Réponse aux « mères en colère et solidaires »

MeresEnColereLe texte publié sur le site du Devoir par les « Mères en colère et solidaires » m’a jeté par terre. Oh, je ne me ferai pas d’amies ni de complices chez ce petit groupe de 1564 mères québécoises en leur répondant comme je vais le faire, mais je parierais que les mères et grands-mères qui s’objecteraient, comme moi, à leur plaidoyer, sont moins vocales, mais autrement plus nombreuses.

Si on se fie au texte, le groupe des 1564 « mères en colère et solidaires » s’est formé il y a précisément un an, à la fête des mères. Elles ont acheté cette idée qu’au Québec, le gouvernement se soumettait à la « marchandisation de l’éducation ». Elles ont pris la rue, elle aussi. Pire, elles ont servi de bouclier devant le collège Lionel-Groulx pour bloquer l’entrée des étudiants qui auraient préféré entrer en classe.

Aujourd’hui, armées d’émotion pure, elles se sont transformées en activistes contre un système qui, selon elles, réprime leur progéniture, ces enfants qui n’ont jamais tort et à qui on a probablement jamais dit non. Aveuglées par l’amertume et un profond ressentiment, elles dénoncent la création de la nouvelle commission d’examen sur les manifestations du printemps dernier, la jugeant trop timide. « Nous voulons crier notre colère », nous disent-elles.

Nous, c’est haut et fort que nous voulons nous exprimer sur la répression policière vécue et c’est haut et fort que nous souhaitons que nos enfants puissent aussi le faire. – 1564 mères en colère et solidaires

Pour elles, les coupables sont nombreux, les forces policières, le gouvernement qui adopte en urgence une loi qui encadre davantage les manifestations, les règlements municipaux qui « limitent le droit de manifester », et j’en passe.

Eh bien, chères mères en colère et solidaires, vous avez tout faux!

Vous avez tort sur le fond et sur la forme, mais ce qui est plus inquiétant, c’est que vous avez tort pour ce qui est des leçons à tirer du printemps 2012.

« Des centaines d’étudiants et de citoyens font face à la justice et commencent à subir leur procès. Les conséquences de tout ce dérapage seront grandes sur leur avenir, sur leur engagement social et professionnel », réalisent-elles. Eh bien oui, chères 1564 mères en colère et solidaires. Voilà une leçon que VOUS avez la responsabilité de faire comprendre à vos enfants-activistes.

Je ne sais pas quelle sorte de jeunesse vous avez eue, mais vous êtes maintenant parents. Un parent n’est pas un ami, ni un conseiller en activisme politique.

Si vous aviez à coeur le bien-être de vos enfants, la consigne que vous aviez à leur donner était pourtant simple: « À partir du moment où la manifestation est déclarée illégale par les autorités, vous quittez les lieux. Compris? Sinon, les conséquences pourraient être très fâcheuses. »

Pourtant pas compliqué! Au lieu de ça, vous, comme Madame Marois et tout le PQ, avez joué aux activistes en toute méconnaissance de l’enjeu principal, soit celui de faire participer minimalement les étudiants au financement de leur propre avenir.

Pire, votre ignorance crasse des enjeux prive vos enfants de saisir les véritables injustices sociales et intergénérationnelles qu’ils subiront: la dette publique, les déficits des fonds de pension des fonctionnaires, les coûts d’une assurance autonomie pour les 75 ans et plus, une éducation qui se dégrade dû à un extraordinaire mouvement de nivellement vers le bas et à la massification de l’éducation postsecondaire.

Si vous voulez sensibiliser vos petits anarchistes en devenir, peut-être faudra-t-il que vous cessiez de grossir une insignifiante hausse des droits de scolarité et que preniez davantage conscience de ce qui attend le Québec comme la plupart des pays occidentaux: un profond requestionnement du rôle de l’État nourricier et du Gouvernemaman.

PoliciersBlessesJe consens que la responsabilité des dérapages du printemps 2012 est partagée et qu’il faudra, lorsque les émotions se seront calmées, en faire une analyse rationnelle. Mais je comprends également qu’il vous est impossible de réaliser que le vrai lieu de responsabilité réside chez-vous, mesdames. Et chez vos enfants.

Je savais que des professeurs avaient contribué à bloquer les entrées, mais si des mères faisaient partie de ce blocus, je n’ai pas de mots pour vous dire comment ce comportement me dégoûte au plus haut point.

Enfin, je ne sais pas si je dois vous souhaiter Bonne fête des mères. Peut-être êtes-vous trop occupées à fomenter votre prochaine sortie contre nos institutions publiques. Dans tous les cas, je souhaiterais vivement que maman Pauline soit sourde à vos récriminations. Dans ce cas-ci, « en appeler à son coeur de mère » comme vous dites, conduirait à un comportement qui est totalement à l’opposé de ce que vous suggérez.

Joanne, mère et grand-mère.

26 réflexions sur “Réponse aux « mères en colère et solidaires »

  1. Yes. Bravo pour cet article. Je ne comprends pas ces mères. Être à la place des étudiants qui se sont vus l’entrée bloquée par ses mères, je les actionnerais ainsi que les profs qui ont bloqué l’entrée du CEGEP. Il y a toujours des limites quand même. Quand tu participes à une manifestation et qu’elle est déclarée illégale et que tu demeures sur place, tu as fait un choix. Si cette manifestation dégénère et que tu te fais poivrer et ramasser, c’est toi au départ qui a fait le choix de rester malgré l’illégalité. J’ai 3 enfants et si l’un d’eux étaient arrivés avec une contravention de 600.00$ en me demandant de payer, la réponse aurait été non. Dans la vie ils doivent apprendre à assumer leurs choix. C’est ça amener notre enfant vers l’autonomie. Ce n’est pas de toujours faire tout pour eux, mais de les amener à réfléchir et à assumer leurs choix et leurs responsabilités. Ces mères n’ont surement pas reçu un cours: Maman 101. Ça m’enrage parce que c’est nous collectivement qui devront payer pour les dégâts causés par ces irresponsables qui ont eu le malheur d’être éduquer par des irresponsables.

    • Bonjour. – Mlle/Mme Anne Important:
      ● Montréal détient la palme des *Je ne veux rien foutre* –
      ◗ Il aurait été intéressant de savoir le nombre exacte d’étudiants qui sont participent dans une dite manifestation du n’importe quoi ?
      ◗ Les casseurs *professionnels*- Ne déroge pas de leur façon de faire.
      ● Très bien connu de nos forces policières – Paient leurs amandes ou font du temps sans broncher – Pour eux c’est un risque, une perte calculable.
      ◗ Eux travaillent seul – À la demande.
      ● Torrieu ! Autre chose concernant la gagne de pas-d’allure moisis par toutes nos systèmes d’aide, de services et nos lois qui servent de boucliers à des voleurs de bas étages qui sont sous protection de partis politiques / des syndicats, etc.
      ◗ Y joindre une certaine petite crasse de rien à foutre mais ne se gène pas pour demander, exiger constamment.
      ● Mères en colère et solidaires ? Encore un autre torrieu de groupement à subventionner !

  2. Ce groupe devrait être renommé : Les mères en colère qui sont bien en accord avec l’intimidation et la violence envers les « carrés verts ».

  3. Si tu es dans une manifestation qui est déclarée illégale, tu « décrisses » comme un individu libre et responsable. « C’est-tu » assez québécois?
    Pas besoin d’attendre que le reste de la tribu le fasse.

  4. Je suis déçus! La solidarité entre femme n’existe pas. Elles font de la politque en calquant l’univers des hommes.L’objectivité c’est pas leurs forces. Le changement n’est pas pour demain! Et de toutes évidences l’éducation doit changer. A l’air des réseaux sociaux,des communications exaustives a t-on encore besoin de ces institutions, ces gros bâtiments, ces salles de classes ect. On gère encore le savoir comme une denrée commerciale. Est-ce que ça donne de bon résultat?
    Le savoir ne vous rends pas plus intélligent, juste plus savant. Et plus on fait preuve d’ostracisme, plus on s’appauvrit. A l’heure où il y a encore des enseignantes qui sont moins payer que leurs confrères masculin pour les même tâches. A l’heure ou la plus part des femmes sont sous évaluées pour leur apport à la société.
    ( au travail, comme à la maison). De grâce un peu de retenue Mesdames.!! Vous pouvez faire les choses autrements.

    • Je ne crois pas que les conventions collectives en éducation permettent la discrimination sexuelle.

    • Réflexion complètement dérisoire, vous n’avez sans doute pas été à l’école très longtemps n.dion!

    • Faut être vraiment condescendant pour attribuer à la scolarité le droit à l’expression d’opignons ou de réflexions.Vous ne devez pas être du genre à trouver de nouvelles solutions à d’anciens problèmes. C’est pas par ce genre d’attitude et manque d’ouverture que vous vous attirerez de la solidarité.

  5. C’est la même « gang » que du pain et des roses… Il y a 18 ans dans un cours d’enseignement moral la prof, syndicaliste à l’os, nous disait que les revendications n’étaient pas seulement pour les femmes mais pour les jeunes aussi… Quand je lui ai dit que je ne lui ai rien demandé, j’ai eu droit à une visite chez le directeur… Comme quoi, que l’on ne peut débatre de la vertue… Ce fut pour moi le début d’une grande réflexion…

  6. criant de vérité pour toutes ces patates de salon, vous êtes pathétiques et vous mérite réellement que le Québec sombre

    • yup:Comment veux tu que l’on ne fasse pas d’amalgame avec Madame Pauline. Ces femmes s’en inspirent il ne leur manque les casseroles comme maman Pauline. C’est facile a comprendre pourtant c’était dans tous les journaux télévisé et écrit quand Pauline a fait sa démonstration de casserole. Elle ne doit pas s’en servir souvent de la manière qu’elle les manipulaient.

  7. Voilà que son tapage de casseroles et s’être prostituée à ir porter le carré rouge lui reviennent dans la face. Quand on crache en l’air…..Mme Marois n’a que ce qu’elle mérite.

  8. A part de toi Joanne et quelques autres ou sont les voix au Québec qui font réfléchir le peuple et disent les choses comme elles le sont sans peur de récriminations, si bien articulées, facile à comprendre avec autant de logique…difficiles à trouver, ces modeles sont tellement rares que la société distincte se distingue en descendant de plus en plus vers le bas totalement déconnecté. On dirait que sans religion ils ne savent plus comment se comporter et suivent n’importe qui.

    Ces mères ne pensent pas, elles trainent même leurs jeunes enfants à participer au cirque des bozos. Nos élus sont les pires, certains de ces personnages que l’ont appèle politiciens sont tellement occupés a faire n’importe quoi pour accéder au pouvoir qu’ils participent comme Marois sans réfléchir donnant l’exemple à nos jeunes que tout est acceptable et encourage ce qui est le plus dégoûtant comme valeurs.

  9. Encore un groupuscule de pression rempli d’activistes socialo-communistes probablement financé par un syndicat ou une organisation gauchiste qui essaie de se faire passer pour « les » mères du Québec…

    Vous avez eu raison de les dénoncer Madame Marcotte. Elles ne sont en RIEN représentatives des mères québécoises.

    Ces mères soviétiques ont superbement raté leur rôle et tentent de justifier leur échec en faisant porter l’odieux de leur faillite sur les épaules des autres.

    Ça ressemble beaucoup au motus operanti de certains groupes que l’on connaît très bien non?

  10. @ François l

    Il y a vraiment beaucoup de culture et d’intelligence ici!

    « Ça ressemble beaucoup au motus operanti de certains groupes que l’on connaît très bien non? » (SIC)

    On dit modus operandi. À moins bien sur que tu veuilles dire motus et bouche cousue, ce qui serait approprié face à ce torrent d’idiotie!

  11. Joanne,
    Je viens d’écouter Maurais Live et je tenais à te féléciter pour ton marriage prochain. Beaucoup de bonheur.

  12. Joanne, félicitations pour chaque mot. Il fallait une femme pour écrire une si bonne réplique.
    Je n’ai pas été capable de lire l’article du Devoir jusqu’au bout. J’ai une raison de plus pour ne pas acheter ce journal.
    Ces 1564 casseuses de système sont prêtes à envoyer leurs enfants se faire casser la guelle dans des manifs qui tourneront à la violence. Il y a un mot pour désigner une telle opération: intifada. Le Québec n’est pas un territoire occupé par la Sureté du Québec et la Police de Montréal. Ces policiers sont des nôtres et leur job est de nous défendre contre les têtes brûlées qui se sont trompés de combat.

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