Projet de loi #2 – La fin du trafic d’influence : Vraiment?

Le Parti québécois a déposé mardi son projet de loi #2 intitulé Loi modifiant la Loi électorale afin de limiter les contributions à 100 $ par électeur et de réviser le financement public des partis politiques.

Selon le ministre Bernard Drainville, «limiter à 100 dollars les contributions aux partis politiques, mettra un terme au trafic d’influence et à l’usage de prête-noms ». Cette idée qui semble toute simple ne fait pas l’unanimité. Plusieurs sont sceptiques (voir les textes plus bas).

Il y a des jours, je l’avoue, où je suis séduite par l’idée de couper les liens entre les politiciens à la recherche de votes et les têteux de contrats. Pour avoir déjà assisté à des cocktails de financement de partis politiques, il est clair que les gens qui contribuent à coups de 1000$ ou 3000$ à un parti s’attendent à un retour sur leur investissement.

Au minimum, ils s’attendent à ce que le parti défende leur philosophie politique du plus d’État ou du moins d’État. Ils s’attendent également à ce que le parti partage avec eux certaines de leurs « sensibilités ».

Pire, si on se fie aux allégations du Parti québécois, les gens ou entrepreneurs qui obtiennent des contrats du gouvernement pouvaient s’attendre à être sollicités par celui-ci pour gonfler les coffres du parti.

Ajoutez à cela la collusion entre un oligopole de fournisseurs de services, la corruption des fonctionnaires dont la permanence devait assurer la défense du bien commun et une culture du no-fault, et vous là avez un mélange explosif.

La fin du trafic d’influence? Quel trafic d’influence?

Mais sérieusement, est-ce que le problème de collusion et de corruption sera VRAIMENT réglé en abaissant de 1000$ à 100$ la contribution maximum annuelle à un parti politique? Est-ce qu’on est pas en train de secouer un hochet pour épater la galerie alors que la plaie est grande ouverte mais que les véritables solutions se trouvent justement ailleurs?

Je vais vous dire, moi, ce qui m’inquiète dans le projet de loi #2 du Parti québécois.

On semble faire beaucoup de cas de la relation incestueuse qui existe entre le gouvernement et les « grands contributeurs ». Mais on fait quoi de l’influence des syndicats qui eux, est-il nécessaire de le rappeler, reçoivent des centaines de millions de dollars pour promouvoir leur agenda politique?

On fait quoi de l’influence de la multiplicité des lobbys financés à même les fonds publics? Et on fait quoi de tous ces monopoles et institutions publiques qui se sont substitués au marché au fil des années et qui incitent, eux aussi, le gouvernement à la dépense et à saigner le contribuable?

Et puis, l’influence et la contribution financière à un parti politique ne se fait pas seulement avec du cash.  On fait quoi de l’armée de syndicalistes qui s’insèrent dans l’organisation d’une campagne électorale du Parti québécois (et maintenant de Québec solidaire). Des salles prêtées, des autobus, des publicités directes ou indirectes pour promouvoir la cause?

Vous imaginez la campagne pré-électorale que mèneront nos soldats du modèle québécois, maintenant que nous aurons des élections à date fixe? L’alliance syndicats-mouvement étudiant n’a-t-elle pas démontré tout le potentiel du « trafic d’influence »?

Qu’en est-il de l’influence politique des syndicats du secteur public et les échanges de bons procédés entre ceux-ci et le gouvernement (préservation de droits acquis, conditions de travail, préservation des crédits d’impôts aux fonds des travailleurs, pédale douce sur le syndical). Il est où le véritable trafic d’influence?

La fin du « hotline »

Il est de bon ton d’imaginer que la communauté d’affaires s’achetait une « hotline au gouvernement » à 3000$ par année. Il va falloir qu’elle pense à autre chose, d’autant qu’on peut présumer que du côté des organisations syndicales, on ne se gêne pas pour financer des mouvements, des études, des chaires de recherche pour faire la promotion du socialisme, sauce québécoise.

Peut-être que cette communauté d’affaires et les défenseurs de la liberté économique se décideront enfin à sortir sur la place publique plus souvent, qui sait?

Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne pourront plus se cacher derrière un supposé statut de « non-partisanerie politique ». À défaut d’une « hotline » pour influencer les partis politiques, ils devront s’inspirer des méthodes de leurs adversaires idéologiques et être tout aussi redoutables dans leur combat pour la prospérité et la liberté économique.

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À lire également:

Pour Nathalie Elgrably, « Fixer le plafond à 100$ ne signifie pas que les dons ne dépasseront pas 100$.  En revanche, ça signifie que les gens vont redoubler d’imagination pour faire parvenir leur contribution discrètement, ce qui augmentera l’opacité du financement des partis.

Pour Benoit Aubin, « ce n’est pas l’argent lui-même qui est à la source des magouilles. Créez un interdit et il en résultera un marché noir. Appauvrir davantage les partis et imposer des limites plus strictes encore à leurs levées de fonds ne feraient que les rendre plus vulnérables, à terme, aux petits finauds qui leur offriraient du comptant ou de la main-d’œuvre «gratuite».

Pour Lysiane Gagnon, remplacer le « détestable argent privé » par l’argent public anonyme n’est pas la solution. « C’est une fausse solution, à la fois naïve et contre-productive. Naïve, parce que l’abolition des contributions citoyennes aux partis n’empêchera nullement la corruption. Contre-productive, parce que ce système diminuera la qualité de notre vie démocratique en faisant des partis politiques de molles pupilles de l’État. »

Diminuer le pouvoir de l’argent, David Descôteaux « Avec la complicité de politiciens qui cherchent à acheter des votes, les groupes de pression – centrales syndicales, grosses entreprises, lobbys de toute sorte – interceptent vos impôts au passage pour le garder dans leur cour. Ou le dépenser là où EUX croient que c’est une bonne idée. C’est de la corruption « soft », parce qu’elle est légale.

Enfin, pendant ce temps, le Parti québécois fait un blitz de financement (avant que la loi ne passe) et ressuscite René Lévesque pour le faire.

12 réflexions sur “Projet de loi #2 – La fin du trafic d’influence : Vraiment?

  1. En effet , la collusion n’est pas que « monétaire ». Faire de la collusion pour « mousser » l’indépendance c’est en plein ce que le nouveau gouvernement de PQ est en train de faire.

    M. Duchesne (entre autre) et la collusion avec les étudiants dans le futur « sommet » de l’éducation ! M. Drainville avec son « étudions d’abord le 100$ » après on verra le reste : collution déjà planifiée.

    Et ainsi de suite (évidemment je ne parlerai pas des syndicats qui sont déjà plus fort que les gouvernements) à moins qu’un « bon gouvernement » n’ose abolir la « formule Rand » .

    • Tous des bons points Paul-W. Cela dit, il faut être pour la libre circulation des idées, peu importe où elles se situent sur l’axe idéologique. Mon problème, c’est que c’est souvent le contribuable qui paie pour tous ces lobbys et toutes ces organisations qui font pression sur son portefeuille.

  2. Johanne,

    Voyons qui d’autre sont des influenceurs importants…

    Que faites-vous des journalistes, blogueurs, éditorialistes…
    etc. qui détiennent les pouvoirs sur l’information et qui sont inévitablement partisans au service d’une cause idéologique ou politique.

    Comme on ne peut pas être neutre devrait-on limiter l’influence, parfois nauséabonde, de ces tenants de la plume politique ?

    Surtout en campagne électorale…

    Pourquoi les journaux etc. ont-ils le droit eux de mettre leur dollar au service d’un parti sans que cela soit comptabilisé dans les dépenses électorales. Avoir un journal, c’est laver plus blanc, ce manteau de dissimulation et de favoritisme…

    Cela ressemble souvent à une forme déguisée de lobbying auprès du public.

    S’engager comme bénévole auprès d’un parti politique, me semble plus transparent de ses convictions que de les dissimuler et les distiller dans des écrits réguliers en utilisant le pouvoir des médias. Et surtout en étant payé…

    Il est tellement facile de mettre en première page une opinion favorable à sa cause et reculer en bas de page, vers les chiens écrasés, ce qui ne l’est pas.

    À mon avis, tout média, journal, journaliste, blogueur, etc politique, devrait énoncer ses valeurs, pour que le processus d’influence soit détectable et la subjectivité transparente. Et comptabiliser toutes les dépenses électorales … des écrivains politiques au service CACHÉ D’UNE CAUSE.

  3. Nos péquistes veulent jouer au Monsieur Net en prévision du moment où ils passeront dans le tordeur de la Commission Charbonneau.

    Ils pourront alors dire « Qu’ils ont pris toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que ce genre d’horreur ne se reproduirait plus si le Québec était un pays, que c’est la faute au fédéral, et bla…bla…bla… ». Bref, les inepties habituelles.

    Votre texte allumera, je l’espère, les lumières de ceux qui ne sont pas habitués à la politique véritable, là où les détails font sortir le diable.

  4. Avez-vous vu la nouvelle pub du PQ. Désolant quand on pense qu’il ont mis à la porte M. Levesque à coups de pieds au cul et qu’ils ont le culot de le ressortir pour amasser de l’argent. Ça fait lever le coeur et voir le vrai visage de ce gouv.-là. Et après le 40 jours, finies les donations de plus de $100.00. Plus hypocrites que ça, tu meurs…

  5. Bonjours; Tous ce que le P Q Fait pour le financement des partie Politiques,
    En coupant de 1000 dollars de don a 100 dollars.
    c’est que ca va augmenter la tendance de collecter de l’argent sale sous la table comme on dit, (enveloppe brune). Et c’est sur que c’est ce qui va arriver.
    La seule manière d’assainir le Financement des Partie Politique, est Exemple qui suit.
    Que les parties provincial dépense actuellement environ 12 millions pour une élection, (Remède) avec une loi très sévère, couper c’est dépense a 2 millions, ou 3 Maximum, et Payer par l’État, ou la province, et des contrôle très très sévère et punition très forte pour ceux qui serait tenter de dépasser les montant de dépense fixé, et control très très sévère et punition très forte pour la circulation des enveloppes brunes.
    Croyez-Moi c’est la seul façon d’éliminé le financement en argents sale des parties politiques, et même les élections étant payer par l’État, tout le monde sauverais de l’argents, en ne se faisant pas volé par c’est tricheurs.
    Armand Morneault

  6. Tous ces suceux de contrats fournissent aux caisses électorales des partis susceptibles de prendre le pouvoir. Tout le monde sait que dans les cabinets de professionnels on a un PLQ, un PQ et maintenant un CAQ, Eux veulent se maintenir dans les bonnes grâces de tous pour avoir leur part du gâteau public.

    Ayant fait toutes les jobs pendant près de 40 ans dans les partis politiques y compris agent officiel, candidat et élu je sais que les agences de publicité nous vendent des concepts de marketing touchant les cordes sensibles de nos voteurs cibles et que ça c’est pas des idées mais de la vent à pression de $$$. Tant et aussi longtemps qu’on permettra aux partis de dépenser autant de $$$ non pas pour nous vendre des idées mais une image, autant la corruption sera présente.

    Je préconise que le DGEQ continue à percevoir les argents et je prône que le DGEQ devienne l’agent officiel de tous. Il est temps de cerecentrer les débats politiques sur les idées et non sur le marketing.

  7. Premièrement Mesdame Marcotte, il n’y aura jamais assez de prisons et d’enquêteurs.

    Il faudrait des référendums sur les questions importantes et laissé vivres les citoyens avec les conséquences de leurs choix.

    Il n’y a pas de respect du citoyen, chacun pense qu’il mérite plus de droit de vote qu’un électeur ti-coune X, parce qu’ils sont exceptionnels tant dans leurs personnalités que dans leurs organisations.

    <> Le problème c’est que les autres non jamais existé puisqu’il n’y a jamais eu de référendum à l’échelle nationale.

    Le fait qu’il ramène l’argent à la commission d’enquête s’en dit gros sur la société, il aurait pu louer un camion et allez chez un grossiste en alimentation et distribué la nourriture dans les centres aide à la société. Ils se sont mit riche sur le dos des pauvres, peut pas aider les pauvres, puisque si les pauvres n’existeraient pas ce serait eux qui seraient pauvres. Les Québecois vont comprendre la raison pour laquelle il n’y a pas de riche au Québec et que s’il y en auraient plus, ce ne seraient pas les mêmes.

    Sans devenir technocrate et essayé de réinventer la roue avec de grands risques sur le dos des contribuables. Les nouvelles cartes assurances maladies pourraient être magnétisé et avec puces nip. Ont pourraient louer les guichets des institutions financières et le système intérac pour faire voter les gens. Pas besoin qu’il y est une cérémonie médiatique de l’élections ou référendums ont pourraient amortir le vote sur plusieurs semaines. De quoi de très très très très simple juste déposer un crédit dans le compte du parti ou la question choisi.

  8. Des partis luxueux, assistés sociaux !…

    Le diable est dans les détails.
    Ce que le député syndiqué Drainville propose est, le vol et détournement des crédits d’impôts non remboursable des électeurs libéraux, les seuls qui font des dons de 200 $ et plus régulièrement, en des déboursés aux partis.

    Le 4 septembre, le PQ a récolté 1 393 540 votes.

    Allocation BES du DGE, actuelle, selon l’électorat.
    ————————————————————–
    5 919 778 x 31,94 % x 0,85 $ = 1 607 160 $
    Soit… Pour 1 890 777 votes au lieu de 1 393 540.
    Un ajout de 497 237 électeurs, qui n’ont jamais voté pour le PQ.
    Un supplément de (1 184 509 $ – 1 607 160 $) = 422 651 $

    Nouvelle allocation, selon le vote exprimé…
    —————————————————-
    PQ 1 393 540 votes x 1.67 $ = 2 327 212 $
    Soit, une hausse de 720 0521 $ ou 44,8 % au PQ, une année sans élection.

    Nouvelle allocation, année électorale, selon l’électorat…
    ——————————————————————–
    5 919 778 x 31,94 % x 2.67 $ = 5 048 375 $
    Au lieu de…
    1 393 540 votes x 2.67 $ = 3 720 752 $
    Soit…
    1 327 623 $ de plus, pour 497 237 électeurs, qui n’ont jamais voté pour le PQ.

    Elle est là, l’arnaque de ce projet de loi Drainville.
    De 50 cents à 85 cent = + 70 %
    De 85 cents à 1.67 $ = + 96 %
    De 85 cents à 2.67 $ une année électorale = + 214 %
    Des hausses faramineuses, pour remplacer le vol du droit au crédit d’impôt.

    Des électeurs, 497 237, qui financent le PQ pour lequel ils n’ont jamais voté. À leur insu.

    Un stratagème, digne du célèbre Vincent Lacroix.

    CH

    • Mon Dieu Christian, incroyable ce que tu viens de nous révéler mais tu sais personne ne lit les blog des droitistes comme ils nous appellent. Ce qu’on peut être mal pris avec ce gouvernement qui sait si bien compter

  9. Le député socialiste Drainville, passé au rang de maître «communiste chinois» par la censure des opinions à son blogue, dit…

    Le fétichisme du 100 $
    Le Parlement doit adopter  » avant Noël  » de nouvelles règles de financement des partis.
    Le 100 $, c’est vraiment très, très important « , a insisté le ministre Bernard Drainville.
    Sûr d’être du côté du bien, le ministre a dépeint toute personne qui osera douter du projet de loi 2 d’ennemi de la probité en politique.
    Antoine Robitaille
    Le Devoir – mercredi 7 novembre 2012, p. A8

    En résumé, dit Drainville, il s’agit de combattre la corruption des élus. Le trafic d’influence, les collecteurs de fonds, le financement au noir.

    Toutes des activités associées aux libéraux, sans doute. Pour lesquelles, le DGEQ n’a déposé aucune accusation ou sanctionné le mode de fonctionnement des levés de fonds. Curieux, non ?…

    Donc… Le Parti Québécois et ses députés syndiqués étant des anges blancs comme neige, quel est le véritable motif ou objectif, de ce projet de loi Drainville.

    Fort simple…

    Oubliez l’abrutissement. Le député Drainville ne propose pas de réduire les dons à 100 $, seulement. Sans aucune entourloupette, le reste étant inchangé.

    Oubliez la stratégie du transfert, par le trafic d’influence, les collecteurs et le financement au noir.

    L’objectif est clairement d’augmenter l’aide sociale du DGE au PQ. De, 1 607 160 $ maintenant, à 5 048 375 $, lors d’une année électorale. Une hausse faramineuse de 3 441 215 $ ou 314 %, à votre insu. À l’insu des 497 237 électeurs, qui n’ont jamais voté PQ.

    Le député Drainville propose d’anéantir le principe du financement populaire et voler le crédit d’impôt pour contribution à un parti politique, au profit du PQ.

    Plus mafioso que ça… Quelqu’un devrait écrire aux députés de la CAQ et les convaincre de laisser tomber cette arnaque.

    SP

  10. Pour votre bloc note, au besoin…

    Sur un total de 5 919 778 électeurs au Québec, l’état des donateurs aux PP ressemble drôlement à un État de république de banane.
    Seulement 1 % de donateurs une année électorale et un demi de un pourcent, une année ordinaire.

    Année… PLQ… PQ…
    ——————————————————————
    2008…
    Donateurs… 22 442 34 982
    Montants… 9 269 112 $ 5 834 277 $
    Moyenne… 413 $ 167 $

    2009…
    Donateurs… 23 418 21 055
    Montants… 7 176 851 $ 3 543 084 $
    Moyenne… 307 $ 168 $

    2010…
    Donateurs… 16 178 20 709
    Montants… 4 916 788 $ 3 235 003 $
    Moyenne… 304 $ 156 $

    2011…
    Donateurs… 16 814 16 985
    Montants… 3 765 469 $ 2 498 029 $
    Moyenne… 224 $ 147 $

    Ça fait vraiment pitié.
    Elle est où la corruption des élus par les donations, le financement populaire ?… 1/2 de 1 % des électeurs.

    Le projet de loi 2 est un détournement de la démocratie, par l’étatisation des partis politiques.
    C’est une fraude.

    CH

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