Aux Francs-tireurs: Lucien Bouchard « passe un savon » au PQ

Si Lucien Bouchard avait voulu « passer un savon », comme on dit, au Parti québécois, il n’aurait pas fait mieux. Un moyen pied de nez, oui.

M. Bouchard n’a pas de trouble à montrer aux Québécois comment sa pensée évolue avec le temps. Souvenons-nous. C’est le même gars qui est passé du Parti conservateur du Canada de Brian Mulroney au Bloc québécois, puis au Parti québécois. Plus récemment, il a scandalisé toute la gauche québécoise en devenant le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). Quelle horreur!

De toute évidence, Lucien Bouchard a trouvé la vie dure au Parti québécois et avec les médias. Et il n’endure pas qu’on lui fasse de reproches, particulièrement ceux venant des indépendantistes. (à voir absolument à 30:25)

« Est-ce que j’ai trahi la cause ? C’est moi qui ai amené la cause le plus près du succès. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui a amené la souveraineté plus près de la Terre promise ? Je pense que c’est une chose qu’on ne me pardonne pas dans certains milieux du Parti québécois. Qu’ils rendent la souveraineté à 49 % et ils pourront me parler. En attendant, qu’ils se tiennent bien tranquilles. »

« Personne ne va me dire que je n’ai pas mis ce que j’avais de mieux pour gagner, a-t-il ajouté. J’ai plongé dans une piscine sans eau, je travaillais sans filet, j’avais deux enfants à Montréal et une jeune femme, je courais les routes, je me vidais le cœur à parler du Québec de demain et j’ai tout fait pour convaincre les Québécois. »

Lucien Bouchard ne trouve pas que « la rue » est un instrument démocratique (13:40). Il croit que l’État doit pouvoir dire « Non », que la gauche « généreuse » est un leurre (à 18:00), et on apprend ce qui a probablement provoqué sa démission (23:50).

« Il y a des messages dans les élections, vous savez », nous dit-on.

On peut certes déplorer qu’il a fallu beaucoup de temps pour que Lucien Bouchard exprime sans gêne son conservatisme fiscal. Encore aujourd’hui, parce qu’il déplore la connotation négative et les préjugés qui s’y rattachent, il hésite à se dire de « droite ». C’est, après tout, le même gars qui incarnait jadis le modèle québécois et qui considérait comme « anti-québécois » le fait de le dénoncer.

Le détour au Bloc québécois et au Parti québécois n’a certes pas aidé. Comme tout le Québec, on réalise encore une fois les effets pervers d’avoir tout investi sur l’axe fédéraliste-souverainiste. Aujourd’hui, on ne peut ignorer dans son discours, le ton amer et le poids de ce qu’il voit comme un échec personnel. « Je ne comprenais plus », nous confie-t-il.

Malgré cela, Lucien Bouchard incarne aussi le Québécois. Et aujourd’hui, ce qu’il nous dit, c’est qu’on a autre chose à faire que de broyer du noir.

Le Québec a maintenant d’autres priorités, nous dit-il: l’éducation, la santé, la création de richesse et le développement des ressources naturelles. Malheureusement pour son ancien parti, il est d’avis que le PQ ne peut pas affronter ces défis. « Le Parti québécois n’a pas de programme économique », constate-t-il. Un p’tit coup sur la palette à François Legault?

Peut-être. La CAQ sera-t-elle un PQ sans l’option souverainiste? C’est ce que l’avenir nous dira.

P.S. Mon passage au 93,3 sur le sujet.

7 réflexions sur “Aux Francs-tireurs: Lucien Bouchard « passe un savon » au PQ

  1. C’est consternant que monsieur Grenier confirme dans 1 blogue exactement ce que monsieur Bouchard a dit aux Francs tireurs hier.Le Québécois (moyen)? est incapable de composer avec des gens avec des idées différentes de la leur.C’est a travers les discussions que j’ai avec mes amis séparatistes que nos idées peuvent cheminer dans le respect.DUR DUR AU QUÉBEC.Le respect des idées des autres est une grande qualité.

  2. Bouchard, au sujet de l’université, précise qu’il faut financer l’institution et que les étudiants doivent être mis à contribution. Que de mauvaise foi, lui qui a empoché des millions dans la saga nauséabonde de l’îlot Voyageur, la ruine urbaine la plus récente et la plus coûteuse qui défigure le centre-ville de Montréal. Notons au passage que sans qu’il ne s,agisse d’un hasard, la structure fonctionnelle abrite l’entreprise privée de transport en commun propriété de Paul Desmarais…

    Avant de considérer une augmentation les contributions monétaires versées aux universités, il va falloir rationaliser l’utilisation des ressources présentes afin d’éviter les dérives qui émaillent l’actualité et optimiser les résultats en terme de qualité d’enseignement. L’éducation gratuite et universelle est inscrite dans la charte des droits et libertés à l’art. 40. Enseigner ne consiste pas à remplir une cruche, mais davantage à allumer un feu. Responsabiliser les administrateurs et la direction des institutions semble être la seule façon de reprendre contact avec la réalité sans pénaliser les étudiants qui présentement font leur entrée dans la vie active dans un contexte de crise sociale et économique des plus préoccupantes.

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