Et si on taxait votre compte de banque?

ChypreUn: la Grèce est en faillite et les banques européennes viennent à son secours en lui prêtant de l’argent.

Deux: Les banques de Chypre ont participé à cet effort de « solidarité européenne ». En somme, ils ont prêté à la Grèce.

Trois: Certaines de ces banques sont dans le trouble parce qu’elles ne respectent plus les nouvelles normes européennes en termes de capitalisation.

Quatre: « Au secours! », crient ces banques à leur propre pays.

Cinq: « Pas d’argent. Trop endetté. Pas capable de vous aider », leur répond leur gouvernement.

Six: « Au secours! », s’écrient encore une fois les banques de Chypre, mais cette fois-ci à l’Union européenne.

Et c’est là que ça se gâte: « OK d’abord, on va vous aider, mais vous allez devoir taxer les épargnes que détiennent vos déposants dans vos comptes de banque. »

C’est ti pas beau, ça?

Tous les titulaires de comptes bancaires verront ceux-ci ponctionnés, quelque soit le nombre de comptes et le nombre de banques dans lesquelles ils sont répartis. Ceux qui ont moins de 100000 euros en banque seront taxés à hauteur de 6,75% et toutes les sommes supérieures à ce montant seront taxées à 9,9%.

Ce qui signifie que les gens ayant mis de l’argent de côté — les Chypriotes épargnent notamment pour l’éducation de leurs enfants — seront pénalisés. Cela touche aussi les milliers d’expatriés britanniques et russes qui vivent et travaillent sur l’île méditerranéenne. Source: Ici

Tout ça parce que la Grèce et d’autres pays étatistes se sont laissés engloutir par des déficits structurels et une dette publique hors de contrôle.

RETOUR AU QUÉBEC

Malgré ce qui afflige tous les pays occidentaux sociaux-démocrates, ce qui normalement devrait être perçu comme un objectif noble et responsable – la saine gestion des fonds publics et l’atteinte du déficit zéro – est maintenant vu et dénoncé comme une « obsession », une pathologie, une compulsion. « L’obsession du déficit zéro« , peut-on lire dans les journaux, qu’il s’agisse du déficit fédéral ou celui du Québec.

Ça, c’est du marketing, mes amis. Ça, c’est du marketing. Quelle habileté, il faut le dire, dont font preuve nos dépensiers vertueux. Tout à coup, ce qui est un objectif noble et vertueux devient un « dogme », nous racontent les syndicats et le gouvernement devrait « se ressaisir« . Après « la médecine à deux vitesses », la farce des « choix collectifs », la « marchandisation de l’éducation », les hauts cris sur « l’anglicisation du peuple québécois », on ressort cette fameuse « obsession » du déficit zéro.

Ces jours-ci, le gouvernement Marois coupe. Elle coupe quelques dizaines de millions ici, quelques autres là. Tout ça ne règlera strictement rien et au pire, discréditera le besoin et l’urgence de maintenir l’objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire. À faire les affaires tout croche, Marois disqualifie un exercice non seulement nécessaire mais vertueux et généreux.

On raconte que Marois veut se donner bonne conscience en vue de la prochaine élection. Elle se trompe. Non seulement ces coupures sont insignifiantes quand on considère que le Québec s’endette à coup de 10 milliards par année, la philosophie anti-développement de son gouvernement a envoyé à la classe entrepreneuriale des messages dont on aura beaucoup de peine à se remettre.

Les partis de l’opposition ont le devoir et la responsabilité d’arriver avec une offre politique qui non seulement s’attaquera aux causes structurelles de notre endettement mais qui redonnera confiance à ceux qui rêvent d’une plus grande prospérité pour les siens.

Je citerai Lise Ravary en terminant comme exemple de réflexion nécessaire et qui devrait s’appliquer à tous les champs d’activité du gouvernement.

Je ne dis pas que tous ces organismes d’État ne remplissent pas une fonction utile. D’une absoluté  nécessité dans certains cas. Mais avant de couper dans les services de première ligne aux citoyens, ne serait-il pas temps de faire le ménage dans nos structures ? Pourquoi avons-nous besoin d’un Office québécois de la langue française ET d’un Conseil supérieur sur la langue ET un Secrétariat à la politique linguistique ET un Centre francophone d’informatisation des organisations ET un Centre de la francopĥonie des Amériques ?

Lire également Une autre gifle pour le peuple de David Descôteaux, Un précédent dangereux de André Pratte, Le dogme du 7 $ par jour de Brigitte Breton,

5 réflexions sur “Et si on taxait votre compte de banque?

  1. Tout ça parce que la Grèce et d’autres pays étatistes se sont laissés engloutir par des déficits structurels et une dette publique hors de contrôle.

    Je ne vois pas un lien direct entre une dette publique hors de contrôle et la crise au Chypre. Le cas du Chypre est comme le cas en Islande: un secteur bancaire trop grand (à cause des Russes riches qui y cachent leurs argent légale et illégale). L’économie local n’est pas capable de soutenir ces banques en cas de problème.

    Ceci n’est pas un défaut des gouvernement, c’est un défaut du marché libre. C’est pour ça que les normes de capitalisation ont changé.

  2. Entierement d’accord que le gouvernement fasse le menage dans l’appareil bureaucratique, mais il futr garder aussi un controle extrement serieux sur tous nos bons entrepreneurs du privé qui charge 5 fois le prix lorsquil soumissionne pour le public. Le cochon est plein saignons le a mort.

    • C’est quoi l’alternative au soutien des gouvernements? La faillite des banques? De cette façon, les épargnants vont perdre 100% de leur argent, au lieu de 6.75%. C’est ça le libre-marché. La conséquence sera une effondrement de l’économie de Chypre, et probablement une exode vers le nord de l’Europe. Ce n’est pas préférable je pense.

      Bon, le Figaro, c’est quand même la droite en France :-), mais bon. La seule référence à la dette Chypriote vient de Merrill Lynch. Regardez vous-mêmes: http://countryeconomy.com/national-debt/cyprus
      C’est excessif? Si vous considérez toute dette excessive, oui. Mais c’est plus bas que la plupart de pays ‘en santé’ comme l’Allemagne ou le Canada.

  3. Pourquoi ne pas couper dans tous les bureaux et offices qui ont affaire au statut de la femme et à la condition féminine? En plus d’être un gaspillage éhonté, est-ce encore nécessaire aujourd’hui? Les féministes ont réussi à s’accaparer l’éducation et maintenant, elles prennent d’assaut la médecine et la fonction publique. Bonne chance à l’homme blanc qui contemple une carrière dans l’enseignement, la médecine et la fonction publique. Il faut couper la condition féminine, le statut de la femme et autres organismes voraces liés à une cause qui n’en est plus une. On dirait qu’au Québec, on n’a pas de milieu. Quand on commence sur une tangeante, on jette le bébé avec l’eau du bain.

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