ADQ: Un recentrage de l’ADQ?

Les gens qui pour la première fois assistent à un conseil général de l’ADQ en ressortent toujours avec la même impression.

– Coudonc! Viande! Les médias ont-ils assisté au même événement que moi?

Et c’est sans compter ces bombes que l’on lance l’avant-veille d’un événement, comme par hasard, pour faire dérailler l’agenda. Frustrant… Pourtant, tous les partis politiques vivent avec cette horde médiatique assoiffée de scoops, de rumeurs et de vils bavardages.

Des gens qui viennent y potiner, qui font du « spin » sur leurs lubies (une coalition ADQ-Legault dans ce cas-ci), des chroniqueurs militants qui courtisent l’establishment des partis et aiment bien se croire dans le secret des dieux. Des gens qui préfèrent créer la nouvelle plutôt que de prendre le pouls de l’évolution d’une organisation et de la vision d’un parti et de ses membres. Pire, des « politicailleux » qui se croient le devoir de cautionner ou de faire la leçon aux militants, le lundi matin sur les ondes du 98,5… et dans leur chronique du Journal.

Tout cela est très divertissant pour qui n’a pas de véritable philosophie politique. Mais en revanche, ceux que l’on désignera comme des « idéologues » s’amuseront gaiment lorsque nos « pundits » se feront rappeler à l’ordre par un électorat dont ils ne soupçonnaient pas le niveau d’exaspération ni le profond goût de changement (Écoutez ceci) ou lorsque ces gens déraperont au point de dévoiler leurs plus grands fantasmes (lire ceci). Priceless!

Aux lendemains du conseil général de l’ADQ, l’on raconte donc que l’ADQ se serait « recentré ». Hmmm. Voyons voir…

Les militants ont voté pour favoriser la concurrence et « challenger » les monopoles de l’Hydro-Québec (pour la construction de nouveaux barrages hydrauliques), de la SAQ, de Loto-Québec et des sociétés de transport en commun. Ils ont aussi voté pour permettre aux municipalités un plus grand recours à la privatisation, la sous-traitance et aux partenariats public-privé dans l’entretien des infrastructures municipales.

Comme je l’écrivais dans mon blogue précédent, les propositions votées par l’Assemblée des membres qui touchaient le monde syndical sont à peu près ce qu’il y a de plus audacieux, tous partis confondus. Je ne crois pas que l’on puisse les associer à notre gauche molle.(1)

Côté fiscalité, la Loi sur l’équilibre budgétaire sera modifiée pour ne pas seulement viser l’équilibre budgétaire mais bel et bien pour doter le Québec d’une politique de contrôle des dépenses et de l’endettement.

Côté fiscalité toujours, l’on réduira les taxes sur la masse salariale. En contrepartie, la Commission des jeunes faisait adopter dimanche matin une proposition portant sur la diminution des subventions aux entreprises qui elle, était acceptée. Un beau pied de nez de la part des jeunes aux militants qui n’avaient peut-être pas compris la veille que l’une n’allait pas sans l’autre.

Investissement Québec? L’on cessera d’accorder de nouveaux prêts ou garanties de prêts et procédera à une disposition ordonnée des placements d’Investissement Québec au cours de son premier mandat.

En résumé, les 3 propositions d’importance qui n’ont pas eu un aval de l’Assemblée des membres touchaient la privatisation de TransÉnergie – une partie de HQ (Jean Allaire a évoqué le caractère symbolique de HQ), la diminution du nombre de métiers dans le secteur de la construction (Jean Allaire a évoqué une « explosion » et des représailles…) et la proposition de confier à la CARRA (au lieu de la CDPQ) la gestion des fonds de retraite des employés du secteur public.

Après tout ça, je vous laisse juger s’il s’agit bel et bien, comme le soutiennent les Lessard, Lapierre et Samson de ce monde, d’un recentrage de « l’idéologie politique » de l’ADQ.

______

Je dis « gauche molle » pour répondre à ceux qui parlent de la « droite dure ». Il y a quelque chose de subliminal dans ces appellations, mais je vous laisse choisir ce qui vous plaît le plus. 😉

Parlant de militants pro-syndicalistes médiatiques, faites-vous plaisir et lisez Stéphane Lessard aujourd’hui.

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7 réflexions sur “ADQ: Un recentrage de l’ADQ?

  1. Pingback: lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 05/17/2011

  2. « Vouloir légiférer sur l’utilisation des cotisations des syndiqués par les centrales est par ailleurs tout simplement irréaliste » (J.Jacques Samson, 15 mai 11).
    Je n’endosse évidemment pas cette affirmation.

    Je pense que les syndiqués sont généralement captifs de leurs syndicats. Leur capacité de s’exprimer librement est très limité. La raison est simple: si un membre se met à dos ses dirigeants syndicaux, ses chances d’être bien représenté devant l’employeur diminuent d’autant. Alors la tendance lourde est de penser ‘à son pain et à son beurre’ en disant OUI à son « boss syndical », le moins possible NON.

    Devant cette réalité, si les boss syndicaux décident de mettre la « machine syndicale » au service d’un parti ou d’une cause, il est préférable que le membre dise: »Oui boss, c’est une très bonne idée » ou de fermer sa gueule.

    Dans le cas d’une « réingénérie de l’État », les boss syndicaux vont se battre à mort pour les intérêts de la « machine syndicale » avant les intérêts des membres et les intérêts supérieurs de la Nation.

    Donc, laisser aller ainsi les centrales syndicales rend « simplement irréaliste » toute restauration des services de l’État. L’immobilisme n’est plus la solution.

    • Il semble que ce matin, notre chroniqueur J.Jacques Samson se soit rangé du côté de ceux qui font un piètre bilan de Madame Carbonneau et du syndicalisme québécois. S’il y a un chroniqueur qui est populiste au Québec, c’est bien lui. Absolument tordant comment il peut virer sur un trente sous au gré du vent.

    •  » La raison est simple: si un membre se met à dos ses dirigeants syndicaux, ses chances d’être bien représenté devant l’employeur diminuent d’autant. »
      En fait ce que le membre doit craindre le plus c’est son délégué syndical qui va monter ses collègues et son contremaitre contre lui. Lui rendre la vie infernale pour le pousser à quitter. Dehors les moutons noirs.

  3. J’ai lu la chronique de J.Jacques Samson. Cette fois il a mis dans le mille. On ne peut pas toujours avoir tord 😉

  4. En espérant que l’ADQ va suivre ses principes et voter contre le projet de loi privé concernant l’amphithéâtre.

  5. @ Gilles Laplante
    Vous avez très bien décrit cette réalité. Mais le délégué syndical fera cette « job de bras » seulement avec l’accord ou à la demande du « boss syndical ». Et une fois l’affaire complétée, les autres syndiqués auront compris pourquoi il faut « écouter » son boss syndical. Ainsi se vit la liberté syndicale.

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