Maxime Bernier et la Loi 101

Elle était pourtant excellente cette question d’un animateur de radio à Halifax: les gouvernements ont-ils un rôle à jouer en faisant la promotion d’une identité nationale (canadienne) au moyen de lois telles que la Loi canadienne de la santé? Si on s’en était tenu à la Loi canadienne de la santé, la réponse aurait été simple: Non. Aucun rôle à jouer.

Si l’administration de la santé relève des provinces, il serait grandement temps qu’un gouvernement fédéral, conservateur de surcroît, élimine les contraintes liées au respect de cette Loi, et plus spécifiquement la contrainte de l’État payeur unique (monopole du financement de la santé). Voilà une question qui aurait mérité une réponse en cette période quasi-pré-électorale!

Après tout, toutes les provinces font face à une croissance des dépenses de santé qui rend quasi-impossible l’équilibre budgétaire. Le gouvernement conservateur entend-il permettre aux provinces d’assouplir le mode de financement des services de santé et services sociaux? Ne serait-ce pas là un véritable enjeu électoral?

Mais Maxime Bernier a plutôt choisi un autre exemple, celui de la langue française et de la Loi 101. Sur son blogue, il nous confie qu’il ne s’attendait pas « à susciter une telle tempête en réitérant sa croyance qu’on devrait laisser les gens agir comme des individus libres et responsables, y compris lorsqu’il est question de protéger leur langue, au lieu de s’en remettre à la coercition étatique pour le faire à leur place. »

Pas étonnant, cette réaction! Lorsque l’on touche aux aspects identitaires, et particulièrement à la langue… Aussi, si pour certains esprits libres, il serait plus souhaitable que l’État n’ait pas à légiférer en matière de langue, il n’est pas évident que l’opinion serait la même s’il s’agissait de protéger « l’identité québécoise et/ou canadienne » des caractéristiques culturelles étrangères à nos valeurs occidentales (ex: égalité homme-femme). En effet, n’apprécie-t-on pas grandement la législation interdisant l’application de la charia au Canada, par exemple?

Alors, la question n’est pas tant « Est-ce que l’État a un rôle à jouer ou pas », mais plutôt « Est-ce que les lois répondent encore aux inquiétudes et aspirations des Québécois d’aujourd’hui? » Dans le cas de la langue, « Comment protéger le fait français au Québec tout en formant des Québécois bilingues? »

Pour moi, la réponse à cette question ne réside pas dans une Loi, mais bien dans nos institutions d’enseignement. À l’UQAM, où on offre huit baccalauréats en enseignement, le taux de réussite à l’examen de français n’est que de 52 %… après deux tentatives!!! Si Réjean Parent de la CSQ se cherche une cause, voilà ce à quoi il doit s’occuper, contrairement à sa récente initiative d’utiliser les cotisations syndicales de ses membres pour mettre en demeure un blogue de jeunes dont il ne partage pas les vues.

La réponse à cette question ne réside pas non plus dans l’application uniforme de mesures dont l’objectif est essentiellement d’assurer l’intégration des immigrants à la société francophone québécoise. En effet, pourquoi brimer la liberté de choix de la majorité francophone résidant en région quand le problème est un problème montréalais?

Et puis, il faut s’interroger sur cette idée de consensus social. À pareille date l’an passé, un sondage The Gazette-Léger Marketing révélait que 61% des Québécois francophones appuyaient l’idée du libre choix en matière de langue d’enseignement!

Enfin, pour bien faire, il faudrait également s’interroger sur les effets pervers d’une telle loi, particulièrement à son caractère régressif. L’acquisition de l’anglais n’est pas et ne sera jamais un problème pour les plus nantis d’entre nous. Comme l’explique Lysiane Gagnon dans son excellent texte L’unilinguisme pour les pauvres, ceux-là disposent d’un ensemble de possibilités. Mais qu’en est-il des francophones issus de milieux moins favorisés?

Dans le débat public, il faut choisir ses batailles. À mon avis, vouloir abolir la Loi 101 serait contre-productif, d’autant que la solution aux préoccupations des Québécois ne réside pas dans le durcissement de celle-ci.

Mais en proposant d’appliquer la Loi 101 aux cégeps, le Parti québécois, lui, a fait son lit: brimer encore davantage les jeunes adultes qui comprennent parfaitement l’importance de l’anglais pour accéder à plus d’opportunités professionnelles et à une plus grande mobilité sociale. « Restez pauvres et unilingues francophones », leur disent Pauline Marois et Pierre Curzi. C’est comme ça que l’on vous reconnaîtra comme de « vrais Québécois ».

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Pour les intéressés, je participe à l’émission de Martineau ce soir à 10h sur les ondes de LCN.

37 réflexions sur “Maxime Bernier et la Loi 101

  1. Pingback: Tweets that mention Maxime Bernier et la Loi 101 « Le blogue de Joanne Marcotte -- Topsy.com

  2. Même René Levesque en convenait. Dans un monde idéal, la Loi 101 ne serait pas nécessaire. Je suis par contre assez d’accord avec vous qu’on a mieux à faire que d’interdire la fréquentation des cégeps anglophones.

  3. Pingback: lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 02/08/2011

  4. @Joanne…Je ne comprendrai jamais pourquoi ils ne comprennent pas que l’anglais est nécessaire. Vous dites à la fin:

    C’est comme ça que l’on vous reconnaîtra comme de « vrais Québécois ».

    J’ajouterais..de vrais Québecois… ce pauvre « petit peuple »! Marois aime nous catégoriser comme un « petit peuple », j’imagine né pour un « petit pain » ! Quelle condéscendance. Madame Marois et son fidèle valet Curzi se sentent très importants, comfortables en sécurité, sachant qu’en défendant la langue créant des peurs qui n’existent pas, que le « petit peuple » sera en otage pour toujours voter…péquistes! Quelle arrogance!

    Et Charest devrait rejoindre le PQ, je crois que c’est là que le moule lui convient le mieux. Le PM has no balls!

  5. Depuis le deuxième référendum, les recherches universitaires sur le français du Québec démontre que le français de France, particulièrement celui de Paris, est beaucoup plus nocif pour notre langue que l’anglais.

    Les Québécois pensent que leur langue doit être calquée sur Paris, qu’ils croient à tort représenter un français international ou une norme lexicale standard. Ils croient ainsi que les québécismes, particulièrement ceux qui ne figurent pas dans les dictionnaires Robert et Larousse, sont des usages qui ont subis l’influence indus de l’anglais nord-américain.

    La vérité est que les Québécois sont fiers de parler français, mais pas fier de parler le français du Québec. Selon moi, ils cherchent donc à tout prix à corriger leur insécurité linguistique en renforçant une loi qui n’a plus lieu d’être en 2011. C’est en prenant nos distances du français de France que les Québécois -et les autres francophones du Canada- pourront affirmer leur nationalisme linguistique en Amérique du Nord.

  6. Comment Marois & Curzi pourraient éventuellement changer nos lois pour sauvegarder la langue.

    Bonjour Mme. Kathleen Weil & M. Jason Kenney, SVP, allez voir sur l’Internet :

    «Règles d’immigration en vigueur en « Arabie Saoudite»

    Et voici ce que vous trouverez :

    Racistes, nous ???

    Les règles d’immigration en vigueur :

    1. Il n’y aura pas de programmes en langues étrangères dans les écoles.
    2. Toutes les annonces du gouvernement et les élections se dérouleront dans la langue nationale.
    3. Toutes les questions administratives auront lieu dans notre langue.
    4. Les étrangers ne seront pas un fardeau pour les contribuables. Pas de sécurité sociale, pas d’indemnité de repas, pas de soins de santé ou tout autre avantage public ne seront accordés.

    Tout abus provoquera la déportation.
    5. Les étrangers peuvent investir dans ce pays, mais le montant doit s’élever au minimum à 40.000 fois la moyenne journalière de subsistance.
    6. Si les étrangers achètent de l’immobilier les possibilités sont limitées. Certains terrains, en particuliers les biens immobiliers disposant d’accès à l’eau courante, seront réservées pour les citoyens nés ici.
    7. Les étrangers ne peuvent pas protester chez nous. Aucune manifestation, aucune utilisation d’un drapeau étranger, aucune organisation politique. Aucune calomnie sur notre pays, le gouvernement et sa politique. Toute violation conduira à la déportation.
    8. Si quelqu’un pénètre dans ce pays illégalement, il sera traqué sans merci. Arrêté, il sera détenu jusqu’à ce qu’il soit expulsé. Tous ses biens sont saisis.

    Trêve de commentaire mais très réel !

    **Les règles ci-dessus sont les règles d’immigration en vigueur en « Arabie Saoudite et dans les Émirats Arabes Unis!

    ___

  7. Je crois que la Loi 101 est encore utile pour protéger le fait français. À l’instar de Mme Marcotte, je pense que le gouvernement conservateur devrait abolir la Loi Canadienne sur la santé afin de permettre aux provinces d’accorder plus de place au privé pour aider le secteur public. Cette loi est archaïque et il faut l’abolir.

  8. Premièrement: le bilinguisme chez les francophones est de plus en plus commun. Beaucoup plus important, et de loin, que le reste de nos compatriotes canadiens, qui n’en manquent pas une pour clamer leur fierté de vivre dans un pays bilingue.

    Deuxièmement: La loi 101 a bien servi le Québec en facilitant l’intégration des nouveaux arrivants.
    L’idéal pour l’intégration c’est de vivre dans une société unilingue. Alors là, l’intégration se fait automatiquement. Soit que l’unilingue anglophone ou le nouvel arrivant se décide de parler la langue de la majorité ou soit il s’en va.

    Mais la situation est loin d’être idéale. Ce n’est pas une question de frilosité comme le soulève les Sylvain Bouchard de ce monde, mais une question de nombre. Il n’y a pas d’intérêt immédiat pour un non-francophone de parler français dans la grande région de Montréal.

    La question de survie du français se pose donc concrètement.

    Ce qui me fait dire que ce débat sur la langue initié par M. Bernier me semble bien mal parti. Mais ceci ne me surprend pas de la droite. On prend un point sur la liberté individuelle et on en fait une contestation globale à la loi 101. En oubliant le pourquoi de cette loi, soit la protection du français en favorisant l’intégration des nouveaux arrivants au Québec.

    Ce qui me rappelle que Montréal, selon les toutes dernières nouvelles, fait toujours partie du Québec. Alors ce problème montréalais est le problème de tous les québécois. La loi 101 a servi à atténuer des tensions linguistiques et n’en déplaise aux villageois (dans leur tête) du Québec, un Montréal pacifié est certainement un gain pour le Québec en entier.

    Comme toujours, les débats initiés par Bernier et relayés par la droite, sous le couvert de l’insipidité remet en cause des fondements importants de notre société. Ils ont même l’outrecuidance de déguiser cela dans une querelle du rural contre la méchante grosse ville. C’est vrai que le Québec ne perd pas ses réflexes de penser petit. On est petit, on est né pour un petit pain. Petit train fait son petit chemin.

    • @Droite-sceptique,
      « Ils ont même l’outrecuidance de déguiser cela dans une querelle du rural contre la méchante grosse ville. » Vous comprenez très mal. ll ne s’agit pas de querelle entre le rural et la méchante grosse ville. Je soulève que les parents des régions fortement francophones du Québec n’ont pas à subir les effets pervers d’une Loi qui a pour objectif d’intégrer les immigrants. Ils devraient pouvoir choisir pour leurs enfants des écoles Vision, des écoles bilingues et même quelques années d’immersion en anglais.
      Je constate que c’est vraiment plus fort que vous. Vous devez absolument terminer vos textes avec des insultes. Je me demande qui est petit là-dedans.

  9. Comment peut-on prendre au sérieux un homme comme Bernier qui prétend défendre la liberté individuelle.

    Cette même liberté individuelle qu’il a défendue comme député conservateur en participant à l’abolition du questionnaire long de statistiques Canada. Gaspillant ainsi des fonds publics en recherche parce qu’il dévalue irrémédiablement les données de Statistiques Canada pour quelques questions de pécadilles sur la liberté individuelle. Pendant ce temps ce gouvernement gaspille 1 milliard de dollars en sécurité en un seul week-end au G20 de Toronto tout en abusant directement et sérieusement des libertés individuelles de centaines d’opposants.

    Je n’accepte pas ces débats tronqués où l’on fait l’économie de parler des intentions réelles des débatteurs. Bernier ne soulève la question que pour se faire du capital politique.

    Comme Bernier, vous en faites une question de liberté individuelle au détriment de la question identitaire. Vous tronquez de plus le débat en opposant Montréal et ses problèmes versus le reste du Québec.

    J’ai déjà entendu ce discours d’accusation d’être frileux de la part d’un certain Sylvain Bouchard de Québec. Laissez-moi vous dire qu’il est facile d’être bien au chaud dans ses certitudes avec sa mentalité du petit québécois colonisé.

    Ce dont je vous parle c’est d’une ouverture sur le monde. Celle d’être francophone en Amérique, d’être bilingue et d’être ouvert sur le monde. Tout en prenant et préservant les moyens de perpétuer notre langue et notre culture.

    Qui pense petit?

  10. Décu de Madmax. Avec sa déclaration plus de chance de le voir en politique provinciale. Je trouvais déjà triste de le voir stagner sans responsabilité à Ottawa. Je commence à penser qu’il n’est finalement pas très doué pour la politique. Un homme aux idées rafraichissantes, mais dépourvu de réalisme politique. Il semble seul ou presque à croire qu’il sera Premier Ministre du Canada un jour. Le même destin que son père l’attend peut-être dans le détour (Il se fera un jour expulser du Parti Conservateur et finira comme indépendant).

  11. Pingback: Droite - À la défense de Maxime Bernier! | Le blogue de Jean-François Lisée

  12. @Droit -Septique….Si vous vous sentez comme un colon, vous êtes alors, un colon! Je suis Québecoise et je ne me suis jamais sentie comme une colonne. Nous sommes loin d’être colonisés en reçevant $8.6 Milliards des provinces riches du Canada, pour que nous tombions pas en faillite. Nos airs de gauche nous coulent dans le trou! Nous dépensons l’argent des autres en se donnant des privileges que les provinces riches ne se donnent me pas.

    Par contre, je déteste brimer les droits individuels, la loi 101 l’a et continue de le faire et veut l’imposer plus loin jusque dans les CGEPs. SVP lisez mon commentaire çi-haut qui commence par la phrase « Comment Madame Marois… » nous ne sommes pas trop trop loin de l’Arabie Saoudite.

    Je connais une maman fraîchement divorcée de Toronto, qui était allée à l’école francaise au Québec , et qui retournait a Montréal dans les années ’80 avec son jeune garçon de 12 ans. On l’a planqué dans dans une classe en français, il ne comprenait pas un mot, on l’a fait reculé d’un an, il ne comprennait pas non plus, il s’est ramassé avec une sérieuse crise de Zona, il pleurait le soir, avait mal à la tête…le reste est encore plus tragique…alors j’arrête.

    La loi 101 avait des côtés bénéfiques, je l’admet, mais pas très démocratique et peu noble.

    • Ne personnalisez pas vos attaques. C’est méchant et Johanne risque de vous censurer.

      Si la loi 101 est responsable de crises de zona alors je suis remué dans mes convictions. Merci de me faire évoluer vers la lumière.

      Quant à brimer les droits individuels vous devriez vous plaindre des feux rouges aux intersections, des portes qui vous bloquent l’entrée, des commerçants qui vous empêchent de prendre ce que vous voulez sans payer, etc… Et de Johanne que ne vous laisse pas répondre aux âneries par des âneries.

    • Vous avez raison. Y’a sûrement moyen d’argumenter solidement. Tentons d’apporter des arguments rationnels. Cela dit, il est tout à fait légitime de nous interroger sur la pertinence et l’utilité d’une Loi. Les populations évoluent, les besoins évoluent, etc.

      Mais en ce qui me concerne, le durcissement de la Loi 101 qui impliquerait l’imposition de la Loi 101 aux Écoles Vision par exemple (des écoles bilingues), ou aux cégeps est nettement un geste qui brimerait l’avenir des jeunes Québécois.

  13. Même si je ne partage pas l’avis des blogueurs ou personalités publiques libertariennes, je respecte aussi d’avantage ceux qui préfèrent casser des oeufs plutot que de marcher sur des oeufs. Ceux qui ont le courage de leur intégrité, qui préfèrent dire le fond de leur pensée plutot que d’utiliser une langue de bois pour se défiler.

    Ce que je trouve dommage dans le discours libertarien “publique” actuel, c’est qu’on entend beaucoup le mot “liberté”, mais on met rarement une définition sur ces mots. Dans le cas de la langue, c’est simple, c’est la liberté de choisir sa langue d’enseignement, la liberté d’affichage dans la langue qu’on veut, la liberté de diffuser autant de radio en anglais qu’on veut, la liberté de travailler dans la langue qu’on veut. Dans un contexte comme celui la, ça ne serait pas long avant qu’on ait une métropole anglicisée. Les stations de radios contournent déjà la loi, même lorsqu’elle est en application.

    Cette liberté, elle a des ramiffications dans tous les domaines de la vie. Pourquoi est-ce qu’on ouvrirait la porte dans un domaine (éducation) et pas dans un autre (radio-diffusion)? Ultimement, les libertariens devraient avoir le courage d’assumer leur discours, et dire clairement que la loi 101 devrait être abolie dans tous les domaines (même si ca serait contre-productif pour la popularité du réseau Liberté-Québec).

    • Je vois que vous avez lu Lisée? Les gens qui critiquent la droite font 2 erreurs. D’abord, ils concluent que tous sont libertariens (ce que je ne suis pas). Et puis, lorsque la droite est pragmatique, qu’elle choisit ses batailles et qu’elle choisit de ne pas perturber la paix sociale actuelle, on dira qu’elle n’est pas cohérente et qu’elle ne mérite pas de respect.

      D’un côté donc, on la condamne si elle extrémiste; de l’autre, si elle est pragmatique, on la condamnera pour manque de cohérence. Elle ne peut pas jamais gagner aux dires du clergé de Lisée qui par ailleurs, parle très bien à sa clientèle. Mais la vérité, c’est qu’il est à peu près impossible de se comprendre. Tout ce que la gauche cherche à faire, et particulièrement le texte de Lisée, est de condamner et discréditer.

  14. Si le français est une langue si frileuse que l’on doît garder sous la ouate, ne jamais l’exposer à l’air libre pour crainte qu’elle s’étiole, et qu’elle survive uniquement par la contrainte des lois, alors elle va finir par sentir le moisi et se décomposer comme bien d’autres langues anciennes.

    • C’est méprisant de parler de ouate en parlant de loi 101.

      La loi 101 sert un objectif, la pérennité du français en Amérique. Et ce moyen a été choisi parce que l’Amérique est anglophone dans une proportion suffisante pour menacer la survie du français.

      Frilosité, ouate, zona, sont des évocations efficaces. Nous ne voulons pas avoir l’image du sensible qui se protège dans la ouate. Nous ne voulons pas faire mal aux enfants et provoquer des maladies graves. En somme nous voulons tous être vertueux. Vos arguments tapent sur le clou de la vertu. Mais ce n’est pas de vertu qu’il est question ici.

      Parlez-nous du pourquoi de cette loi et dites-moi si vous adhérez aux objectifs initiaux et si oui, existe-t-il d’autres moyens pour y répondre sans loi 101.

      D’autre part, est-il vrai que les jeunes québécois sont peu bilingues. Comment suppléer à cette lacune en respectant l’objectif initial de loi 101.

      Je considère la maitrise de la langue anglaise comme essentielle pour nos enfants, mais il y a dilemme pour nous québécois. Non pas parce que nous sommes moins bons ou ignorants, mais parce que nous vivons dans un contexte particulier. Faire abstraction de ce contexte historique et géographique est tentant mais au bout du compte improductif.

  15. Joanne,

    D’abord, je ne crois évidement pas que tout ceux qui sont à droite sont libertariens. Je garde toutefois une impression que vos opinions et références semblent se rapprocher d’avantage des libertariens et minarchistes (Duhaime, Masse, Bernier, LE Minarchiste) que de la droite pragmatique ou modérée (Martineau, Faqual). Votre cri du coeur pour une dissolution de l’ADQ lors de l’élection de Tailon (qui pronait une ADQ plus au centre) n’a fait que de renforcer ma perception de votre position. Je constate aussi que le RLQ semble mettre la Liberté (avec un grand L) au centre de sa mission, ce qui se rapproche définitivement du liberterianisme. Vous semblez aussi sauter de joie lorsqu’on parle de « vos amis » libertariens à Radio-Canada. Évidement, tout ceci n’est qu’une impression. Est-ce que ca fait de vous une libertarienne? Peut-être pas.

    Ce que plusieurs personnes condamnent en ce moment, ce n’est pas toujours le pragmatisme ou l’extrémisme. Personnellement, je suis très ouvert lorsque je fais face à un interlocuteur qui fait preuve de transparence idéologique. Lorsque je lis des textes de Facal (pragmatisme), Descoteaux ou de Martin Masse (extrémisme), je trouve qu’ils sont toujours pertinent même s’ils sont souvent à l’encontre de mes convictions. Je ne manquerais jamais de respect envers ces gens car leur discours semble refléter leur conviction (modérée ou non). Même chose pour Maxime Bernier, qui a décidé que peu importe la ligne de parti, il dirait haut et fort ce qu’il pense, selon ses convictions. Je peux condamner ses opinions, mais je ne peux pas condamner l’homme pour les exprimer.

    Toutefois, lorsque je lis un texte contenant des propos qui semblent se contredire, mais d’où semble se dégager un « Pour moi, la réponse à cette question ne réside pas dans une Loi » et qui conclu « Dans le débat public, il faut choisir ses batailles », il se dégage du texte une sorte de position vague, comme si l’auteur voulait dire quelque chose, mais doit se retenir pour ne pas choquer personne. Je trouve cela fort dommage de devoir cacher son opinion comme cela et j’espère que vous aurez un jour la liberté de dire ce qui vous traverse l’esprit sans devoir sans vous censurer.

    • Je ne me catalogue pas libertarienne, parce que les libertariens que je connais ont toute un bagage, un modèle, des lectures, des références que je ne maîtrise pas. Je n’ai pas lu Hayek, von Mises et tous ces gens-là. Me demander d’expliquer la philosophie libertarienne avec assurance, je n’en serais pas capable. Quand je veux une opinion libertarienne, j’appelle Martin Masse et j’en suis totalement satisfaite. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs dans le dossier des gaz de schiste et je suis absolument reconnaissante de sa contribution.

      Par ailleurs, je sais reconnaître un étatiste social-démocrate d’un réformateur qui prône plus de liberté et de responsabilité individuelles. Et oui, l’ADQ de 2007-2008 n’était plus ce parti réformateur dont on aurait eu tant besoin.

      Je vois bien où vous y voyez une contradiction. « La solution ne réside pas dans une Loi… mais je ne prône pas son abolition ». En effet, je pense que de raviver tout le débat linguistique serait absolument dommageable et contre-productif. C’est pour cela qu’il faut choisir ses batailles. J’ai choisi pour ma part la bataille de la survivance économique plutôt que la survivance culturelle. Il en a d’autres qui sont beaucoup mieux que moi pour parler de la survivance identitaire. Par ailleurs, comme je l’écris dans mon texte, la solution réside bien davantage dans l’enseignement du français et de l’anglais.

      Bref, c’est ça pis c’est juste ça. J’espère que cela éclaircit un peu les choses, mais vous auriez raison de croire que s’il y a une chose qui m’effraie au plus haut point, c’est que nous retombions dans ces éternels débats linguistiques qui historiquement, ont oblitéré tout le reste et fait de nous un peuple à peu près illettré économiquement parlant. C’est d’ailleurs pour cela que je n’interviens que très très très rarement sur ces sujets. Question de ne pas mettre de l’huile sur le feu.

      Merci pour votre commentaire.

  16. Maxime Bernier a droit à son opinion…

    C’est pas parce qu’on fait partie d’un parti politique, qu’il faut nécessairement « fermer sa gueule » tout le temps, et suivre le « régiment »…

    Le parti conservateur, ce n’est pas le Bloc Québécois de Gilles Duceppe, où personne est capable de « penser » par lui-même, et doit obéir aux ordres de leur chef « stalinien »!!!

    D’ailleurs, n’est-ce pas Patrick Bourgeois, de Réseau Résistance Québec, qui avait lui-même dit, il y a quelques temps, que le côté « tyrannique » de Gilles Duceppe, lui faisait penser à Staline?…

  17. Joanne,

    Merci de votre réponse, qui clarifie effectivement votre position dans ce débat. Désolé pour le malentendu.

    Etienne

  18. Pingback: Entrevue: Loi 101, Mise en demeure de la CSQ « Le blogue de Joanne Marcotte

  19. Tel que J.-F Lisée l’a clairement démontré sur son blogue, vous avez clairement défendu la loi 101 ACTUELLE lors de votre prestation à TMEP (à ma surprise d’ailleurs!) et aujourd’hui, vous semblez défendre le contraire en vous réfugiant derrière la commode cliché du « je choisis mes batailles… »!

    Hum…c’est pas votre meilleure…

    Va falloir formellement choisir votre camp car ça risque de nuire à l’élan de RLQ et de devenir un désavantage que ne manqueront pas d’exploiter nos gauchistes.

  20. Le débat sur la loi 101 est dépassé. La défense du français est un combat d’arrière-garde. Montréal est pratiquement une ville où l’anglais domine. Cette tendance va s’accentuer. L’attrait de l’anglais est une force insurmontable. Dans 50, 75 ans, nous serons la Louisiane. Au fond ce fut peut-être une grave erreur après la conquête de vouloir à tout prix conserver notre langue. Autant que je puisse voir, la jeune génération n’est y guère attachée et sa musique, ses films, ses lectures, sa culture, est en anglais. Le français sera mort avant 100 ans. Cessons l’acharnement thérapeutique.

    • Julien,

      Qu’entendez-vous par « Montréal est pratiquement une ville où l’Anglais domine. » (sic)

      Est-ce que la langue « dominante » est parlée en public? Au travail? À la maison? À l’école? À la télé? À la radio?

      Pas facile de s’y retrouver mais mon expérience personnelle est que lorsque je vais à l’ouest du Boulevard Saint-Laurent (+ ou – 1 / mois) je m’exprime en Françaiset l’on me répond en Français. Dans les magasins où je vais, les vendeurs (es) m’abordent également en Français.

      Bien sûr, il existe quelques minuscules ilots de « résistance » mais c’est l’exception. Nos séparaatistes utilisent ces exceptions pour alimenter la peur de l’Anglais car c’est leur fond de commerce. Sans une bonne petite guéguerre linguistique, les séparatistes n’ont plus de cause.

  21. Aujourd’hui 10 Février 2011,
    Richard Martineau sur son blogue demande au gros village et a tout les autres petits villages des région a aider Montréal avec la langue en soutenant la loi 101(sans un avenir pour les Québécois unilingue francophone).ils nous demande de sacrifier l’avenir de nos enfants en faisant d’eux des handicapés intellectuel et culturel, je regrette mais c est non!
    le seul moyen de sauver une langue et une culture d’un peuple c est de fonder des familles nombreuses.
    si il y avait 50 milles naissance au Québec par année plutôt que 50 milles immigrants aurait-on un problème de langue a Montréal poser la question c est de lui répondre. De plus dire que Montréal est le poumon du Québec c’est vrai mais ce poumon a le cancer de ces choix politique.

  22. @Julien….Wow! Je pensais être la seule a penser comme toi. Çela fait 30 ans que je suis revenue au Québec et depuis trente ans que l’on se fait taper les oreilles vitam eternam avec ces chicanes de langue, cette bataille éternelle contre l’anglais, à tel point que …oui…je trouve qu’il est dommage que les anglais nous ont laissé nos droits de langue et de religion lors de leur victoire des plaines. Ils doivent le regretter amèrement aujourd’hui. Jamais certains citoyens de cette province ne seront satisfait de leur société distincte, de leur nation, refusant de signeer la constitution demandant more and more and more.
    What a pain in the _ _ _. All I want is harmony and I cdon’t care if it’s French or English. So tired, so tired of the endless fighting.

  23. @Droit Septique…Votre commentaire ci-haut commençant par… C’est méprisant..

    Pouquoi les Québecois ne sont pas comme les autres humains? En Europe, plusieurs pays se cotoient et leurs enfants apprennent 2-3-4 langues. Ici, les francophones ne peuvent à peine parler français, mais exigent que tout le monde autour d’eux le parle et s’abstienne de parler l’anglais. C’est un peu ridicule de toujours avoir des cas particuliers pour les pauvres petits Québecois francophones. La langue ça ne se perd pas en général, surtout avec des règles exigantes plus que séveres! C’est la chanson préférée des séparatistes…votez pour nous car nous allons protéger votre langue, sinon vous allez disparaite…Pouufff!

  24. Le français pour les pauvres…
    « Comme l’explique Lysiane Gagnon dans son excellent texte L’unilinguisme pour les pauvres, ceux-là disposent d’un ensemble de possibilités. Mais qu’en est-il des francophones issus de milieux moins favorisés? » JM

    Lyz Gagnon est anglophone. Tout comme Jan Wong sa culture et son pays c’est la canadienne et le Canada. Elle ne peut pas mieux dénigrer les français, autrement.

    Son style de communication et sa forme de pensée sont tout à fait compatibles avec la génération du jadis célèbre chroniqueur Pitt Bill Johnson, de la Gazette.

    Voyez cet amalgame, quand elle associe avec mépris le collège français aux petits Québécois, et ceux-ci aux pékistes, pour ne pas dire souverainistes. Citation…
    « On voit mal comment cette conscription en ferait par miracle de bons petits Québécois sur le modèle péquiste. » LG

    Une « conscription », dit-elle ?… Pourtant, en Ontario, il n’y a pas de collèges français pour les petits francophones, uniquement des collèges bilingues, avec des manuels en anglais. Et personne là bas n’appelle ça une conscription.

    Puis… Pour mieux abrutir les francophones, elle invente des droits qui n’existent pas au Québec. Même pas en Ontario ou au Canada et aux USA. Le droit de choisir la langue de l’éducation. Citation…
    « Personne n’aime se voir privé d’un droit, même quand on ne l’a pas encore utilisé. » LG

    Donc… Si l’unilinguisme français conduit à la pauvreté, selon son article, voici les questions principales…

    Pourquoi écrit-elle sa chronique en français uniquement ?…

    Pourquoi le journal qui publie sa chronique, La Presse, est-il unilingue français du début à la fin ?…

    Lyz Gagnon est-elle pauvre ?…
    La Presse est-elle pauvre ?…

    CH

  25. @Christian….Lysianne Gagnon dit et Billl Johnson disait la pure vérité sur les francophones, ce qui n’est pas permis au Québec. Johnson a perdu son emploi parce qu’ on lui voulait beaucoup. Sorry…. but…qu’ils soient francophones, anglophones ou martiens, çela ne fait aucune différence, ces auteurs de grande marques savent bien de quoi ils parlent.

    Pullleeese don’t play the poor eternal victim with the bad English!

    Before you make declarations about Ontario and French schools, it would be appreciated if you might consider doing some research. French schooling is very present in Ontario. You will be surprised, check this link:

    http://en.wikipedia.org/wiki/Category:French_language_schools_in_Ontario

    Also before stating that Gagnon is English you might consider checking it out. She is French born in Montreal.

    Here’s an interesting link about her when she was asked to write in the Globe and Mail:

    http://www.tabaret.uottawa.ca/article_e_205.html

  26. Je tiens à expliquer mon opinion à partir d’un point de vue anglophone. La loi 101 a provoqué une exode massif de notre peuple. Plus de 100 écoles anglaises ont fermé en raison de l’exode et pas d’immigrants dans notre réseau scolaire, de nombreux hôpitaux anglais est devenu français après la Loi 101, de nombreux services sociaux ne sont plus disponibles en anglais etc. Notre communauté est en baisse à cause de cette loi. La loi interdit les anglophones de se développer et prospérer dans la langue anglaise. Camille Laurin savait que ce projet de loi finirait par la disparation de notre communauté et je pense que c’était son intention. Quand on parle de l’exode des anglophones, ministre du développement économique Bernand Landry a déclaré « nous sommes maintenant à la paix en matière de législation linguistique ».

    http://news.google.com/newspapers?nid=1946&dat=19800910&id=vzMyAAAAIBAJ&sjid=qaQFAAAAIBAJ&pg=4428,3661838

    La réalité est que le premier gouvernement PQ a voulu que cela arrive à nous et ont été très heureux de nous voir partir.

  27. Pingback: À la défense de Maxime Bernier! | Le blogue de Jean-François Lisée

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