Thatcher vs Marois : Pénible et douloureux contraste

ThatcherDans sa chronique d’aujourd’hui, Benoit Aubin qualifie de « radicales » les actions de Madame Thatcher: « casser le pouvoir des syndicats, privatiser ce qui avait été nationalisé, déréglementer l’économie, libérer les forces du marché, cesser de subventionner les secteurs manufacturiers désuets. »

Des actions qui, jugées au mérite et en fonction des résultats, ont ni plus ni moins sauvé l’Angleterre de l’emprise des groupes de pression et d’une expérience socialiste de l’État-providence qui pourrait, à son tour, être qualifiée de radicale, du moins d’excessive.

En effet, lorsque Thatcher est devenue Premier ministre du Royaume-Uni en 1979, son pays était dans la dèche. Considéré comme « l’homme malade de l’Europe », le gouvernement était même contraint de recourir à l’aide du FMI…Devant cet état des lieux, Thatcher a eu le « guts » et le courage de répondre aux impératifs de son époque. Reconnue pour son intransigeance, la dureté et la brutalité de la correction imposée par son gouvernement, Thatcher avait une allergie épidermique au compromis, au « consensus ». « La société n’existe pas, disait-elle. Il n’y a que des individus. » Menaces à la paix sociale? Intimidation? Attentat à la bombe sur sa propre vie? En aucun temps, elle a fléchi.

Femme de principes et de conviction, inébranlable, déterminée, directe, cohérente, rigoureuse, Margaret Thatcher ne se laissait pas intimider. Surtout, SURTOUT!, elle savait distinguer la minorité bruyante de la majorité en panne de véritable leadership et de direction. Voyez ici ce qu’elle avait à dire de ces minorités bruyantes, leçon que le gouvernement Charest aurait eu avantage à suivre au printemps 2012.

La conclusion que tire Aubin de l’épisode de Thatcher en Angleterre, « Une société qui va trop loin vers la gauche provoquera une réaction qui ira trop loin vers la droite », me suggère toutefois l’interrogation suivante.

PEUT-IL EN ÊTRE AUTREMENT?

Ou sommes-nous condamnés à nous enliser encore davantage avant de voir surgir un leadership qui saura ramener le mouvement du pendule? N’a-t-on pas appris qu’au Québec, tout particulièrement, même des modifications si mineures soient-elles ne sont guère possibles? N’a-t-on pas reconnu l’extraordinaire efficacité des tenants du statu quo, de leurs alliés, de leur organisation et de leurs relais médiatiques?

Il me semble que plus les années passent, plus je me rallie au camp qui croit que seule une profonde crise est nécessaire pour inciter et forcer un redressement, auquel cas le contexte obligera à des traitements beaucoup plus radicaux.

Des personnalités telles les Churchill et Thatcher ne sont acceptables que lorsqu’on atteint une situation limite, semble-t-il. Malgré les multiples signaux d’avertissement et leur mises en garde, ils sont soit ignorés, soit méprisés jusqu’à ce que la société reconnaisse qu’ils avaient vu juste. Enfin, leur vision, leur intuition, leur jugement, leur boussole philosophique de même que leur force de caractère ne sont reconnus qu’à des moments de grande déroute et de délabrement.

QUI BLÂMER?

À entendre et lire les différents commentaires et témoignages portant sur cette Grande Dame, il semble qu’il soit plus facile de blâmer son gouvernement que ceux qui sont, en réalité, les véritables responsables de la déroute.

Qui blâmer en effet? Celui qui a fermé les yeux et laissé progresser la gangrène socialiste ou celui qui doit sauver le corps en sacrifiant le membre malade? N’est-il pas ingrat de blâmer celui qui a redonné à sa population sa dignité, sa confiance en elle-même et qui lui a permis de rayonner à nouveau sur la scène internationale?

Les vrais coupables ne sont-ils pas les dirigeants des gouvernements précédents, ceux dont on ne connaît plus le nom et qui ne sont pas cités dans l’histoire? Même en ignorant la brutalité des remèdes Thatcher, c’est d’elle dont on se souvient et non de tous les ministres minables et malléables qui l’ont précédée et qui avaient mené l’Angleterre au bord de la ruine. Curieux, non?

Je concluerai donc, contrairement à Aubin, que la vraie leçon, elle est plutôt que nous soyons malheureusement condamnés à atteindre les conditions limites avant de nous ressaisir et de donner la chance à des leaders de la trempe de Thatcher.

CONTRASTE THATCHER-MAROIS

Il demeure qu’en nous rappelant cette grande force de la nature qu’était cette Grande Dame, on ne peut que se désoler du contraste offert par la gouvernance souverainiste de Madame Marois, celle dont l’opinion est celle de la dernière personne à qui elle a parlé.

Celle qui est, en somme, l’antithèse de Thatcher, qui aurait probablement méprisé au plus haut point la culture des sommets, des forums, des consensus, et des référendums d’initiative populaires du Gouvernemaman Pauline.

Pénible et douloureux, en effet, ce contraste.

9 réflexions sur “Thatcher vs Marois : Pénible et douloureux contraste

  1. Avez vous entendus les commentaires de lise payette et de louise beaudoin suite a la mort de Mme Thatcher c étais vraiment déplacé et genant et puis elles se prennent pour qui ces 2 la elles n ont meme pas fait 1/2 de 1% de ce que Mme Thatcher a fait

  2. « The trouble with socialism is that eventually you run out of other people’s money »
    -la grande Margaret Thatcher

    • Ce que le gouvernement donne c’est de l’acquis et personne ne peut le reprendre sauf des dirigeants comme Mme Thatcher. Mais soyez assurés que les pressions viendront de l’extérieur i.e. les gens qui fournissent le fric. Ça s’en vient et plus vite que l’on peut l’imaginer.

  3. En fait de conditions limites, le Québec en est assez proche, et bientot, il y aura un correctif majeur pour se réaligner.

  4. Je me fous royalement de Thacher, comme toujours, la classe dite moyenne va payer pour les parasites riches ou pauvres. Je crois qu’un jour cela ne seras pas seulement des cassoroles opportunistes que l’on vas entendre. Arréter de croire que se sont les riches qui vont virer le pays, ils sont bien meilleure a teter des subventions et a faire du chantage; On part si on l’a pas. Petite et moyenne entreprise beaucoup plus efficace. Un patron qui veux que sa marche et n’ ont pas des actionnairres qui veulent seulement le beurre et l’argent du beurre.

  5. Comparer Madame Tatcher à la Marois, c’est comme comparer un Richebourg Grand Cru à de la piquette de pissenlit fabriquée par oncle Georges dans sa cave.

    Aucune comparaison n’est possible! Aucune.

    @ Marc B:

    Pourtant, ces deux mysogines féministes jusqu’auboutistes (mais péquisto-gauchistes…) que sont la Beaudoin et la Payette devraient être plutôt fières du fait qu’une femme ait atteint des sommets presqu’inatteignables comme l’a fait Madame Tarcher.

    Leur fanatisme les aveuglerait-elles?

  6. Je me souviens d’un ouvrage intitulé « Real men don’t eat quiche », dans lequel figurait une liste de personnes considérées comme des « real men ». Parmi eux, il y avait Margaret Thatcher. Cette femme avait plus de couilles que 99.9% des hommes de la planète. Elle ne s’est jamais soucié de la rectitude politique. Elle a simplement fait ce qu’il fallait et pour cela, l’humanité devrait lui en être reconnaissante.

    Ceux qui se réjouissent de sa mort sont des imbéciles qui n’ont rien compris et qui ne comprendront jamais rien.

    RIP Maggie!

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