Le SFPQ : Sur la « bilinguisation » de la fonction publique

LucieMartineau« Nous observons une bilinguisation de la fonction publique et désirons renforcer davantage la Charte sur la langue française ». Selon la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, il y aurait « depuis au moins une bonne dizaine d’années, une bilinguisation de l’administration publique, justement par absence de coercition. » N’en déplaise aux détracteurs, il faut la croire sur parole.

« Nos membres subissent de la pression pour parler anglais dans la fonction publique », raconte-t-elle. À preuve, l’employeur propose, lors des négociations collectives, une « prime du bilinguisme », ce qui fait foi, selon elle, d’une pression de sa part de « bilinguiser » la fonction publique.

D’un autre côté, Madame s’offusque du fait que ses membres ne soient pas suffisamment payés. « Ils ont l’impression de rendre des services et de ne pas être payés pour ce qu’ils rendent, parce qu’on sait qu’au Canada, il y a une prime au bilinguisme, ce qu’il n’y a pas au Québec. » Ben coudonc, ils la veulent ou pas, cette prime au bilinguisme?

Selon Madame Martineau, la vie est dure dans la fonction publique. Les gens ont peur des plaintes s’ils ne rendent pas le service en anglais, peur de ne pas respecter la loi s’ils le font, et paniquent à l’idée de demander à des entreprises dont le siège social est au Québec de fournir leurs documents en français. On le demande? Automatiquement? C’est quoi la consigne, au juste? « Et là les gens, nous, ils nous demandent: Est-ce qu’on a le droit de refuser de parler en anglais? » Misère… Quel dilemme… Vous y croyez, vous à ça? À des gens qui posent cette question?

Le SFPQ a fait une politique de dénonciation sur des messages téléphoniques, raconte-t-elle en commission parlementaire qui étudie le projet de loi no 14. Le « Press 9 for English » devait être corrigé sur les messages de boîtes vocales. Pire encore (!), on aurait eu de la difficulté à changer le code de langage d’un citoyen pour indiquer dans quelle langue l’administration publique doit s’y adresser. Boy de boy…

Madame Martineau trouve qu’il y a beaucoup de contradictions dans le projet de loi 14. Tantôt, on ne peut congédier quelqu’un parce qu’il ne maîtrise pas l’anglais, tantôt on le peut si on démontre que l’anglais est requis… Elle aurait préféré que l’on ait des « mesures d’accompagnement » pour l’employé qui ne maîtrise pas l’anglais. Vite vite comme ça, je serais tentée de lui suggérer une 6e année intensive en anglais pour tous les jeunes Québécois dont les parents le souhaitent. Ça serait déjà ça de réglé. Mais non… Ce serait peine perdue.

En bonne représentante syndicale dont l’intérêt principal est d’augmenter ses cotisations, Madame Martineau en veut aux groupes communautaires à qui on a confié l’intégration des nouveaux venus. « Pour nous, c’est clair: la tâche d’intégrer de nouvelles personnes dans l’État québécois relève de l’État québécois et des agents de l’État », dit-elle. AH-HA!!! En bout de piste, Madame Martineau voudrait bien augmenter le nombre de ses membres en récupérant l’intégration des nouveaux arrivants au Québec.

Le moment le plus révélateur à mon avis a été l’échange entre Marc Tanguay du PLQ et Madame Martineau. On voit là comment on réussit à faire dire à la représentante syndicale le véritable fond de sa pensée. On voit également dans l’énoncé de Geoffrey Kelly, député de Jacques-Cartier, toute la distance qui sépare les citoyens anglophones qui se sentent dans leur bon droit d’obtenir des services de l’État en anglais et la résistance du Syndicat de la fonction publique à les offrir.

Si l’exposé de Madame Martineau a démontré quelque chose, c’est que le jugement et le sens commun n’existent peut-être plus dans la fonction publique. La demande répétée de « directives claires », de « règles claires » est troublante. N’a-t-on plus de jugement dans la fonction publique? Le personnel n’est-il pas suffisamment qualifié?

Finalement, une autre chose que l’exposé de Madame Martineau démontre est que le mot « bilinguisation » est devenu LE mot à la mode. Enseigner intensivement la 6e année au primaire est vendu comme la « bilinguisation » du système scolaire du Québec. Offrir des services en anglais aux citoyens anglophones, c’est d’exiger la « bilinguisation » de la fonction publique tout entière. Mario Beaulieu s’époumone à nous faire croire à la « bilinguisation institutionnelle »…

Je n’y souscris pas une seule fraction de seconde. Le terme « bilinguisation » est beaucoup trop dramatique et trahit, encore une fois, la peur viscérale de disparaître si les francophones du Québec maîtrisent une seconde langue que serait l’anglais.

Mais surtout, tout ce que ça prouve, c’est qu’on a développé l’art de faire de quelques manques de jugement et de compétence matière à commission parlementaire, matière à réglementer davantage et matière à nous refermer davantage sur nous-mêmes. 

Note: La transcription complète du passage du SFPQ en commission parlementaire

4 réflexions sur “Le SFPQ : Sur la « bilinguisation » de la fonction publique

  1. Ça démontre encore une fois la psychose de nos amis séparatistes sur l’enrichissement intelectuelle de notre relève Québecoise. On le voit aussi dans d’autres sphère de notre société: L’universalité de nos c.p.e., de notre système de santé, de nos universités et des compétences..Dès que quelqu’un se surpasse, on lui rappel aussi tôt de revenir égual aux autres…
    On a besoin d’un peu de sérieux au contrôle du pouvoir au Québec et d’arrêter de focusser sur des petits groupes minoritaires.

    • Dans mon travail j,utilise le français,et j’utilise l’anglais losque nécessaire. Si je dois communiquer avec un anglophone je lefais dans sa langue.Je ne renie pas mes origines pour autant.J’écoute majoritairement la télé française même quand je suis a Vancouver par affaire. Cette maudite peur que nous perdions notre langue et nos racines est je pense de la paranoia péquiste come le dit si bien Marc-éric.

  2. J »aii travaillé 25 ans dans la fonction publique fédérale. Au Ministère de la Défense nationale c’est simple, si un employé n’est pas francophone on vous répondra en anglais. Cela vous dérange ? Tant pis pour vous. Pas de loi 101 ni règlements, simplement le refus d’utiliser une autre langue que l’anglais. Je vous dis qu’on apprend vite dans cette situation.

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