Aussant: Encore plus à gauche que le PQ!

JMAussantS’il y a des personnes qui se désolent du fait que la cause souverainiste ait été kidnappée par une gauche québécoise qui s’en remet démesurément à l’État, ils devraient se désoler encore davantage des positions d’Option nationale!

Lors d’un débat entre Jean-Martin Aussant, chef du Parti Option nationale et Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, les positions ne pouvaient être plus discordantes. L’un comme l’autre ont défendu leurs points de vue de façon claire, limpide, articulée et civilisée. Bravo aux organisateurs de l’événement et merci à ceux qui ont rendu disponible la captation audio du débat.

Commençons d’abord par reconnaître que ces deux protagonistes poursuivent le même objectif, soit celui de faire du Québec une terre prospère. Cela dit, il serait trompeur d’y voir que les philosophies politiques qui les animent se trouvent aux antipodes l’une de l’autre.

En fait, s’il est aisé de positionner la vision de Aussant à la gauche et (étonnamment) même à la gauche de celle du Parti québécois (!), la vision d’Adrien Pouliot prône somme toute une économie de marché mixte où l’État a un rôle important de réglementation et d’encadrement (plutôt centre-droite).

Pour Aussant, s’il y a des correctifs à apporter à notre modèle socio-économique, ils sont de nature à étatiser encore davantage, contraindre davantage et donc à déresponsabiliser davantage. Au menu, la gratuité scolaire, une fermeture totale au secteur privé en santé, la nationalisation du développement des ressources naturelles et un projet de loi #14 qui ne va pas assez loin.

Du côté de Pouliot, une libéralisation du financement des universités (les universités auraient le loisir de fixer les droits de scolarité jusqu’à un certain point), la mixité du système de santé, un développement des ressources naturelles encadré par le gouvernement et le maintien de la Loi 101 telle qu’elle est présentement. Une vision somme toute moderne et loin d’être originale si on se fie à ce qui est observé ailleurs dans le monde.

En somme, voici comment j’interprète les positions des 2 chefs de partis. Je reviendrai dans un prochain blogue sur les quelques sorties de Jean-Marie Aussant qui m’ont fait frémir…

AUSSANT POULIOT
FISCALITÉ Régime fiscal progressif actuel correct Prône un régime fiscal proportionnel (taux unique)
SYNDICATS Régime syndical actuel correct quoique certains syndicats versent trop dans le corporatisme Prône la liberté d’association mais également la liberté de non-association syndicale
RÉFORME DU MODÈLE QUÉBÉCOIS? Oppose souvent le modèle québécois à celui des États-Unis (pour s’en distinguer)« Tout ce qui est privé doit être privé; tout ce qui est collectif doit être gouvernemental. Et ça inclut les ressources naturelles.Ce que personne a inventé devrait appartenir à tout le monde. » Se réfère beaucoup au modèle suédois qui s’est réformé dans la fin des années 90. Propose une démarche.« 1e: Rôle de l’État: justice, police, infrastructures, aider les gens le splus démunis.

2e: Qu’est-ce que l’État doit financier sans nécessairement produire?

3e: Améliorer l’efficacité de ce qui reste. »

MODÈLE ÉCONOMIQUE Très interventionniste. Endosse les mandats politiques de la Caisse de dépôt, SGF, IQ, etc. Croit plutôt à l’économie de marché. Les plus fort survivent; les plus faibles meurent sans coûts pour le contribuable.
SECTEUR DE LA SANTÉ Grande méfiance et préjugé davorable envers le privé de façon générale (le seul intérêt de l’entreprise privée est de faire des profits)« Parce que l’investisseur qui met un million dans une clinique, la 1ère chose qu’il veut faire, c’est de faire profiter son million et donc, il souhaite indirectement que les gens soient malades » Préjugé défavorable pour toutes les formes de monopoles (publics, privés, syndicaux, etc.). On oppose ici plutôt les monopoles à la concurrence.« De façon générale, la société s’enrichit davantage dans une économie de marché que dans une économie où les facteurs de production appartiennent à l’État (socialisme) »
PRIVÉ EN SANTÉ? Aucune ouverture pour le privé en santé. Complète nationalisation Est d’accord avec l’État assureur mais prône la concurrence des offreurs de services en santé (système mixte)
LANGUE Le projet de loi #14 ne va pas assez loin Pas besoin du projet de loi #14 qui durcit davantage la Loi 101
FINANCEMENT DE L’ÉDUCATION ET DROITS DE SCOLARITÉ Gratuité de l’éducation jusqu’à l’université Libéralisation du financement des universités jusqu’à un certain point
DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES NATURELLES Nationalisation du développement des ressources naturelles Développement des ressources naturelles par le secteur privé mais encadrement par l’État

10 réflexions sur “Aussant: Encore plus à gauche que le PQ!

    • On peut avoir une philosophie plus libertarienne que d’autres, et tout de même être le chef d’un véritable parti politique, modéré dans la mesure où cela est requis pour atteindre un électorat aux réflexes moins autoritariens…

    • M. Pouliot se définit comme conservateur et est chef du Parti CONSERVATEUR du Québec. Je n’ai aucune raison de croire qu’il n’est pas conservateur

  1. Pingback: À Maurais Live: Analyse débat Aussant-Pouliot – Le blogue de Joanne Marcotte

    • C’est beau cette analyse mais ça nous éloigne encore plus d’un certain accord de la population qui veut que le gouvernement soit dans tout.

  2. Il ne reste plus qu’ à faire connaitre M. Pouliot au grand public. Encore faudrait-il que les médias en fasse mention…

  3. Un exemple parmi tant d’autres madame Marcotte. Mon problème,c’est que je fais partie du troisième âge et mon mari aussi. Depuis septembre 2012 nous n’avions plus de médecin de famille. Il est parti,je ne sais où en abandonnant ses patients sans que la clinique ne nous donnent un autre médecin. C’est que nous ne sommes peut-être pas intéressants étant de vielles personnes inutiles.
    Après 7 mois de recherches infructueuses, nous nous sommes tournés vers le privé et, là nous avons eu un médecin tout de suite et des rendez-vous pour le lendemain ,si nous avons un problème de santé. Entre 7 mois d’attente sans résultat et 24 heures d’attente, je crois que ça ne se discute pas. Les coûts sont raisonnables et de bons soins médicaux, c’est une priorité. Nous économiserons ailleurs. Option nationale et le parti conservateur ont du chemin à faire, pour ramener le système de santé publique sur des rails convenables pour tous. Ils peuvent toujours rêver. Moi, je débarque du train…

  4. Aussant: Le problème du privé est qu’il ne cherche qu’à faire des profits » – ah oui et comment fait-on des profits? En souhaitant que les gens soient malades? Ok mais après?Comment concrètement Aussant fait-on des profits? En les soignant peut-être? Ok pour un prix oui car rien n’est gratuit dans ce bas monde sinon il devrait lui-même renoncer à son salaire… pour la cause en plus!. Maintenant, quels sont les 2 secteurs où les coûts montent toujours avec apport technologique? Éducation et Santé qui sont des monopoles d’état. Pour la solution de M. Pouliot avec la Suède – ça équivaut à réarranger les chaises sur le Titanic. L’état n’a pas à produire les soins de santé – le privé peut le faire et driver les prix vers le bas comme dans d’autres industries.

    • Madame,
      Le domaine de la santé, aussi surprenant que ça puisse paraître, est plus compétitif au publique au niveau des coûts. Plus le privé prend de place en santé, plus les coûts explosent. C’est le cas notamment du Québec (une des provinces avec le plus haut taux de privé au Canada) et des États-Unis (un des endroits au monde où les soins de santé coûtent le plus cher).
      En poussant la réflexion, vous comprendrez que ce sont les assureurs qui doivent payer pour les soins de santé dans le privé. On se retrouve alors avec des dérives (pas seulement aux États-Unis) où les assureurs refusent de prendre des personnes «à risque». Ces personnes les plus vulnérables n’ont donc pas de couverture et n’ont pas les moyens de payer pour les soins de santé.
      Avec un monopole public, on compte sur les gens en santé pour diminuer les coûts per capita. Or, avec la présence du privé, les gens aisés qui ont une meilleure santé (aucun préjugé ici, les statistiques démontrent année après année que les personnes pauvres ont plus de problèmes de santé, notamment à cause de l’insalubrité des logements et du mode de vie) vont aller au privé et laisser à l’État uniquement les cas les plus graves et les plus coûteux. Les coûts vont donc exploser au public et le privé va empocher les profits. C’est le raisonnement derrière l’idée de limiter le privé en santé.

      Donc non, le privé ne va pas «driver» les prix vers le bas dans le secteur de la santé. C’est plutôt l’inverse et ce, partout dans le monde. Faites vos recherches.

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