La débâcle

Les dernières semaines auront démontré ce que plusieurs reconnaissent intuitivement: le secteur public n’est ni plus vertueux ni plus protecteur de ce que la gauche aime bien désigner comme le « bien commun ».

Après mon texte de la semaine dernière intitulé Le public plus vertueux – Vraiment?, La trahison des clercs de Benoit Aubin et La double trahison de Lysiane Gagnon, c’est au tour de Joseph Facal ce matin (Fin de parcours) de s’étonner qu’il n’y ait pas plus d’indignés qui expriment leur dégoût devant un secteur public qui contrairement à leurs prétentions, n’est pas « imprégné d’une sorte d’essence morale intrinsèquement supérieure à celle du vil secteur privé ».

Faut-il rappeler que les employés du secteur municipal ont des conditions de travail chromées et des régimes de pension à l’abri des incertitudes ce qui devrait assurer leur indépendance et protéger le contribuable. Nous avons été trahis par les monsieurs TPS de ce monde. – Donald Charrette

Ajoutez à cela l’extraordinaire campagne de dénigrement de nos institutions publiques magnifiquement orchestrée par une minorité d’étudiants et de citoyens en quête de révolution, et vous avez là tous les ingrédients d’une débâcle dont on aura beaucoup de peine à se remettre.

En effet, après avoir défié les injonctions de la cour et transformé certaines de nos universités en lieux de propagande, voilà que étudiants et professeurs militants s’affairent maintenant à obtenir du gouvernement péquiste une enquête sur le travail des policiers lors du printemps dernier.

C’est qu’ils sont efficaces, nos révolutionnaires! Forts d’un nouveau relais politique qu’est le Parti québécois au pouvoir, la pression sera forte pour influencer l’agenda gouvernemental et poursuivre leur quête idéologique verte, socialiste, et de décroissance durable (!).

Les nationalistes souverainistes, de leur côté, ont bondi sur l’os que leur a présenté Statistiques Canada la semaine dernière sur l’état du français au Canada et au Québec. On l’aura pressenti et remarqué, l’enflure verbale était à son paroxysme.

Le Mouvement Québec français a parlé de «déclin considérable». L’ancien député péquiste Pierre Curzi a dit que «l’anglicisation se poursuit». Le ministre Jean-François Lisée, parlant de Montréal, affirme que «la proportion des francophones est en train de se marginaliser». Et le ministre Pierre Duchesne, pour ne pas être en reste, a lancé que «la pérennité de notre nation n’est pas assurée». – Alain Dubuc, Le poids et le sens des mots

Pendant ce temps, toujours aucune remise en question des fondamentaux de notre modèle socio-économique. Et pendant ce temps surtout, les bureaux de comptables et de fiscalistes s’occupent à vendre ou à préparer le déménagement de nos entrepreneurs.

Bref, alors que la gauche québécoise se mobilise avec grand succès (à mon avis) à enfoncer le Québec davantage dans un cul-de-sac, les créateurs de prospérité, eux, plient baggage sinon ralentissent considérablement le rythme de leurs affaires.

Mais au grand dam de nos rêveurs, ce qu’ils réussisent à faire sans le savoir, c’est à rapprocher une échéance inéluctable: celle où l’argent des autres manquera. Comme le disait Margaret Thatcher, « The problem with socialism is that eventually you run out of other people’s money [to spend] ».

22 réflexions sur “La débâcle

  1. Je vous lis depuis que vous m’avez flushé sauvagement de Facebook sur un point où on était d’accord mais ma façon de voir déplaisait à votre possession de la vérité. En revanche, si débacle il y a, c’est sur le côté de la droite car chaque jour est un démystifiant!

  2. Vous avez raison. Les petits entrepreneurs ralentissent. On est comme fatigué de payer pour les autres. C’est nous qui payons pour leurs conditions de travail en béton et on leurs assurent une pension de retraite qu’on aura jamais. Mais avec le PQ en poste, on va continuer de payer pour ces supporteurs soient les syndiqués du gouvernement et les étudiants.

  3. « C’est qu’ils sont efficaces, nos révolutionnaires! Forts d’un nouveau relais politique qu’est le Parti québécois au pouvoir, la pression sera forte pour influencer l’agenda gouvernemental et poursuivre leur quête idéologique verte, socialiste, et de décroissance durable (!). »

    Hé, tout un argument, madame Marcotte! Si je pouvais résumer ce billet en une phrase, ça donnerait ceci: sacrifions tout (langue, identité québécoise, environnement, justice sociale) sur l’autel du sacro-saint développement économique.

    C’est une illusion de croire que la création de richesse profite à tout le monde. Et c’est aussi une illusion de croire que ceux qui sont pour la justice veulent enfoncer le Québec.

    • C’est justement ce qui vous trompe, Monsieur Turgeon. Tous les idéaux que vous mentionnez sont importants, mais c’est justement par une meilleure prospérité économique qu’ils pourront être réalisés, et non en sabotant l’économie comme tous nos rêveurs sont en train de faire.
      Comment la Catalogne a pu imposer la survie de sa langue? Entre autres en ayant une des économies les plus fortes de l’Espagne. Comment les Scandinaves peuvent-ils se payer des programmes sociaux aussi coûteux et avoir autant d’avance sur nous en pratiques environnementales? Par des taux d’impôts élevés, c’est vrai, mais aussi en faisant prospérer leur économie, en exigeant la rigueur et l’efficacité de leur fonction publique et, dans le cas de la Norvège, en exploitant son pétrole.
      Ici, nous n’avons que les impôts élevés et une conscience environnementale de façade.

  4. Pour qu’il y ait justice sociale, ça prends des ‘sous’ et pour avoir des sous, cela passe par le développement de nos richesses ce qui ne se fera certainement pas sous le gouv. péquiste.

  5. Tout à fait d’accord avec Nicole. Comment partager de la richesse si d’abord on ne travaille pas à en créer. Ça me semble d’une logique élémentaire.

  6. Ça s’peut tu délirer comme ça….?
    Ce sera bientôt l’apocalypse, selon cette libertarienne enragée avec des arguments éculés comme si le Québec était une république de banane.

  7. Le temps va démonter qui a raison la gauche ou la droite mais je crois que malheureusement celui qui aura raison ne bénéficiera pas des fruits ou des pertes que cela aura produits. Bonne chance à nous tous mais l’avenir s’annonce pas très bien pour nos taxes et nos impôts qui ne cessent de monter

  8. « Ce qui fait de l’État un enfer, c’est que l’homme essaie d’en faire un paradis. » Cette citation d’un économiste du début 20ème siècle dont j’ai oublié le nom reflète très bien ce qui se passe présentement dans certains pays d’Europe et qui pourrait très bien nous toucher au Québec dans un avenir plus proche que certains le pensent.

  9. Comme ça toute la fonction publique est pourrie, non seulement elle vit au dépens des entrepreneurs qui sont les seuls à créer de la richesse, mais en plus, elle est corrompue.

    Vous avez la généralisation rapide Mme Marcotte. tellement rapide que si je vous imitais je mettrais tous les entrepreneurs dans le même bain que les entreprises de construction qui défilent devant la Commission Charbonneau. Je mettrais tous les politiciens dans le même bain que les Zampino, Vaillancourt, maires de mascouche et Blainville.

    Vous confondez le fait d’être corrompu avec le fait d’être au service du public. Oh! j’avoue que ça sert bien votre propos, comme celui de Facal, Aubin et Lysianne Gagnon. Pour promouvoir la droite, condamnons tous ceux qui ne le sont pas. Comme si la vertu était dans un seul camp.

    Malheureusement, les corrompus se trouvent dans tous les camps. Je ne crois pas que ce sont la majorité qui le sont. À mon avis, on a affaire davantage à une courbe normale. 90% des gens sont honnêtes, 5% sont pourris et 5% sont incorruptibles. Est-ce que ça veut dire que les 90% sont d’une honnêteté irréprochable, non. Chacun a son squelette dans son placard. Qui n’a jamais transigé au noir? Qui n’a jamais payé comptant pas de taxes? Qui a toujours déclaré 100% de ses revenus? Qui n’a jamais gonflé ses dépenses pour payer moins d’impôts? Non madame, aucun camp n’a le monopole de la vertu.

    C’est un faux débat que vous tentez de soulever avec vos collègues journalistes. Que la droite affronte la gauche sur le terrain du niveau de vie, de la meilleure façon de diriger une société, cela va de soi. Les deux camps ont des avantages et des inconvénients. Prétendre comme vous le faites qu’un camp est corrompu et l’autre un parangon de vertu, c’est déformer la réalité pour faire avancer sa théorie. On appelle ça de la démagogie.

    • Je pense que les « corrompus » sont ni à gauche, si à droite: ils sont pour eux-mêmes et contre tous ceux qui peuvent les empêcher. Ce qui m’énerve dans le combat gauche-droite, c’est qu’il n’y a pas que cette façon de comprendre la politique. La majorité des citoyen(ne)s veulent tout simplement que ça marche. Et visiblement les choses ne marchent pas suffisamment bien. Et les corrupteurs du privé, comme du public, ont beau jeu.

    • Vous avez bien raison. Mais avouez qu’après le Occupy Wall Street, il était tentant de remettre les pendules à l’heure. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Si les incitatifs de rester honnêtes ne sont pas là et si d’un côté comme de l’autre, il devient trop facile de voler son prochain, les plus pervers en profitent, qu’ils soient du public ou du privé.

    • Je pense que tu vas avoir besoin d’un prof avec le genre de français que tu écris. 7 fautes dans ton petit bout de phrase,,,,tu bats tous les records.

  10. La poutre dans l’oeil ça vous dit rien? Christian Dufour, Joseph Facal et les autres, ce ne sont pas des « profs militants », ça? Des syndiqués bétonnés qui se servent de leur position de parasite pour répandre leur idéologie dans l’espace public? Oups, c’est vrai, j’oubliais. Ils disent la Vérité, eux autres.

  11. Ils prétendent être des progressistes, alors que dans les faits, ils n’y a pas plus conservateur qu’eux. Au Québec,
    c ‘est le jour de la marmotte.je n’ai qu’un conseil a donner aux jeunes du Québec, FUYEZ!

  12. Ce que nous aura appris la commission d enquête sur la construction, c’est que dans le secteur public, ils savent comment se partager la richesse collective entre eux.

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