Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (1)

Discrimination positive : Priorité aux anglophones

Si la Charte de la langue française est modifiée selon les spécifications du projet de loi #14, les jeunes francophones désireux de fréquenter un collège anglais devront se mettre à la toute fin de la file, derrière tous les anglophones qui y seront inscrits et ce, peu importe les dossiers académiques des anglophones. Comme l’énonce clairement Nathalie Elgrably dans sa chronique La face cachée de la loi 14, les collèges anglais

« ne devront donc plus sélectionner les candidats en fonction de leur dossier académique, mais en fonction de la langue qu’ils parlent. La loi 14 consiste précisément à institutionnaliser la discrimination basée sur la langue. »

De manière surprenante, ce ne sont pas les anglophones qui sont perdants ici, mais bien les jeunes francophones qui veulent parfaire leur anglais avant d’accéder à des niveaux supérieurs d’éducation ou à des opportunités qu’offre une économie ouverte où l’anglais est un atout indéniable.

Selon le directeur du collège anglais Dawson, Richard Filion, « la sélection des candidats à des niveaux d’enseignement supérieur doit reposer d’abord et avant tout sur des critères d’exigences académiques. » Not anymore, si le PLQ et la CAQ appuient le projet de loi #14. Oubliez le mérite, oubliez l’excellence, oubliez l’effort. Optons pour la médiocratisation. Optons pour le nivellement vers le bas. Vous êtes anglophone ? Ça suffit ! Vous avez été élevé dans un univers essentiellement francophone unilingue ? Restez-y !

Obliger les enfants de militaires à fréquenter l’école francophone

Le nombre d’enfants qui fréquentent l’école anglaise au Québec est passé de 250 000 il y a 25 ans à 100 000. Un pourcent (1%) de ces enfants, soit 1000, sont des enfants de militaires qui bénéficient d’une exemption à la Charte de la langue française leur permettant de fréquenter l’école anglaise.

Si le PLQ et la CAQ appuient le projet de loi 14, cette exemption leur sera retirée et le plus incongru de l’affaire, c’est que la ministre de Courcy évoque le principe de l’équité pour justifier la chose. Mais de quelle équité parle-t-elle ? Sûrement de l’équité entre les enfants de militaires et les petits allophones à qui on impose l’école française.

Or, si on écoutait un peu les mères de ces familles de militaires qui sont appelées à se déplacer régulièrement partout au Canada anglais et à l’étranger, le concept de l’équité ne serait probablement pas appliqué de la même manière. Si on se préoccupait, en effet, de l’importance pour ces familles et ses jeunes de poursuivre leur éducation dans un environnement linguistique stable et de se retrouver parmi leurs pairs à des moments de stress, d’anxiété et d’ennui du parent en devoir ?

Il semble que ce ne soit pas le genre « d’équité » et de compassion auxquelles on peut s’attendre du gouvernement du Parti québécois… Ne pourrions-nous pas être compréhensifs envers 1000 enfants québécois ? Il semble que non. Le fond de l’histoire, c’est qu’on s’en fout. Ces familles participent à l’armée de la « fédération canadienne », un corps étranger à « nos valeurs québécoises », selon nos élites nationalistes.

Vous trouvez que les articles du projet de loi 14 qui abolissent l’exemption pour les élèves de parents militaires vont trop loin ? Signez la pétition ici.

À suivre: Non au durcissement de la Loi 101 (2)

8 réflexions sur “Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (1)

  1. Pingback: Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (2) – Le blogue de Joanne Marcotte

  2. Pingback: À la CAQ: Finissez-en et dites non! – Le blogue de Joanne Marcotte

  3. Je ne suis pas séparatiste, mais il est impératif de protéger la langue française au Québec, car les français ont est une minorité sur le continent et les statistiques le prouve, la langue française perd du terrain sur le continent, alors faut ce protéger contre cette assimilisation programmé depuis longtemps. Aujourd’hui à Montréal il y a 67% anglais et 33% de français, je dit non à l’assimilisation!

    • Et il y a 0 % d’allophones? Les Fédéralistes ont la mauvaise habitude de voir la société québécoise de façon « binaire » alors que le profil démo-linguistique de Montréal est beaucoup plus complexe.

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