Politique économique du Québec: Les 2 écoles de pensée

economie Le gouvernement de Pauline Marois fera connaître aujourd’hui sa nouvelle politique économique.

Faisons preuve de maturité et ne nous offusquons pas trop du salaud coup du Parti québécois envers les partis d’opposition (les partis d’opposition ne soient pas invités au huis clos de la présentation). On connaît maintenant tout le respect des institutions du Parti québécois…

L’ÉTAT DU QUÉBEC

Préparons-nous plutôt à tenter de comprendre la vision économique que nous présentera le gouvernement. Mais avant, quelques petits rappels. Selon le Bulletin de la prospérité du Québec de 2013, comparativement à la moyenne des 3 autres provinces du Canada les plus peuplées, le Québec:

  • a un produit intérieur brut (PIB) par habitant inférieur de 25 %,
  • une moyenne des salaires inférieure de 16 %,
  • un taux d’emploi inférieur de 4 %,
  • un niveau de productivité inférieur de 17 %,
  • un taux d’investissement privé inférieur de 5,4 %,
  • des mises en chantier inférieures de 18 %,
  • un taux d’accès à la propriété inférieur de 10,5 %

mais (suspense…)

  • une dette publique supérieure de 30 %!

Autres statistiques intéressantes (lire Le débat qu’il nous faut de Nathalie Elgrably):

  • Depuis 1961, le poids économique du Québec dans le Canada (soit la part du PIB québécois dans le PIB canadien) a toujours été inférieur à son poids démographique.
  • Depuis 1976, le taux de chômage québécois a toujours été supérieur à la moyenne canadienne, sauf en 2010, où il a été égal.
  • Entre 1976 et 2010, le revenu total moyen des Québécois (en dollars constants de 2010) a augmenté d’à peine 3% alors que celui des Canadiens a grimpé de 18%.
  • Toujours en 1976, le Québec était la quatrième province la plus riche au Canada. Aujourd’hui, c’est à peine si nous devançons le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.
  • En 1981, sur les 50 États américains et les dix provinces canadiennes, le Québec arrivait en 48e place pour son PIB par habitant. En 2011, le Québec avait glissé au 56e rang et se classait indubitablement parmi les cinq régions les plus pauvres du continent.

Complétons le portrait par les constats suivants:

  • De janvier à juin 2013, le Québec a connu la croissance seulement en janvier et en février. Plusieurs économistes suggèrent que le Québec est en récession, chose que l’on saura à la fin du présent trimestre.
  • Alors que le Parti québécois visait atteindre le déficit zéro, on s’enligne plus pour un déficit de 2 milliards $!
  • De toute évidence, la capacité du gouvernement à générer des revenus a atteint ses limites tandis que la croissance des coûts de système et des dépenses publiques est incontrôlable.

LES DEUX ÉCOLES DE PENSÉE

Dans un pareil contexte, la politique économique que présentera le Parti québécois est cruciale. Comment en juger? En fait, en matière de politique économique, il existe deux écoles de pensée.

Une vision qui mise sur ce qu’on appelle les « déterminants » de la prospérité

Cette vision mise sur un État qui comprend que la prospérité est le résultat d’un climat d’affaires qui incitera les étudiants à investir dans leur formation professionnelle, les investisseurs privés à investir et les entrepreneurs à entreprendre. Ces déterminants sont connus. On les appelle aussi les « fondamentaux » d’une économie prospère.

Dans cette vision, l’État reconnaît que son rôle est celui d’assurer une fiscalité concurrentielle, une main-d’oeuvre qualifiée, des infrastructures facilitantes, un climat d’affaires (et linguistique et culturel!) accueillant, une réglementation du travail (Code du travail) souple, un environnement favorisant la concurrence, etc.

Ici, l’État est celui qui s’assure que les incitatifs sont là sans pour autant se transformer en entrepreneur. En fait, l’État fait confiance au marché et fait le pari que l’innovation, la créativité, l’entrepreneurship et la qualité de ses programmes d’éducation sauront favoriser la prospérité et augmenter la qualité de vie de ses citoyens.

Une vision interventionniste où l’État se transforme en entrepreneur

Lorsque l’État se transforme en entrepreneur, lorsqu’il croit qu’une économie « planifiée » est mieux qu’une économie de marché, lorsqu’il se dote de bras financiers (Investissement Québec, Caisse de dépôt, Fonds de solidarité de la FTQ) pour investir lui-même dans certains secteurs d’activité plutôt que d’autres, nous versons dans le « dirigisme économique » étatique, autre pièce maîtresse du modèle québécois.

Lorsqu’une économie repose essentiellement sur des investissements publics, qu’on a fait fuir les investisseurs privés comme c’est le cas actuellement, que nous ne pouvons attirer des nouvelles industries ou compagnies sans pour autant subventionner leur masse salariale avec les impôts de tous les contribuables, voilà de bons indices qui révèlent que le Gouvernement a débordé largement du rôle qui lui revient.

Nous sommes ici dans le monde des crédits d’impôts, des subventions, des tarifs préférentiels pour certaines industries et tout ça, aux frais du contribuable et de la petite et moyenne entreprise.

En clair, après avoir tué la vache à lait (l’investissement privé), le Gouvernement devient un fabricant de lait en poudre.

D’après vous, le PQ est de quelle école de pensée? La CAQ? Le PLQ?

9 réflexions sur “Politique économique du Québec: Les 2 écoles de pensée

  1. Bonjour.: Le fond de solidarité FTQ et CSN et les autres Ne sont pas des produits gouvernementaux – Ne sont pas diriger par le gouvernement = Se son des produits syndicaux –
    Les membres retour de placements etc qui le renfloue
    Tu devient membre du fond FTQ en déposant ton monétaire Non pas pour faire un retour important mais pour aider les travailleurs

    Aides au entreprise

  2. Nous avons eu au Québec, en alternance, des chefs péquistes et libéraux mais ils ont toujours utilisé le même livre de recettes dirigiste qui nous donne la même sauce indigeste. Il est temps de changer le livre de recettes, ce que le gouvernement du PQ ne fera certainement pas aujourd’hui!

    • N’oubliez jamais qu’il est toujours plus facile de faire l’indépendance d’un pays si la population est pauvre et sans ressource si le gouvernement ne les aide pas

  3. Fonds de solidarité et FTQ sont une créature péquiste.

    Tony Accurso a remercié Louis Laberge et Claude Blanchet pour avoir fait de ses entreprises un joyau québécois.

    Ses entreprises ont construit l’édifice de la FTQ et ont largement bénéficié de leur proximité avec le gouvernement péquiste.

    « Marton » (Marcel Melançon/Tony Accurso) dont Melançon était le leveur de fonds des péquistes.

    Une des raisons pour le PQ de déclencher des élections le plus tôt possible, c’est justement la suite de la Commission Charbonneau.

    Assurément l’école de pensée du PQ est l’État entrepreneur.
    L’école de pensée de la CAQ avec Legault indique aussi un penchant à pousser la Caisse de dépôts à investir québécois.
    L’école de pensée du PLQ avec Couillard est peut-être un peu plus nuancée sur l’intervention de l’État et ouverte au privé.

    Alors la CAQ ou le PLQ, mais surtout pas le PQ..

    • Bonjour.:
      Fond de la FTQ a été pansé et mis en place par Louis Laberge. – La demande était de sortir le Québec de la récession – Le PQ les gousset vide –
      Tony/Louis/PQ = Un nombre phénoménal d’alerte mais sans réponse –
      Parti politique du vieux au nouveau sont un amalgame de personne et de vire capot –
      C’est comme * Tu fait une soupe avec de la vielle nouille. Beau mettre quelque nouille neuve, Sa te donne une vieille soupe *

    • Mme Hélène Beaulieu, je suis tout à fait d`accord avec votre propos sur le fait « qu`une des raisons du PQ de déclencher des élections le plus tôt possible, c`est justement la suite de la Commission Charbonneau ». On n`a qu`à regarder d`il y a quelque jours au sujet d`André Boisclair et de quelque têtes d`affiche syndical qui sont favorable au PQ avec des financements illégaux …et, depuis ce temps là, le PQ fait diversion afin de faire déraper et attirer le plus possible l` attention sur ses déclarations économiques …………….et j`en passe.

  4. Pingback: Dirigisme économique et politique-spectacle – Le blogue de Joanne Marcotte

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  6. Le Québec a un énorme potentiel si seulement il révisait son modèle économique rapidement. Vivement un leader comme Pierre Karl Péladeau pour faire le dégraissage de l’État du Québec, réduire les impôts et rembourser la dette et donner confiance au peuple du Québec pour faire l’indépendance. Le Québec à d’énormes ressources naturelles et une population éduquée et un territoire immense. Nous gaspillons nos énergies avec des politiques qui favorisent différents groupes d’intérêts dépendants de l’État : Grandes entreprises subventionnées, canards boiteux, syndicats, groupe de pression, associations diverses subventionnées. On a des pmes solides sur lesquelles s’appuyer et quelques grandes entreprises privées et d’états pour prospérer. Une Hydro-Québec débureaucratisée rapporterait plus de dividendes pour payer notre dette. Éliminons les dépenses superflus, révisons le système de garderie d’état et les congés parentaux, faisons les ménage dans les crédits d’impôts et réformons les fonds de pensions des fonctionnaires et ainsi nous pourrons bâtir un pays très riche. Les Québécois veulent conserver un filet de sécurité sociale mais peuvent remettre en question le modèle d’interventionnisme qu’on a si on leur propose un plan intelligent.

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