Droit de grève étudiante: Dieu ce qu’on peut être naïf

ManifEtudAinsi, le Journal nous apprend que les recteurs décident de faire de la politique et d’appuyer un droit de grève formel des étudiants. Ces mêmes recteurs qui, à toute question posée sur la provenance de fonds supplémentaires aux universités, ont pour réponse: « Nous, ce qu’on dit, c’est qu’on a besoin de financement supplémentaire. La provenance de ces nouvelles sommes, cela appartient au politique. »

Ces recteurs se gardent bien de suggérer une hausse des droits de scolarité. Après tout, qui sont ces recteurs? D’anciens professeurs non? Élus par des professeurs. En vérité, une cité universitaire, c’est comme un Vatican, un milieu où on partage un certain nombre de croyances dont fait partie la superstition moderne d’appeler « grève » le refus d’un service pour lequel on paie.

Désolée pour vous, Messieurs et dames recteurs/rectrices, mais appuyer un droit de grève étudiante, c’est un geste éminemment politique. Incapables de gérer la pression de leurs pairs et des étudiants anarchistes, ces généraux d’opérette incapables de gagner une bataille et qui se rendent au premier coup de feu croient maintenant être protégés par une législation qui mâtera les radicaux.

Foutaise! Dieu ce qu’on peut être naïf. On prétend que la nouvelle loi encadrera ce fameux « droit de grève », suffisamment pour déplaire aux fédérations elles-mêmes. Foutaise encore! Si vous croyez que des quorums et des modalités de vote secret vont discipliner les éléments les plus vocaux, vous vous trompez.

Ces gens-là ne respectaient pas la loi actuelle; ils n’en respecteront pas une nouvelle.

Je dois être vieille. Le Québec ne me ressemble pas. Et le Québec que l’on affiche dans les journaux ne ressemble pas non plus aux Québécois que je connais. Des familles qui travaillent pour donner à leurs enfants plus que ce qu’ils ont reçu, des jeunes en apprentissage passionnés de leur travail ou de leurs études, des citoyens responsables qui réalisent que leur avenir ne dépend que des efforts et de la passion qu’ils injecteront dans leurs projets, des entrepreneurs qui risquent capital et énergie pour ajouter à la qualité de vie de leur milieu.

Les directeurs généraux des 48 cégeps se réuniront pour adopter une proposition qui sera déposée au ministre Duchesne, semble-t-il. Aveu d’impuissance et surtout d’incompétence.

Quel gâchis. On n’a plus d’adultes responsables à ce qu’il semble, dans un milieu qui en aurait bien besoin.

Un ami me disait récemment que mon problème était peut-être que je voulais que le Québec change du tout au tout. Il se trompe. Je crois que le Québec ne peut pas changer du tout.

18 réflexions sur “Droit de grève étudiante: Dieu ce qu’on peut être naïf

    • Ma chère dame un professeur un jour m’a dit: La démocratie est toute voisine de l’anarchie. C’est exactement ce que l’on vit au Québec. Personne dans nos dirigeants veut prendre quelque décision que ce soit qui pourrait frustrer les gens qui veulent renverser notre système démocratique.Pathétique Québec.
      n.y.grenier

  1. De la façon dont certains de ces recteurs et Directeurs de CEGEP se sont comportés durant le boycott étudiant de l’an dernier, on ne devrait pas les appeler recteurs mais plutôt rectums.
    Vers quelle anarchie nous dirigeons-nous?

  2. On vit dans une province de déresponsibilisation, ce n’est jamais de notre faute, il y a eu le boycot étudiant..la faute a Jean Charest, il y a eu de la casse..la faute de Laurent Proulx, et ainsi de suite. Les gens qui nous dirigent présentement n’ont aucun leadership, sont complètement incapables de prendre des décisions et de vivres avec les conséquenses, alors on fait du surplace et on remets les décisions importantes a plus tard en espérants que quelqu’un d’autre le fera. Ce qui me fait suer le plus dans ces situations, c’est que quand on accepte des postes de responsabilité, ben il n’y a pas juste les bons côtés, il y a le pouvoir décisionel aussi! Alors pour l’amour du ciel, prends en une décision puis vit avec, même si elle n’est pas populaire mais se veut sensée.

  3. Que voulez-vous au juste pour le Québec? Que nous ressemblions à l’Alberta ou l’Ontario?

    Vous faites une généralisation outrancière à propos d’une possible loi encadrant le droit de grève.

  4. Moi, je suis vieille,c’est ma réalité. J’ai étudié et j’ai commencé à travailler dans la période qu’on appelle:La grande noirceur. Mais au moins les parents étaient responsables de leur famille. Ils éduquaient leurs enfants eux- mêmes et l’instruction était laissé à l’école. Il n’y avait pas grand-chose de gratuit. Nous étions responsables de tout: la maladie,l’hôpital,le médecin, il fallait en payer le coût. L’instruction, au- delà de la neuvième année, il fallait en assumer les coûts et dans bien des cas, comme pensionnaires dans un couvent ou un collège, ce qui était très dispendieux pour les salaires de l’époque. Les parents devaient se serrer la ceinture surtout avec les grandes familles du temps.

    Avec un droit, suivait un devoir et on n’hésitait pas à nous le rappeler. Nous n’vions pas besoin d’une litanie de lois pour nous montrer comment vivre en société. Le respect de l’autre, nous savions ce que cela voulait dire: les parents,les gens âgés, les professeurs, la police,etc. tout ce monde-là étaient vus comme des adultes et les enfants comme des enfants. Chacun son rôle!

    Je ne dis pas que c’était le paradis mais on savait où on allait et comment y aller.

    Aujourd’hui, avec tous les moyens mis à notre disposition, le diable est aux vaches. Chacun surveille son petit  » moi » et malheur à celui qui ne le satisfait pas.

    Ce n’est pas tout le monde bien sûr. Mais le 30%de chialeux sur tout et pour rien, toujours prêt à monter aux barricades à la moindre petite contrariété mènent le bal au Québec.

    Les « casseroles  » du printemps érable ont été le miroir d’étudiants, de parents et de professeurs, de medias condescendants, d’une bonne quantité d’artistes totalement irresponsables. Et quand on voit une Première Ministre qui a cautionné la désobéissance civile pour se faire du capital politique sur le dos du gouvernement en place, on ne se pose plus de question.

    Ça va prendre un sacré virage si on veut retrouver le gros bon sens et se responsabiliser comme société. Mais je n’ y crois pas tellement. Au Québec, c’est le monde à l’envers.

    • Joanne a raison, c’est tout un témoignage que le vôtre. Mais cela ressemble tellement à ce moi aussi j’ai vécu, une neuvième année plus un cours commercial dont j’ai dû défrayer les coûts avec mes parents à part égale. Le respect des autoritées, le respect à nos parents, à nos professeurs, et plus tard à nos « Boss » au travail, voila ce que j’ai connu et j’en suis fière, car je crois que c’est cela qui a fait de moi la personne respectueuse que je suis aujourd’hui et surtout de voir que j’ai transmis les mêmes valeurs à ma fille qui est aujourd’hui agée de 40 ans.

    • Entièrement d’accord avec vous, et je pense, un peu comme madame Marcotte, que ce que le Québec est devenu a perdu la capacité de changement qui serait nécessaire pour le sortir de sa médiocrité. Je ne me reconnais plus dans la culture environnante, et le Québec et ses habitants m’intéressent de moins en moins. Je « paye ma dette à la société » en subissant les coûts et les jérémiades de la minorité parasitaire, mais mes rêves sont ailleurs.

  5. Martine L.
    Je pense exactement comme vous. Moi aussi je dois être dans les vieilles. Quand je pense que nos parents ont travaillé presque jour et nuit pour faire étudier leurs nombreux enfants; constater où le Québec en est rendu aujourd’hui, c’est à pleurer. Le Québec doit être la risée de la planète!

  6. Oui le Québec change. Il s’enfonce de plus en plus dans le bourbier de la gogauche. La gauche a un but: détruire le système par tout les moyens. Accorder le droit de grève aux étudiants, qui ne sont pas des travailleurs mais des consommateurs, est un bon moyen. Créer l’anarchie est très efficace dans une société devenue responsable de tout et où les individus sont responsables de rien.
    Il reste aux citoyennes et citoyens encore responsables de retrousser leurs manches pour prendre le vrai virage. Je refuse de démissionner.

  7. J’ai entendu Vincent Geloso, historien économique, sur les ondes du 91,9 hier.. Un historien économique… « dans ce Québec, tenu enfermé dans un idéal souverainiste, perpétué en raison d’un concensus qui rallie 90% et plus des historiens québécois ».. qui a consacré ses recherches sur l’aspect négligé de l’économie dans l’histoire du Québec.

    Les résultats sont étonnants.. Preuves à l’appui, il fait une démonstration rigoureusement détaillée que la dite révolution tranquille n’a vraiment pas fait progresser le Québec..

    L’Etat a-t-il vraiment fait progresser l’éducation? La réponse est dans son livre qui sera lancé dans les jours à venir… « Grand rattrapage et déclin tranquille »..

    Faudra pas s’étonner que la bien-pensance ignore cet historien, qui oh! horreur, tente de « pervertir » notre Histoire en y associant un passé « économique » qui remet les pendules à l’heure sur la révolution tranquille.

    Notre « Elite » n’a pas su s’affranchir d’une histoire qui n’était pas à la hauteur de ses aspirations… Alors ils nous ont réécrit une histoire.. en tournant les coins ronds.

    Moi non plus je n’aime pas m’identifier à ce Québec pris en otage par des pelleteux de nuages.. Les Québécois valent mieux que cela.

  8. @ Martine L:

    Je partage à 110% vos commentaires et je me demande également vraiment où s’en va le Québec aujourd’hui.

    Suite aux différentes démonstrations de « moon walking » de notre gouvernement rempli d’incapables, j’accumule les frustrations depuis l’automne dernier et les tractations relatives au futur sommet de l’éducation où la QUALITÉ de l’enseignement est totalement absente ne font que d’augmenter le sentiment de dépouillement que me hante.

    Je pense personnellement que la solution viendra de l’extérieur de la province, lorsque les agences de notation commenceront à nous « squeezer » pour nos frasques inconsidérées et/ou que les taux d’intérêts commenceront à augmenter.

  9. La société Québécoise a été presque complètement changé par une génération égocentrique , agnostique, intello, mais surtout égocentrique. En se servant allègrement de méthodes de financement a long terme en 1960, en allant chercher du crédit sur les marchés, en basant faussement les chiffres sur une croissance de la population, alors qu’eux savaient tres bien dans leur fort intérieur ne pas vouloir d’enfants et collecter sur tous les tableaux.
    Voilà ce qu’on été les BOOMERS, et ce qu’ils sont encore aujourd’hui, a vouloir détruire les plus beaux parcs dans nos villes pour batir leur condos de luxe avec leur grosse pension du gouvernement emprunté a nos arrieres petits-enfants pas encore nés…Quand les arretera-t-on?

  10. J’ai mal au coeur! On dirait que la plupart de nos politiciens et leaders sont des personnes sans convictions et ceux qui ont des convictions ont de mauvaises valeurs.

    Personne est capable de mettre leur culotte comme on dit…les adultes sont des enfants et les enfants sont des bébés!

    Je me sens très découragée!

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