Tony Tomassi : J’avais voulu être un ministre

Tony Tomassi s’est fait congédié. Il n’est plus ministre, ni même un membre du caucus libéral. Fini. Il avait pourtant répondu aux exigences: se qualifier comme le champion toutes catégories du financement du Parti libéral du Québec.

Monsieur Tomassi avait surperformé. Il ne s’était pas contenté du 100 000 $ de contributions annuelles exigées par le Chef libéral. Le Parti québécois raconte même qu’il avait réussi à amasser 350 000 $ en une seule soirée! Parlez-moi de briller parmi les meilleurs…

Tony Tomassi avait voulu être un ministre. Il l’a été. Voici donc un homme qui a joué le jeu selon les règles fixées par le chef du Parti libéral, Jean Charest, pour qui la sélection des ministres repose sur deux quotas: le sexe et l’argent. Ça prend des filles et ça prend de l’argent.

La compétence? Un non-sujet.

Mais la véritable question n’est pas l’histoire de cet homme. La véritable question est la suivante: Qu’est-ce qui peut expliquer que la communauté des affaires soit si généreuse envers le Parti libéral du Québec?

Évidemment, le congédiement de Tony Tomassi ne répondra pas à cette question car la source du problème n’est pas l’excès de zèle dont il a fait preuve. La réponse se trouve dans le fait que le financement des partis politiques repose sur des structures d’influence extrêmement puissantes.

De son côté, le Parti québécois s’allie aux organisations syndicales qui en retour bénéficient d’un système de rentes de situation particulièrement généreux pour le secteur public et la bureaucratie étatique. De l’autre, le Parti libéral du Québec qui offre à sa classe d’affaires (et on peut penser aux industries de l’ingénierie et de la construction) des occasions de profiter des fonds publics. Dans les deux cas, une voie rapide pour obtenir des retours d’ascenseurs.

Des deux côtés, une invitation à la collusion, à la corruption et à la co-gestion des affaires de l’État. En cette matière, il n’y a sûrement pas que les libéraux à blâmer.

Car voyez-vous, au Québec, on confisque démesurément le fruit du labeur des honnêtes gens pour subventionner des clientèles et groupes d’intérêts qui se verront bénéficier de généreuses rentes et parfois même de primes à la sous-performance.

C’est pas joli, ça?

Selon un sondage Angus Reid-La Presse, 80% des gens croient que les politiciens manquent d’intégrité, 75% trouvent qu’ils ne sont pas efficaces, et 61% croient que jamais rien ne change en politique.

Vite du sang neuf…

P.S. Pour écouter une entrevue sur le sujet, cliquez ici.

16 réflexions sur “Tony Tomassi : J’avais voulu être un ministre

  1. Faut voir le côté positif des choses : Tomassi est un ardent travailleur qui a l’âme du parfait libertarien. D’ailleures, il est libre, si vous vous cherchez un chef 🙂

    Pour ce qui est du financement des partis politiques quel sera les moyens employés par un nouveau parti de lucides?

    Le PQ propose entre autres d’abaisser à 500$ les dons au lieu de 3000$.

  2. Je ne vois pas pourquoi vous dites que les syndicats s’allient aux Parti Québécois. Qu’est-ce que vous voulez dire par là? Insinuez-vous que les syndicats contournent la loi électorale pour financer le PQ?

    Saviez-vous que l’ADQ a joué le même jeu? Étiez-vous autour de l’organisation lors de l’élection de 2003?

    • Les syndicats n’ont pas toujours appuyés le PQ.
      Je me souviens d’un Yvon Charbonneau de la Centrale des enseignants qui a été emprisonné sous les libéraux pour devenir ensuite député LIBÉRAL. La FTQ, a maintes fois refusée d’appuyer le PQ.
      Si chaque syndiqué du Québec avait donné 3000$ au PQ, sa cagnotte friserait le milliard -:)

  3. Au fait, à quoi sert exactement l’argent collecté par les partis ? Je suis certains que plusieurs personnes se posent la question tout comme moi. Merci.

    • Normalement, à faire des campagnes électorales: sondages, pancartes, à payer du personnel pour les bureaux du parti, à payer des salles, l’équipement pour les conférences de presse, etc.

  4. Je m’excuse mais…Lutopium et Gentil Astineux… pourquoi souvent questionner et corriger?

    Oui on peut questionner, i’t a free world, but let’s not abuse it. Je sais que je ne devrais pas porter attention mais je ne peux m’y empêcher, car cela devient fatiguant à la longue.

    Par contre GA les dons devraient être moindres,la dessus je suis d’accord. Les publicités seront plus rares. Tant mieux.

    Après un bout de temps, ce n’est plus crédible toutes vos questions et attaques.

    Je pense que Madame Marcotte fait bien son travail et je l’admire beaucoup pour son franc parler. I am a defender at heart!

  5. @ Lutopium et Gentil Astineux: On n’a qu’à vérifier combien d’ex-syndicaleux traînent dans les corridors des partis politiques gauchisto-séparatistes québécois pour constater que, oui, ces partis sont assurément très influençés par les syndicats et peu par les lucides. Est-ce que tout est totalement légal? Je l’ignore et tant qu’à y être, une enquête sur le financement de TOUS les partis politiques québécois (incluant les bloquistes) serait plus appropriée que celle trop limitée demandée aujourd’hui par nos vierges offensées. Je suis certain que nous serions probablement surpris des résultats…

    @ Mme. Marcotte: Une fois ce constat établi (le financement des partis politiques emmène son lot de pression politique), on fait quoi? On ne va quand même pas nationaliser les partis politiques et les financer via nos taxes… Ça serait un comble pour nous de devoir financer les activités d’un parti gauchiste non? On ajoute une ènième strate de règlementation à celle déjà en place pour que les partis politiques trouvent une autre façon de les contourner? Non merci.

  6. @Renee: je n’aime pas les sous-entendus, de là ma demande à Mme Marcotte d’expliquer ce qu’elle veut dire par « le Parti québécois s’allie aux organisations syndicales qui en retour bénéficient d’un système de rentes ». Je n’ai toujours pas eu de réponse et n’espère pas en recevoir une non plus. Qu’on accuse les partis politiques de ne pas respecter la loi électorale est une chose. Mais faire un lien entre les avantages syndicaux de la fonction publique avec l’élection du Parti Québécois est un sous-entrendu qui laisse croire à n’importe quoi à n’importe qui.

    Je suis entièrement « solidaire » aux constats que vous posez et à l’urgence d’arrêter cette corruption qui vide les coffres de l’état. Mais je demeurerai toujours sceptique face aux discours et aux véritables ambitions de quelques-uns. Et ce, peu importe le parti politique.

    @Francois1: vous avez certainement raison. Des ambitieux mal foutus, y’en a partout et faut se méfier. Là où y’a de l’homme, il y a de l’hommerie. Mais faudrait pas toujours associer un individu à l’ensemble d’un groupe. Tout comme les gens d’affaires ne sont pas tous impliqués dans des magouilles de financement politique.

    • @Lutopium

      Vous et les autres qui s’imposent continuellement à corriger les billets dans les blogues fédéralistes …çela tombe sur les nerfs….croyez moi.

      Nous savons que vous savez tout. Passez donc à un autre blogue qui est d’accord avec vos connaissances, comme cela ce serra plus plaisant pour nous du moins… qui se ressemble se rassemble.

      Pourquoi vous attarder ici…à corriger

    • Lorsqu’un individu s’associe ouvertement et de plein gré à un groupe, on prend pour acquis qu’il en partqage les positions et les principes non? Sinon, que fait-il là? Avez-vous déjà vu Trudeau discourir devant le caucus du Parti québécois lors d’une de leurs grand messe?

      Lorsque plusieurs personnes qui sont déjà acolytes dans un premier groupe (le monde syndical) en joignent un groupe politique avec lequel ils partagent évidemment déjà certaines valeurs (les gauchistes), c’est généralement pour en influencer l’inclinaison envers le mouvement auquel ils prennent déjà part. Dans certaines circonstances, on peut même parler de noyautage…

      On ne peut évidemment rendre les membres d’un certain groupe totalement responsables de tout ce que ce groupe peut décider (heureusement la dissidence existe, du moins hors du mouvement syndical…) mais comme précédemment exprimé, l’adhérant est présume en partager les principes de base!

  7. @Renée Houde, vous écrivez : «Pourquoi vous attarder ici…à corriger»
    Pour corriger comme vous le dites si bien, c’est qu’il y avait des erreurs qu’il fallait corriger. Tout ce qui traine se salit, n’est-ce-pas, j’espère que cela n’est pas votre but de vouloir laisser trainer les choses et laisser salir.

    Si Mme Marcotte ne veut pas que son blogue soit ouvert à tout le monde incluant ceux qui n’ont pas les mêmes opinions qu’elle ou des vôtres, elle n’a qu’à inviter seulement sa gang, il y a sûrement des fonctions de WordPress pour cela. Mon site sur Blogger en a une que je refuse d’utiliser, car je suis plutôt ouvert sur le monde en général.

  8. @Lutopium

    Je m’apperçois que je tombe dans votre piège en vous donnant l’attention que vous cherchez.

    Nos activistes qui nous réveillent et nous confiment à la réalité et la vérité, sont trop polis…pour vous demandez d’arrêter. Moi quand la gêne a passé, je n’étais pas là.. J’adorais Les Analystes et Madame Marcotte jusqu’au moment ou…

    Alors… » l’indiférence » est la meilleur clef ici…pour vous Jocelyn et vos amis! Ce serait tellement gentil si vous arrêtiez d’envahir et de corriger. Adieu!

  9. @Renee, ainsi vont les blogues politiques. Ce sont des endroits où, évidemment, les sympatisants d’une école de pensée peuvent se retrouver et échanger. Mais c’est également l’endroit où les différences peuvent se rencontrer et créer des débats intéressants.

    Ça fait presque trois ans que je publie sur un blogue et je n’ai aucun problème à entâmer le dialogue avec ceux et celles qui ont des opinions divergentes. Lorsque ça dérape dans les insultes, la plateforme WordPress permet de « barrer » les indésirables.

    Mme Marcotte me connait assez bien maintenant. J’ai été un de ses premiers visiteurs et j’ai déposé bon nombre de commentaires qui, je crois, étaeint respectueux même si je suis rarement d’accord.

    Ce n’est pas à vous de me fermer le clapet mais bien au « propriétaire » de ce blogue. Si Mme Marcotte me demande d’arrêter de commenter ou si elle empêche l’affichage de mes commentaires, je comprendrai.

    Mais qui êtes-vous donc pour, encore une fois, m’imposer le baîllon? Vous avez fait la même chose du côté des Analystes… êtes-vous la police de la blogosphère politique de droite?

    Le mieux, c’est de ne pas me lire. Bon dimanche à vous.

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