Le Québec dans le trou: Pis après?

D’abord, laissez-moi vous dire que je suis ravie que le Journal publie dans les quelques jours qui viennent, un dossier sur le Québec dans le rouge. Je n’ai pas idée du contenu des reportages mais à ce moment-ci, je prendrais n’importe quoi pourvu que cela ne porte pas sur la charte… Pour moi, avec un peu de bonne foi de la part de tous les partis politiques et avec un peu de realpolitik, ce dossier aurait dû être réglé l’automne passé avec une solution à laquelle aurait adhéré une majorité des députés de l’Assemblée nationale. (lire ici le texte de Lucien Bouchard d’hier dans La Presse).

On comprend maintenant trop bien que l’objectif n’a jamais été de régler quoique ce soit. Et malheureusement pour nous tous, pendant ce temps, le gouvernement continue d’écrire à l’encre rouge l’avenir des Québécois, les citoyens versent dans un cynisme glaçant et les partis politiques ne savent plus comment charmer l’électorat. (Lire mes 2 blogues précédents, Un Xième rapport, La vérité? On dépense trop!)

Imaginez! Vous êtes militant dans un parti politique et vous avez la responsabilité de rédiger une plateforme électorale… Vous connaissez très bien l’état déplorable des comptes publics et vous savez très bien que la population québécoise succombe aux discours enchanteurs et aux promesses surréalistes du Gouvernemaman. Avec tout votre être, vous avez la conviction que l’heure des réformes importantes du modèle québécois a sonné.

Pas facile. Ajoutez à cela une déprime occasionnée par la Commission Charbonneau et tout le reste du cirque québécois (syndicalisme dépassé, carrés rouges, environnementalistes anti-développement économique, attentes dans les hôpitaux, etc.), un sentiment vous habite: l’impuissance et surtout, une urgence de vous éloigner le plus loin possible d’un environnement devenu sombre et toxique.

Je reviens à mon rédacteur de plateforme électoral. Soucieux de l’état périlleux des finances publiques, il voudrait bien rassurer les contribuables qu’il peut gérer de façon responsable les énormes sommes d’argent que l’État confisque aux travailleurs payeurs d’impôt. Rendu là, il se demande bien ce qui pourrait charmer l’électorat. Choisira-t-il d’ignorer les signaux? Se risquera-t-il à promettre des baisses d’impôts? Accouchera-t-il d’un slogan qui ne veut rien dire? Tentera-t-il de créer une crise identitaire pour faire diversion? (Oups, déjà fait, celle-là…)

Finalement, comme tous les partis politiques, il procède à un sondage.

Voici ce qu’un sondage SOM lui apprendrait.

Méthodologie du sondage – Ce sondage a été mené en ligne du 11 au 14 décembre 2013 auprès de 1 058 internautes québécois. Cet échantillon est tiré du panel Or de SOM, lequel est constitué de répondants recrutés de façon aléatoire par téléphone; il s’agit donc d’un échantillon probabiliste. La marge d’erreur maximale pour l’ensemble des répondants est de 3,5 %, 19 fois sur 20.

À la question: Afin d’atteindre le déficit zéro, seriez-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt en désaccord ou tout à fait en désaccord pour que le gouvernement du Québec…

voici les réponses:

SondageSOM3

Sérieusement, le monde, vous feriez quoi si vous étiez ce rédacteur de programme électoral? Suggestions? Pensez-y comme il faut… Et un indice comme ça, les entreprises au Québec sont les plus imposées et on une charge fiscale la plus élevée au Canada.

À suivre…

4 réflexions sur “Le Québec dans le trou: Pis après?

  1. On peut pas gouverner avec des sondages… il faut voir des examples comme Maggie, ou pas plus loin que Jean Chretien, il faut faire ce qu’il faut faire pour avoir une societe solide, et apres avoir l’inteligence politique de se faire reelire, c’est ca qui fait la difference entre un politicien de marque et des demagogues :-).

  2. AÏe aïe aïe Gérard… La seule intelligence politique qui prévaut au Québec est celle d’être capable de bien manipuler les électeurs qui valsent sur des concepts qu’ils ne connaissent pas et dont ils ignorent totalement les impacts réels sur une société économique précaire comme la nôtre (penser que les garderies à 7$ valent plus la peine que les garderies privées, penser que les éoliennes sauvent le monde, penser que les syndicats sont là pour protéger les travailleurs cotisants, penser que la planète se réchauffe, vous en voulez d’autre, la liste est très longue?). L’opinion de trop de personnes est malheureusement forgée à la lumière d’une seule source: vieilles croyances populaires, un poste de nouvelles et seulement un, un seul journal, un seul cercle de connaissances au travail… ce que j’appelle la population TVA. Tellement de gens autour de moi sont comme je viens de décrire, je parle donc par connaissance de cause: parents connectés à TVA 24h/24, cousine employées aux Postes qui manifeste à Ottawa contre Postes Canada, amis qui font garder leurs enfants dans des garderies publiques, amis dans la fonction publique québécoise, etc.

    Le jour où une grande majorité de québécois prendrons leurs responsabilités en s’informant sur comment ça se passe vraiment en dehors de ce qu’on leur fait croire, quelque chose pourra changer au Québec. Une société solide commence par des fondations solides… i.e. des individus solides et informés, des individus responsables et conséquents… pas par des politiciens intelligents… par des gens intelligents qui voteront pour que les choses changent, qui voteront pour des idées qui feront avancer le Québec et non pour des pancartes (non mais y’est tu fin Jack? non mais yé tu beau Justin?)… Tant que le peuple sera mou, on aura les politiciens qui font crouler le Québec actuellement… et ça, le PQ l’a compris… et ça, les 32% qui voteront encore pour le PQ aux prochaines élections ne l’ont pas compris.

  3. Pingback: Le P’tit Québec sous influence en matière économique | Le blogue de Joanne Marcotte

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