion que plusieurs droitiste ont pour le Québec ne vient pas d’un manque de patriotisme, mais bien du sentiment d’impuissance face à la gauche omniprésente qui impose ses principes et les applique grand coup de programme sociaux à haute teneur en fonds publiques.

    Peut-être devriez-vous considérer l’idée que la réjouissance qui habite la « droite malsaine » n’est pas à l’idée qu’une réforme va engendrer de la souffrance, mais bien d’un soulagement de constater qu’enfin, certains osent parler de nos vrais problèmes plutôt que de tout pelleter en avant en attendant que la « vraie révolution nationale » ne se mette en branle.

    Nous est-il permis de ne pas partager VOTRE modèle Québécois. Vous savez, le fameux modèle qui est présentement mis à nue par une commission d’enquête. Ce système où la corruption et le copulage entre syndicaleux et politiciens est en train d’hypothéquer sérieusement l’avenir de nos enfants.

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