CPE vs garderies privées: Quand l’idéologie prime sur tout le reste

PtitQc_FamilleHier, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a avoué qu’il a échoué. Constat d’impuissance, d’incompétence ou d’insouciance, appelez ça comme vous voulez. Pire encore, le ministre a tenté de faire croire aux Québécois que son gouvernement « contrôlait les dépenses ».

« Il ment, il ment! », a plutôt rétorqué le député de la CAQ, Christian Dubé. Chiffres à l’appui, le député démontrait que le gouvernement du PQ avait excédé ses prévisions de dépenses consolidées de tout près de 1 milliard $. Ce n’est pas rien. Contrairement aux prétentions du professeur Marceau, le problème, ce n’est pas juste la colonne des revenus, a démontré le député Dubé.

Au lieu de balancer les livres de l’État cette année comme prévu, on terminera 2013-14 avec un déficit de 2,5 milliards $, l’année 2014-2015 avec un déficit de 1,75 milliards $ et imaginez-vous donc qu’on prévoit l’équilibre budgétaire pour 2015-2016. Comment? En poursuivant la recette qui a magistralement échoué cette année: en « contrôlant les dépenses » et en espérant que les politiques économiques du gouvernement donneront un coup de fouet à l’économie. Vous y croyez, vous? Moi pas. De la pure pensée magique, si vous voulez mon avis.

Attendez-vous donc à de nouveaux prélèvements sur vos chèques de paie, à de nouveaux impôts déguisés en contributions à des nouveaux programmes d’assurance, et à des augmentations de taxes de toutes sortes.

Désolant. Parce que l’occasion serait tellement bonne pour revoir ce qui ne va pas. Nicolas Marceau va « consulter » les gens en prévision du prochain budget, dit-il. Laissez-moi lui offrir une idée. (Je me suis amusée à faire cette petite vidéo, vous aimez? Si oui, partagez-la!)

Prenons l’exemple des garderies à 7$. Soyons constructifs  2 secondes. Au printemps dernier, le gouvernement a annoncé 15 000 nouvelles places. Par pur dogmatisme et idéologie étatiste, 85% des nouvelles places ont été accordées aux CPE alors que 10 000 places vacantes dans des garderies privées non subventionnées étaient disponibles. Coût de l’idéologie: 260 millions $ de plus par année selon l’Association des garderies privées non subventionnées.

« Les garderies privées ne sont pas nos partenaires naturels », selon la ministre de la Famille, Nicole Léger (même si AUCUNE garderie au Québec ne peut exister sans permis officiel octroyé par le ministère de la Famille), la même Nicole Léger qui n’avait pas daigné attendre le discours inaugural de la première Ministre pour annoncer qu’elle allait étendre la Loi 101 dans les garderies. Ça vous donne une idée des priorités et des obsessions de ce « Gouvernement de l’Identitaire »…

Bref, passons aux garderies privées subventionnées. Voilà des garderies qui, contrairement aux CPE, paient des taxes municipales, des impôts sur leurs bénéfices (évalués à environ 100 000 $ par année pour une garderie de 80 enfants – pas la fin du monde!), et de la TVQ, toutes des dépenses dont les CPE sont exemptées.

Contrairement aux CPE, ces chefs d’entreprises assument le risque associé à l’achat ou la location de leurs immeubles,  paient eux-mêmes tout le matériel éducatif, et sont responsables de leurs déficits s’ils en font (contrairement au gouvernement, les banques y voient!).

À côté de ça, pour ce qui est des CPE, ce sont les contribuables qui paient tout: le béton, les fonds de pension des éducatrices (62 millions $ cette année), les grèves (parce qu’il arrive que ce joli monde là soit syndiqué), les déficits (51% des CPE sont en déficit malgré tout ça!).

Une seule question: Voulez-vous ben m’dire pourquoi on s’obstine dans l’idéologie des CPE alors que le Québec se doit de chercher par tous les moyens de revoir sa façon de dépenser et de rendre les services?

N’est-il pas insensé que l’État soit le producteur des services de garde dans un pareil contexte? Ne peut-on pas revoir tout ça et opter pour transformer les garderies d’État en garderies autonomes (à but lucratif ou pas) responsables de leur gestion?

Le rôle du gouvernement ne devrait-il pas se limiter à émettre les permis et à s’assurer du contrôle de la qualité des lieux. Ne pourrait-on pas faire confiance aux parents pour le reste?

Bien sûr que non. Au lieu de cela, le gouvernement du Parti québécois s’enfonce davantage dans la solution la plus coûteuse qui soit et de ce fait, tue toute initiative qui, tout en répondant aux besoins des parents, prive les municipalités et l’État lui-même de revenus. Non mais, entre vous et moi, faut-tu être toqué??? (lire « idéologue »).

Pire, au moment où le ministère de la Famille se voit passer une commande de faire des coupures de 45 millions $ alors que les CPE disposent de surplus d’environ 222 millions $, vous savez ce qu’il fera? Facile. Il récupèrera bien sûr une partie des surplus des CPE mais pour le reste, il décide de confisquer une partie des bénéfices des garderies privées (28 000 $ par garderie!).

Pensez-y deux minutes. Auriez-vous vu pareille chose chez les médecins? Peut-on imaginer que des médecins, parce qu’ils sont payés par le gouvernement, acceptent de se faire confisquer 20% de leurs gains? En est-on rendu à penser que tout ceci est normal? Inacceptable, quant à moi, mais voilà ce qui arrive quand c’est l’État qui paie (au lieu du parent).

Finalement, comment ne pas y voir une volonté de carrément tuer des initiatives privées au profit d’une nationalisation des services de garde? Et après ça, on se demande pourquoi le ministre a des problèmes avec sa colonne des revenus…

P.S. Il en existe combien comme ça des choix idéologiques qui coûtent cher au contribuable? Je parierais qu’on se rendrait à 2,5 milliards $.

10 réflexions sur “CPE vs garderies privées: Quand l’idéologie prime sur tout le reste

  1. Dans le cas des garderies, MMe Marois a eu l’idée en 1990 a peu près de partir une garderie pour les jeunes filles mères d,hochelaga Maisonneuve afin de leur permettre de continuer leur études. Notre organisation ainsi que Jean Coutu subventionnait ce projet. Mais les syndicats ont vu une belle opportunité de syndicaliser des garderies gouvernementales. Qui est contre la vertu? Et le projet a pris forme pour tous. Ce qui a permis aux syndicatds de se faire un excellent revenu. Depuis ce temps on est dans le déficit avec cette politique. Aucun gouvernement présent et futur n’osera canceller ce projet et ça permet des revenus subtentiels et éternels aux syndicats amis du P.Q.

  2. J’en ai sérieusement ras le bol des tous ces politiciens, peu importe le parti, qui se foutent royalement de la réalité du peuple. J’ai hâte que cette génération de coquille vide débarasse de la scène politique en espérant que notre société ne s’écroule pas entre temps.

  3. Bonne recherche Joanne sur les garderies. Situation honteuse. Mais plus rien me surprend, c’est déprimant.

    Tel qu’un autre Ministre des Finances ex séparatiste disait: « Tant que nous sommes heureux, c’est ça qui compte! ». Il me semble que la logique manque dans ces têtes. Je ne crois pas un mot qu’ils disent. Ils ont l’air à penser que nous sommes tous stupides.

    Ils sont dans un autre monde et leur gouvernance est en train de tuer le Québec dans tout les domaines. Mme Marois avait bousiller la santé et l’éducation lorsque le PQ était au pouvoir, maintenant avec cette seconde ronde, le PQ ne rate pas leur coup pour tout bousiller. Puis c’est fini…le Québec n’en reviendra pas pour des années à venir. C’est très stressant. Je remarque que les gens sont très inquiets observant les debandades de l’année qui vient de passer. Plus ça va, pire c’est! God help us!

    Le PLQ et la CAQ doivent renverser le gourvernement pour incompétence and lack of respect for our tax dollars.

  4. Si on considère que l’état n’a rien à voir dans l’éducation ni la santé, les deux dossiers les plus mal gérés et aussi les plus coûteux, on arrive à pas mal plus que 2,5 milliards de dollars de mauvais choix idéologiques…

  5. Pour mettre des signe de $ sur la différence entre les CPE/garderie subventionnée et les garderies privées: dites vous que quand le parent paye 7$ par jour, le gouvernement (lire nous collectivement)donne 35$ pour un enfant de plus de 18 mois et 52$ pour un bébé. De son côté, le parent qui va au privé à droit à un maximum de 25$ par jour en crédit d’impôt. Hausser le crédit d’impôt maximum permettrait aux garderies privées de lutter à armes « presque » égales.

  6. Et je pense que c est pire que ca. Le Québec donne des millions au gouvernement fédéral. Sur le rapport d impot fédéral, il y a un crédit pour frais de garde. Quelqu un de l Ontario déclarera en frais de garde ( ex, pas les chiffres exact) mettons 200$ semaines X 50semaines= 10400.00$ donc un credit d impot sur ce montant. Au Québec: 35$ semaines X 50 semaines= 1750.00$ . Le fédéral nous regarde et rient de nous. La meme chose pour l éducation, nous subventionnons le fédéral

  7. merci pour cet article, il y a encore du monde logique au Québec, j’avais peur d’être tout seul au milieu de tous ces idéologues du PQ qui font passer leur programme socialiste, idéologue et budgetivore, marre de payer…faisons confiance au privé, arrêtons le maternage étatique et les fiances vont rapidement s’améliorer, celles du gouvernement et les nôtres, qui sont les nôtres dans les deux cas…Le prochain gouvernement sera-t-il capable de reconstruire et annuler ces lois idéologues…

  8. depuis 2 ans j’amène mes enfants dans une garderie, c’est une coop crée par des parents, on loue dans une églises, à bon prix, on a plein d’espace , aucune subvention, les parents gèrent par eux même ,on a 2 éducatrices anglophones qui y travaillent, on les aide au besoin, on décide par nous même les sorties, salaires, …on est plus libres, et ça nous coûte moins cher. Moi, je suis pourtant musulman, et j’ai pas de problème à ce que mes enfants voient pleins de symboles aux couloirs. au contraire, les gens sont ouvert, et on m’avise si
    jamais une bouffe ne correspond pas à mes convictions religieuses.
    la même chose pour les aînés, les gens doivent s,arranger pour s,occuper de leurs parents
    une fois vieux( en tous cas, c’est que ma famille fait qui pourtant vit dans un autre pays, pas
    aussi développé),

  9. C’ est pas compliqué, le PQ est une succursale de la FTQ. Plus de fonctionnaires, plus de cotisations. On a donné les clés de la province à une corporation qui s’ est enrichie sur notre dos. La solution, leur enlever ce pouvoir. Mais est-ce possible? J’ en parle et j’ ai presque peur de  » tomber dans l’ escalier  » devant chez nous…

  10. Pingback: Vos préférés de 2013 | Le blogue de Joanne Marcotte

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