Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (2)

Suite de Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (1)

Le droit de travailler en français enchâssé dans la Charte des droits et libertés de la personne

Si le PLQ et la CAQ appuient le projet de loi 14, le « droit de travailler et de vivre en français » serait non seulement « garanti » par la Charte de la langue française mais il serait également enchâssé dans la Charte des droits et libertés de la personne. Silence radio des anti-chartistes (ceux qui déplorent que ce sont les juges plutôt que les parlementaires qui imposent leurs décisions sur le peuple) lorsqu’il s’agit de la question linguistique…. Curieux, non ?

Désormais, selon ce que rapporte Le Devoir, « les citoyens pourraient se plaindre à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et devenir « les sentinelles de la langue », pour reprendre l’expression de Diane De Courcy ».

Des sentinelles de la langue, vous y croyez, vous ? N’assiste-t-on pas plutôt à une guérilla linguistique menée par les Société St-Jean-Baptiste, Impératif français et Mouvement Québec français ? Mais qui sont donc ces gens qui formulent des plaintes aussi insignifiantes que celles portant sur la mention « Caffè » sur une coupe de vin ou « Exit » sur une affiche ?

Et que veut dire exactement « le droit de travailler en français » ? Est-on vraiment prêt à faire confiance à nos plaignards écorchés de la langue, à une présidente qui a fait de l’OQLF la risée du Québec et à des fonctionnaires qui ont prouvé qu’ils étaient trop nombreux pour avoir du jugement ?

Le « droit de travailler en français » implique-t-il qu’une entreprise québécoise exportatrice de produits et services doive se taper à grands frais la traduction de son catalogue de pièces et ses progiciels commerciaux reconnus dans son secteur d’activité? Ne riez pas. C’est arrivé à un garage!

Et c’est arrivé à une Commission scolaire où « les inspecteurs ont découvert que les élèves à la formation professionnelle en électromécanique utilisent encore un logiciel en anglais. Le coupable, c’est le RSLogix 5000, un programme informatique qui sert à faire du design et de la configuration. »  Une conversion à la version française ? 278 000 $ ! Et puis,

Les fonctionnaires sont-ils vraiment mieux placés que les employeurs pour déterminer les «besoins linguistiques réels» d’un poste? L’inquiétude est amplifiée à la lecture des pouvoirs donnés aux inspecteurs de l’OQLF. La personne déléguée par l’Office pourra «exiger la communication de tout livre, compte, registre, dossier ou document» et «saisir immédiatement toute chose dont elle a des motifs raisonnables de croire qu’elle est susceptible de faire la preuve de la perpétration d’une infraction» à la loi. On se croirait sur les lieux d’un meurtre! En fait, c’est moins d’une police que d’une bureaucratie de la langue qu’accouchera la nouvelle loi 101 si elle n’est pas amendée. – André Pratte, Nouvelle loi 101 : tracassière et vexatoire

Désolée, mais comment ne pas interpréter tout ceci comme de la pure provocation ? Et surtout, comment avoir confiance qu’une telle délégation d’autorité n’empirera pas le climat de bonne entente linguistique et d’affaires ? Vous voulez vraiment confier à des juges le pouvoir de décider si une personne est lésée dans son « droit de travailler en français »? Mais où sont donc les gens qui déplorent que l’on confie à des juges ce qui normalement, devrait être l’affaire des parlementaires élus par le peuple?

Retirer le statut bilingue à certaines municipalités

Selon le ministère des Affaires municipales, il existerait 1135 municipalités locales au Québec.  Selon Le Devoir, 84 municipalités jouissent d’un statut bilingue au Québec mais la moitié d’entre elles ne remplissent plus la condition qui leur permet d’offrir des services dans les deux langues officielles du Canada.

En effet, malgré le soi-disant pouvoir de séduction de l’anglais et l’omniprésente crainte d’assimilation de nos chevaliers de la langue française, il semble bien que 42 municipalités parmi les 84 ne comptent plus une majorité d’habitants de langue maternelle anglaise.

Alors, il faudrait se faire une tête, là. L’anglais menace la survivance du peuple de langue française ou non ? Si la moitié des municipalités au statut bilingue ne se qualifient plus, il me semble qu’il y a matière à se rassurer, non ?

Eh bien non. Qu’à cela ne tienne. On provoque ici encore la communauté anglophone dans ses droits historiques. Après leur avoir imposé la fusion, on prévoit leur retirer leur statut bilingue.

Et dire que certains indépendantistes évoquent « l’infini respect de la minorité historique anglophone ». N’est-il pas curieux que l’on exige d’une minorité fondatrice « historique » qu’elle soit majoritaire pour que ses droits soient respectés?

À suivre: Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (3)

7 réflexions sur “Non au projet de loi 14 et au durcissement de la Loi 101 (2)

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  3. Thanks Joanne for that thoughtful piece. To be honest, this is the first time I seriously thought of (finally) leaving the province. The prejudice and intolerance has simply become too much to bear. I have two kids (3 and 5) and I don’t want them growing up in a province where segments of the population see them as harbingers of a malicious Anglo apocalypse. My kids deserve much better than that. As crazy as this might sound, they didn’t do anything (wrong) save for being born to parents whose native tongue happens to be English.

    I work primarily in French, and the majority of my colleagues and business interests are French. As far as I know, we seem to get along well. One would think (or hope) that at least one of them would acknowledge how these pervasive language laws and others like it seem intent on creating a divisive and hierarchal society. Sadly, that isn’t the case. It’s become a challenge living next to neighbors who continue to turn a blind eye to such open segregation as it tends to send the message that at least in part, they support the ideology.

    When this prejudice and intolerance goes away (and it will, hopefully sooner rather than later), I suspect « sorry, we should have acted sooner » might not be good enough. You can do just about anything for people you love and trust, except love and trust them again. The healing process is going to long on this one. Everyone loses in the end.

  4. Ils parlent de « Droit de travailler en français », mais pour eux, ce n’est pas un droit, plutôt une obligation. Ils prétendent défendre les droits des francophones, mais ils briment plutôt les droits de tous, en les privant du droit de choisir.

    • Excellent point. However, the frightening and underlying message is to also report those who do not submit to this purported « obligation » as if they’ve committed a heinous crime against humanity. While it’s reassuring to (finally see) segments of the population voicing varying measures of discontentment with an office’s proposed ability to mandate and enforce such restrictive policies on a society, there nonetheless remains far too many who either continue to perceive things as being not nearly restrictive enough or simply don’t care (as long as the restrictions do not impact them).

      How can there be that much support for bestowing this near absolute power to any office, let alone the language police? The ultimate objective of this bill appears to be set upon being able to mandate language and cultural policy things to the point where they wouldn’t have to answer to anyone for their actions. Mere suspicion of a language violation would enough to warrant taking action against a member of society. It’s kangaroo courting. It’s immoral.

      Quebecers are in grave danger of losing their right to choose what they believe is best for them and their families. At the risk of sounding like a conspiracy theorist, there are political networks at play which want to get into your homes, your workplace, what you read and watch on TV, and what you teach your children. There’s an absolute nature to the political resolve which continues to boggle the mind. Who are these people behind these bizarre brainstorms? The world is (finally) starting to take note of what’s happening here. Sadly, it reflect poorly on all of us, really poorly.

  5. Au Québec, on est vraiment des chicaniers, des chialeux, je n’en reviens tout simplement pas.

    C’est vrai qu’on a l’air d’un petit peuple  » porteurs d’eau  » et on va le rester encore longtemps, j’en ai bien peur.

    Le tiers du Québec, qui se dit souverainiste, reste fermé à l’ouverture sur le monde moderne. Ce tiers-là ,pense que nos enfants pourront s’offrir une belle carrière en haïssant tout ce qui sonne anglophone et Anglais. On adore être vu comme la victime des autres.

    Par exemple,il est prouvé que les tout-petits sont comme des éponges et , qu’ils apprennent une autre langue facilement, plus qu’à l’âge adulte. Pourquoi ne pas leur donner la chance d’apprendre l’anglais à ce moment-là. Et, une troisième langue au cégep où à l’université si des étudiants le désirent.

    Mais non! Ça pourrait en faire des petits anglophones, c’est trop dangereux pour le Québec français. On va les assimiler.

    La peur de disparaître, la peur des autres, la peur du gros méchant loup… La PEUR!

    Le temps, les énergies que l’on met, à franciser le Québec jusqu’au ridicule, comme le fait la police de la langue, ce ne serait pas mieux de s’en servir pour réfléchir sur des moyens de valoriser l’importance du Français,comme langue maternelle. Sans oublier l’importance d’apprendre une ou deux langues de plus, afin d’ajouter des « cordes à son arc » et de pouvoir choisir choisir une carrière que l’on aimera.

    Les bilingues, les trilingues, les polyglottes de ce monde sont-ils pour cela, des traîtres à leur langue maternelle, des assimilés, des bornés, des corrompus? Non! Ils tiennent le haut du pavé par la réussite dans leurs aspirations économiques et personnelles.

    On jalouse souvent ces gens, qui ont bossé fort pour s’y préparer. Ça ça me rappelle la fameuse fable, qui dit, que lorsqu’on ne peut avoir les raisins, on dit qu’ils sont trop verts.

    Au Québec, on ne peut se passer de loi pour être responsables et bien se préparer dans la vi. La loi ça sert à mettre des balises mais pas au point ou il y en ait tellement qu’ on ne peut plus faire un pas sans consulter le petit « Code du Québec  » pour savoir ce que l’on peut faire ou pas.

    On aime ça l’encadrement de la dictature. Et j’exagère à peine.

  6. Pingback: À la CAQ: Finissez-en et dites non! – Le blogue de Joanne Marcotte

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