Ces anglos qui ne connaissent pas Marie-Mai

CulturePopQcEn mars 2012, Jean-François Lisée avait proposé un sondage à la Revue L’Actualité. Résultat: une page couverture « Ici, on parle English ». Le Montréal français? It’s over! Des unilingues anglais comme patrons? Get used to it! Voilà, selon L’actualité, le message que nous devions retenir du sondage auprès de 504 anglophones du Québec. Rien de moins. (voir mon blogue ici).

Cette semaine, le Journal de Montréal a eu une idée semblable . « Who is Marie-Mai? », a-t-on demandé à des anglophones et allophones du Québec. Conclusion? Les Anglos connaissent peu la culture populaire, nous révèle le Journal.

D’abord, j’espère que personne ne vient d’apprendre qu’il existe une communauté anglophone au Québec. Avec ses institutions, ses médias, ses universités, sa culture, ses réseaux d’information. J’espère aussi qu’on ne s’imagine pas que les gens qui sont bilingues et même trilingues ont l’obligation de se limiter à l’offre culturelle francophone mais qu’ils ont le privilège de choisir ce que la planète peut leur offrir (contrairement aux unilingues francophones).

Et puis, une fois qu’on a calculé que les Anglos ne connaissent pas Marie-Mai, on fait quoi avec ça? On conclut que les Anglos ne vivent pas au Québec? Qu’ils ne sont pas des « vrais » Québécois? Qu’ils sont indifférents à Marie-Mai? Doit-on conclure qu’ils méprisent la culture québécoise? Avouez qu’il y a de ça là-dedans, non?

En effet. C’est bien beau les sondages, mais honnêtement, c’est quoi le but si ce n’est pas de conditionner davantage la population québécoise qu’elle est divisée, qu’il existe deux solitudes, que les uns ne sont pas intéressés à « s’intégrer », qu’il n’y a pas de « convergence nationale », blablabla… Enfin, vous voyez le genre? Vous n’y voyez pas quelque chose de pernicieux là-dedans? Moi si. (Lire également Marc Cassivi sur le sujet. Très intéressant). Est-ce qu’on est à la veille d’inclure dans une Charte des valeurs québécoises l’obligation de connaître Guy A., Véro et Pierre Bruneau, dites-moi?

MauraisAlors j’ai fait hier un appel à tous sur ma page Facebook hier. « Connaissez-vous des anglophones québécois qui sont très très connus de la communauté anglophone et même de l’extérieur du Québec, mais qui sont à peu près inconnus des Québécois francophones? », ai-je posé à mes amis FB. Plus de 200 réponses. (Écoutez ma chronique à Maurais Live ici).

Et vous savez quoi? Même résultat que celle du Journal de Montréal. Monsieur Madame Tout le monde connaissent-ils les Mordecai Richler, Jarislowsky, Leonard Cohen, Louise Penny, David William Fennario, Barbara Kay, Henry Mintzberg, Matthew Lombardi, Sam Roberts, et j’en passe. Qui connaissait Sugar Sammy avant qu’il ne se produise en français, dites-moi? Pourtant, le gars est une vedette mondiale! Un Québécois.

En fait, tout ce joli monde sont des Québécois anglophones qui jouissent d’une renommée quasi-internationale. Mieux encore, ne pourrions-nous pas souhaiter que tous les Québécois puissent avoir accès à ce que la planète tout entière a à leur offrir?

Bref, un commentaire d’un ami FB m’a particulièrement allumée. « Knowledge of popular culture is not a litmus test for citizenship. »

Vous avez bien raison, ami Facebook. T’as tout dit. Je pense que je vais arrêter ça là. Peace.

Mon passage à l’émission de Franchement Martineau sur la chose:

7 réflexions sur “Ces anglos qui ne connaissent pas Marie-Mai

  1. Qui au Québec connait Kevin O’Leary? Milliardaire, né à Montréal, participe à Dragon’s Den sur CBC et Shark Tank sur ABC.

  2. Il faut commenter la méthodologie. C’était un sondage dans la rue. Pas fort. Il faut aussi faire la distinction entre un anglophone né au Québec et un anglophone né à l’extérieur. Si un sondeur se plante devant l’université McGill c’est certain qu’il va pogner des jeunes nouveau-arrivés qui ne connaissent rien du Québec. Mais demande à des anglo-Québécois nés ici s’ils connaissent Guy A. Lepage. J’ai de la misère à croire qu’un anglophone renseigné sur la politique ne le connaît pas. De plus, on s’est concentré uniquement sur des Montréalais. Il y a des anglophones dans chaque région. En tant qu’anglophone qui a grandi à Québec, je trouve que les anglophones dans les régions sont très bien intégrés.

  3. Le coeur me vire à l’envers tellement j’ai honte de la zizanie du PQ, qui chambarde tout le monde un contre l’autre. Quel beau pays ça va faire ça avec les 49% illétrés, les BS, les moutons de la St Jean Baptiste, les unilingues. Ils sont en train de détruire Montréal et de damner le Québec à travers la planète. Un Montréal si magnifi

    Ça va prendre 10 ans pour réparer les pots cassés. Il faudra plus d’immigrants car les anglos et plusieurs immigrants se rangent pour fuire d’içi. Bientôt ce sera Vive Le Quebec Vide!

  4. Ce qui dérange dans ce sondage n’est pas tant le résultat, mais la façon éhontée dont on s’en sert pour semer la division. (Dans les médias de Québécor en particulier)

    Le jupon péquiste de PKP commence-t-il à dépasser un peu trop?

  5. Bien dit Joanne.

    Je me souviens de M. Parizeau qui était dans tout ses états au moment de l’accord de Charlottetown sur la mention ‘Peuple Fondateur’ qui n’était pas dans le préambule.. Ô sacrilège!! Mais chaque fois qu’il est question de l’autre ‘Peuple Fondateur’ au Québec, c’est drôle mais ils n’ont pas ce statut, ils sont la minorité anglophone!!!

    Nous allons bien voir lors de la célébration du 375 ième anniversaire de Montréal, la place que ce peuple fondateur prendra dans ces célébrations.

    Nous pourrions rajouter Van Horne, Atwater, Allen et tellement d’autre dont je dois avoué que j’ignore les faits d’armes. J’ai été élever dans ce dénie du moindre honneur pour la ‘minorité’ anglophone.

    Nier l’importance de ces gens est nier notre histoire!

  6. Qu’on se scandalise des résultats de ces sondages me gêne. Les anglophones québécois ne regardent pas la télé en français, n’écoutent pas la radio en français et ne lisent pas les quotidiens francophones ? Eh bien, c’est leur droit le plus strict, et on ne va quand même pas voter une loi qui les obligera à s’y intéresser.

    Un bémol cependant : je doute fort que la communauté franco-ontarienne soit aussi ignorante de la culture anglo-ontarienne. Je serais curieux aussi de voir le résultat de tels sondages au Nouveau-Brunswick : que connaissent les Acadiens de la culture majoritaire de leur province et que connaissent les Néo-Brunswickois anglophones de la culture acadienne ?

    Je parierais bien que l’isolement de nos Anglos est assez unique au Canada. Il ne s’agit pas de leur en vouloir, mais force est de constater qu’ils peuvent vivre beaucoup plus facilement sans contact avec la majorité que peuvent le faire les minorités des autres provinces. Comment ? Grâce à leur force économique, à leur réseau d’institutions et au nombre de médias dont ils jouissent au Québec. Tout cela parce que nombre d’allophones et de francophones achètent aussi The Gazette et écoutent aussi la télé et la radio en anglais. Sans compter la raison la plus importante : la proximité des États-Unis et du Canada anglais, qui fait en sorte qu’ils n’éprouvent pas vraiment le sentiment d’être en minorité.

  7. Mme Marcotte. faute d’élections le plan « B » péquiste, après celle de PKP, voici la nomination de Jean-Marc Léger à la présidence de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain..

    Coudon! les Cariboux s’infiltrent dans nos institutions.

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