Abolir les cégeps?

LeadershipPLQLe simili-débat portant sur l’abolition ou la fin des cegeps n’a probablement duré pas plus de 3 petites minutes lors de l’échange entre les trois candidats à la chefferie du Parti libéral du Québec. Pourtant, c’est ce que les médias écrits ont retenu du 1er « débat » de cinq qui a lieu hier à Montréal.

« Il faut […] ouvrir le débat sur la pertinence des cégeps », selon Pierre Moreau. D’accord. M. Moreau a le mérite d’au moins proposer quelque chose qui sort des lieux communs. Il affirme qu’une course au leadership, c’est l’occasion de faire des débats. Et pour faire des débats, il faut poser des questions.

À mon avis, c’est ici que M. Moreau fait erreur. Des questions, des débats, des forums, des sommets, des colloques, le Québec en a soupé. Et puis, si on veut des gestionnaires de forums, ne sommes-nous pas bien servis par le Parti québécois présentement?

Non. Ce qui est attendu de la part de la population – et je l’espère, des militants libéraux – c’est l’expression d’une vision, d’une direction, d’une philosophie politique, et surtout, surtout!, d’un sens des priorités.

Est-ce que nous devrions nous interroger sur l’existence des cégeps? La distinction québécoise en matière de parcours scolaire en vaut-elle le prix? Les cégeps ont-ils réellement une valeur ajoutée en matière de contenu pédagogique lorsqu’il s’agit des programmes techniques? Est-il vraiment nécessaire de faire passer les étudiants désireux d’une formation universitaire par les cégeps? Pourquoi ne pas adopter le parcours éducatif qui existe dans le reste du Canada, c’est-à-dire allonger à la fois le secondaire et la durée d’un baccalauréat?

Les cégeps n’existent-ils que pour apporter une vitalité économique et culturelle aux régions? L’adéquation entre les programmes d’enseignement et le marché du travail est-elle optimale? Y a-t-il une opportunité de dégager des marges de manoeuvres financières par l’optimisation du parcours scolaire? Qu’en est-il du taux de diplomation, de la durée et du financement des cégeps? Ne pourrait-on pas envisager introduire des droits de scolarité au niveau collégial?

Toutes des questions pertinentes. Mais on n’a certes pas besoin d’une course à la chefferie d’un quelconque parti pour nous les poser. On a besoin de réponses, de vision et de direction. Je suggère donc à M. Moreau de revenir à la charge si le coeur lui en dit. Les questions sont bonnes. On sait que Philippe Couillard ne veut pas en entendre parler. Soit. Mais vous? Quelle est votre proposition sur la chose? On veut savoir!

UNE PETITE PAUSE « JE ME SOUVIENS »

Enfin, il serait peut-être également pertinent de nous rappeler ce qu’il est advenu lorsque le Québec a débattu de cette question. C’était en 2003/2004. Le ministre de l’Éducation de l’époque était l’ex-recteur Pierre Reid. Le gouvernement Charest venait d’être élu.

Commissions scolaires et universités s’étaient liguées ensemble et plaidaient pour l’abolition pure et simple des cégeps. On prétendait à une économie de 1 milliard $. Il y a eu un colloque « Cégeps en sursis », puis un Forum sur l’avenir des cégeps. Les rapports sont tombés, les groupes d’intérêts se sont mobilisés, les syndicats ont défendu leurs enseignants et puis… plus rien.

En 2005, Jean Charest nomme un nouveau ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier. On efface tout et on revient à la case de départ.

Je dis ça de même. Parce que si M. Moreau a des idées, ce serait également intéressant qu’il nous dise qu’il est prêt, cette fois-ci, à aller jusqu’au bout et à ne pas dépenser temps et énergies pour que l’initiative aboutisse en queue de poisson.

En complément, mon passage à Franchement Martineau d’aujourd’hui.

6 réflexions sur “Abolir les cégeps?

  1. Dans le pays des vaches sacrées, je doute que je verrai une telle action. Dans ce cas, il faut néanmoins une profonde réforme, ne serait-ce que coordonner les programmes des cégeps et des universités. Il y a beaucoup de répétitions entre les deux

  2. Convertir les cégeps en universités dans toutes les règions du Québec et allonger le secondaire ou le primaire serait probablement la meilleure chose à faire pour améliorer notre système d’éducation et assurer une bonne formation de la main d’oeuvre. Les techniques pourraient être fusionnés avec la formation professionnelle et on pourrait y enlever les cours académiques inutiles pour les techniciens comme le français, la philo, et l’éducation physique. Les écoles professionnelles pourraient toujours être équipées de gymnase pour ceux qui le désirent. On pourrait faire des gains d’efficacité avec un tel système car actuellement le cégep coûte cher à notre société et les jeunes y perdent leur temps. Le français et la philo pourraient toujours être enseignés dans la sixième année de secondaire ou l’on pourrait vraiment faire maitriser les notions apprises pendant toutes les années précédentes et les approfondir.

    • Jean-Claude Michaud dit: 20 janvier 2013 à 22:09
      On pourrait faire des gains d’efficacité avec un tel système car actuellement le cégep coûte cher à notre société…

      Combien coutent les cégeps ?…
      SP

  3. Super intéressant a voir
    http://www.cbc.ca/doczone/episode/generation-jobless.html
    Cest le préuniversitaire quil faut abolir. Et pourquoi pas obliger une formation technique avant lentrée a luniversité. Si le baccalauréat en en lien avec la technique alors réduire de 2ans le baccalauréat. Donc on diplôme davantage et permet tout de même l’accès èa l’université.
    Bien que les frais des études reviennent aux prents on doit donner aux étudiants la chance d’avoir accèes au prêt et bourse de manière a pouvoir être autonome financièrement de leurs parents et ou conjoint. Une personne ne devrait pas être privé dacces aux études a cause du bon vouloir ou du sens des priorités dune autre. Créer davantages de programmes coop qui permettent aux étudiants de travailler comme apprentis en faisant leurs études et de cumuler des expériences significatives. Plus de programmes par internet par les institutions mais aussi des collaborations entre institutions pour donner accèes a des programmes qui ne sont pas dispensés par votre institution mais dont un certain nombre de cours donné par votre institution, dautres peuvent être fait via le web et lencadrement de stages coops avoir lieu dans différentes régions. çCa permet non seuelement aux gens vivants en régions éloignées daccéder a plus de programmes mais aussi de réduire les déplacements, lendettement et améliorer laccessibilité. Du monitorat pour mieux encadrer le choix détudes et le support a la réussite.

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