Politique fiction : Conversation fictive entre Jean Charest et France Charbonneau

19h – Une heure avant le discours de Jean Charest au Congrès du PLQ. le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier donne une entrevue en direct à l’émission 24 heures en 60 minutes et baragouine quelque chose autour des « doubles agendas ». Bec et ongles, il défend la position de son chef quant à la nature de la commission d’enquête qui n’est pas une commission d’enquête.

France (au téléphone avec Jean Charest):

« Écoutez, monsieur le premier Ministre, en tout respect, je dois vous avouer mon malaise profond. Je crois que vous avez l’occasion ce soir, devant vos militants, de corriger le tir quant à la nature de cette commission d’enquête que j’ai acceptée de diriger en toute bonne foi. »

Jean:

« Oui et je vous en remercie. Votre nomination est très appréciée et personne ne doute du bon travail que vous allez offrir aux Québécois. »

France:

« Ce travail, monsieur le premier ministre, en tout respect, devait se faire dans le cadre d’une véritable commission d’enquête au sens de la Loi sur les commissions d’enquête et c’est à ce titre que j’ai accepté. Le décret que vous avez émis cette semaine ne correspond malheureusement pas à la Loi. »

Jean:

« Je comprends et je vous demande ici de faire confiance au gouvernement. Vous aurez tous les outils nécessaires pour réaliser votre mandat. »

19h 30 – À 24 heures en 60 minutes, le bâtonnier du Québec fait savoir que son organisation n’endosse pas la position du gouvernement et qu’il s’agit d’une décision purement politique.

France:

« Écoute Jean! Le Barreau est après moi. Mes collègues ne comprennent pas pourquoi j’aurais accepté une connerie pareille, alors que ce n’est pas le cas. C’est pas vrai que je vais perdre ma crédibilité et que je vais associer mon nom et la magistrature à une décision purement politique. J’ai échangé avec tes conseillers cette semaine sans résultat. Alors je te le dis très clairement: si tu ne corriges pas cet imbroglio, je vais devoir me retirer et bonne chance pour trouver quelqu’un d’autre dans un contexte pareil. »

20h – Le premier ministre Jean Charest fait son entrée et est accueilli chaleureusement par ses troupes

À la surprise de presque tous les ministres, du caucus et des militants libéraux, Jean Charest fait volte-face lors du discours d’ouverture du congrès du PLQ. À la demande de la juge France Charbonneau, le gouvernement consentirait à redéfinir le mandat de la commission de façon à ce qu’elle puisse contraindre les témoins à témoigner en toute immunité.

Scénario farfelu, vous me direz? Fort probablement. Mais voilà où nous en sommes lorsque le niveau de confiance envers un chef de gouvernement est nul. Fin de l’histoire? Peut-être pas. Rien n’est sûr avec le grand prestigidateur Jean Charest. On peut, semble-t-il, s’attendre à n’importe quoi. Parlez-en à ses ministres ce matin.

Pour ce qui est de la juge France Charbonneau, une lecture particulièrement intéressante ce matin est la chronique de Yves Boisvert.

8 réflexions sur “Politique fiction : Conversation fictive entre Jean Charest et France Charbonneau

  1. Je ne suis pas certaine que cette discussion soit si farfelue… Ça me semble plutôt plausible. Ceci dit, je suis bin tannée que mon PM, et tous les autres autour de lui, me prenne pour une idiote.

  2. L’improvisation est devenue la nouvelle doctrine de Jean Charest. Il ne fait qu’improviser. C’est pathétique de voir l’homme qui nous dirige changer d’idée aussi vite. Pendant deux ans, il nous a dit qu’une commission d’enquête publique n’était pas nécessaire. Cette semaine, il vient de dire le contraire. Il y a trois jours, il a affirmé que les témoins ne devraient pas être contraint de témoigner devant la commissaire afin de ne pas nuire aux enquêtes policières. Il vient encore de faire volte-face, il a dit le contraire hier. . Le premier ministre a perdu le contrôle. Juste de penser que celui-ci peut encore rester deux ans à la tête du Québec, j’en ai des frissons.

    • Est-ce de l’improvisation? Je pense comme vous que le « PM a perdu le contrôle ». Le PLQ est essentiellement une machine de pouvoir; alors il agit à partir de plans non-improvisés. Ce que nous constatons est qu’il est obligé de reculé plusieurs fois. Il passe au plan B, C, D…
      ….Le gouvernement, habitué de prendre les gens du peuple pour des caves, ne comprend plus ce qui se passe. Constatant la grogne du peuple qui tient bon depuis deux ans, le PM est obligé d’effectuer des replis stratégiques en laissant des ministres passés pour des imbéciles, pensant ainsi sauver la face.
      ….S’il fallait que le PM Charest s’en aille, je m’inquièterais. Le PLQ aurait la possibilité de refaire son image; alors que le système de corruption est encore en place.

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