Un « CBO » québécois, et au plus vite! (2)

Il n’y a jamais eu au Québec, une véritable analyse des conséquences du vieillissement de la population, ni de projection à long terme du coût de nos programmes, qu’il s’agisse de programmes sociaux, d’assurance, ou de régimes de rentes.

Bien sûr, commissions parlementaires, comités d’experts, et sommets se sont succédés. Bien sûr, les différents régimes procèdent à des révisions actuarielles périodiques (qui résultent habituellement en des hausses de cotisations!), mais pouvons-nous vraiment dire avec un minimum d’assurance que nous sommes confiants de rencontrer nos engagements dans l’avenir?

Que ce « modèle québécois » est viable? Que nous disposons de l’information requise pour éviter le pire et mieux préparer l’avenir?

Bien sûr que non.

Les partis politiques comme les gouvernements sont reconnus pour leur vision à courte vue, et bien malin, celui qui saura filtrer à travers la langue de bois de nos politiciens, la réalité qui nous attend.

Or, il existe aux États-Unis ce que l’on nomme le « Congressional Budget Office  » (CBO) – en français, le Bureau du budget du congrès américain. Cette agence fédérale américaine, indépendante de l’administration de la Maison Blanche, fournit aux élus et à la population des estimations régulières des comptes publics du gouvernement.

Elle évalue le coût de chaque nouveau programme et réalise des études particulières selon les besoins des différents comités du Sénat et de la Chambre des représentants.

Elle fait des projections long terme sur la dette publique et offre une analyse distincte, indépendante et non-partisane de tout ce qui est publié par l’administration de la Maison Blanche.

Le Canada a, lui aussi, depuis peu, son Bureau du Directeur parlementaire du budget. On a vu en octobre 2008, l’impact d’un tel bureau lorsque son directeur estimait le véritable coût financier de la mission canadienne en Afghanistan: 18 milliards $ au lieu de 8 milliards $

Le Québec n’a pas de « CBO ». Après la période électorale que l’on a connue, le trou budgétaire de 2 à 4 milliards $ qui s’annonce, les pertes de la Caisse de dépôt estimées à 38 milliards $, la dette du Québec qui ne cesse de croître, les déficits structurels qui n’iront qu’en augmentant, le contexte démographique qui influera sur la productivité du Québec, etc., la population ne croit plus ni à ses politiciens, ni à ses journalistes et peut-être même plus aux fonctionnaires du ministère des Finances!

À son Congrès des membres de 2004, l’ADQ proposait d’élargir le rôle du Vérificateur général du Québec et d’y adjoindre un « Bureau prévisionnel du Québec ». Ce nouveau mandat était d’offrir aux élus et surtout, à l’ensemble des citoyens, des analyses économiques et budgétaires non partisanes, comparables et honnêtes. Je trouve que c’est une sacré bonne idée!

Triste à dire, mais nous en sommes là: à devoir instituer une agence complètement indépendante du pouvoir politique pour nous donner l’heure juste!

Les prochaines années nous obligeront collectivement à faire des choix conséquents et difficiles. Les dirigeants qui nous proposeront des politiques portant sur la dette, la santé, les investissements en infrastructures et autres, devront le faire sur des bases financières crédibles et objectives, s’ils désirent informer le grand nombre des enjeux et obtenir son adhésion.

Offrir la vérité et une vision au-delà de la prochaine élection, c’est la moindre des choses, particulièrement dans le contexte actuel.

Pour les intéressés au projet de loi soumis par l’équipe parlementaire de l’ADQ en 2005: Projet de loi 193

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