Les bandits du public et les bandits du privé

Deux nouvelles particulièrement contrastantes aujourd’hui.

Plus d’un demi-million $ aura été versé en primes et en versements de départs aux trois grands responsables du fiasco financier de l’Îlot Voyageur. En effet, selon TVA Nouvelles, l’Îlot Voyageur, lancé par l’ex-recteur de l’UQAM, Roch Denis, devait initialement coûter 332 M$, mais son achèvement aurait plutôt nécessité un investissement de 529 M$. Pire, le gouvernement avait du allonger 200 millions $ à l’UQAM pour lui permettre de se relever de l’immense dette qu’elle avait accumulée dans cette affaire. (lire ceci)

Les grands responsables désignés par Renaud Lachance, le Vérificateur général de l’époque: l’ex-recteur Roch Denis, l’ex-vice recteur responsable des affaires financières, Mauro Malservici et Nicolas Bruno, l’ancien directeur des immobilisations de l’UQAM.

Ces personnes seront-elles poursuivies en cour pour fraude? Négligence? Incompétence dans la gestion des fonds publics? Nooooonnn. Mieux que ça. « M. Buono alléguait «avoir été congédié par l’employeur, le 30 août 2007, sans cause juste et suffisante». Non mais… Quel front! Lui qui a reçu un montant de 200 000 $ de son institution!!!

Au fait, avez-vous déjà été témoin qu’un officier de l’État ait été pénalisé pour avoir négligé la gouvernance des fonds publics sous sa responsabilité? Moi pas. On n’a qu’à se souvenir du dégât causé par quelques fanatiques des produits dérivés dans le cas de la perte de 40 milliards $ à la Caisse de dépôt.

Dans le privé, il en est tout autrement. Heureusement. D’ailleurs, c’est une des raisons pour lesquelles il faut encourager le privé là où il peut faire mieux que le secteur public. Quand il y a fraude, quand il y a négligence, les entreprises et les personnes en paient le prix. Elles sont poursuivies, elles vont en prison et justice est rendue.

C’est le cas de Pierre Duhaime aujourd’hui. Il a beau avoir été le PDG d’une prestigieuse compagnie québécoise, le système se donne les moyens de sévir et avec raison.

La question existentielle devient donc la suivante: Dans le contexte de la Commission Charbonneau et des enquêtes de l’UPAC, y a-t-il une raison particulière pour laquelle cela semble si difficile de dénoncer et de poursuivre les bandits et malfaiteurs du secteur public impliqués dans la collusion et la corruption au Québec? Qu’est-ce qui prend tant de temps à aboutir, dites-moi?

Est-ce que c’est « Réclamez 200 000 $ et passez GO » pour nos bureaucrates et la prison pour le méchant privé? En tout cas, ça ressemble à ça. Deux poids, deux mesures.

P.S. Aux futurs diplômés des écoles d’administration publique: Soyez confortés dans votre choix de carrière. Dans le public, vous pourrez être malhonnête, flouer les citoyens de millions $ et profiter en toute impunité de votre liberté, de vos fonds de pensions en conservant même vos primes de départ.

8 réflexions sur “Les bandits du public et les bandits du privé

  1. Ne perdons pas de vue que c’est le conseil d’administration de SNC_Lavalin qui a demandé à la police de poursuivre l’enquête parce que ceci demandait des pouvoirs que seule la police possède. Notons également que les actionnaires de SNC_Lavalin ont perdu beaucoup d’argent à la suite de la révélation de ces fraudes puisque la capitalisation boursière de l’entreprise a baissé de plus de 1,5 milliard $.

    • Il y a une nuance importante à apporter ici. C’est après 23 ans de « bons » services qu’il a droit à ce gigantesque bonus. Ce bonus est dans un contrat ferme et signé avec tous les partis.

      Une fois la fraude démontré au criminel et pénal et un jugement de culpabilité rendu, SNC pourra partir un recours pour aller rechercher cet argent.

      Il est impossible, voir dangereux, de ne pas respecter le contrat signé. Ça entraîne d’autres poursuites et des coups faramineux et la certitude de perdre la cause.

      Quand le verditct de culpabilité tombe, tout change.

      Oui je sais que c’est plate comme séquence des événements, mais la présomption d’innocance reste reine dans une vraie démocratie.

  2. Plus ça va, plus je n’en reviens pas. Je ne pensais jamais que notre peuple pouvait être à ce point malhonnête. Dernièrement, je demandais à une personne dans la construction, si il pensait que les choses changeraient et il m’a répondu que.non! Que les gens impliqués trouverons d’autres moyens. La mafia québecoise, une nouvelle nation est née.

    Troublant, je perd respect de plus en plus de notre nation… tel que nous voulons être considéré par le ROC…. et surtout l’étiquette de Société Distincte. J’aimerais bien que nous nous passions de ces genre d’étiquettes,

    Du moins je n’entend personne qui crie « Québec Bashing » cette fois!

    • Faites vous en pas au Québec 45% des gens s' »en foutent ils ne payent pas d’impôt. Une autre gang travaillent au gouvernement donc ils apprécient cette procédure.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s