Budget 2013-14 : À quoi s’attendre?

Je pense que les Québécois vont se faire servir plusieurs leçons aujourd’hui. La première est qu’il est de plus en plus difficile de faire croire à la classe moyenne – vous savez, celle qui est riche à 42 000 $ ? – qu’elle peut faire payer ses programmes, la bureaucratie gouvernementale et les régimes de retraite sous-capitalisés du secteur public par seulement 2% de la population.

On veut un gros État? On est incapable de dire non? On descend dans la rue pour appuyer des lobbies étudiants? écolos? anti-développement? On crée le désordre social en appuyant des jeunots qui veulent révolutionner le monde? Eh bien, payez maintenant!

Les entreprises et peut-être surtout la grande entreprise, se feront également servir des leçons. Parce que s’il y a une chose sur laquelle tout le monde s’entend – la gauche comme la droite – c’est qu’il y a trop de B.S. corporatif au Québec. Trop de subventions à la grande entreprise, trop de redistribution de la petite entreprise vers des secteurs privilégiés par le gouvernement et ce, sans résultats suffisamment importants pour justifier la chose.

Le ministre des Finances aurait dit hier que les contribuables auraient déjà fait un très gros effort. On est d’accord. Dans le « deal » 60-40% prôné par l’ex-gouvernement libéral, qui peut honnêtement prétendre que l’État a contribué à 60% de l’effort pour atteindre l’équilibre budgétaire? Le travailleur lui, s’est fait augmenter la TVQ de 2%, un 2% qui avait été libéré par le gouvernement fédéral de Stephen Harper. Ce n’est pas rien. Et que dire que toutes les taxes qui se sont ajoutées au fil du temps? (Pour écouter ma chronique d’hier à Maurais Live, cliquez ici ou sur l’image ci-contre).

Il reste quoi? Il reste à cibler les entreprises. Et bien payez maintenant! Non. Vous n’avez plus de « hotline » aux bureaux des ministres, chers entrepreneurs. Si vous voulez mon avis, il serait temps que vous songiez à changer vos pratiques. Avez-vous pensé sortir dans la rue?

Curieusement, les partisans du Parti québécois risquent également d’être déçus. Ils vont peut-être se rendre compte qu’une fois au pouvoir, leur parti n’est qu’une organisation qui profite de leur militantisme nationalo-identitaire pour se hisser au pouvoir. Et surtout, ils vont se rendre compte – peut-être – qu’il y a des clientèles « chouchou ».

Car pour la Gouvernemaman Marois, si les syndicalo-étudiants sont contents, si les syndicalo-éducatrices en CPE sont contentes,  si les syndicalo-fonctionnaires sont contents et continuent de recevoir leurs augmentations de salaires et leur régimes de retraite à prestations déterminées, si les syndicats de la construction ne craignent plus l’abolition du placement syndical, eh bien, y’en a pas de problème.

Ne reste plus qu’à demander aux fonctionnaires du ministère des Finances de créer des artifices comptables et des beaux documents de marketing pour illustrer que le gouvernement péquiste est « responsable » et « présentable » devant les créanciers.

12 réflexions sur “Budget 2013-14 : À quoi s’attendre?

  1. Mesdame Marcotte, quand il n’y aura plus de riche, l’état va être capable de faire diminuer son coûts de travail avec les impôts de la classe moyenne. Ça serait la lutte entre la main invisible du marché et la main invisible étatique.

    Pour ne pas créer trop d’inflation sa prend une petite monnaie de singe et des ressources naturels en abondance et une nationnalisations faciles des industries.

    • Quand il n’y aura plus d’inégalités, famines et mortalités infantiles deviendront routine.


    • Les monnaies fiduciares, contrairement à l’étalon-or, ont une histoire d’inflation majeur, de dévaluation ou meme de destruction totale. L’euro est un exemple de monnaie féduciaire qui est un fiasco pour le peuple mais un succes pour les  »insiders » qui profitent grandement du  »central banking ».

      Vous parlez d’inflation sans trop définir le terme. L’inflation, c’est une augmentation de la quantité d’espèces en circulation. Créé soit par l’effet multiplicateur du crédit par les banques, soit par l’expansion de la quantité d’espèce par la banque centrale. L’inflation résulte en une augmentation imprédictible, hétérogène des prix, principalement à travers la spéculation.

  2. Ça ferait une belle caricature…

    plq
    +caq
    =
    placq le PQ

    Justement, on n’a pas de Hockey, ça pourrait surement aider à passer le temps!!

  3. Je pense qu’ils ont assez de points en commun pour faire un bout de chemin. Surement pas 4 ans mais toujours bien 1-2 budgets… à la bonne date

    • Précision supplémentaire, quand la TPS a baissé, la TVQ a aussi baissé en valeur absolue parce que la TPS était aussi taxée.

      S’il n’y avait eu aucune augmentation, il y aurait eu une « perte » dans le budget. Certainement pas des millards par années mais en centaines de millions à très court ou moyen terme. ET surtout, récurrent!

      Comme ça s’est fait presque en même temps que la baisse, ça ne changeait pas nos habitudes de vie de consommateurs de faire ça. Je ne suis pas pour cette mesure mais je comprends le raisonnement derrière ce choix.

  4. C’est bon carré rouge qui auront bénéficié d’une instruction public a très peu de frais, une fois leur Bac, leur maîtrise ou leur doctorat complété seront parmi les gens ayant les meilleurs revenu au Québec et a ce titre le gouvernement du P.Q. leurs demandera de contribuer davantage que les autres contribuables alors ces même carré rouge fuiront le Québec.

    Voici l’art de se tirer dans le pied tel que savent si bien le faire les imbéciles qui nous gouvernent.

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