ADQ – Les adéquistes sont-ils prêts?

En fin de semaine, les adéquistes sont conviés par leur nouvelle Commission politique à rebâtir certaines fondations du modèle québécois. En seront-ils capables et en auront-ils l’audace? Sincèrement, je leur souhaite.

Parce que entre vous et moi, le temps n’est plus à la réfection. Il faut maintenant reconstruire à partir de nouvelles fondations… et de nouveaux matériaux: concurrence, liberté de choix, transparence syndicale, révision en profondeur du contrat fiscal entre l’État et le citoyen, plus grande ouverture à l’économie de marché (plutôt qu’aux monopoles d’État sous-performants), etc.

Revoir le rôle d’Investissement-Québec, réviser le mandat des fonds des travailleurs, et libérer la très politique et politisée Caisse de dépôt et de placement de la responsabilité des fonds de pension des employés du secteur public: voilà un ensemble de solutions qui fouettent et qui risquent de sortir le Québec et notre classe d’affaires de leur état de somnambulisme et de dépendance envers l’État subventionnaire.

Ce qui retiendra peut-être le plus d’attention risque bien sûr d’être l’ensemble de propositions portant sur l’univers syndical (pp. 30-36 de ce document). Honnêtement, et je ne le dis pas pour choquer, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.  Comment s’objecter à plus de transparence de la part des organisations syndicales, à donner aux travailleurs une liberté de contribuer ou non aux activités de propagande idéologique et d’activisme politique de leurs syndicats, ou encore d’exiger un scrutin secret pour ce qui est de l’accréditation syndicale?

Bien franchement, voilà les propositions des plus sensées et de gros bon sens, en ce qui me concerne… Un non-sujet, quoi!

Mais au-delà de ces quelques propositions qui scandaliseront peut-être le camp du statu quo et l’élite médiatique fortement syndiquée, les militants de l’ADQ ont une opportunité en fin de semaine de se positionner clairement et de faire savoir s’ils sont les véritables réformateurs du modèle québécois.

Choisiront-ils (enfin!) d’en finir avec une époque où l’on préférait l’ambiguïté? Pas à gauche, pas à droite, pas fédéraliste, pas souverainiste… Pour ne pas déplaire, pour ne pas faire peur, pour « ratisser plus large », pour mieux préparer la prochaine élection, pour « gagner » la prochaine élection… pour bien paraître, quoi! Et surtout ne pas trop choquer.

Auront-ils appris de leur égarement philosophique de l’époque de l’Opposition officielle?

Se laisseront-ils intimider par ceux qui voudront les faire voir comme des « radicaux », des « extrémistes », des gens « d’extrême-droite », des irrespectueux de l’héritage et des précieux symboles de la Révolution tranquille?

Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Je ne suis plus membre de l’ADQ depuis l’automne 2009.

Mais ce que je sais, c’est que le Québec a besoin d’un parti qui n’aura pas peur de ses convictions et d’une armée de soldats qui n’aura pas froid aux yeux.

Il n’y a rien de honteux à défendre des valeurs de libertés individuelles, de concurrence, de responsabilité citoyenne, à défendre nos champions, qu’ils soient du milieu artistique, politique… ou du monde des affaires, qu’ils soient pauvres comme Job ou milliardaire.

Je rêve en fait du jour où de malfaisants journalistes ne dicteront pas la conduite de partis politiques ou encore d’une Assemblée nationale qui ne s’abaissera pas au point de réprimer des propos d’individus exprimés dans une société où la liberté d’expression est une valeur fondamentale. Quelle honte! et chapeau aux libéraux, cette fois-ci.

Le camp du statu quo, de l’enfermement du Québec dans un modèle qui étouffe l’initiative, l’entrepreneurship et l’épanouissement du potentiel des Québécois est puissant. Ce camp est organisée, extrêmement bien financé, n’a pas peur des mots et défend les leurs. Je le respecte… même quelque fois plus que le mien. Et je le crains.

Imaginer un seul instant que les profonds changements dont le Québec a besoin peuvent être portés par des leaders, un parti et des militants qui ne réalisent pas l’importance du moment et le besoin d’appuyer férocement et avec grande fierté un renouveau politique relèverait de la plus grande naïveté.

Alors je souhaite aux adéquistes un très beau conseil général et félicite la nouvelle Commission politique pour leur audace, leur fierté et leur résolution. Vous avez mis entre les mains de vos membres un embryon de ce que pourrait être le Québec de demain et soumis au nouveau chef Gérard Deltell le fruit de votre expérience et de vos convictions.

À votre dernier conseil général, vous avez manifesté votre confiance envers votre nouveau chef avec un vote de 97,1%. À lui maintenant d’imprimer sa marque et de faire connaître la nouvelle direction.

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2 réflexions sur “ADQ – Les adéquistes sont-ils prêts?

  1. Merci Madame Marcotte pour vos bons mots et vos bons souhaits pour cette fin de semaine.
    J’essaierai d’être à la hauteur de vos attentes.
    Je serai un délégué du comté de Gouin (Montréal).

  2. Pingback: lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 05/14/2011

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