Le Sommet de l’éducation : Pose-t-on les bonnes questions?

MauraisLe ministre Pierre Duchesne dit avoir gagné son pari. La première rencontre du Sommet de l’éducation a eu lieu la semaine dernière et le ministre se dit  heureux d’avoir rempli son objectif. Comment ne le pouvait-il pas?

L’objectif? Si on écoute bien sa réaction suivant l’événement, il semble que l’objectif ait plus à voir avec la forme que la teneur des discussions qu’on y a tenues: que le tout se soit déroulé dans l’ordre, qu’il y ait apparence de bonne entente et que les échanges se fassent dans le respect. Avec un objectif aussi peu ambitieux, le pari n’est pas difficile à relever.

On aura courbé l’échine, concédé devant les demandes des fédérations étudiantes, versé dans le négationnisme du sous-financement des universités, mais qu’importe tout cela. C’était, il semble, le prix à payer pour que les associations et fédérations étudiantes soient présentes et qu’elles cessent d’encourager le chaos et le désordre social.

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Le résultat de la première rencontre? Un organisme indépendant pour surveiller la qualité de l’enseignement. C’était écrit dans le ciel. Au Québec, lorsqu’il y a un problème, la solution n’est pas de responsabiliser les instances existantes, mais plutôt d’en créer d’autres. Les étudiants veulent gérer les universités, les professeurs veulent avoir leur mot à dire et les recteurs souffrent d’un déficit de crédibilité. Allez! Ça prend un organisme pour surveiller tout ça!

Mais au-delà de la prévisible conclusion de cette première rencontre, comment peut-on espérer que soient mises à l’ordre du jour les questions qui ont vraiment perturbé la population au printemps dernier. À sa face même et considérant les participants « invités » à ce sommet, il est bien difficile de pas déceler le penchant du gouvernement.

  • Comment peut-on espérer, en effet, que le trio Marois/Duchesne/Bureau-Blouin puisse s’improviser arbitre alors que tous les trois étaient de fervents militants carrés rouges il n’y a pas si longtemps?
  • Y a-t-il seulement quelqu’un autour de cette table qui représente le contribuable qui défraie plus de 87% des droits de scolarité universitaires?
  • Ne serait-il pas nécessaire de parler de la mission des associations et des fédérations étudiantes? Est-il sain qu’elles se soient, avec les années, autant politisées?
  • Peut-on espérer régler une fois pour toute, la notion de « grève étudiante »?
  • Est-il prévu que l’on parle de la responsabilité des étudiants à obtenir leur diplôme? Qu’en est-il du taux de diplomation dans nos universités, dans un contexte où c’est la quasi-gratuité?

Finalement, comment peut-on juger de la qualité de la formation offerte dans nos institutions collégiales et universitaires? Sur ce sujet, le Conseil du patronat a préparé un document de réflexion sur le sujet. On y suggère de nombreux indicateurs.

Mais avait-on vraiment besoin d’un Sommet pour cela? N’appartient-il pas aux universités de faire la démonstration qu’elles offrent ce qu’il y a de mieux? Pourquoi donc un autre organisme autrement que pour concéder encore une fois aux voeux des étudiants-militants?

La population mérite certainement que la gouvernance des universités soit faite de façon transparente et rigoureuse. Après tout, c’est notre argent, c’est l’avenir de nos jeunes et l’éducation supérieur est un extraordinaire facteur de mobilité sociale, d’amélioration de la qualité de vie et de croissance économique.

Mais là comme ailleurs dans le Québec du no-fault, le danger de se réclamer de certains droits ne doit pas faire abstraction de la notion de responsabilité. Et avec le printemps que nous venons de vivre, la question demeure vive. Et la responsabilité des étudiants dans tout ça?

2 réflexions sur “Le Sommet de l’éducation : Pose-t-on les bonnes questions?

  1. Peut-être est-ce que je me trompe mais je sens que les dés de ce sommet sont déjà pipés vu le gros penchant du Ministtre pour les carrés rouges et les anarchistes.

  2. Je ne sais pas comment tu fais pour avoir de l’inspiration pour écrire ce texte. Moi ça m’intéresse tellement pas ce sommet. Beurk. Je préfèrerais un traitement de canal. Merci de continuer de porter le flambeau durant mes vacances indéterminées de la politiques.

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