Culture québécoise: sommes-nous redevenus des porteurs d’eau?

J’ai quelques fois écrit sur la façon dont on conçoit « la culture » au Québec. Vous savez, cette grande culture que nous, Québécois, avons, que nous chérissons, que nous défendons, qui nous distingue… Non, non! Ne souriez pas. Vous savez ce que je veux dire. (Lire ceci et ceci ou encore ceci)

Je me surprends toujours, peut-être suis-je naïve, de constater l’étroitesse avec laquelle des gens dits crédibles parlent de la culture. Un exemple récent est celui de Daniel Lessard qui s’aventure à dire que les conservateurs canadiens n’ont pas de culture: ils écoutent la télévision américaine, les pauvres…

Marie-France Bazzo, lors d’une chronique partagée avec Mario Dumont, partageait son angoisse d’un gouvernement conservateur majoritaire. Que va-t-il arriver de la culture, bon sang? Panique. Effroi. Sueurs froides.

Bazzo avait beau parler de « vision globale et sociétale » de la culture, elle finissait bien par trahir l’étroitesse d’une vision extrêmement limitée de la culture, soit celle qui se résume à subventionner Radio-Canada… Il faudrait bien que je finisse par comprendre que la culture, c’est d’abord la préservation de Radio-Canada, c’est le Conseil des arts, c’est l’Office national du film et surtout, surtout des emplois et une chaire qui leur garantisse une influence auprès du bon peuple.

Mais il faudrait bien aussi qu’un jour, l’on reconnaissance les écarts entre ce qui est promu par nos élites et ce que croit la population. La sécurité publique est un bel exemple où la population est plus en phase avec le programme conservateur et l’avis du Sénateur Boisvenu. Pas de sueurs froides à y avoir là.

Aussi, bien que je ne partage pas, moi non plus, les idées d’une minorité de conservateurs qui voudraient bien proposer un conservatisme plus social ou moral, il demeure que l’identité nationale et la culture d’une nation ne se limite pas aux artistes qu’on vénère ni aux organismes que l’on subventionne.

C’est pourquoi je crois que cette chronique que nous a offerte Mario Dumont ce matin à l’émission de Bouchard en parle mérite d’être écoutée.

En analysant les résultats d’un sondage produit par la Fondation de l’entrepreneurship, Dumont se désillusionne encore davantage sur l’héritage de la Révolution tranquille et en conclut que nous serions redevenus des porteurs d’eau… En voici quelques conclusions:

  • Mythe déboulonné : c’est la culture entrepreneuriale du Québec, bien plus que le français comme langue maternelle, qui freine nos entrepreneurs à prendre leur envol
  • Le Québec compte 2,2 fois plus d’entrepreneurs anglophones que francophones. Cependant, il y a environ deux fois plus d’entrepreneurs francophones dans le reste du Canada qu’au Québec
  • Les Québécois d’origine résidant ailleurs au Canada sont environ deux fois plus nombreux à posséder une entreprise que ceux demeurant au Québec, peu importe leur langue

Et la prochaine fois que l’on vous parlera de culture, retenez donc les chiffres suivants. Au Québec:

  • Peu de reconnaissance de l’ambition comme qualité entrepreneuriale (Québec : 19,2 % VS RDC : 30,2 %)
  • Le succès financier perçu négativement (Québec : 40,2 % VS RDC : 28,0 %)
  • L’aversion au risque (Québec : 31,3 % VS RDC : 45,0 %)

dressent un bon portrait de l’équation culturelle expliquant ce qui retient notre potentiel entrepreneurial au sol et l’empêche de prendre son envol.

Alors si vraiment on avait à coeur cette fameuse culture québécoise, voilà un beau chantier de réflexion. Parce que la culture, ce n’est pas Radio-Canada..

10 réflexions sur “Culture québécoise: sommes-nous redevenus des porteurs d’eau?

  1. Par curiosité, allez voir les documents de l’Unesco où l’on parle de diversité culturelle. Je m’y étais attardé lorsque Lisa Frulla était ministre du Patrimoine.

    Bizarrement, ce n’est pas l’art ni les artistes qui les intéresse: il n’en parle presque pas. On utilise par contre presqu’exclusivement le terme « industrie culturelle » partout dans les rapports.

    Alors que les puristes du Voir et d’ArTV en soient avisés: ce qui compte, ce n’est pas le mot « art », c’est la « business » comme dans « showbusiness ».

    Danny Quirion
    Connaitre la suite

  2. Vous faites bien de faire un billet là-dessus!

    Moi aussi, je l’ai pas mal de travers dans la gorge cette sortie absolument méprisable et DÉGUEULASSE de Mme Bazzo à savoir que la culture se résume à subventionner Radio-Canada. Pour elle, les cours de piano sont un simple retour d’argent à la famille.

    Ouf!!!

    Ça ne lui a pas effleuré l’esprit qu’avec des cours de piano, viennent la connaissance de quelques pièces musicales écrites par des compositeurs intemporelles, qu’un enfant puisse développer le goût de la musique au point d’en faire une carrière professionnelle plus tard.

    Et Mme Bazzo ne nous parle JAMAIS de ces nombreux voyages à New-York. À chaque fois qu’elle a une chance, elle passe la fin de semaine dans cette grande ville américaine pour mieux revenir nous faire la leçon ensuite qu’on habite donc une BELLE ville à Montréal, SA VILLE bien aimé. Vivante, culturelle,
    dynamique…Vraiment???

    Il faut vraiment ne pas sortir de Montréal pour la croire un seul instant sincère. Tout juste si elle ne vient pas rire de nous autres en pleine face.

    Le mythe de la droite inculte et américanisée, ça commence à bien faire.

  3. Pour moi, la culture, c’est ma langue, ma religion, mes goûts des bonnes choses que peut m’apporter le Québec et ma fidélité de mes origines de tradition que m’ont transmise mes ancêtres.

    Mme Bazzo est dans la Radio-Canada Bulle et pour elle, couper Radio-Canada de ses subsides, c’est attaquer la culture. À ce que je crois, Radio-Canada n’a pas le monopole de la culture car les postes privés en véhiculent le contenu également et parfois de plus bel façon. Pour elle en résumé, la culture semble se grouper en la capacité de Radio-Canada de la diffuser.

    Sur le plan entrepreneurship, les Québécois sont capable de grand, Bombardier, SNC-Lavalin et d’autres le démontre amplement. Je n’ai pas lieu de m’inquiété sur la culture concernant ce secteur, ils perpétuent avec succès la tradition. Cependant, il semble que la bureaucratie gouvernementlal soit une grande entrâve pour les petits et moyens entrepreneurs et cela explique en partie le moins dans les statistiques sur le nombre d’entrepreneurs en territoire Québécois. Cette bureaucratie coûte cher aux entrepreneurs en plus de leur faire perdre un précieux temps. Il serait bon que l’État revise ses règles car certainement, il perd de jour en jour des petits et moyens entrepreneurs.

  4. Très bon billet pour démarrer le nouveau mandat.

    Je suis plus qu’étonné du commentaire de Monsieur Lessard. J’espère qu’il ne croit pas que c’est sa meilleure performance.

    De Madame Bazzo, je ne suis pas surpris. Elle affiche clairement ses couleurs. Elle pourrait être une grande prêtresse de la gauche.

    Les deux semblent avoir peur pour les grandes institutions culturelles fédérales. C’est peut-être qu’ils savent, tous les deux, que Monsieur Harper a raison et que la récréation sera bientôt finie.

    Beaucoup de gauchistes veulent ignorer que les deux premières missions de l’État sont (1) la sécurité et (2)la justice. La culture (art) flyée vient plus loin.

    L’entrepreneurship est une valeur culturelle beaucoup plus utile que le B-S-ship, tant pour les entreprises que pour les individus. La description que fait Mario Dumont résume toute la question.

    Je n’ai rien d’autre à ajouter.
    Comme disait autrefois la gauche:
    « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ».

  5. Il ne faut pas oublier que les artistes sont eux-mêmes des entrepreneurs, des innovateurs qui créent des emplois, même s’ils ne sont pas considérés comme tels. Beaucoup reçoivent des subventions, il est vrai, comme bien des entreprises…

  6. Pingback: lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 05/07/2011

  7. Notre culture est décadente, car notre élite passe son temps à se louanger tout en dénigrant celle des autres. En exploitant les contribuables, soi-disant dans le but de sortir de la « dictature du profit » et prendre le risque de nous déplaire pour mieux nos instruire, je me rends compte qu’on nous réconforte dans le conformisme, sans nous faire réfléchir et qu’on nous prend pour des veaux.

    Nos chantres de la culture semblent oublier que la culture c’est aussi la science, l’architecture, la peinture. Pas juste du divertissement pour spectateurs avec du potinage à la con. En plus, pas avec des subventions que nos artistes vont devenir plus imaginatifs et intéressants.

    Pour ce qui est de l’entrepreneuriat, va falloir sortir de cette mentalité que pour réussir, il faut être subventionné sur le dos des consommateurs et concurrents; et aussi commencer à mettre de côté le protectionnisme, bien beau vendre, mais faut quand même accepter que nos clients puissent être aussi nos concurrents. Si on voudrait tous que vendre, personne n’achèterait. Aussi accepter que des compagnies qui périclitent puissent faire faillite.

  8. Je suis content de ne pas être le seul à avoir remarqué le commentaire de Daniel Lessard (qui s’aventure à dire que les conservateurs canadiens n’ont pas de culture: ils écoutent la télévision américaine).

    À mes yeux, il s’agit d’un commentaire « raciste ». En effet, imaginez un instant qu’un journaliste politique anglophone, lors de la soirée des élections, émette un commentaire de même nature à l’endroit des Québécois. j’ai bien l’impression que le parti québécois aurait fait un tollé devant le « racisme » d’un tel commentaire.

    Mais quand on s’attaque aux méchants anglais, c’est correct; ça passe sous silence.

    Par ailleurs, en matière du culture, pourquoi faudrait-il qu’un fonctionnaire quelconque, qui n’a de compte à rendre à personne, subventionne avec mon argent un artiste qui ne m’intéresse pas et dont je ne veux pas encourager l’oeuvre.

    Pourquoi cette « mafia » culturelle sait mieux que moi ce que je dois et qui je dois encourager et soutenir?

    C’est clair que, dans ce petit univers, la « mafia » culturelle a besoin de donner des subventions pour justifier leur job et des artistes, que personne ne veut voir et donc financer directement, vivent aux dépens de la population.

    Il est clair aussi que chacun a le droit d’être un créateur, un artiste. Mais, il est possible que le talent que l’on a, ou si le type d’art que l’on fait, ne nous permet pas de survivre financièrement, parce que personne ne veut acheter notre oeuvre. Alors pourquoi faudrait-il imposer à la population de payer par ses taxes pour une oeuvre dont personne ne veut? Ne serait-il pas plus juste de reléguer ce côté artistique au niveau d’un passe-temps et de se trouver une vraie job pour payer l’épicerie?

  9. TOUS les commentateurs de Radio-Can avaient la mine longue le soir des élections et avec raison: Harper coupera probablement une bonne tranche du budget de ce nid de gauchisto-séparatistes et avec raison!

    Radio-Can a suivi la campagne électorale avec un point de vue scandaleusement teinté de gauche et anti-Conservateur.

    Ils est grand temps de nettoyer ce repaire de gauchistes.

  10. Ce que je trouve de tordu a Radio-Canada c’est qu’il y a des émission a forte tendance ultra-gauchiste comme TLMEP mais aucune pour faire contre poids aux idées véhiculer a TLMEP.Parlant de culture,
    le Lac St-Jean a son Hi Ha Tremblay, Radio Canada a Guy A Lepage.

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