L’affaire Zimmerman: Obama parle

ObamaZimmermanSi vous n’avez pas eu l’occasion d’écouter l’intégralité de la sortie médiatique du président Obama d’aujourd’hui, je vous le recommande fortement.

Quelle triste histoire en effet, que celle qui secoue une famille en particulier et nos voisins américains, soit le meurtre d’un jeune adolescent afro-américain Trayvon Martin par George Zimmerman, lequel a été acquitté lors d’un jugement rendu samedi dernier.

Obama sera probablement critiqué pour sa sortie et pour avoir voulu expliquer à tous les Américains comment la communauté afro-américaine ressent, interprète et comprend le jugement. On dira qu’il le fait simplement pour répondre à la pression de sa base électorale laquelle provient, de façon très importante, de la communauté noire. On dira que par sa sortie, Obama fait de cette cause, une question essentiellement raciale alors que le jury en a jugé autrement. On dira enfin que le président des États-Unis doit être le président de tous les Américains, qu’il ne doit pas s’identifier ou défendre une communauté plus qu’une autre. Par ailleurs, la présidence n’a certainement pas à s’ingérer et à interpréter un jugement rendu par le système de justice indépendant du politique.

Tout cela est bien sûr discutable. Mais Obama avait, quant à moi, raison d’en appeler à la capacité de tous de prendre un temps d’arrêt pour empathiser avec une communauté qui n’en finit plus de voir ses garçons ciblés à tort ou à raison par les corps policiers, le système de justice et maintenant, les « patrouilleurs » de quartier… armés!

Oh, Obama reconnaît bien qu’il y a un problème. Les jeunes hommes afro-américains goûtent à la justice criminelle de façon disproportionnée, dit-il. Les jeunes hommes afro-américains sont, de façon disproportionnée, à la fois victimes et auteurs (« perpetrators ») d’actes violents.

Selon le témoignage poignant d’un des chefs d’antenne de CNN, Don Lemon, lui-même de race noire, les garçons de sa communauté ne peuvent encore, ressentir la liberté et la sécurité dont peuvent jouir leurs compatriotes de race blanche. Leurs mères et grands-mères ont encore, à ce jour, peur lorsqu’ils circulent dans la rue. Très jeunes, on leur apprend comment se comporter, comment se tenir, comment répondre, comment marcher lorsqu’un policier s’approche d’eux.

Parce qu’inévitablement, cela arrivera. Inévitablement, on les soupçonnera et inévitablement, ils hériteront du poids des statistiques en leur défaveur.

Obama a raison de partager avec la population américaine sa profonde tristesse de l’état des lieux en matière raciale. Il a probablement raison également de conclure que les relations interraciales sont plus harmonieuses que celle d’un passé pas si lointain. En parlant de ses filles et de la plus jeune génération, il dira « They are better than we are ».

Là où Obama a tort, à mon avis, est toutefois, lorsqu’il tente d’expliquer la violence provenant de ces communautés.

« Some of the violence that takes place in poor black neighbourhoods around the country is born out of a very violent past in this country… and that the poverty and the dysfunction that we see in those communities can be traced to a very difficult history. »

Je ne sais pas s’il existe un nombre de générations qu’il est légitime de blâmer pour la violence de celle d’aujourd’hui. Jusqu’à quel point peut-on blâmer l’histoire? Chose certaine, pour qui croit que la violence est l’enfant de la pauvreté, la recette pour résoudre le problème de la pauvreté est connue: une famille responsable qui encourage l’effort et la réalisation de son plein potentiel, l’éducation, l’emploi, l’appartenance à une communauté qui est là dans les bons comme les pires moments.

Si l’État sert à quelque chose, ce n’est donc pas de perpétuer l’idée que nous ne sommes que les héritiers d’une histoire de violence, encore moins de « conquêtes », mais de s’assurer que les institutions existent pour que le plein potentiel de ses citoyens puisse s’épanouir en toute liberté et sécurité.

16 réflexions sur “L’affaire Zimmerman: Obama parle

  1. Je vous cite :
    « Là où Obama a tort, à mon avis, est toutefois, lorsqu’il tente d’expliquer la violence provenant de ces communautés.

    « Some of the violence that takes place in poor black neighbourhoods around the country is born out of a very violent past in this country… and that the poverty and the dysfunction that we see in those communities can be traced to a very difficult history. »

    Je ne sais pas s’il existe un nombre de générations qu’il est légitime de blâmer pour la violence de celle d’aujourd’hui.  »

    Pourquoi vous prononcez-vous si vous ne savez pas ?

    Sachez, madame Marcotte, que je suis tout à fait d’accord avec monsieur Obama. Je ne suis pas un expert de ces questions. Toutefois, l’histoire nous rappelle des vérités que nous ne pouvons balayer du revers de la main. Certains éléments conservateurs (la droite américaine, madame !) sont liés à ce passé pas si lointain et cela fait bien leur affaire. Vous ne les verrez pas s’impliquer pour corriger une situation aberrante dans un pays qui prône la démocratie et la justice égalitaire pour tous.

    Gaëtan Grondin
    La Pocatière

    • Je suis bien d’accord. Nous ne pouvons pas balayer l’histoire et des vérités du revers de la main. Mon propos était à l’effet qu’on ne peut pas blâmer éternellement l’histoire pour certaines attitudes et préjugés qui perdurent dans le présent. Heureusement, génération après génération, les choses s’améliorent.

      Finalement, Monsieur, je ne détiens pas la vérité. Il arrive que je m’interroge. Si vous êtes à la recherche de quelqu’un qui n’a que des certitudes, je vous invite à lire d’autres blogues.

    • Lorsque vous associez la droite américaine à ce passé violent, vous faites un rapprochement grotesque, voire complètement faux…

      Quel parti a aboli l’esclavage aux États-Unis ? Quel parti a donné le droit de vote aux noirs ? Quel parti a passé, en 1964, le Civil Rights Act ? De quel parti était le premier noir à être élu au Sénat des États-Unis en 1871 ? De quel parti étaient les 22 premiers noirs élus à la Chambre des Représentants ? Le Parti Républicain à toutes ces questions…

      Vous pouvez vérifier, si ça vous tente de briser en mille miettes vos préjugés…

  2. C’est le présent plus que le pasé, personnellement, je pense que le fait qu’on leur refuse des emplois ce qui les mènent vers la pauvreté, qu’on leur refuse des loyers en les préjugant,, qu’ils doivent subir des regards accusateurs peu agréables de certains blancs, qu’ils sont souvent présumés coupables sans preuves avec la plupard des polices, est sûrement assez pour les pousser vers la violence, si je me faisais traiter de cette façon, je me demande comment je réagirerais à ce monde qui peut être hostile et injuste envers moi simplement à cause de la couleur de ma peau…..

  3. Je suis complètement d’accord avec vous et oui heureusement de génération en générations les choses s’améliorent.. Mais justement, (sans balayer du revers de la main l’histoire) les choses ne s’amélioraient pas un peu plus vite si nous ne nous référions moins au passé???? Est-ce qu’aujourd’hui le problème est encore la couleur de la peau?? Je ne crois pas, la plupart des gens ont évolués ( très mal pour certains)le problème est plus profond….Et malheureusement, des histoires comme celle-ci arrivent encore trop souvent…Il faut continué a dénoncé ces pratiques barbares, d’arrêter quelqu’un par exemple sur la rue, parce que dans le passé ça se faisait ainsi…Nous avons un sérieux examen de conscience a faire en tant que société qui se dit ouverte aux différences…

  4. Vous m’inviter madame Marcotte à lire d’autres blogues parce que je relève un élément du vôtre avec lequel je ne suis pas d’accord. Je ne vous comprends pas trop d’agir ainsi. Faut-il être d’accord avec vous, point à la ligne, pour avoir le droit de vous lire et de vous questionner ou soulever un point de non accord ? Je regrette de vous informer que je ne fonctionne pas ainsi… et que je continuerai à vous lire, parce que j’aime connaître l’opinion des autres.

    Quant au commentaire de monsieur Guy R., sachez que je m’y attendais. Je suis d’accord avec vous. Il y a eu des hommes qui se sont tenu debout et qui ont réussi à faire adopter des mesures évolutives et nécessaires. Mais, en 2013, il se passe tout un virage et vous ne semblez vivre que dans le passé en rapportant la litanie que vous citez. . Regardez de plus près ce qui se passe présentement aux États-Unis, et si vous ne vous questionnez pas sur le comportement des Républicains depuis l’élection d’un noir à la présidence de leur pays, je crois que vous passez à côté d’une hypocrisie qui se manifeste éloquemment. Shame on you, Sir !

    Gaëtan Grondin
    La Pocatière

  5. Content de vous voir de retour.

    J’en étais à vérifier les pages nécrologiques au cas où…

    D’accord avec vos propos.

  6. M. Obama est mal placé pour se plaindre….ayant obtenu le lus haut poste dans son pays……oui,…grâce à ses qualités de leader et sa débrouillardise….Les autres devraient s’en inspirer au lieu de se prendre pour des victimes continuellement….Pourquoi cette communauté quelque part en Floride avait-elle besoin de gardiens volontaires ??? Serait-ce ^parce qu’ils en avaient assez de se faire voler ou piller.?????…..Toujours difficile de justifier une mort, quelles que soient les raisons.

  7. C’est toujours triste les histoires de crimes haineux. Malheureusement, nous vivons dans une époque de média de masse, qui compte sur le choc pour augmenter au maximum des ratings moribonds.

    Cette histoire ne peut être jugée que par ceux qui savent les faits tels qu’ils sont, et non pas tels qu’ils sont repris par les médias. Je n’en suis pas, clairement, mais au moins j’ai tenté de comprendre de peine et de misère un peu plus de ce qui c’est passé.

    J’écoutais justement une entrevue avec Mlle Teal, l’amie de Trayvon Martin qui était au téléphone avec lui quelques minutes avant son décès, et elle n’a aucun doute que Mr. Martin a frappé le premier. Selon elle, il aurait attaqué son éventuel meurtrier pas seulement parce qu’il était suivi et interpellé, mais parce qu’il croyait qu’il était gai.

    Si on ajoute les insultes de Mr. Martin envers Zimmerman, qui le traitait de « Creepy Ass Cracker »- Cracker étant une insulte envers les blancs, une chose est claire, c’est que quiconque est le plus coupable dans la situation, c’est un crime de haine.

    Et des crimes haineux, il y en a eu plus de 2000 déjà aux États-Unis cette année, de toute part. Celui-ci, aussi déplorable soit-il ne mérite pas plus de couverture médiatique que les autres. J’espère au moins qu’éventuellement cela amènera un questionnement en général sur la situation plutôt que de fixer sur un cas parmis tant d’autres.

  8. Bon retour. Long time no see. Tes blogues me manquaient. On ne peut pas éternellement blâmée le passé, j’en conviens. Mais si les parents de ces jeunes ou même les Grandparents vivent dans le passé, il est fort à parier que ces jeunes auront grandi dans la haine de l’autorité. Les armes sont un problème majeur aux États-Unis. Déjà qu’il y a des policiers qui dérapent, maintenant ce sont les surveillants de quartier. La mort de ce jeune homme est d’une tristesse énorme. Comme on ne sait pas exactement ce qui s’est passé, on doit se fier à leur système de justice. Mais j’ai souvent des doutes sur les systèmes de justice. Il y a quelques fois des erreurs qui se produit. Exemple ici Guy Turcotte.

  9. Plusieurs qui postent ici un commentaire devraient se garder une petite gêne. Tout comme mad. Marcotte et mons. Guy R., vous ne démontrez pas trop que vous avez écouté la présentation COMPLÈTE de mons. Barack Obama. Et si vous l’avez écouté AU COMPLET, alors là, vous n’avez pas compris grand chose. Et je trouve bien malheureux. Et, ce qui me chagrine au plus haut point, vous vous faites une opinion à partir de commentaires de gens en qui vous croyez et qui écoutent Fox aux É.-U., et autres commentateurs du même accabit, des voix qui ne font pas la part des choses, et qui n’ont qu’une seule ligne de pensée, surtout celle de la droite américaine. Il faut avoir un oeil critique sur toutes les informations qui nous sont livrées, même celles qui proviennent de CNN et MSNBC.

    • Vous pouvez vous obstiner sans cesse sur l’affaire Martin,mais une chose est sure et certaine. La pauvreté monétaire et intellectuelle est responsable de presque toute les stupidités du monde. Et croyez moi qui vit la moitié de l’année aux U.S.A. J’en suis témoin de façon régulière.
      Bon retour chère MMe Marcotte.

  10. Oh boy ! En voilà un autre (Yvon Grenier) qui, parce qu’il vit la moitié de l’année aux É.-U., voudrait nous faire croire qu’IL VOIT TOUT ET SAIT TOUT de ce pays. Le jugement ne vient pas avec les diplômes ! Oh que non ! Avez-vous vraiment écouté AU COMPLET le discours du Président Obama ? Si c’est le cas, vous aurez sûrement constaté qu’il est nuancé sans condamner la justice et il fait ressortir un drame qui a des racines dans l’histoire de ce peuple en cherchant à porter le débat sur une voie SANS VIOLENCE. Je n’en dirai pas plus. Surveillez bien la suite… Il faut que ça cesse cette discrimination raciale hypocrite chez plusieurs.

  11. Ce n’était pas un crime haineux. Zimmerman devait se protéger. C’est quand même assez drôle que lorsqu’on se demandait où était Treyvon, le premier endroit qu’ils ont cherché était un centre de détention pour jeunes. D’abord Treyvon n’était pas aussi petit que cela 6’3. J’aimerais qu’on ait plus de Zimmerman pour garder un quartier surtout quand la police ne fait pas son travail. Tiens juste quelques jours après cet affaire je devais aller dans un quartier noir pour promener le chien d’une amie qui vit dans ce quartier. Elle se balade tout le temps avec un vaporisateur de gaz poivré pour se protéger. Eh bien imaginez-vous que dans ce quartier je me suis fait aborder par un jeune noir, musclé et qui me suivait partout tout en ayant un peu peur du chien. Et quelle fut ma première pensée « Oh comme j’aimerais avoir un homme comme Zimmerman auprès de moi ». Heureusement que les deux fois que cet homme m’a abordée, deux couples sont arrivés. Je me suis mise à courir, courir avec mon chien jusqu’à ce que je perde de vue ce noir qui je vous le jure avait de mauvaises intentions dans la façon dont il parlait et ses yeux qui se baladaient tout le long de mon corps. D’ailleurs j’habite aux USA et les noirs sont plutôt bien traités. J’ai même entendu des noirs qui me disaient que si je n’étais pas promue dans mon entreprise c’est tout simplement parce que je n’étais pas noire, car selon eux si une noire avait été équipée de tous mes diplômes il y a bel lurette qu’elle aurait grimpé allègrement les échelles de la hiérarchie. Quant à Obama, je n’ai aucune confiance envers cet homme. Il sème le désordre partout et a eu le culot avant de devenir président d’obtenir le prix Nobel de Paix alors qu’il aurait dû obtenir le Prix Nobel d’Horreur. Je me demande ce qu’il dirait s’il avait eu un fils en Afghanistan, par exemple.

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