KPMG et le rendement du Fonds de solidarité de la FTQ: une « joke »?

FondsSolidaritéFTQIl paraît que les représentants du Fonds de solidarité de la FTQ sont en campagne médiatique pour rassurer les épargnants qui y investissent. Suite à la volonté du gouvernement Harper d’éliminer le crédit d’impôt de 15%, il ne restera plus que le Québec à offrir un tel avantage, les autres provinces ayant éliminé cet avantage fiscal depuis un bon moment.

Mais attendez un peu là. Selon Michel Girard, chroniqueur au Journal de Montréal,

«Selon l’analyse de KPMG-SECOR, en ne tenant compte que du crédit d’impôt du Québec de 15%, le Fonds de solidarité FTQ aurait offert un rendement de 8,4% à l’actionnaire qui a investi, grâce à des retenues sur le salaire, le même montant chaque année de 2007 à 2013. Cette performance se situe au-delà de plusieurs indices de marché.»

Le truc? Au rendement réel généré par le Fonds, on a ajouté annuellement le 15% de crédit d’impôt provincial. »

Non mais…

À ce compte-là, les amis, vous êtes plus riches que vous ne le croyez! Vous ne le saviez peut-être pas, mais prenez le rendement officiel des REERs que vous avez placés dans des fonds mutuels ou ailleurs et ajoutez-y les crédits d’impôts que vous avez reçus. Dépendamment de votre revenu et de votre taux d’impôt marginal, vous serez heureux d’apprendre que votre rendement a été EXTRAORDINAIRE!!!

Je suis certaine qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris. Ceci n’a aucun sapristi de sens de dire une chose pareille. KPMG!!!

Par ailleurs, cette même étude stipule que l’abolition du crédit de 15% n’affectera pas la capacité du Fonds à générer un rendement raisonnable. Bien heureuse de l’apprendre.

Deux, « le Fonds respectera sans problème les demandes éligibles de rachat des actions de ses actionnaires à partir de la retraite ou préretraite ». Bon, d’accord. Alors, il est où le problème d’éliminer le crédit d’impôt fédéral de 15%?

Et trois, « la perte du crédit de 15% entraînera toutefois une baisse des souscriptions des épargnants et donc une diminution des investissements dans les PME québécoises. » Alors là, elle est pas mal comique, celle-là. Plus de 40% des investissements du Fonds ne vont pas dans la PME et donc ne respecte pas la mission de capital de développement économique. De plus, avec certains investissements massifs tel que celui de la SSQ Groupe Financier avec 1200 employés, on peut certainement dire qu’on est très très loin de la PME québécoise.

Pendant qu’on chasse tout le secteur minier, qu’on stoppe l’exploitation de l’uranium, qu’on se fait dire par un banquier de la Norvège qu’il est moins risqué d’investir en Irak qu’au Québec!!!, …

Pendant que Alcoa menace de fermer ses trois usines, et qu’on apprend par la Commission Charbonneau que le big boss du Fonds de solidarité de la FTQ Michel Arsenault offre un traitement préférentiel au big boss de la FTQ Jocelyn Dupuis pour des dossiers liés à la mafia, on se ferait croire que l’élimination d’un crédit d’impôt fédéral diminuerait les investissements dans les PME québécoises?

Désolée, je n’achète pas ça.

7 réflexions sur “KPMG et le rendement du Fonds de solidarité de la FTQ: une « joke »?

  1. Avez les allégations de corruption au Fond, je mettrai plus d’argent là pour un bon bout de temps! Je croyais que ce fond était bien géré et était là pour aider les entreprises d’ici à démarrer et croître mais on a vu dans les dernières années que le fond investit la majorité de ses fonds ailleurs que dans le capital de risque et investit même ailleurs qu’au Québec avec l’argent des travailleurs du Québec et le crédit généreux de nos gouvernements Québécois et Canadien.

    • M. Michaud, c’est un commentaire qui fait du bien à lire. Et j’espère qu’une grande majorité des gens qui ont « investi » dans ces fonds vont retirer leurs avoir et cesser d’encourager un fonds de « travailleurs » comme celui-là. J’ai 36 ans, et depuis que je cotise à des REER, ma mère essaie de me convaincre de faire comme elle et de profiter des avantages du fonds de la FTQ. Mon éthique et mes valeurs me l’ont toujours interdit et j’en suis des plus heureux aujourd’hui. Ma mère est très déçue des déroulements et sa bulle pro-syndicale est en train de dégonfler, à ma grande joie. J’espère vraiment que vous convainquerez votre entourage de faire comme vous. Notre pouvoir en tant que citoyen est de décider où va notre argent et qui mérite nos votes. Répandez votre opinion partout SVP!

  2. Mme Marcotte, vous êtes un modèle pour moi et je vous lis avec attention. Et plus j’en lis et plus vous (vous, RLQ, IEDM, Martineau, Ian Sénéchal, Choi RadioX et ses animateurs Duhaime, Monette, etc) m’en faite connaitre sur la situation anémique du québec, plus j’ai le goût de partir du québec pour une province qui veut de moi. Avec tout ce que vous connaissez du québec, êtes vous en mesure de me donner quelques raisons qui me feraient ranger ma valise, car elle est sur le bord de la porte depuis bien longtemps déjà? Je m’imagine tellement des gens « brainwashé » par le système qui vont lire ce commentaire et qui vont faire de moi un Jacques Villeneuve et me dire de partir si je ne suis pas content… avec toute leur fermeture d’esprit et leurs oeillères… Ces pauvres ne comprennent même pas qu’ils tirent avec des canons orientés vers la cale du bateau! Je n’en peux tout simplement plus de cette étroitesse et de cette condescendance qui leur est propre. Merci de vos conseils, même si je sais que ce post n’est peut-être pas l’endroit idéal pour ça…

  3. Voyons voir… j’ai « investi » 5,000$ en 2004 dans le Fond de la FTQ (la seule et la dernière fois), nous sommes en 2013 et ce placement vaut aujourd’hui ± 5,400$… hum… un magnifique gain de 400$… je suis près de l’évaluation de KPMG sauf que ce mirobolant rendement s’est réalisé sur une période de 9 ans!!! Ce qui, si je calcule bien, me donne une bonification extraordinaire de 44$ par année ou 0,08% annuellement (et je n’actualise pas le montant, ça va faire baisser mon rendement et je suis assez down comme ça!!!)… et la récupération d’impôt? Comme je suis imposé à 47% (scandale!) Cet extra de 15% ne représente finalement qu’une déduction nette de 350$… en 2004!!!

    Bref, pour 350$, je suis pris avec un placement très sous-performant, que je ne peux convertir ou revendre, et quand je pourrai l’encaisser à mes 65 ans, ll sera imposé, probablement à un taux moindre, certes, mais quand même ce fameux rendement déguisé ne tient pas la route… Je sais que je tourne un peu les coins ronds (je ne suis pas fiscaliste) mais je ne dois pas être loin des rendements réels… faudrait peut-être que KPMG s’occupe de mes placements??? Just kidding! 😉 …

  4. KPMG-SECOR , étude sérieuse ou publicité déguisée?

    Le Fonds de Solidarité émet un communiqué de presse pour parler d’une étude de la firme KPMG-SECOR dont la conclusion se veut rassurante face à la décision du fédéral de retirer son crédit de 15%.

    On connait cette maxime qui dit qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. KPMG-SECOR arrive donc avec un rendement annuel de 8,4% pour un actionnaire qui aurait cotisé chaque année entre 2007 et 2013 avec un seul crédit de 15% au lieu de 2. Ceci donnerait environ 2,5% de plus que certains gros indices de référence.

    Mais un tel placement subventionné ne peut pas être comparé aux placements réguliers sans mettre de nuances. Le calcul de KPMG-SECOR tient compte qu’à chaque année l’investisseur ramasse un crédit d’impôt de 15%. Il y a de quoi drôlement améliorer un rendement non? Qu’en est-il d’un investisseur qui avait déjà son argent dans le fonds en 2007? La moyenne du rendement est de 2,74%. Que dirait ce jeune homme de 20 ans qui pense économiser 15% d’impôt et qui devrait pour ça se taper ce type de rendement pendant 45 ans avant sa retraite?

    De plus, les rendements affichés sont du passé et ne sont pas du tout garantis. Ceux qui ont subi la perte de 12,6% de 2009 en savent quelque chose. Cette perte a été récupérée depuis, mais le progrès du capital est famélique.

    Toutefois, en réalité, les rendements que présente KPMG-SECOR pourraient être beaucoup plus intéressants mais cette approche pourrait être trop suspecte par les gouvernements payeurs. L’étude tient compte d’un coût d’investissement à 85%. Pour se rendre à 100%, on a déjà un bénéfice en main de 17,6%. Hors, tout le monde utilise son REER pour cotiser aux fonds de travailleurs. Un riche travailleur sauvera un 50% d’impôt supplémentaire. Son coût est donc de 35% et non de 85%. Lorsque cet investisseur est à l’aube de sa retraite, il fait sauter la caisse aux frais des autres contribuables.

  5. Le début de la fin pour le Fonds de Solidarité?

    La firme KPMG-SECOR vient de publier un avis favorable pour ne pas dire complaisant pour le Fonds de Solidarité face au retrait du fédéral de sa part de 15% de crédit d’impôt. Devant le risque que les retraits du fonds soient plus forts que les dépôts, la firme estime que le Fonds possède amplement de liquidités et pourrait survivre à un scénario pessimiste de 1,3 milliard de sorties de fonds.

    Mais un tel fonds n’est pas appuyé par les gouvernements pour survivre mais pour créer des emplois ou pour les sauvegarder. De plus, les énormes liquidités du Fonds ne servent pas de marge de manœuvre simplement mais elles servent surtout à générer un rendement stable qui compense les pertes d’affaires ou les fluctuations du marché. Un fonds équilibré en fait.

    KPMG-SECOR n’a pas abordé un problème criant du Fonds FTQ, celui de la maturité. Lorsque le fonds a été créé il y a 30 ans, sa croissance était énorme car aucun actionnaire n’avait un capital important à sortir pour sa retraite. Aujourd’hui un seul retraité pourrait ramasser 30 fois 5,000 $ plus tout le profit généré en 30 ans sur ses actions. Advenant une année à perte, ce pourrait être la ruée vers la sortie.

    Les gouvernements pourraient devoir débourser en crédits d’impôt plusieurs centaines de millions de dollars annuellement juste pour faire survivre le Fonds alors qu’il n’y aurait plus de nouveaux investissements mais seulement des retraits des investissements existants. Bref, des pertes d’emploi subventionnées au lieu de création d’emplois. Le cout des crédits fiscaux serait permanent tout en ne servant qu’à gérer la décroissance.

    Le gouvernement fédéral semble avoir compris le phénomène et retire ses billes tout de suite. Mme Marois pourrait saisir l’occasion du scandale de proximité avec la mafia pour suggérer à son tour au Fonds de se débrouiller dorénavant avec son énorme capital actuel de 9,3 milliards.

    Un fonds gouvernemental serait plus facile à contrôler et aurait moins d’effet pervers, une banque de développement par exemple.

    PS: Voyez de nombreux articles que j’ai déjà écrits sur le sujet sur mon blogue dans la catégorie « Fonds de travailleurs »
    https://jeannotvachon.wordpress.com/category/vos-finances/fonds-de-travailleurs/

  6. Le temps est venu d’abolir aussi le crédit d’impôt provincial de 15%, de changer la haute direction du fonds et de faire place à plus de transparence dans la gestion de cette institution qui devrait s’éloigner du mouvement syndical. Elle pourrait s’inspirer du mouvement financier coopératif québécois Desjardins mais sans en prendre la mentalité dépensière que la direction de Desjardins à prise dans les dernières années avec la construction d’immeuble coûteux pour y loger les caisses et le salaire exorbitant de sa présidente digne d’une grande banque.

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