Taxes scolaires : S’indigner pour s’indigner?

MalavoyAu dernier budget du Québec, le gouvernement Marois décide de couper 288 millions $ dans les transferts aux commissions scolaires. Conséquence? Pour compenser, le gouvernement permet maintenant aux commissions scolaires de prélever davantage de taxes scolaires. Des augmentions qui vont jusqu’à 68% dans certains cas!

Surpris? Vraiment? Et pourquoi donc? On aura beau s’indigner, s’offusquer, y aller de tous les qualificatifs, tant qu’on ne voudra pas remettre en question l’État dépensier et obèse, il nous faudra vivre avec, non?

Ce n’est rien. Les partis d’opposition s’offusquent que la ministre Malavoy « s’en lave les mains »!  Pourtant, libéraux, péquistes et caquistes sont tous de la même trempe. Aucun d’entre eux n’est prêt à faire un exercice de priorisation des services publics et à proposer une révision des dépenses gouvernementales en fonction des capacités de payer du seul et unique contribuable. Aucun!

Aujourd’hui, ce sont les commissions scolaires à qui on délègue le geste ingrat de taxer davantage et ce sont des augmentations de tarifs d’électricité qui paieront pour le rêve (échoué) des éoliennes. Demain, on parlera d’une nouvelle taxe ou un impôt supplémentaire représentant 1,4 milliard $ pour une supposée assurance autonomie. Après-demain, on continuera de déléguer des responsabilités sociales et de nouveaux pouvoirs de taxation aux municipalités (ex: nouvelles taxes sur l’essence).

Ultimement, ce sera un impôt sur votre maison, votre actif, votre patrimoine (comme c’est déjà le cas dans certains autres pays). Vous imaginez cela? Vous aurez travaillé fort et construit un patrimoine et lors de votre décès, la moitié n’ira pas à vos enfants, mais au gouvernement? Ça s’en vient, je vous dis. Voilà ce vers quoi nous nous dirigeons.

DenisJulienParce qu’aucun parti politique ne reçoit le mandat de corriger la trajectoire à long terme. On aura beau constater les dommages des États et des villes en faillite, on croira toujours qu’il y a de l’espace fiscal non exploité. Comme le raconte l’économiste Denis Julien dans cette excellente entrevue résumant l’état des finances publiques de nos voisins américains, l’incontinence fiscale est un mal dont souffre présentement l’ensemble des pays occidentaux, le Québec inclus!

Désormais, l’État percevra plus et livrera moins. C’est le cas présentement des commissions scolaires où on a coupé certains cours de musique malgré l’augmentation des taxes scolaires. C’est le cas des hôpitaux où on rationne les soins et où des petits « paradis » pour handicapés n’ont d’autre choix que de fermer (n’est-ce pas là une priorité réelle?). C’est le cas des travaux de réfection des aqueducs et des nids de poule dans nos villes.

Pourquoi? Pour répondre à des promesses faites il y a quelques décennies mais devenues insoutenables aujourd’hui. Pour continuer de faire semblant que l’on peut ajouter des rêves et des nouveaux « droits » à la facture. Pour continuer de faire semblant que le contribuable peut assumer le coût des fonds de pension de la minorité privilégiée du secteur public. Pour continuer de vivre dans cette Illusion tranquille qui retarde le moment des grandes décisions et surtout, le sacrifice.

L’augmentation des taxes scolaires? De la petite bière, je vous dis. Surveillez bien ce qui s’en vient. Et ne vous indignez pas trop. L’indignation, cela ne sert qu’à vendre de la copie. Encore faut-il être convaincu et résolu à proposer un changement de cap et appuyer ceux qui ont des solutions ou du moins qui veulent en débattre autrement qu’en saignant le parent, le travailleur et l’entrepreneur.

En attendant, il ne reste qu’une chose à faire. Visez l’autonomie et ne comptez pas sur le gouvernement pour vos « vieux jours ». Et de grâce, éduquez vos enfants, assurez-vous qu’ils seront libres, autonomes et mobiles. Ce serait là tout un héritage.

7 réflexions sur “Taxes scolaires : S’indigner pour s’indigner?

  1. Mes enfants ont choisi d’aller vivre ailleurs au Canada où la vie leur semblait meilleure. En examinant leurs impôts autres taxes, je me suis rendu compte qu’ici on nous saigne à blanc et le pire çà n’est pas fini avec toutes les augmentations qui nous guettent au détour des mois. J’ai eu l’occasion d’entre parler Adrien Pouliot et je pense que ses idées pourraient nous emmener un baisse de taxations accompagné d’une baisse de service. Je serais prêt à essayer cette approche.

    • j’aime bien moi aussi Adrien Pouliot mais c’est de valeur d’avoir choisis le nom de parti conservateur car ce nom ne passe pas au Quebec

  2. Je ne suis pas fiscaliste mais il me semble que si les gens sont taxés excessivement, ils auront 1) moins d’argent pour dépenser 2) alors si les gens achètent moins de produits les entreprises feront moins de profit 3) si es entreprises font moins de profits ils diminueront le nombre de leurs employés et payeront moins de taxes vu leur proft diminué 4) les gens qui ont perdu leur emploi quitteront le Québec pour des horizons plus attirantes ou tomberont sur le chomage et 5) de cette manière le gouvernement se trouvera encore plus dans le rouge et se met le doigt dans l’oeil.

    Un gouvernement de broche à foin, incapable de gerer quoi que ce soit, Çela prendera sûrement 10 ans pour se rattraper.

    • DÉSOLÉ. Je le dis depuis quelques années,Nous sommes arrivés presqu’a un point de non retour.Quand vous avez près de 50% de gens qui tirent leur revenus de nos impôts par le gouvernement,vous ne pouvez pas espérer un grand changement. Suite a la commission charbonneau,vous verrez comment notre bon gouvernement récupérera ou tentera de récupérer les ingénieurs en manque d’emploi et étatisera les travaux public. Une autre de mes craintes avec notre bande gauchistes.

  3. Dans le fond, le Parti québécois commence tout juste à « faire la job de bras » qui aurait due être faite il y a longtemps. L’utilisateur payeur. Avant, c’était tout l’ensemble des contribuables qui payaient pour les commissions scolaires des régions (Montréal payait déjà le maximum!). Maintenant, c’est plus juste et équitable.

    Le GROS hic, c’est que les commissions scolaires existent toujours…et qu’elles continuent à dilapider notre argent allègrement comme du temps de Mme. De Courcy (maintenant ministre péquiste!) à la CSDM. alors que les moisissures proliféraient dans SES écoles.

  4.  » Aucun d’entre eux n’est prêt à faire un exercice de priorisation des services publics et à proposer une révision des dépenses gouvernementales en fonction des capacités de payer du seul et unique contribuable. »

    Bingo. AUCUN ne veut changer le statut quo puisqu’ils en profitent tous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s