Printemps 2012: La saga se poursuit

SagaEtudianteLes chapitres de la saga qui a bouleversé et divisé le Québec au printemps 2012 continuent de s’écrire.

Pendant que plusieurs saccageurs – dont ceux qui ont lancé des fumigènes dans le métro de Montréal – attendent leur jugement, l’un d’entre eux s’en tire avec 100 heures de travaux communautaires.

Les leaders étudiants, eux, ont admirablement bien réussi à se faire un nom. À leur façon, ils continuent de façonner l’opinion publique et d’influencer les décideurs. Martine Desjardins a maintenant une chronique quotidienne à l’émission matinale le plus écoutée à Montréal et animée par Paul Arcand (en plus d’être une invitée régulière à Franchement Martineau de LCN), Gabriel Nadeau-Dubois débattra deux fois la semaine à l’émission matinale de Marie-France Bazzo sur les ondes de Radio-Canada, et Léo Bureau-Blouin est devenu député de Laval-des-Rapides pour le Parti québécois de Pauline Marois!

Cela dit, l’histoire n’est pas terminée. Et c’est tant mieux. Les Québécois et surtout les étudiants du Québec ne méritaient pas de se voir retirer aussi facilement leur liberté d’accéder à leurs classes et de poursuivre sereinement leur parcours vers une plus grande mobilité sociale.

Après la victoire de Jean-François Morasse qui obtenait en novembre dernier gain de cause contre le « Goliath médiatique » qu’était le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, un autre étudiant du nom de Marc-Antoine Dumas poursuit son association étudiante et obtient du juge une décision en sa faveur. Selon la décision, l’association étudiante doit « payer la somme de 1219,84 $, soit les droits de scolarité et une soixantaine de dollars de frais de transport. »

Mais la partie la plus intéressante est belle celle-ci:

Le juge Bourgeois est d’avis que la Charte canadienne des droits et libertés ne peut être invoquée dans cette cause pas plus que la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants. Nulle part dans cette loi « peut-on retrouver des dispositions permettant de déclencher un vote de grève ou des pouvoirs qui se comparent aux droits accordés à un syndicat », écrit le magistrat.

De plus, le Tribunal rejette l’argument de l’Association selon lequel une résolution comme un vote de grève lie chacun de ses membres.

Voilà qui est clair. En avons-nous fini avec ça? Bien sûr que non.

Les petits êtres fragiles que sont les professeurs de cégeps et leurs administrations réclament au gouvernement d’accorder le droit de grève! « On est prêts à reconnaître le droit de grève« , nous dit le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. Eh ben on aura tout vu. Je dois être vraiment vieille. Quand des administrations publiques, appuyées par leur corps professoral, consent à priver des jeunes Québécois d’un accès libre à l’éducation, c’est qu’on a véritablement perdu le sens du devoir. C’est aussi parce qu’on juge plus important les conditions de travail des professeurs et qu’on se fout de la mission fondamentale de l’éducation pour l’avenir de nos jeunes. Absolument déplorable…

Heureusement, le ministre Pierre Duchesne dit vouloir fermer la porte à un droit de grève étudiante. Bien franchement, je ne sais pas trop comment prendre la nouvelle. Je vais préférer attendre quelques jours avant d’y croire. Déjà qu’il s’était jadis montré réceptif à l’idée, vous savez, du temps où il voulait que son équipe gagne des élections…

Enfin, le chroniqueur Gilbert Lavoie s’inquiète des recours collectifs que pourraient entreprendre les étudiants lésés lors de la fermeture des classes du printemps 2012, ce à quoi je dis bravo! Il se demande si le gouvernement devrait intervenir. Je lui réponds comme ceci:  NON! Justice n’a pas été rendue dans cette affaire.

Si des jeunes font encore confiance au système judiciaire pour faire reconnaître leurs droits, c’est là une bonne nouvelle. Le moins qu’on puisse faire, c’est de ne pas leur mettre des bâtons dans les roues et de ne pas les désillusionner là-dessus…

Ah oui! Et si vous avez envie de vous retremper un peu dans l’ambiance du printemps 2012, Télé-Québec diffusera le documentaire « Carré Rouge »,  lundi, le 26 août prochain. Je n’ai aucun doute de la facilité avec laquelle les producteurs ont pu vendre leur produit à Télé-Québec. Un phénomène social comme celui-là mérite d’être documenté, en effet.

Cela dit, je déplorerai sans cesse que nos analyses jusqu’à présent fassent totalement abstraction des véritables concernés. Quand va-t-on traiter du phénomène pour ce qu’il est vraiment. Celui qui a bouleversé la vie d’étudiants désireux de poursuivre sereinement leur éducation en vue d’accéder à plus de liberté et d’autonomie, celui qui a ignoré les efforts de nombreux parents qui participent financièrement aux études des leurs, celui qui a monopolisé et épuisé les forces policières qui auraient eu bien d’autres priorités, celui qui a mis en péril le parcours scolaire d’étudiants admis dans des disciplines universitaires plus exigeantes, celui qui a dévoilé au grand jour la nature idéologiquement gauchisante du corps professoral, et puis, celui qui a fait fi de la volonté d’une majorité de la population qui jugeait juste une participation plus grande des étudiants au financement de leurs études postsecondaires.

Ce documentaire-là ne sera, malheureusement, jamais financé ni diffusé sur les ondes de nos télévisions publiques.

Lire également Richard Martineau sur le sujet.

12 réflexions sur “Printemps 2012: La saga se poursuit

  1. Madame Marcotte,

    Votre texte sur les professeurs est des plus pertinents à ce qui a trait à une association syndicale gauchiste et méprisante vis-à-vis de la population étudiante et la population en général. Depuis des décennies, les profs utilisent leur profession comme tribune pour faire la promotion du communiste, de Fidel Castro, de Mao, du syndicalisme, du PQ, moyens d’atteindre le zénith du bonheur. Ils crachent sur les gens fortunés qui ont réussi, utilisant la même démagogie qu’utilisaient les curés avant la révolution des années 1960.

    La grande majorité des profs est péquiste et elle se permet de faire la promotion de la séparation depuis des lunes sans que le gouvernement ne mette un holà à leur frénésie d’enfants gâtés.
    Pourquoi ne se dévouent-ils pas à l’enseignement d’une langue française de qualité internationale, de l’histoire du monde et évacuer tous ces rêves d’Alis au pays des merveilles!

    La sociale démocratie du Québec arrive à un tournant de son histoire et les actions posées par le gouvernement Péquiste en sont la preuve; voulant imposer le déficit-zéro il coupe d’une façon extrême dans les services à la population. Laquelle paie les taxes les plus élevées en Amérique!
    Couper dans le monstre qu’est la machine gouvernementale, jamais car leurs supporteurs syndicaux s’y opposeraient vivement, menaçant de ne pas les supporter lors du prochain scrutin.

    Bonne chance à la nouvelle génération trop occupée par leurs Iphones et autres bidules!

    André P

  2. Je regarde rarement les émissions du matin mais j’ai perdu l’admiration que j’avais pour Arcand et Martineau qui ont récompensé Desjardins qui a bien viré le Québec à l’envers pendant des mois. Je ne comprendrai jamais les valeurs de certains Québecois dans les médias! Quelle honte. Je vais afficher mon commentaires çi-haut sur la page Facebook de Martineau et Arcand, surement je serai bloquée par après. C’est ça le Québec!

  3. La fédération des cégeps se déshonore, si elle ne peut prendre que des décisions bêlantes comme celle-ci à quoi sert-elle?

  4. « Quand des administrations publiques, appuyées par leur corps professoral, consent à priver des jeunes Québécois d’un accès libre à l’éducation, c’est qu’on a véritablement perdu le sens du devoir. »

    C’est plutôt la mentalité du syndicaliste communiste.
    Mais…
    Avec-vous demandé aux administrateurs pourquoi les enseignants ont été payés, durant le boycott, sans travailler ?…
    C’est la seule raison pourquoi ils appuient les étudiants. C’est payant.

    CH

  5. Les étudiants ne sont pas des salariés. Alors parler de grève est un non sens. Je suis surpris que le ministre Duchesne ne veuille pas consacrer le droit de « grève » des étudiants. Bravo, mais quel virage ! Il était carré rouge très rouge il me semble. Les professeurs ? Oui je crois qu’ils ont bien peur de leurs élèves. Et surtout pendant la « grève » ils sont payés à ne rien faire. On ne refuse pas un si bel avantage social.

  6. Faudrait pas trop surestimer les trois zoufs d’ex leader étudiant. Ils ont été de petites marionnettes a la solde des syndicats. Pour le reste, ce sont nos crétins de médias gauchistes qui continuent de nous les imposer.

  7. Pas trop surpris de voir le syndicat des profs appuyer le droit de grève aux étudiants, futurs membres et porte-parole du même cercle… En plus du congé payé à ne rien faire que leur procurerait une autre grève étudiante.

    Par contre, il y a quand même UNE chose de positive au droit de grève des étudiants, à savoir qu’ils seraient ainsi bien mieux encadrés pour justement faire voter une grève étudiante. Les leaders étudiants devraient alors s’astreindre à un processus plus détaillé et plus formel que le capharnaüm plus ou moins organisé qui leur a tenu lieu de scrutin. Ce serait ainsi plus difficile de manipuler leurs membres.

    Pour ce qui est du reste, je dis BRAVO aux courageux citoyens qui osent inculper les potentats de 2012 et j’attends toujours avec espoir que quelqu’un attaque en justice le syndicat des profs et certains de leurs adeptes dont plusieurs membres ont participé activement (très!!!) à barricader les portes de nos écoles de savoir.

    • « En plus du congé payé à ne rien faire que leur procurerait une autre grève étudiante. »

      C’est là le secret d’un boycott, appelé grève, réussit.

      Sinon, après trois jours de boycott sans paie, qui pourrait s’éterniser à trois semaines, sans paie, qui resterait-il pour appuyer les assos et les étudiants ?

      L’équation est donc… Pas de paie sans travailler = pas de boycott et grève !…

      Croyez-vous que le journaliste, péquiste, ministre syndiqué, Duchesne, pourrait comprendre ça ?…

      SP

  8. « On est prêts à reconnaître le droit de grève », selon le président de la Fédération des cégeps. Ce n’est pas cette fédération qui fera le travail à la place des citoyens et des citoyennes. Elle ne fait que représenter ceux qui gèrent le désordre. Les parents ont suivi pendant deux générations les réformes en éducation. La première génération à produit des enfants-rois qui sont aujourd’hui des profs. La deuxième génération a produit des enfants-tyrants qui sont aujourd’hui au cégep et à l’université. Les plus performants d’entre eux contrôlent les syndicats et les associations d’étudiants. Aussi longtemps que nous laisserons faire les pelleteux de nuages « la mission fondamentale de l’éducation » sera sans avenir.

  9. Mais… Avez-vous raté la dernière nouvelle, passée inaperçue ?

    Il semble que la femme/enfant, incompétente à la politique et administration publique, qui a prolongé les manifs étudiantes de trois jours à trois mois, avant de démissionner, Line Beauchamp, s’est dénichée un emploi dans une firme de relations publiques, Cohn & Wolfe.

    Devinez quelles seront ses fonctions ?…

    CH

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s