Élections – Les 5 piliers d’un modèle épuisé

BombeFondsDePensionIl y a un bon moment maintenant (depuis 2003) que je me documente sur les politiques publiques au Québec. J’ai beau essayer de comprendre pourquoi nos dirigeants s’obstinent à laisser pourrir la situation socio-économique, je n’y arrive pas.

Il me semble que l’immobilisme des Libéraux (PLQ) de la dernière décennie suivi de l’arrivée d’un Parti québécois n’annonce pas, non plus, des corrections et le redressement qui s’imposent.

Chose certaine, il me semble qu’au coeur de cet immobilisme se trouvent les cinq grands piliers d’un modèle québécois usé. L’on parle d’élections ces temps-ci. Le PQ est nettement en distribution de promesses alors que les partis d’opposition pédalent pour parfaire leurs équipes, leur programme et leur financement. Habilement, le PQ n’en finit plus de divertir la galerie de presse avec sa Charte des valeurs; pendant ce temps, l’économie sombre et l’investissement privé a fui le Québec.

Je ne sais pas comment un parti politique peut arriver aujourd’hui à produire une offre aux Québécois crédible s’il s’en tient à faire de la vieille politique: pluie de nouveaux programmes, subventions aux entreprises, promesses d’élimination de taxe (scolaire?), etc. Mais il semble que le PQ est bien parti et son objectif est clair.

Sa route, probablement inspirée des bons conseils du général Lisée est claire et son armée (politique et médiatique) est en marche vers l’objectif ultime. Sa stratégie: Mobiliser les assoiffés de nourriture identitaire, Courtiser les partisans de la CAQ en promettant l’abolition de la taxe scolaire, Nourrir les entreprises de subventions, Obtenir une majorité, puis se mettre en route vers un 3e référendum pour la souveraineté du Québec.

LES PRINCIPES

Ça, c’est clair. Ce qui l’est moins, c’est ce que feront le PLQ et la CAQ. Traitez-moi de naïve, mais je m’obstine à croire qu’aucun changement ni redressement durable du Québec ne sera possible si l’on ne s’en prend pas aux 5 grands piliers du modèle québécois: monopole d’État, Code du travail, fiscalité des individus étouffante, B.S. corporatif, culture du no-fault. Plutot, le Québec devrait:

  • Adopter des politiques qui favorisent la concurrence plutôt que de persister à croire aux monopoles d’État (particulièrement en santé)
  • Favoriser la liberté individuelle, professionnelle et économique en revoyant le Code du travail, le pouvoir syndical et les fonds des travailleurs (lire Elgrably et J.-Jacques Samson)
  • Instaurer une fiscalité et une réglementation qui encouragent les études, le travail, l’investissement privé
  • Instaurer les fondamentaux d’une économique prospère (fiscalité, réglementation, main-d’oeuvre qualifiée, infrastructures facilitantes) plutôt que de soutenir une économie aux frais du contribuable et du petit entrepreneur (via subventions et B.S. corporatif)
  • Incarner, par des politiques transparentes de gestion des fonds publics, une culture de responsabilité et de respect du contribuable.

Autrement dit, en finir avec la culture du nofault, du consensus et de la co-gouvernance par des groupes d’intérêts rentiers des largesses d’un État méprisant envers les familles, les institutions et les véritables créateurs de richesse.

Voilà donc, à mon avis, au moment où l’État a épuisé tous les moyens de faire augmenter ses revenus et où le PQ a affiché clairement « Closed for business », les grands principes qui devraient guider la rédaction d’un programme électoral.

Je l’sais. Je suis encore bien naïve.

LES GRANDS DÉFIS

Quant aux grands dossiers prioritaires, je m’attendrais, comme citoyenne, à ce que les partis politiques m’offrent des solutions concrètes (pas de nouvelles études là…) pour:

  • Régler la bombe des régimes de retraite du secteur public et parapublic
  • Procéder à une contre-réforme de l’éducation en libérant les écoles du Ministère de l’éducation, en revoyant les programmes de formation des maîtres (permettre à un bachelier en histoire d’enseigner l’histoire moyennant une seule année en pédagogie), et en finançant directement les écoles pour tout ce qui touche les aspects pédagogiques et la vie scolaire.
  • Libéraliser le système de santé en abolissant la taxe santé et en permettant aux individus d’investir directement, au moyen d’une contribution annuelle, dans leur clinique de santé. Tout comme le suggéraient les 4 derniers rapports sur le financement de la santé, plafonner la croissance des dépenses publiques en santé au taux de croissance du PIB. Pour le reste, comme le souhaite la majorité des Québécois, permettons aux gens d’obtenir des services dans le privé.
  • Stabiliser les dépenses de l’État en s’assurant que pour tout nouveau programme ou nouvelle dépense, il y en a un ou une qui disparaît. Viser croissance des dépenses = Zéro!
  • Ah oui. Et régler une fois pour toutes, cette histoire de Charte!

Beau programme, non?

10 réflexions sur “Élections – Les 5 piliers d’un modèle épuisé

  1. Vous rêvez en couleurs MMe Marcotte!!!! Tellement idéal et réalisable et d’une simplicité incroyable les 5 piliers proposés, Mais y croyez-vs vraiment???Moi . non. mais comme je voudrais y croire!!!!!!Bon texte!!!

  2. Mme Marcotte,
    Je suis entièrement d’accord avec vous. Pourquoi ne partez vous pas votre propre partie? J’embarquerais avec vous et je ne serais pas la seule. Ensemble faisons changer les choses !!!!!

  3. Johanne qui cris presque seul dans le désert, c beau rêver. Je vous trouve persistante, ça n’arrivera pas. Je me demande quelle sont vos vrais intentions, vous devez bien savoir qu’il n’y aura pas de changement avant une génération ou bien lorsque nous serons forcé de le faire.

  4. Je suis bien d’accord avec vous mme Marcotte mais les Québécois croient au message de gauche et veulent avoir le beurre et l’argent du beurre. Nous sommes en panne de leaders réalistes et courageux. On s’enligne vers le mur comme beaucoup de pays. Probablement que la prochaine crise économique en sera une de la dette. À quelle hauteur va-t-elle monter avant d’exploser? Quand va-t-on vivre selon nos moyens et de façon responsable? Pour ma part je suis orphelin politiquement. Je ronge mes bas.

  5. Je ne peux croire que les Québécois tomberont dans un piège aussi grossièrement fabriqué par les péquistes!

    Les Irlandais ont refusé l’abolition de leur sénat hier. Les sondages préconisaient une victoire du « oui ».

    La désinformation nationale qui sévit au Québec me répugne.. ce matin Bock Côté dans les journaux de Québecor commence son travail d’endoctrinement national par la Catalogne..

    Un élément important est ignoré… L’Union européenne est sortie de son silence le 23 septembre dernier .. La Catalogne sera boutée hors d’Europe en cas d’indépendance. C’est devant ce désaveu que la tendance politique est plutôt à un rapprochement des gouvernements. Pas de référendum plutôt une refondation du pacte fiscal.

    Je dénonce la malhonnêteté intellectuelle indécente des Cariboux.. purs et durs pour qui la fin justifie les moyens.

    Oui malheureusement l’espoir qu’un gouvernement endosse les suggestions de Joanne ne sont non seulement minces mais inexistantes…

    Le Québec est en manque d’une Élite mature… rien de très productif pour l’avenir…

  6. J’aimerais savoir Mme Marcotte ce qui est de la folie et de l’obstination pure? Est-ce le fait de croire que ce que vous écrivez est irréaliste? Vous dénoncez les choses, vous mettez le doigt sur le bobo plus souvent qu’autrement mais que doit-on faire pour que cela change? A vous de me le dire!!! On ne peut pas se contenter de dénoncer… faut agir car on se dirige dans le mur comme le disait une dame plus haut. Vous êtes un leader naturel Mme Marcotte. Vous avez les idées, les idéaux, une tribune pour vous faire entendre et les moyens de vos ambitions… Alors pensez-y SVP!!!!

  7. Ce qui est fascinant, c’est que Frédéric Bastiat (1801-1850) avait prévu les déraillements du marché politique voilà plus de 150 ans maintenant (vous pouvez lire ‘L’état’ à ce sujet publié par Bastiat en 1848 à l’addresse suivante: http://bastiat.org/fr/l_Etat.html). Malgré son age, ce texte reste encore d’actualité de nos jours. On aurait avantage à relire nos classiques, la société ne s’en porterait que mieux…

  8. Vos 5 piliers sont une très bonne base pour un programme électoral. Mais il faut un parti politique pour le réaliser.
    Le PQ: son nid est déjà fait à gauche avec plus d’État. Le Québec doit devenir une garderie souveraine.
    Le PLQ: sa religion est l’économie; mais les bénéfices sont pour ses petits et grands amis. Hors de l’économie, point de salut dans la fédération.
    Qs veut démolir le système, pas le faire fonctionner.
    La CAQ veut être une coalition de libéraux, de péquistes et d’indécis de centre-gauche avec une meilleure comptabilité afin de corriger les excès, mais pas de réforme du bazou. Juste plus d’entretien pour le tenir sur la route.
    Les Verts ont pour religion l’environnement à gauche, et sans faire de tort aux autres partis de gauche.
    Le parti Conservateur du Québec (PCQ) répondrait bien à votre programme; mais l’image Conservatrice est un poids au Québec. À court terme, ce sera très difficile. En plus, il faut beaucoup d’argent pour faire fonctioner un parti et pour traverser une élection. Une campagne électorale ne dure pas 4 semaines, mais 4 ans. Qui sont les braves prêts et prêtes à donner en argent et en temps? C’est aussi ça être responsables. Ce n’est pas l’affaire que de quelques personnes. Dit comme ça, c’est pas très vendeur, mais je pense que c’est vrai.

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