Le ministre des carrés rouges et le droit de grève

Disons-nous le franchement. En confiant le ministère de l’Enseignement supérieur à Pierre Duchesne, Madame Marois persiste dans le pur et le plus vulgaire des clientélismes politiques. Quelle petitesse d’esprit! Quel manque de hauteur!

Pour des considérations partisanes tactiques, Madame Marois met en péril la santé de nos institutions universitaires qui seront laissées sans armes face au chantage de nos agitateurs syndicalo-étudiants.

En effet, confier la présidence d’un Sommet de l’enseignement supérieur aux carrés rouges que sont Pierre Duchesne et Léo Bureau-Blouin, c’est comme confier la présidence d’un Sommet sur le syndicalisme québécois aux fondateurs du Réseau Liberté-Québec.

À preuve, la dernière folie du jour que certains d’entre nous avions anticipée. Tenez-vous bien. Pierre Duchesne et son gouvernement songent – oui, oui – changer la loi pour accorder aux étudiants le droit de grève, ce qui leur permettrait d’empêcher leurs confrères d’assister à leurs cours.

Étouffer la liberté, écraser l’épanouissement de nos jeunes, décourager les études et l’effort: comment ne pas se révolter contre de telles élites qui veulent ni plus ni moins asphyxier une génération.

LE MINISTRE CARRÉ ROUGE

Plusieurs en conviennent. Le ministre junior Pierre Duchesne est très très loin d’être à la hauteur.  « De confier, comme Mme Marois l’a fait, le dossier majeur de l’éducation supérieure à un politicien plus à l’aise dans le pugilat partisan qu’avec la pensée complexe, c’est de nourrir les préjugés encore présents au Québec envers les universités, et donc de nous faire reculer au lieu d’avancer », selon Alain Dubuc (lire La petite noirceur).

Le chroniqueur J.-Jacques Samson (lire Les Pharisiens), quant à lui, se souvient. Du temps du lock-out au Journal de Montréal, il raconte que Pierre Duchesne avait « subordonné le droit du public à l’information et la liberté de presse à un militantisme syndical aveugle. Il a utilisé sa fonction pour faire de l’activisme en faveur des camarades «csnistes». Pour lui, le comportement récent du ministre trahit la « malhonnêteté intellectuelle et le pharisianisme des politiciens » qui dégoûtent tant les citoyens.

UN SOMMET QUI EST BIEN MAL PARTI

Quand c’est rendu que le gouvernement doute du sous-financement des universités, comment peut-on imaginer que le ministre carré rouge et son joyeux compagnon auront une once de crédibilité et qu’ils sauront agir comme de loyaux arbitres et représentants de l’ensemble des citoyens? On ne le peut pas. Selon Yves Boisvert, « Ce sommet ne sera rien d’autre qu’un procès des recteurs » (lire Le procès des universités).

Le gouvernement a décidé de confier des rencontres pré-sommet à l’Institut du nouveau monde, encore ici, un « thinktank » social-démocrate dévoué à la survivance du modèle québécois. Pendant ce temps, l’ASSÉ prévoit une manifestation et réclame la gratuité scolaire! Rien de moins. Si la rue reprend le pouvoir, qui croyez-vous va gagner? Moi, je parierais sur la rue. Elle a fait ses preuves et les péquistes plieront.

Selon Mario Dumont,

la qualité de l’éducation a disparu du tableau de bord. Le sommet sur les universités ne porte plus sur le savoir, ni sur la préparation de notre avenir économique, ni sur notre performance en recherche de pointe. Triste, mais tout est devenu une affaire de politique. La peur de la rue mène le bal. (…) Pas banal : la gratuité est rendue une option plus envisageable qu’une hausse modérée!

LA VÉRITÉ

La vérité, c’est qu’il n’y a aucun lien entre la hauteur des droits de scolarité et l’accessibilité aux études universitaires. Malgré la quasi-gratuité, « seulement 16,5 % des Québécois détiennent un diplôme universitaire. Une proportion qui passe à 20,5 % en Ontario et à 19,3 % en Colombie-Britannique » (selon le CPP des HEC Montréal)

La vérité, c’est que le Parti québécois préfère laisser endoctriner les jeunes avec une culture syndicalo-corporatiste que de remettre en question la mission des associations étudiantes dans nos institutions d’enseignement.

La vérité, c’est qu’il risque de n’y avoir personne autour de la table qui représente le contribuable, celui qui offre cette quasi-gratuité sans pouvoir en retour, exiger l’obtention d’un diplôme. Autour de la table siégeront des représentants des jeunes, des universités, des syndicats et des milieux socioéconomiques. Il est où le contribuable?

À L’OPPOSITION DE RÉAGIR

La semaine prochaine, le PLQ et la CAQ seront appelés à voter pour ou contre le budget du Parti québécois.

Le résultat du vote pourra provoquer le renversement du gouvernement. On doit le souhaiter. Ardemment. Car le vote, en réalité, ne portera pas seulement sur le budget.

Si certains disent que c’est de la pure folie que de songer à une coalition entre les libéraux et la CAQ, je parierais quant à moi, que 58% de la population croient plutôt que c’est de la pure folie que de laisser en place un gouvernement aussi liberticide et irresponsable que celui du Parti québécois.

Alors au PLQ et à la CAQ: Pensez-y! Et soyez assurés qu’on comptera les présences.

7 réflexions sur “Le ministre des carrés rouges et le droit de grève

  1. Je trouve ça très intérêssant qu’il soit possible pour les 2 parties de l’opposition de s’unir et de (re)devenir le gouvernement, sans pour autant faire une fusion permanante. J’aimerais bien ce scénario, le PQ arrêterait ses folies, la caq pourrait démontrer le fondement de ses idées et se faire les dents un peu et prendre une expérience qui leur est manquante en ce moment.

    Pour au moins 12-24 mois ça me semble la meilleure option sur la table.

    • J’ai aussi tendance a penser de cette façon. Le présent gouvernement ne gouvernement pas pour la majorité des contribuables mais seulement pour ceux et celles qui ont voté pour eux.

      Mieux retourner en élection s’il le faut que de se faire diriger par un tel gouvernement. C’est ne pas seulement le système d’éducation qui va en souffir avec ce gouvernement, regarder le sytème de la santé. Pratiquement impossible en ce moment d’avoir des soins de qualité. Mon mari est sorti de l’hopital le 18 septembre avec un taux de diabète de 17, pendant son hospitalisation il recevait de la médication (15mg de metformine (et même à quelque reprise de l’insulin) par jour, lorsque j’ai demandé si on nous remetterais une prescription pour la médication (metformine) on m’a dit de voir notre médecin de famille, nous n’en avons pas leur ai je dis, on m’a répondu qu’ on ne pouvait pas le médicamenter car on ne pouvait pas faire de suivi. Voila notre système de santé, pas mieux que le système de l’éducation. Quel belle province que le Québec!

  2. Un gouvernement d’enfants d’école qui, aussitôt contraint d’accorder la gratuité aux tinamis, les verra bientôt réclamer un salaire pour étudier.

    • Comme prévu,la rue va contrôler ce gouvernement sans couilles,et plein d,idée de révolution pour notre province. On est pas sorti du bois.

  3. Ce gouvernement fait peur avec toutes ses improvisations, ses incohérences et ses petits amis. Il fait en pire ce qu’ils reprochaient aux libéraux. Ils ignorent la majorité qui n’a pas voté PQ et il agit comme s’il était majoritaire! Il faut le changer et ça presse avant qu’il nous enfonce de plus en plus dans la médiocrité autant sociale que morale! Bravo Mme Marcotte pour vos chroniques pertinentes et tellement réalistes . C’est le gros bon sens et il en manque cruellement au PQ.

  4. Pingback: Retour sur 2012 : L’année de la polarisation – Le blogue de Joanne Marcotte

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