PLQ-CAQ: À la conquête du vote anti-péquiste

La course à la chefferie du Parti libéral du Québec est officiellement lancée! Vingt-quatre délégués pour chacune des 125 circonscriptions électorales voteront pour le prochain chef de leur parti: 3000 personnes dont le tiers est constitué de jeunes de moins de 26 ans. Selon les règles adoptées hier, la parité entre les hommes et les femmes est assurée, dit-on.

Cinq débats auront lieu en grande partie au cours du mois de janvier 2013 après quoi les délégués se réuniront à la mi-mars 2013 pour choisir leur nouveau chef.

Pour l’heure, certains candidats se sont annoncés et les équipes se forment. On verra bien comment réfléchiront les militants et quels seront les critères qui les feront opter pour un candidat plutôt qu’un autre. Le PLQ étant un parti de pouvoir, il sera intéressant de voir jusqu’à quel point les candidats vont se mouiller et débattre véritablement d’idées. Le feront-ils? Joueront-ils « safe » pour ne pas nuire encore davantage à l’image du parti, commission Charbonneau oblige?

Ou est-ce que la seule question que se poseront les militants sera la suivante: « Lequel des candidats nous assurera le pouvoir à la prochaine élection? » Pour l’instant, si on se fie au sondage Léger Marketing de la semaine dernière, aucun ne se démarque vraiment et c’est bien tant mieux!

Parce que ce qu’il sera intéressant de mesurer au cours de leurs débats sera la compréhension qu’ils ont de l’électorat qu’ils ont à conquérir. Sur ce sujet, les résultats des dernières élections depuis 2003 sont éloquents.

En effet, depuis 2003, élection après élection, le pourcentage de vote attribué au Parti québécois gravite entre 31% et 35%. Malgré tout le climat de collusion et de corruption qui planait, malgré le chef mal-aimé Jean Charest, malgré un printemps chaud… le Parti québécois plafonne maintenant à 31% et arrache le pouvoir de peine et de misère avec un gouvernement minoritaire.

Du côté du Parti libéral du Québec, on a également pu constater un noyau dur d’électeurs situé lui aussi, autour des 32-33%. Contrairement au Parti québécois toutefois, un potentiel de croissance existe et c’est celui qui a donné une chance à l’ADQ en 2007 puis qui a fait confiance à la CAQ à la dernière élection.

De toute évidence, le PLQ et la CAQ se partagent le vote anti-péquiste. Pour un comme pour l’autre, la survie dépend de leur capacité à charmer le vote anti-PQ. Dans un texte d’opinion, l’ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, le reconnaît:

Prioritairement, il faut convaincre les gens qui appuient la CAQ de se joindre à nous. Je crains qu’il n’y ait pas de place au Québec pour deux partis dits de centre et non-souverainistes.

Est-ce qu’il y a de la place pour trois partis au Québec? La question se pose. Mais une seconde se pose également et c’est celle qui s’attarde aux raisons pour lesquelles les « libéraux » ont fui le PLQ.

À mon avis, si le PLQ échoue à ce point, c’est aussi parce qu’il n’aura pas parlé et satisfait sa base naturelle (les réformateurs du modèle québécois) et qu’il se sera transformé avec les années en une faible copie du Parti québécois, laissant derrière lui un climat politique où la gauche québécoise règne en maîtresse absolue. Quel déplorable héritage que celui-ci.

Ainsi, pour la poursuite des choses, le PLQ et la CAQ auraient intérêt à lire cet excellent texte signé Léon Courville, Le centre se vide:

Les dernières années en France, en Angleterre, en Italie ou aux États-Unis témoignent de cette polarisation vers les extrêmes de droite et de gauche; il y a de moins en moins de monde au milieu. (…) Le modèle traditionnel ne fonctionne pas pour le moment. Les coalitions centristes n’auront donc pas de succès électoral, peut-être parce qu’elles parlent dans le vide. C’est le véritable dilemme du Parti libéral, tant au Québec qu’au Canada.

On raconte qu’aux États-Unis, ce sont de 5 à 8% des électeurs qui choisissent véritablement le prochain président, les autres appartenant à des noyaux solides et indéfectibles. Je prétends que la réalité québécoise ne doit pas être si différente. Comme on l’a vu dans le passé, le 10% d’électeurs qui ont navigué entre le PLQ, l’ADQ et la CAQ l’ont bien démontré: ce sont eux qui ont un pouvoir de vie ou de mort sur l’avenir de ces partis.

Avis donc, aux candidats à la chefferie du PLQ et aux gens de la CAQ: assurez-vous d’être entendus par ce 10%. Le « centre » dont vous vous réclamez doit impérativement se tasser un peu vers la droite. Votre survie en dépend peut-être…

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