Déficits et dette publique: Insouciance, indifférence et incompétence

FailDemain, le ministre des Finances du Parti québécois, Nicolas Marceau, avouera qu’il a échoué. Échoué à balancer les livres, échoué à freiner la croissance des dépenses, et échoué à freiner les ardeurs idéologiques anti-développement de ses collègues.

La petite histoire du « déficit zéro » au Québec est révélatrice. Tous les partis politiques du Québec y ont participé. Depuis une quinzaine d’années maintenant, nos gouvernements choisissent en toute conscience de perpétuer des artifices comptables qui étouffent la classe moyenne, découragent le travail, méprisent l’investissement et tuent le désir de faire des affaires au Québec.Oh, bien sûr, il y a eu cette prise de conscience du temps de Lucien Bouchard (1998) et un petit interlude où on disait avoir bouclé le budget, mais ça n’a pas duré. Aussitôt un déficit zéro fictif atteint (la dette, elle, continue de grossir), la « générosité » électoraliste de nos gouvernements a fait le reste, en créant toute une panoplie de nouveaux programmes qui ont engraissé et continuent encore d’engraisser l’appareil d’État.

S’en est suivi, en 2001, la saga du « déséquilibre fiscal » concoctée par le gouvernement du Parti québécois de Bernard Landry et dirigée par Yves Séguin. Le responsable était Ottawa. « Les revenus sont à Ottawa; les dépenses sont dans les provinces!« , nous disait-on. Une des solutions était le rapatriement d’un point de TPS. Aujourd’hui, ce sont 2 points de TPS que nous avons récupérés depuis le temps et rien n’y fait.

Puis, la saga de la « réingénierie » de Monique Jérôme-Forget du gouvernement de Jean Charest qui se termine par un cuisant échec. Le fameux plan qui devait remplacer un fonctionnaire sur deux? Échec! L’idée que 62% de l’effort devait être fait par l’État? Une farce monumentale.

Selon le chroniqueur Michel Hébert,

le nombre de participants au régime de retraite de la fonction publique a augmenté de 10% entre 2003 et 2011, passant de 514 000 à 566 000 cotisants.

Selon l’économiste Youri Chassin de l’IEDM:

depuis 2009-2010 (il y a 4 ans seulement), les dépenses consolidées de l’État ont bondi, passant de 81,5 à 93,8 milliards de dollars,12,3 milliards de dollars de plus!

Selon la CAQ,

le nombre d’organismes gouvernementaux est passé de 275 en 2003, à 495 en 2011.

Selon l’IEDM,

En nous basant sur les données fournies par le ministère des Finances dans son Plan budgétaire 2012-2013 (qui excluent la part de la dette fédérale qui revient au Québec), nous en venons à estimer que la dette augmente de: 16,7 milliards $ d’ici au 31 mars 2014!

Le constat est clair. Le Québec a atteint la limite des « textbooks » en ce qui a trait à sa capacité d’augmenter les impôts et les taxes de ses citoyens tout en favorisant une croissance de ses revenus.

Résultat: les fictions ont disparu. C’est l’impasse totale et nous en sommes tous responsables, citoyens, entrepreneurs, chroniqueurs mous et complaisants pour qui il ne sera jamais bon de recourir à la plus petite mesure d’austérité. Pire, aucun des 3 principaux partis politiques n’a de recette claire pour contenir l’expansion des dépenses. Aucun ne s’y risque évidemment…

Alors que le Parti libéral du Québec a hérité d’un Philippe Couillard qui se refuse à reconnaître la gravité de la croissance des dépenses publiques en santé (7-8% par année et la moitié du budget des dépenses de programmes du gouvernement!), le ministre Marceau, de son côté, parle même de raviver le concept de « déséquilibre fiscal »… évidemment. Quoi de plus naturel pour un péquiste de blâmer Ottawa!

Les solutions sont pourtant connues. Combien de rapports existent-ils en ce sens? Qu’est-ce que ce serait de simplement décréter que toute augmentation des dépenses devrait être accompagnée d’une réduction équivalente? Oubliez le déficit zéro, c’est une « croissance des dépenses zéro » à laquelle le gouvernement devrait convier le Québec tout entier.

Sinon? Et bien préparons-nous à payer, les amis. Crachons le motton comme on dit. Parce que la créativité comptable de nos savants économistes du ministère des Finances, elle n’a pas de fin et les idéologues du gouvernement de l’identitaire  salivent à l’idée de réaliser leur vision: faire de la terre du Québec une terre de décroissance durable et où on ne sait plus faire la différence entre un symbole religieux inoffensif et une pernicieuse manifestation de l’intégrisme religieux et politique.

Ma chronique à Maurais Live sur le sujet:

2 réflexions sur “Déficits et dette publique: Insouciance, indifférence et incompétence

  1. Bonjour Joanne,

    We have followed your Blog for the past year. We need the Quebec Govt to stop sitting on the fence and support Light Oil in the Gaspe , this would (a) create thousands of high paying good jobs, (b) hundreds of Millions of dollars of Royalties for the Quebec Govt. ( c) close to a Billion dollars in taxes for the Quebec Treasury and Regionally be a powerful method for Regional growth in the Gaspe.

    Many countries all over the world look for Oil and cannot find Oil but we have Light Oil in the Gaspe and need the support of the Quebec Government to move forward .best, jerry, Mundiregina Resources /ABBA Quebec Resources

    Best, Jerry

    Mundiregina Resources Canada / ABBA Quebec Resources

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