Le Sommet de l’éducation: Les recteurs sortent de leur tour d’ivoire

On a presque le goût de penser que les recteurs ont ce qu’ils méritent: un gouvernement soumis aux caprices des agitateurs et activistes corporatistes du printemps passé. Ils étaient où, en effet, ces grands administrateurs de nos institutions d’enseignement supérieur, alors que la population signifiait qu’elle appuyait l’idée de responsabiliser davantage les étudiants pour le coût de leur instruction supérieure?

À nulle part. Niet. Nothing. Probablement intimidés par leur corps professoral syndicalement carré rouge, ils n’ont pas osé. Puis, ils ont eu ce qu’ils méritaient: un gouvernement au service du lobby étudiant et une ASSÉ qui n’entend pas baisser les bras. Le gel des droits de scolarité n’est plus suffisant. Allons-y donc pour la gratuité! Après ça, et bien, il restera de recevoir un salaire pour étudier. Pourquoi pas? Tout se justifie, non?

Ce qui les fait sortir de leur tour d’ivoire est le document préparatoire au Sommet. Un document avec beaucoup d’images (ils sont habiles, nos communicateurs gouvernementaux…), mais avec des chiffres qui froissent les administrateurs.

Il est insensé de considérer les budgets de recherche lorsqu’on évalue les sommes dont disposent les universités, semble-t-il. (Lire Une prémisse erronée signée par un ensemble de recteurs). Bon. C’est un début d’explication et c’est tant mieux. Beaucoup de commentateurs l’ont d’ailleurs souligné plus tôt cette semaine. Le document est non seulement biaisé; il est erroné.

Maintenant, passons à l’étape suivante et à une question qui mérite également d’être répondue. Qu’en est-il des budgets d’immobilisations? Du foisonnement de pavillons universitaires? La population a souvent l’impression que les recteurs « trippent » plus sur le béton que sur l’enseignement. Les projets immobiliers, genre Îlot Voyageur: est-ce bien nécessaire? (lire Immobilier commercial: les universités en mode achat). Allez, forcez-vous un peu, Messieurs et dames recteurs. Pondez-nous un texte là-dessus. On est curieux de savoir.

Dans tous les secteurs d’activité et de financement public, les contribuables en sont à l’heure de connaître davantage « Où va l’argent? » Et on est tenté bien sûr de tomber dans le piège populiste lorsqu’on met de l’avant les salaires et avantages des recteurs qui nous semblent excessifs.

Mais fondamentalement, l’heure est grave. Nos institutions d’enseignement supérieur sont à la veille d’être pris en otage par un lobby extrêmement puissant qui a été souillé par la culture de la gratuité, de la déresponsabilisation, du nivellement vers le bas. Et quand on ajoute à ça qu’on est même prêt à légiférer pour rendre légal un droit de grève tout à fait indécent, c’est qu’on est presque rendus à souhaiter que le peuple québécois redevienne un peuple de porteurs d’eau.

Alors aux administrateurs, de grâce, faites vos devoirs et sortez! Le gouvernement péquiste n’est pas votre ami, ni l’ami des jeunes générations, loin de là. On a besoin de savoir où vous logez. Pour le Parti québécois, tout est maintenant politique. Encore ce matin, le ministre Daniel Breton s’est assuré que les commissaires du BAPE le comprennent bien. Si vous ne pensez pas comme moi, je vous sacre dehors. C’est simple, mais c’est efficace.

Vous en pensez quoi du rôle des associations étudiantes? Ne croyez-vous pas qu’il est insensé de rendre légal un droit de grève étudiante? Vous qui défendez la connaissance, la mobilité sociale, la recherche, l’innovation, vous vous situez où dans tout ça? Alors oui, continuez de sortir et d’expliquer, parce qu’autrement, c’est peine perdue.

6 réflexions sur “Le Sommet de l’éducation: Les recteurs sortent de leur tour d’ivoire

  1. Johanne,

    La vertu n’appartenait surtout pas aux libéraux dans leurs nominations au BAPE, dont les dirigeants semblaient être des marionnettes, bien agitées en coulisses. La qualité des nouveaux dirigeants est un bien meilleur gage que les intérêts supérieurs de notre collectivité soient pris en charge.

    Votre coup de foudre à l’endroit du sommet sur l’éducation trahit vos inquiétudes de ce que cet effort de transparence et de consultation pourrait apporter comme éclairage et de remise en question… Tirer sur les messagers, les analyseurs de situation ne permet pas d’avoir une claire conscience des enjeux et des trajectoires favorables à notre saine évolution.

    Je suis d’accord avec vous qu’accorder le droit de grève aux étudiants, c’est importer un mécanismes qui doit rester
    dans l’univers des relations de travail. La plage des intérêts des étudiants est immense, aussi immense que toutes les causes sociales, économiques… Voyons ! Chacune de ces causes ne mériterait-elle pas sa petite grève…On ne peut pas permettre d’encadrer ainsi le droit à la perturbation de nos institutions d’enseignement. Les coûts sociaux et individuels sont immenses… Les partis politiques sont précisément les bons outils pour prendre en charge toutes sortes de causes…

    Il faut voir ce que le vécu du printemps « misérable », nous apporte comme leçons sur la facilité de manipulation des assemblées générales, de la faible participation des étudiants, de l’infiltration par tout ce qui grenouille d’agents doubles…, de détournement de finalités, etc.

    À mon avis, il faut militer, non pas pour une enquête sur le comportement des policiers, mais sur une enquête beaucoup plus large sur les causes, les agents des dérives, la manipulation et l’infiltration des associations étudiantes et des manifestations étudiantes… On oublie trop facilement les escouades de casseurs étudiants…

    • …cet effort de transparence et de consultation pourrait apporter comme éclairage et de remise en question…

      Je suis en accord… Cet effort est clair et transparant… La première ministre qui a arborer le carré rouge à nommer l’ancien président de l’association des étudiants du cégep et un journaliste qui à appui les étudiants comme président de ce sommet.

      On peut clairement voir qu’est ce que les résultats de ce Sommet seront…

      😉

      M. D-

  2. Voici l’essence d’un courriel que j’ai envoyé au courriel du sommet:

    Bonjour,

    D’ailleurs malgré votre reconnaissance qu’il y ait un désire que la démarche soit neutre… Le gouvernement minoritaire, dirigé par une première ministre qui a porté le carré rouge, a choisi que ce sommet soit présidé par l’ancien président de l’association des étudiants du Cégep et un ancien journaliste de Radio-Canada qui ne pouvait pas cacher son appui pour les manifestations étudiantes.

    Les résultats de ce sommet sont tout à fait prévisibles… Les étudiants auront tout ce qu’ils ont réclamé au printemps. Le contribuable, quant à lui, devra payer plus.

    Un citoyen très déçu.

  3. Les recteurs des universités du Québec réclament de leur CA une rémunération égale aux universités anglophones du Canada, oeuvrant dans des sociétés 211 % plus riche que le Québec. Sans aucun égard à la valeur de leurs services.

    Le recteur Breton à l’UdeM produit un travail en 40 hrs semaine, d’une valeur entre 170,000 et 180,000 $, au lieu de 365 000 $.

    Pour abrutir le public, dans les médias ils appellent la différence de 185,000 $ de plus, la «qualité». Une technique frauduleuse de persuasion très efficace, souvent utilisée par les experts de la mise en marché chez les Américains. Une technique souvent évoquée par Louise Roy, qui siège au CA de l’UdeM.

    Pouvez-vous évaluer le degré de richesse de l’économie dans laquelle évolue la McMaster University ?… Par rapport à l’UdeM ou McGill.

    Savez-vous pourquoi le recteur de la publique UdeM, Breton, a droit à une limousine avec chauffeur ? Tout comme le secrétaire général des Nations Unies, Bahn Kimoon ?… Au lieu de prendre le bus, le métro et le taxi.

    Ses autres avantages…
    * 5 semaines de vacances annuelles
    * 1 250 $ pour un bilan de santé annuel
    * Adhésion à un club d’affaires de son choix
    * Voiture de fonction et chauffeur messager à sa disposition
    * 10 000 $ par an pour le remboursement d’un permis d’exercice ou d’une accréditation
    Sébastien Ménard
    Le Journal de Montréal – 01/11/2010 04h32

    Cela, à une université UdeM déficitaire, en faillite. C’est à dire, ayant un CA peuplée d’incompétents incapables de confectionner et de présenter un budget équilibré.

    Autrement dit… Les arguments des recteurs des U du Québec font vomir les contribuables du Québec, aux revenus personnels moyens de 34,200 $, qui paient leurs salaires.

    Devinez pourquoi, les états financiers vérifiés des U du Québec ne sont pas publiés, à leur site ou au site du ministère ?…

    SP

  4. Pingback: Sur la lâcheté des recteurs – Le blogue de Joanne Marcotte

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