Maxime Bernier et la liberté économique

Maxime Bernier fait jaser. Sous la plume de Alec Castonguay, Le Devoir considère que M. Bernier « écorche » le Québec lorsqu’il dénonce 40 ans de débats futiles sur l’indépendance. « Le Québec a construit un système de dépendance économique de plus en plus élaboré », selon M. Bernier, et le Québec doit cesser de « quémander » de l’argent à Ottawa.

Sur son blogue du Journal de Québec, Éric Duhaime endosse l’idée dans son tout premier texte Le mouvement « dépendantiste » québécois. À son tour, il estime que sans l’aide de la péréquation canadienne, chaque Québécois devrait débourser 2000 $ de plus en taxes et en impôts.

Évidemment, le ministre Bachand parlera de Québec bashing et l’on raconte que les députés québécois s’en offusquent.  Malgré cela, le député fédéral conservateur Blackburn en rajoute à son tour.

Selon M. Bernier, il y a une relation entre la liberté économique et la prospérité d’un État. Lorsque l’État est trop gros, lorsque la fiscalité est trop lourde et que la règlementation des lois du travail est trop rigide, les travailleurs et les entrepreneurs ne sont pas incités ni à travailler, ni à entreprendre.

Or, il semble que la liberté économique soit mesurable et que le Québec se classe effectivement très mal (écoutez l’entrevue de ce midi). Dans la dernière publication de l’Institut Fraser portant sur l’indice de liberté économique des 10 provinces canadiennes et des 50 États américains le Québec se classe toujours… 59e… sur 60! (Rf. page 4) Les très hauts niveaux d’imposition et les lois du travail sont les plus grandes faiblesses du système québécois.

Est-ce que le budget Bachand corrigera tout ça? Je le pense de moins en moins. Au lieu de « mieux dépenser et mieux financer », il aurait fallu réfléchir à « moins dépenser » et « quoi financer ». Nous n’en sommes pas encore là…

13 réflexions sur “Maxime Bernier et la liberté économique

  1. Une liberté économique réduite démotive l’investissement privé !

    Selon les données préliminaires de 2009, le programme d’infrastructure aidant, l’État québécois a dépensé 20,1 milliards de dollars en investissements non résidentiels l’an dernier, le secteur privé: 19,8 milliards.

    Selon des données fournies à La Presse Affaires par le ministère des Finances québécois, 2009 est la première année depuis 1998, date à laquelle remontent les données, que les investissements publics dépassent ainsi ceux du privé.

    La part des investissements privés que réussit à attirer le Québec est en recul constant par rapport au reste du Canada depuis 2000.

    Ça, c’est très inquiétant, car c’est le secteur privé qui crée la richesse.

    Par contre, je peux facilement comprendre le pourquoi ?

    Imaginez, si vous étiez dans les souliers d’un investisseur étranger et vous avez le choix d’investir votre prochaine usine de fabrication en Amérique du Nord.

    Supposons vous avez le choix, entre le Québec, l’Ontario et le sud des États-Unis.

    Pour le Québec, que voit-il ?

    1) C’est la province la plus endettée de l’Amérique du Nord, tellement endetté que si le Québec était souverain, il serait le cinquième pays le plus endetté du monde, donc l’État a de la difficulté à gérer ces finances.

    2) Vous constatez qu’elle est aussi en déficit structurel, donc il y a une grande chance que les charges fiscales risquent d’augmenter régulièrement, d’autant plus que ce sont des gouvernements foncièrement sociaux-démocrates qui gouvernent le Québec depuis 30 ans.

    3) Vous constatez que les impôts personnels sont les plus régressifs de l’Amérique du Nord, donc si vous voulez transférer des cadres dans cette usine, on doit les payer plus cher pour compenser la charge fiscale excessive.

    4) De plus, le coût de la masse salariale pour les employés est au moins 30 % supérieur aux autres provinces, donc elle doit l’inclure dans ces coûts de production, ce qui va réduire sa compétitivité. En plus, puisque le Québec est en déficit structurel il y a de grandes chances que les coûts de la masse salariale risquent d’augmenter à cause de la sous-capitalisation (RRQ, FSS, congés parentaux, etc …), donc encore une autre diminution de compétitivité.

    5) De plus, le fardeau réglementaire semble être très lourd au Québec, compétitivité ligotée par une réglementation excessive (exemple : équité salariale, la loi 101, 8000 règles fiscales).

    6) Même si vous constatez que le personnel coûte moins chers au Québec, dû au problème de démographie cette différence de coût risque de s’atténuer dû à la rareté de la main-d’œuvre.

    7) Vous constatez que le Code du travail est très lourd, dans toute l’Amérique du Nord le taux de syndicalisation diminuent autres qu’au Québec, de plus ils possèdent une formule Rand, ce qui oblige que l’usine soit entièrement syndiquée, pas évident, de plus votre n’être pas très chaud d’avoir un syndicat de bord en bord, vous allez préférer de l’installer au sud des États-Unis ou le droit de la non-affiliation existe.

    8) De plus, vous apprenez que la loi antiscab est globale, donc si votre usine est en grève aucune production ne doit sortir de l’usine, vous n’êtres pas limité seulement à la production au Québec. Puisque votre usine fait des pièces pour l’industrie automobile, vous ne pouvez pas arrêter la production mondiale d’automobile, parce que vous ne pouvez pas fournir de pièce sur les chaînes de production, beaucoup trop dangereux.

    9) Il semble aussi que le Québec n’attend pas à la fin du processus d’opposition avant de saisir s’il y a un litige fiscal, une sérieuse agressivité fiscale.

    10) Puisque le Québec est le deuxième État ayant le plus haut taux de démographie, on risque d’avoir des conflits sociaux futurs devant les iniquités de la distribution de la richesse.

    Donc, êtres vous toujours intéresser à investir au Québec ?

    • Merci Québec Droite. Il faudrait démystifier ça, le succès du gouvernement à nous sortir de la récession. Si l’entreprise privée ne trouve pas intérêt à prendre la relève, le poids de l’État n’ira qu’en augmentant.

      Il y a aussi autre chose qui m’agace: ce taux de chômage. Je pense qu’il serait intéressant de comparer les taux d’activités. Il y a là de très grandes différences entre le Québec et le ROC.

  2. Tu as bien raison « Québec Droite » mais le problème c’est que une bonne partie des Québécois savent même pas c’est qui le maire de leurs villes. Quand tu as toute tout cru dans bouche sans faire aucun effort tu te poses pas trop de questions.

    Des grosses entreprises au Québec ca existes-tu encore? Comment on va faire pour remettre un système comme le notre sur le droit chemin. Ça ressemble à une mission impossible.

  3. Joanne dit: « il serait intéressant de comparer les taux d’activités. Il y a là de très grandes différences entre le Québec et le ROC. »

    Je suis 100% daccord. Cela doit etre dans les plans du gouvernement.

  4. Voilà qu’on tente de nous faire croire que M. Bernier connait un succès fou au Canada mais qu’il se fait insulter par ses propres compatriotes québécois… Pas tout à fait exact.

    À l’exception des cercles conservateurs traditionnels, le discours de M. Bernier ne passe pas plus au Canada anglais qu’ici. Dans sa chronique du Globe & Mail, Robert Silver le compare à Sarah Palin et n’hésite pas à divulguer ses ambitions quant à se tailler une place pour une éventuelle course à la chefferie au sein du Parti Conservateur. Pincez-moi quelqu’un, je crois rêver…

    Le National Post rapporte également que la stratégie M. Bernier, qui suggère que les conservateurs rejettent la théorie du réchauffement climatique, ne passe tout simplement pas au caucus conservateur. Imaginez-vous un individu moins préoccupé par l’environnement que le ministre canadien de l’environnement. Pincez-moi quelqu’un, je fais un cauchemar.

    Je dois dire que je suis un peu surpris que Maxime Bernier devienne soudainement aussi populaire avec la droite politique québécoise alors qu’il m’a plutôt laissé l’impression d’être incompétent. Bon, la mémoire doit être une faculté qui oublie…

    • Cette chronique ne porte aucun jugement sur la personne de Maxime Bernier. Je m’intéresse plutôt à la relation entre la liberté économique et la prospérité. Pour le reste, chacun a son opinion.

  5. @ Lutopium

    Vous tentez de faire la démonstration que de ne pas croire au réchauffement climatique = ne pas se soucier de l’environnement.

    On appelle ça faire un procès d’intention. Les deux ne vont pas ensemble automatiquement.

    Ensuite, vous nous parlez du chroniqueur Robert Silver et de son article comparant M. Bernier à Mme Palin dans le Globe and Mail. Évidemment, quoi de mieux quand on veut éroder la crédibilité de quelqu’un que de faire venir Mrs Palin à la rescousse.

    Cependant, en regardant la bio de ce M. Silver, j’ai compris son intérêt. Savez-vous ce qu’il fait dans la vie ce M. Silver?

    « Robert Silver is a Toronto-based energy lawyer, entrepreneur and consultant. He currently advises energy companies looking to build clean electricity projects in Ontario. »

    Mmmmm! Ça explique ben, ben des affaires…. (traduire $$$$).

    Voyez-vous, ça marche des deux bords l’appât du gain. Pas juste de côté des « méchants » sables bitumineux.

    Moi je suis 100% d’accord avec la thèse des système « dépendantiste » québécois de M. Bernier. Et je lui souhaite la meilleure des chances pour son avenir politique.

  6. Pingback: Soyons fiers de foncer dans le mur! « SEBlog

  7. Peu importe les critiques à l’endroit de M. Bernier et peu importe si je l’aime ou non. Pour ma part l’important est de voir si il dit vrai ou non. Nous avons tous besoin d’une bonne dose de réalité comme peuple. Si nous n’acceptons pas la réalité oublié l’idée d’amener des changements.
    Nous avons besoin d un grand ménage et pour réaliser ce ménage la première chose que nous avons besoin c’est de leadership. Voilà le premier défi. Il n’y a pas plus de 2% de la population qui possède de véritable qualité de leader. Les changements nécessaires sont tellement profond (code du travail, financement des partis politique, Système de santé, système d’éducation et même notre système politique lui même. Imputabilité des élus, nombre de mandat possible etc…
    M. Bernier n’est peut-être pas le leader recherché, mais il permet d’ ouvrir la voie pour que des gens toujours plus compétent se posent des questions et décident de s’impliquer, de débattre et de faire profiter la société de leur savoir faire et de leur vision.
    bien à vous

  8. @Pierre Gendron

    J’aime bien…

    « pour que des gens toujours plus compétent se posent des questions et décident de s’impliquer, de débattre et de faire profiter la société de leur savoir faire et de leur vision ».

    et comme Joanne dit:

    « Soyons fier de frapper dans le mur » et j’ajouterais

    …et SURTOUT ne soyons pas INTIMIDÉ par qui ce soit pendant que nous le faisons!

    Finallement après une vingtaine d’années la vérité sort au lieu des contes de fée!

    Il faut resortir unn documentaire: « L’illusion moins tranquille »

    Joanne…?

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