Le « problème avec la droite » de Richard Martineau

Dans sa chronique du 27 septembre, Richard Martineau partage avec nous son « problème avec la droite ». Pour lui, la droite est essentiellement bornée à analyser tous les aspects d’une société sous la seule loupe de la logique comptable.

Je saisis donc l’occasion pour réinviter formellement mon ami Martineau à la première du Réseau Liberté-Québec le 23 octobre prochain. En plus de savourer le dynamisme de la capitale nationale (!), il constatera que l’horaire prévoit des thématiques portant sur le rôle des médias, la redéfinition du nationalisme québécois, le climato-scepticisme et l’équité intergénérationnelle.

Pour une droite supposément limitée aux aspects économiques, avouons qu’elle correspond assez mal aux préjugés entretenus par une certaine élite, disons-le, relativement illettrée en matière de finances publiques.

Comment faire autrement quand la question nationale a monopolisé les débats publics depuis tellement d’années? Pas surprenant non plus que selon la firme Influence Communication, le poids médiatique des nouvelles économiques et internationales soit singulièrement plus faible au Québec qu’ailleurs en Amérique du nord.

Selon Martineau, la droite considère également que « la défense du français, la laïcité, les accommodements raisonnables, la question identitaire (…) sont des débats stériles et inutiles alimentés par des nationalistes paranos et vaguement xénophobes. »

Encore ici, je vais rassurer mon ami et ses lecteurs en vous confiant que le Réseau Liberté-Québec avait effectivement invité quelques-uns des porte-parole les plus en vue du nationalisme identitaire à participer à notre panel « Repenser le nationalisme ».

Nous pensions, bien naïfs, que ces personnes normalement associées au mouvement nationaliste-souverainiste auraient bien voulu couvrir le nationalisme sous l’angle identitaire en abordant l’inquiétude des Québécois face au multiculturalisme (laïcité, accommodements raisonnables, voile, etc.), inquiétude d’ailleurs présente dans de nombreux pays occidentaux.

Malheureusement, ces personnes, peut-être encore trop timides ou craintives de contribuer à un événement clairement associé à la droite de l’échiquier politique, ont décliné notre offre. Nous savons également que pour certaines d’entre elles, des pressions des milieux souverainistes pour ne pas participer à l’événement ont fait en sorte que l’on devra se priver de leur expertise le 23 octobre prochain. Une prochaine fois, peut-être?

Cela dit, je vous rappellerai toutefois que nous serons honorés et très fiers d’avoir parmi nous, Jacques Brassard, un remarquable patriote, qui se définit lui-même comme un « souverainiste catholique sioniste de droite ». Y’a rien comme l’indépendance d’esprit! Seulement, pour l’instant, il semble être une exception pour ce qui est de son indépendance face au mouvement nationalo-socialo-péquiste.

Enfin, pour ce qui est de la défense de la langue française, je rassure Martineau quant à notre désir de défendre le français mais encore là, notre mouvance est en désaccord avec nos élites qui par le passé se sont bien plus contentées de faire valoir leur détestation de l’anglais plutôt qu’un amour réel du français. À preuve, les dernières manoeuvres pitoyables du député péquiste Pierre Curzi pour discréditer les écoles Vision.

Avouons-le, le « modèle québécois » en matière d’enseignement du français parlé et écrit a échoué lamentablement.  Au final, pour un grand nombre de parents québécois, les politiques dites linguistiques ne servent ni plus ni moins qu’à confiner leurs enfants à un espèce de ghetto unilingue francophone.

Selon Richard Martineau, il semble que la droite veuille « complètement occulter l’axe fédéraliste-souverainiste pour ne privilégier que l’axe gauche-droite ».  Sur cette question, il a presque raison, du moins pour ce qui est des événements du Réseau Liberté-Québec.

À nos événements, fédéralistes ET souverainistes sont invités à concevoir un « nouveau cycle politique » comme le dirait Joseph Facal, autour d’une philosophie politique qui privilégie les libertés et la responsabilité individuelles, un État aminci, des marchés concurrentiels et une liberté de choix.

En somme, pour beaucoup de citoyens, tout comme le modèle québécois a échoué en matière économique en ayant recours à de mauvais moyens, il échoue également et lamentablement à nous faire apprendre le français ET l’anglais, connaître notre histoire et respecter notre culture.

Et tous ces échecs ne sont certainement pas la faute des Anglais!

27 réflexions sur “Le « problème avec la droite » de Richard Martineau

  1. Très bon commentaires Mme Marcotte, je partage totalement votre point de vue et j’ai hâte d’aller à la Conférence du RLQ. Enfin, un événement de droite qui va parler des vraies affaires. Je suis un résidant de Laval mais je vais avec plaisir faire 6 heures de voitures pour participer à cette conférence. Je crois que c’est un devoir pour moi d’être présent le 23 octobre. Continuez votre bon travail Mme Marcotte, votre blogue est excellent.

    • Je viens de decouvrir votre site et je l’ai mit dans mes favoris.
      Je suis tres decus de Martineau comme plusieur de nos journalistes Quebecois.
      Avec l’arrive D’Obama, plusieurs au Quebec se sont regouie de voir enfin un socialiste a la tete de cette nation.De plus en plus que ce gouvernemant depense dans des services sociaux, cree plus d’emplois au sein systeme du public et le le pay s’engorge dans les dette,ces Martineau de ce monde se rejouissent.
      Mais de voir que la droite americain risque de reprendent le pouvoir au Senat les mets en panique,ils voudraient tellement que les autres nation soit comme nous,dans le trou.Notre facon de gerer n a pas ete un succes pourquoi souhaite que les autre fasse pareil.Je suis au Etat-Unis et ce que l’on entend ici ces; nous ne voulons pas un cheque mais du travail,les gens non pas peur de la misere,ils ont peur de perdre le pouvoir de depenser ou il juge bon eu meme de le faire,ils n’ont pas confiance en l’Etat.On sent une fierter ici,car ce que les gens ont, ils l’ont merite, aussi peut que se soit.
      Le probleme economique ici c’est le gourvernemant qui la cree en premier lieu en rendant l’acces au credit plus facile et en assurant les prets ce qui a faient monter le prix des maisons trop haut et achete par des gens qui ne pouvaient pas ce le permettrent.Regardez l’immobilie au quebec,on va dans la meme direction.
      Martineau cretique les gens du Tea Party et pourtant ce ne sont que des citoyens qui se reunissent et mettent en place des gens que les citoyen souhaite sans que les parties soient d’accort.Prennez l’exemple de Christine O’Donnell au Delaware ,elle a ete choisi au parti republican par les citoyens et non pas le parti.Martineau la critique ouvertement comme si, nous au Quebec et au Canada nous avons que des gens respectables et parfait.Nul n’est parfait dans ce bas monde.
      O’Donnell c’est la plus belle exemple du pourvoir du peuple,il devrait s’informer d’avantage avant d’ecrire.C’est le defaut de plusieurs media Quebecois,il ne raporte pas la nouvelle comme elle est,et c’est facile car peut de gens au Quebec on les moyen de comprendre l’anglais et d’ecouter pour comparer ou juste s’informer.Martineau est a l’image de notre politique,on n’est les meilleurs mais trop cave pour tourner a droite.

  2. Dans toute discussion politique… Il prend le courage de se tenir et parler et il prend le courage de se reposer et écouter… le changement et le compromis exige le dialogue et la participation de chaque individu et groupe d’intérêt… parlons-nous

  3. Étant de droite aussi, je partage votre opinion sur le rôle primordial de l’économie.

    Mais comme Martineau le dit, l’économie d’une province comme le Québec est étroitement liée à l’identité de la nation particulière qui la compose.

    Le nom sur le chèque est aussi important que le montant.

    Le titre de votre première conférence, le 23 octobre, est éloquent : « la redéfinition du nationalisme québécois ».

    Vous y dites que vous souhaitez la fin du B.S. (péréquation) venant d’Ottawa et l’autonomie du Québec. Soit. Mais le PQ ne demande pas autre chose que celà. Cette autonomie économique c’est l’indépendance.

    Jouer avec les mots ne changera pas la situation de tournage en rond.

    Que proposez-vous, donc, comme moyen pour que le Québec cesse de remettre ses impôts au fédéral ?

    Car avant de couper le B.S., il faut commencer par là.

  4. « Je vous recommande de venir entendre les conférenciers à l’événement du 23 octobre « (Joanne Marcotte)

    Je m’attendais à cette réponse.

    Pour une fois que c’était sur l’économie…

  5. gébé je peux vous donnez mon opinion, selon moi il y a deux façon de renversé le statuco. Le premier est le crash économique. Le deuxième est controlé les entreés d’argent au gouvernement grace à une union du côté patronale.Arrêté de versé les retenues à la source, et versé le montant aux l’employés sur leurs payes.De cette façon il n’y aura plus de cotisation pour les syndicats,régime des rentes du québec, ect ect le statuco vas s’effondrer comme un château de carte.L’argent est le nerf de la guerre. Vous pouvez me croire qu’un employer qui va toucher à ce montant ne voudra plus rien savoir du statuco par la suite.
    Ils n’auront pas le choix de restructuré en fonction de l’argent qui entre sois la tps et la tvq et si il monte tps- tvq bien le travail au noir va monter.

    L’impôt sur le revenu est un vol et sa que je sache on a plus de guerre a financer si ce n’est que quelques soldats outremer.

    Ce que je remarque ,c’est quand on laisse les gences ce démerdé a leur propre sort il se crée des structures non dispendieuses, quand le gouvernement apprend l’existance de ces structures, il les interdits et les remplaces par des structures dispendieuses.

    • @Dr. Williams PQ

      Un logiciel de verification grammaticale vous ferais le plus grand bien. Serieusement.

      Allez a droite, ce n’est pas forcement demolir toutes nos institutions sociales du jour au lendemain. Je n’ai aucun probleme avec l’idee de garder notre systeme de sante universel si ce dernier etais mieu gere par un melange de l’industrie privee et un minimalisme etatique au niveau des fonctionnaires.

      Je suppose, cependant, que l’on pourrait mettre la hache dans les structures administratives de tous les ministeres…

    • C’est ca mon problème c’est que je ne suis pas à droite, Je suis anti-gouvernement c’est bien différent. J’en rêve le soire à la rupture de service. Je me rend compte que la droite veux remonté le bazou des socialiste pour gravir la pente du déficite.

      Ti Jean na pas été capable de réformé le model en 2003. Même si il avait les deux mains sur le volant il sais rendu compte que la crémaillère était cassé et que le bazou est incontrollable.

      Vous voulez essayé d’aller conduire ce bazou la?

  6. Pingback: lacapitaleblogue.com | links for 2010-09-28

  7. Je souhaite une réforme en profondeur de l’État québécois et mes convictions rejoignent celles du RLQ.

    Le débat fédéraliste-souverainiste n’a rien à voir avec la conception du rôle de l’État: ce que je souhaite pour ma province ne changera pas, que l’on fasse partie ou non du Canada.

  8. Dans tous les pays où le nationalisme à pris le pouvoir, c’est un régime socialiste qui fut créé.

    De plus, je ne vois vraiment pas l’utilité de vouloir rétrécir nos frontières en se séparant.

    On devrait plus parler de patriotisme et demander que les lois soient le même pour tous, afin non pas de faire régner la justice, mais d’empêcher que l’injustice règne.

    Oui au droit à la différence, mais pas à la différence des droits.

  9. J’aime bien Martineau…par contre, je pense qu’il oublie que nous n’en pouvons plus des deux partis qui nous font aller de reculons depuis 30-40 ans….il faut un vent neuf, frais, avec des nouvelles idées car les vieilles idées sont usées à la corde!

    Nous sommes révoltés et prêts a écouter!

    • Lorsque Richard Martineau cite Jacques Parizeau et nous dit qu’on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, qui ne peut être d’accord avec cette affirmation?

      Le problème, c’est qu’avec certains nationaleux d’un bord et fédéralistes de l’autre, deux faces du même problème, c’est qu’on est non seulement en train de mâcher de la gomme en marchant mais on boit un jus, fume une cigarette, lis un livre, tient une valise en faisant la cuisine tout en tentant de faire du vélo en même temps tellement qu’on en oublie de marcher. Et c’est ÇA le problème. On enterre tellement nos problèmes financiers sous une horde de lois linguistiques, de fait français, de nationalisme, de séparatisme, de crises constitutionnelles, d’indépendantisme, de fédéralisme, de monarchisme qu’on en finit par noyer le poisson et oublier ce que devrait être nos priorités. Rajouter à cela la corruption et vous avez ce que vous avez, un article du MacLean qui fait sauter le presto de tous les politiciens étatistes alors qu’il est question d’argent et qu’on refuse de voir le problème de l’argent pour en profiter pour déchirer sa chemise avec des banalités futiles sans réelles conséquences.

  10. « Le problème, c’est qu’avec certains nationaleux d’un bord et fédéralistes de l’autre, deux faces du même problème »(Tym Machine)

    Ce ne sont pas deux faces, mais la même face.

    Le fédéralisme est un nationalisme aussi.

    Le nationalisme sert à déterminer à quel groupe devra servir les efforts économiques.

    Sans nationalisme, les efforts sont individuels et très tôt alors se forment des groupes d’individus qui deviennent plus puissants que l’individu. C’est une loi naturelle.

    L’union fait la force.

    Même les animaux y sont soumis.

  11. L’économie c’est vraiment important. Oui. Ce qui me rend mal à l’aise dans l’argumentaire de Mme Marcotte c’est l’impression qu’elle n’est pas intéressée à la primauté du français dans la province de Québec. Une liberté totale en matiere de langue nous conduira vers l’assimilation à l’anglais. On peut considérer cela comme une bonne chose, enfin on parlerait comme toute l’Amérique du Nord. Mais encore faut-il le dire clairement. Pour ma part, j’estime que ce serait perdre notre identité.

    • Détrompez-vous. Je suis TRÈS intéressée par la qualité de notre langue commune. Mais je suis en total désaccord avec la façon qu’ont certains groupes de faire la promotion du français. Le respect d’une langue, ça commence à l’école primaire.

  12. À mon avis nous devons évoluer vers une societé plus humaine et plus solidaire….laisser les disputes inutiles…de langue et mettre l’attention sur L’ECONOMIE
    en trouvant de nouvelles formes de nÉgociation avec
    le Fédéral dans un conteste d,unification de notre
    politique Québécoise…car tant que les parties sont
    divisés…cela nous fait perdre tout pouvoir de
    nègociation….étant des parties divisés et en conflit
    permanant….cela fait bien l’affaire du Fédéral…
    c’est lUNION qui fait la FORCE pour un objectif unique et
    solidaire de developpement ÉCONOMIQUE ET INDUSTRIELLE…et cela n’empéchera pas le Français de s’épanouir à son propre rythme spontané,l’imposition
    d’une culture n’est plus valable dans notre siecle…
    taxer la richesse au sein d’une politique fédérale
    pour soulager la pauvreté et les soins essentiel urgent…
    est plus important que des disputes futiles…qui enléve
    l’attention sur les problémes les plus important et urgent…voir le document sur « LA TOBIN TAXE » déposé
    au parlement il ya quelques années….

  13. Pingback: Une bonne année pour la démocratie québécoise « Le blogue de Joanne Marcotte

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