Taxe santé: La grande leçon

Je pense que ça vaut la peine qu’on se rappelle la petite histoire derrière cette fameuse « taxe santé ».

La contribution santé prend naissance lorsque la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, mandate le Comité Castonguay pour se pencher sur le financement du système de santé. Nous étions en 2007 alors que le Parti libéral était minoritaire et que l’ADQ détenait 41 sièges à l’Assemblée nationale.

Ce comité (auquel j’ai participé) avait pour consigne d’arriver à des solutions de financement. « La santé vampirise toutes les autres missions de l’État », nous avait dit Madame Jérôme-Forget. Je crois encore aujourd’hui qu’elle en avait plein son casque de réinjecter autant d’argent dans un système qui exigeait des augmentations de 5-7% par année alors que les revenus de l’État n’augmentaient qu’à un rythme de 3-4%.

Du côté du ministre de la Santé de l’époque, Philippe Couillard, le problème de financement de la santé n’en était pas un. À l’entendre aujourd’hui, il semble que son opinion n’ait pas changée.

Au printemps 2008, après 9 mois de travaux, le Comité accouchait de grandes recommandations, (voir ma lettre éditoriale ici) Et si je voulais résumer ça en peu de mots, ils seraient les suivants:

  1. Il faut absolument ramener la croissance des dépenses publiques de santé (alors à 5-7%) à celle de la croissance économique.
  2. Plusieurs choses devaient se faire pour arriver à moderniser et rendre plus productif le système public, mais en plus, quelques avenues novatrices étaient également proposées: hôpitaux privés, mixité de la pratique, etc.
  3. Pour arriver à ramener la croissance des coûts de 5-7% à 3-4%, on se donnait 7 années.
  4. Pendant ce temps, de façon temporaire (!), une nouvelle contribution santé allait servir à financer la transition.

C’ÉTAIT QUOI L’IDÉE AU JUSTE?

Pourquoi une nouvelle contribution plutôt qu’une simple augmentation des impôts? Parce que:

  1. le gouvernement libéral s’était férocement engagé à ne pas augmenter les impôts;
  2. il était bon que tous les contribuables participent à l’effort; déjà 45% d’entre eux ne payaient pas d’impôt!
  3. il était possible d’épargner les moins nantis d’avoir à payer cette nouvelle taxe, ce qui fut fait.
  4. cette contribution devait être temporaire

Aujourd’hui, non seulement le système public de santé n’est pas plus productif, non seulement les dépenses publiques de santé continuent de croître à un rythme insoutenable, mais nous vivons encore au Québec avec le double dogme du monopole public et de l’État payeur unique.

LES GRANDES LEÇONS

Les leçons à tirer de l’expérimentation d’une contribution usager sont percutantes et n’aident pas à ce que des gens de bonne foi croient à l’utilité de tels comités, encore moins de commissions parlementaires ou de « sommets » où y affluent ce que l’économiste Pierre Simard appelle les « prédateurs de fonds publics ». Voici ce que j’en retiens tout particulièrement.

– Une taxe n’est jamais, mais JAMAIS temporaire!

– Au Québec, et particulièrement avec le Parti québécois au pouvoir, il n’y a pas de limites  à imposer ou taxer les contribuables

– Le système public de santé n’est pas réformable et ne sera pas plus productif tant qu’il ne sera pas confronté à une forme de concurrence.

– Ce n’est pas en augmentant les recettes du gouvernement que celui-ci va comprendre que des réformes sont nécessaires.

Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus de contribuables se joignent à ceux qui croient que l’État n’a plus aucune légitimité pour venir chercher encore plus d’argent dans leurs poches.

LA SEULE SOLUTION: STARVE THE BEAST!

Alors désormais pour moi, c’est « Starve the Beast »! En français, « Affamons la Bête! », la bête étant bien sûr le Gouvernement. Croire autre chose n’est que naïveté.

3 réflexions sur “Taxe santé: La grande leçon

  1. Depuis que le PQ a pris le pouvoir, le nombre de riches a augmenté à un rytme jamais vu au Québec, et l’on prévoit que cet accroissement sera substantiel en 2013.

    Machiavel n’aurait pu faire mieux que le PQ. En changeant la définition de riches, nous aurons bientôt des pauvres qui seront riches et ce, rétroactivement. Ainsi le peuple ne pourra plus se plaindre d’être pauvre…et il n’aura jamais raison de dire qu’il était pauvre avant que le PQ ne prenne le pouvoir…, on changeara la période de rétroactivité…

    Peu importe les détails de pourcentage, de plage de revenus, de progressivité, la taxe santé demeure…Et nous demeurons encore et toujours les citoyens les plus taxés d’Amérique du Nord, foi de Marceau…

    Les politiciens semblent incapables de se réinventer, ils promettent n’importe quoi et ils nous disent ensuite que même en ne livrant pas, ils ont fait mieux que ce qu’ils avaient dit. Incroyable mais vrai, il suffit de changer le sens des mots..

    Réal Lavoie

  2. Prenez l’exemple du pay la graisse en urope, personne n’attande plus que de 2 semeine pour se faire opéré, et pas dattante comme ici a l’urgence, et les condition de la population sont samblabe a ici au Québec, Ici au Québec il y a beaucoup de personnes qui dorme au gas, ou son mallonaitre, il pense seulement a se remplire les poche au dépend de la population, et ne pense pas a l’efficacité de ce qu’il on a faire, et beaucoup de laissé allée.
    c’est dégeulasse de voir ce qui se passe. Armand M.

    • Je suis un retraité d’une compagnie multinationale,pour laquelle je gérait plus de 200 employés par 12 directeurs qui se rapportaient a moi sur une base trimestrielle. Après ma retraite j’ai conseillé la fille d’un ami qui était adjointe du directeur d’un hopital. Elle voulait savoir comment je pouvait a distance gérer tant d’employés.J’avais un directeur des ressources humaines,et une équipe (3) de vérificateurs d’efficacité au travail.Ça n’existe pas en santé.

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