La malhabile Malavoy

)La journée d’hier a bien mal débuté pour la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy. Un article du Soleil n’a pas aidé sa cause et la plaçait dans la mire des partis d’opposition et des parents, encore une fois exaspérés des angoisses linguistiques du Parti québécois.

Alors que les libéraux ont introduit l’enseignement de l’anglais dès la 1ère année du primaire, voici ce que la Ministre confiait au journal:

« Mon parti est très critique par rapport à l’idée d’introduire une langue étrangère alors que l’on commence à maîtriser les concepts, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire de sa langue maternelle. »

On a fait un choix au Québec (en passant, qui a fait ce choix, au juste?), nous raconte-t-elle à l’émission 24 heures en 60 minutes à RDI: l’intégration des élèves en difficulté d’apprentissage.  Donc, avant de dire que tout le monde fait de l’anglais intensif, il faut en tenir compte.

Mais bien sûr qu’il faut en tenir compte!

Mais laissez les parents en décider et les écoles trouver les solutions, bon sang! Autrement, ne réalisez-vous pas qu’encore une fois, vous imposez le nivellement par le bas? N’avez-vous pas autre chose à faire? Genre, vous assurer que les énormes sommes d’argent investies en éducation vont bel et bien au bon endroit?

ENSEIGNER LA SOUVERAINETÉ?

Dans le même article, à propos de l’histoire qui est enseignée au secondaire: « On a un peu noyé le poisson de la souveraineté, soutient la ministre. Dieu sait que le débat national au Québec a beaucoup marqué notre histoire récente (…). » Selon la ministre, le clivage qui oppose les souverainistes et les tenants du fédéralisme canadien doit être mieux compris par les élèves du secondaire.

Malheureux choix de mots. L’anglais, langue étrangère? Noyé le poisson de la souveraineté dans les cours d’histoire? Faire du débat sur la souveraineté le fil conducteur de la narration de l’histoire « nationale » récente, comme l’explique Benoit Aubin?

L’opposition libérale et caquiste, à mon sens, ont réagi promptement et avec vigueur. Bravo! Pour une fois que les libéraux avaient répondu à la demande d’une grande majorité de parents, est-il vraiment nécessaire que le PQ fasse reculer le Québec sur tous les fronts???

Selon Gérard Deltell, on a toutes les raisons du monde de craindre que le Parti québécois veuille « instrumentaliser l’éducation au profit d’une cause politique ». Je le crois aussi. Et puis, si la ministre veut plus d’heures de cours d’histoire, qu’elle s’en prenne au cours d’éducation et de culture religieuse. Là, vous aurez l’appui des parents! Vous pourriez aussi demander à vos gens de réintroduire des petits cours en économie. Regardez autour de vous. Vous trouvez pas que ça manque?

MATERNELLE 4 ANS DÈS 2013!

Autre projet de la ministre: permettre aux parents issus de milieux défavorisés d’inscrire leur enfant de quatre ans à temps plein à la maternelle. Selon une étude, « 35 % des enfants de cinq ans venant de milieux défavorisés avaient des carences telles à leur première journée à la maternelle qu’ils avaient de fortes chances que cela se traduise en échec dans leur parcours scolaire. »

Je ne doute certainement pas de cette étude. Mais je rappellerais à la ministre que les garderies ont été créées EXACTEMENT pour cette raison: pour faciliter l’intégration des tout-petits immigrants et particulièrement des jeunes provenant de milieux défavorisés. Au lieu de produire de nouveaux programmes, qu’est-ce que vous diriez de commencer par vous assurer que ces enfants profitent des garderies? (Des études ont démontré qu’au contraire, ils n’y vont pas!)

« Madame Malavoy n’avait pas mercredi une idée du nombre de places qui seraient nécessaires ni les coûts associés à cette mesure », raconte l’article. Ça vous surprend?

La chroniqueur Lysiane Gagnon n’a pas été douce avec l’équipe ministérielle du Parti québécois qu’elle jugeait sévèrement pour leur manque de compétence. À peu près toute l’équipe y est passée. Malheureusement pour Madame Malavoy, après hier, son nom s’ajoute à la liste.

P.S. Opération destruction de dernière heure: La fin du financement des écoles privées? Malavoy aurait intérêt à lire ceci

16 réflexions sur “La malhabile Malavoy

  1. Mais c’est parfaitement normal pour les péquisto-gauchistes de s’attaquer aux écoles privées (où d’ailleurs ont étrangement étudié la plupart de leurs propres enfants!). Après tout, il s’agit d’institutions qui fonctionnent parfaitement bien (ils sont bien placés pour la savoir car ils y sont allés eux-mêmes pour la plupart!) et qui sont, ô horreur, efficaces. Faut ramener tout ça au niveau de médiocrité des écoles publiques et ça presse car face à elles, les écoles publiques financées par NOTRE argent ont l’air bricolées par de la bleusaille.

    Pour ce qui est de l’apprentissage de l’Anglais et de l’histoire, on voit bien ici toute l’étendue de l’ignorance, de la duplicité et de la fourberie des péquistes. Comme je l’ai écrit dans une parution précédente sur votre blogue, je suis allé en Europe récemment et même le plus humble des garçons de café là-bas parle 2, 3 et même 4 langues et il n’a aucunement perdu ses repères identitaires. J’invite d’ailleurs Madame Malavoy à aller faire un p’tit tour à Paris et dire à l’un de leurs garçons de café qu’il a égaré sa personnalité quelque part en apprenant 2 ou 3 autres langues juste pour voir.

    Serions-nous plus cons que les Français? que les Italiens? que les Suisses? Etc…?

    Pour ce qui est de l’histoire, l’objectif des péquistes est clairement d’utiliser nos enfants pour faire leur basse propagande séparatiste. Le coeur m’en lève.

    Imaginez, ces enfoirés auraient pu être majoritaires…

    Rien que d’y penser, j’en tremble!

    • Je ne peux qu’etre d’accord avec Monsieur François. Quel est l’agenda de ces séparatistes. A les voir aller,c’est inquiètant. Pourquoi vouloir détruire ce qui va bien. Serait-ils des destructeurs pour rebâtir un nouveau pays a l’image de Cuba? Je n’en sais rien mais je crois que c’est en améliorant ce qui existe que l’on bâtis pas en détruisant.

  2. Lorsque vous et l’opposition Libéralo-caquiste accusent Malavoy de vouloir instrumentaliser l’école, vous êtes d’une atroce mauvaise foi. Connaissez vous le programme d’histoire ? Probablement pas. Savez-vous que le débat national (et les luttes nationales de manière générales) sont relégués au rang de simple détail parmi tant d’autre ? Pas besoin d’être un radical du PQ pour comprendre que cela ne fait aucun sens : les débats sur le statut national ont fait partie intégrante de notre réalité, que vous le vouliez ou non.

    Je cite Mathieu Bock-Côté :  »Certains nous disent: libérez-nous de la question nationale qui nous écrase depuis si longtemps. Encore faudrait-il savoir pourquoi elle a été aussi importante pendant si longtemps. Non? J’ajoute une chose: on peut très bien vouloir chasser la question nationale de notre avenir. C’est un choix politique. Ce n’est pas le mien, évidemment. Mais c’est un choix légitime. Mais on ne peut l’évacuer du passé. Cela relève de la falsification du passé, de l’oblitération de la mémoire, de l’oubli volontaire des événements qui nous ont constitués comme nation, comme peuple, comme société. Cela relève surtout de la très mauvaise histoire. »

    Il y a une nuance claire entre le livre de petit cathéchisme souverainiste de Larose et la proposition de Malavoy d’augmenter les cours d’histoire… Nuance que vous ne faites malheureusement pas.

  3. La distorsioni du passé les historiens et professeurs québécois en majorité souverainistes en sont passés maîtres…

    Un retour en arrière pour endoctriner les jeunes qui leur échappent (dixit Jacques Parizeau) c’est représentatif du profond mépris de cette petite élite vaniteuse.

    Je ressens une écoeurite aiguë devant les radoteurs nationalistes.. Ces universitaires vivent dans leur monde virtuel.. Qu’ils changent de méthode..

    La méthode d’endoctrinement ne peut plus fonctionner dans le Québec qui n’a pas échappé à la modernité.

    • Bof vos propos sont plutôt mal avisés. En ce moment le seul possible endoctrinement à l’école est celui du multiculturalisme hyper-moderne.

  4. Le monde est en ébullition.. Qui peut prétendre avoir raison? :Le nationalisme « nombriliste » est remis en question par de plus en plus de penseurs.

    Le multiculturalisme, c’est une « réalité » avec laquelle le monde aura à composer.. Les unions interculturelles deviennent la norme.

    Et le nationalisme est loin d’être la solution dans ce nouveau contexte d’individus aux multiples identités.

    De nouvelles frontières nationales dans un monde informatisé de « libre- échangisme » c’est aller à contre-courant On n’arrête pas le progrès.

    Les frileux qui rejettent la modernité malheureusement ne sont pas nés dans le bon siècle.

    Tôt ou tard il ne leur restera d’autres choix que de l’apprivoiser..

    • Faux. Le multiculturalisme n’est pas une réalité mais une idéologie politique. La plupart des sociétés et gouvernements occidentaux rejettent dorénavant le multiculturalisme et constatent son échec. J’imagine que vous vouliez plutôt dire que les sociétés sont plus multiculturelles qu’avant. Certes et cela renforce d’autant plus l’idéal des cultures nationales et des modèles d’intégration culturelle.

      La revalorisation des nations est constatée un peu partout comme étant une des voie possible pour la protection des individus envers les aspects négatifs de la mondialisation (mondialisation qui est loin d’être un absolu, ou encore moins la panacée).

      Il y a une nuance nette entre rejeter la modernité et constater qu’elle n’est pas dénuée de défauts.

  5. Je ne dis pas que la modernité soit sans défauts.. Le contexte multiculturel transforme les sociétés de sédentaires à nomades. Le Québec d’aujourd’hui diffère de celui des années 1970.

    On sort d’un Québec homogène.. Les souverainistes semblent vouloir faire abstraction justement de l’évolution du peuple québécois. Leur discours nombriliste n’a rien d’inclusif.

    On fait partie de la grande Nation canadienne. Les Marois et Lisée en revenant du Congo réfléchiront peut-être sur la réticence légitime des Québécois de briser un pays démocratique comme le nôtre.

    Les pays de l’Union européenne cèdent en ce moment de leur pouvoir pour renforcer l’Europe face aux pays émergents que sont la Chine et l’Inde.

    Nos énergies devraient être consacrées à consolider la fédération canadienne et ajuster certaines règles sur le multiculturalisme.

    La fédération canadienne est un tremplin vers l’avenir. Le projet souverainiste « québécois » est celui d’une génération égocentrique qui refuse de lâcher prise.

    L’Union européenne vient de recevoir le prix « Nobel » de la paix. C’est dans cette voie que devront s’aligner les rapports humains. Il en va de l’avenir de l’humanité. Les dérives des nationalismes doivent nous rester à l’esprit.

    Les souverainstes n’arrivent pas à rallier les immigrants. Et c’est plus que compréhensible. Ces derniers ont quitté des pays où régnait le chaos et ont choisi le Canada pour la « Liberté ».

    Moi je dis NON à la stratégie péquiste de restreindre les droits acquis des francophones de souche sur fond d’intégration des immigrants.

    .

  6. Il est légitime pour vous de croire d’avantage en la fédération canadienne plutôt qu’en la nation québécoise.

    Par contre, dire que le combat pour l’indépendance national est celui d’une génération, c’est nier notre histoire. Les luttes nationales ont ponctués nos récits depuis belle lurette, sous diverses formes.

    Il est normal que les immigrants se rallient plus difficilement à l’indépendance : Leur nombre massif couplé avec des mesures d’accueil déficientes rendent leur intégration plutôt faible. De plus, la désagréable propension de l’État à ne  »pas mettre ses culottes » et ne pas affirmer sans gêne la culture nationale dominante nuit aussi à leur ralliement à la société québécoise. Rajoutez à cela l’énorme ambiguïté identitaire (plusieurs immigrants arrivent ici sans même savoir que le Québec ne possède que le français comme langue officielle…) et vous avez le cocktail parfait pour que les immigrants ne s’intègrent pas à la culture qui les accueille (et les luttes politiques qui vont avec).
    Il faut aussi comprendre que fondamentalement et historiquement, l’indépendance est un idéal façonné et porté par les canadiens-français ; normal donc qu’il soit moins facile d’approche pour des  »étrangers ».

    Le PQ ne vient ici restreindre absolument aucun droit. Il vient simplement maintenir le statu quo sur l’implantation de l’anglais mur à mur dans nos écoles. Il n’est même pas fondamentalement opposé à l’immersion en anglais (dixit Malavoy elle même). Il tient simplement à prendre le temps nécessaire pour voir de qu’elle manière rallier le désir de certains parents d’avoir des enfants bilingues face au renforcement de la qualité de la langue nationale et sa protection. Donc, avoir une approche plus prudente et plus responsable que celle du PLQ.

    • Désolé pour les fautes :  »Par contre, dire que le combat pour l’indépendance nationalE est celui d’une génération, c’est nier notre histoire. Les luttes nationales ont ponctué nos récits depuis belle lurette, sous diverses formes.  »

  7. quebec est une province dans un pays qu’on appel canada pis la derniere fois que j’ai regarder ces un pays billingue anglais -francais enlever le droit a nos enfants d’apprendre l’anglais ces de rendre ces enfants ignorant il est temps de se sortir la tete de dans le sable on est en 2012 calvaire l’anglais est aussi important que le francais quand tu veu avancer,mais aregarder se qui se passe depuis l’election de marois et de ces cariboux au pouvoir on voit que le quebec veut regresser au lieu de progresser.

  8. evidemment le PQ ne comprend rien au developement du cerveau humain. Le meilleur age à apprendre des langues est entre 0- 7 ans, n’est t’il pas logique de le faire au primaire!!!!

  9. J’ai l’impression en vous lisant d’être sur une autre planète… Nier des réalités ne nous amènera pas plus loin… Présenter les deux idéologies comme faisant encore parti de notre vie traduit encore une réalité… Je me suis toujours demandé pourquoi quand un gouvernement péquiste est au pouvoir, les épouvantails fédéralistes sortent les peurs d’antan? Je ne suis pas un fervent péquiste ni un fervent libéral mais à mon avis les fédéralistes manquent de respect flagrant pour tout ceux qui ne pensent pas comme eux et qui ne visionnent pas le monde de leur façon! Pourquoi toujours faire peur? Manque t-on tant que ça d’arguments pour toujours jouer sur les peurs? Quand on croit à quelque chose on exprime son option, son idée… On se contente trop souvent de démoniser l’autre en propos démagogiques bien souvent qui jouent sur les peurs…

    On veut faire de la politique différente mais les mêmes méthodes sont appliquées… Réfléchissons car on arrive avec rien de nouveau qui enflamme les gens…

  10. @ Totendhum:

    Croire plus en la nation canadienne plutôt qu’en la nation québécoise?
    À ce que je sache, la province de Québec fait toujours partie de notre beau et grand pays, le Canada et au cours où vont les choses depuis que le Parti québécois saccage et bousille le Québec, ce n’est pas près de changer.

    Votre vision dualiste où le Québec semble être l’ennemi du Canada est dépassée et rococo.

    Arrivez au XXIe siècle SVP.

    • @François 1:

      Nier une réalité que beaucoup de québécois ont dans leurs tripes n’est pas mieux non plus! Que ça vous horripile est une chose, mais démoniser comme vous le faites en est une autre! Si vous vous sentez bien au sein du Canada grand bien vous en fasse, mais il y en a plusieurs que ce pays ne sera jamais le leur et qu’ils ne se sentiront jamais bien tant que le Québec ne sera pas un pays. C’est difficile pour une certaine partie de la population à saisir c’est vrai. Ce sera toujours comme ça tant que nous serons divisé comme québécois et non comme canadiens, cette dualité fera parti de nous. Le jour ou nous serons unis, la question ne se posera plus!

      Chaque parti saccage et bousille le Québec, peut-être plus le parti québécois car vous n’êtes pas de leur idéologie. Ça fait à peine un mois et les couteaux volent de toute part… On a montré beaucoup plus de patience envers les libéraux… La réalité rattrape tout le monde et ce gouvernement minoritaire est la meilleure chose qu’il pouvait arriver… Laissons-leur un peu de temps et faites preuve de la même patience que vous avez montré envers les libéraux; difficile de faire pire dans les circonstances…

  11. Pingback: Courte bibliographie au sujet de l’enseignement de l’histoire au Québec | Chaire de recherche du Canada en histoire et économie politique du Québec contemporain

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