Vol au-dessus du nid québécois

Si quelqu’un voulait s’imprégner rapidement de ce qui se passe au Québec, il suivrait les éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.

Une fois ça fait, je lui suggèrerais la lecture de deux textes parus ce matin. Un premier qui dresse le portrait de la situation financière du Québec et un second qui rend compte des causes du cynisme québécois ambiant.

Le Québec grec – Une chronique signée Éric Duhaime qui fait un formidable parallèle entre la situation financière grecque et celle du Québec.

  • Ces deux cigales, selon Duhaime, sont parmi les État les plus endettés, ont un ratio de fonctionnaires plus élevé que leurs États voisins, travaillent moins et moins longtemps que leurs voisins, et se sont offerts un niveau de vie bien au-delà de leurs moyens.
  • Aujourd’hui, « puisque la Grèce frappe le mur, elle doit aller crier famine à la porte de ses voisins européens. La voisine, l’Allemagne, répond : « Que faisiez-vous au temps chaud? » L’élu grec répond : « Je distribuais subventions et privilèges, ne vous déplaise. »

Quel cynisme? – Une lettre d’opinion signée Mathieu Bock-Côté qui cherche à expliquer non pas le phénomène, mais la cause du cynisme québécois ambiant. Quelques délicieux passages:

  • « Depuis une vingtaine d’années, on a assisté à l’émergence de la «société civile», qui permet à une collection de groupes militants et de lobbies de gagner un pouvoir démesuré sur le débat public. Il n’y a plus de peuple, seulement des intérêts catégoriels. Ces groupes, qui ne représentent souvent qu’eux-mêmes et n’existent que par leur mise en scène médiatique, exaspèrent le sentiment populaire qui est le seul à ne pas disposer d’expression publique. »
  • « Le sens commun est sacrifié et les bureaucrates en viennent ainsi à s’immiscer dans toutes les dimensions de la société pour la reconstruire selon les méthodes de l’ingénierie sociale, ce qui entraîne souvent une forme de délire thérapeutique. »
  • « La sacralisation des chartes de droits favorise une neutralisation du débat public, dans la mesure où toutes les revendications, même les plus loufoques, se présentent dans le langage des droits fondamentaux. »

Pour Bock-Côté, la prise en otage des débats par les groupes d’intérêts, l’ingénierie sociale imposée par les bureaucrates et la sacralisation des chartes de droits sont à la source d’une « dépolitisation » de la société québécoise.

Je rajouterais jusqu’à ce que la population en décide autrement…

2 réflexions sur “Vol au-dessus du nid québécois

  1. Vous dites:

    ‘Je rajouterais jusqu’à ce que la population en décide autrement…’

    Comment?

    En élisant d’autres représentants (i.e. députés aux 2 mains attachées dans l’dos), qui ne peuvent représenter librement leurs électeurs?

    Démocratie représentative et ligne de parti ne vont pas bien ensemble…

    Désolé d’être cynique… ou réaliste?

    Sérieux, voici 2 choses qui pourraient causer toute une révolution (sans le sang ou sans aller aux extrèmes) dans nos fausses démocraties:

    1) Permettre le vote secret de nos députés…
    Oh que cela serait bien…

    2) Faire prendre conscience à nos élus, que sans des appuis forts de la population -qui passent par des mandats clairs alloués par des référendums (mot tabou au Québec?)- les politiciens n’ont PAS de pouvoir réel face à tous les corporatismes. Ils DOIVENT s’appuyer sur des consultations populaires CIBLÉES, pour opérer les changements nécessaires.

    En ce moment, nos ministres n’ont AUCUN pouvoir face à l’UPA, aux syndicats, aux groupes de pressions, etc. Et surtout, ils pensent que ceux qui grativent autour du pouvoir, représentent réellement la majorité des Québécois…

    Par contre, si suite à de telles consultations, 75-80% des Québécois disent OUI pour ‘casser’ ces monopoles corporatistes, là ils auront toute la légimité nécessaire pour faire taire ceux qui s’organisent pour faire taire la MAJORITÉ SILENCIEUSE… celle qui paye pour tout ça, mais qui est trop occupée travailler et à s’occuper de la vie quotidienne.

    p.s.
    Dites-moi, svp, pourquoi presque personne -parmi les ‘leaders’ d’opinion- ose parler de consultations populaires au Québec ? A cause de ‘la question nationale’ ou parce que que la démocratie réelle rebute tous ces gens ?

  2. p.s.
    J’ajouterais que les millions de lois et reglements que l’état ne cesse d’inventer et d’imposer à tous, complexifient inutilement nos vies quotidiennes et nous laissent toujours moins de temps, d’énergie, et d’envie pour s’impliquer dans ‘la cité’…

    Nous -en tant que société- pourrions facilement défaire 30 ans de lois, de reglementations, de ‘corporatisations’, etc, sans que la société devienne anarchique !

    Si nous ne faisons rien (et rapidement!), c’est là (i.e l’anarchie) que nous allons…

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