ROC to Québec : Partez et finissons-en!

Selon le commentateur politique Rex Murphy, le  ROC (Rest of Canada) est maintenant d’humeur à ne plus jouer dans le nième « remake » d’un film pour lequel il n’y a plus d’auditoire. « Si vous voulez quitter, quittez! Allez-vous en et finissons-en ».

The citizenry (of the ROC) no longer see it as their responsibility to placate Quebec. They no longer see separatism as resulting from defects in Canada, or an insufficient level of respect for Quebec, its culture, customs and tongue. They perceive the dynamic of Quebec separatism as ever-so-much a one-way street, and are tired of it.

That’s where ‘separatism’ now stands in the other provinces. English Canada has exhausted its sympathies and energy for the topic. It’s no more “Please don’t go,” but  instead “Well … if you want to go, go, and have done with it.” – Rex Murphy, Canada’s Separatism Fatigue

Dans sa chronique du Globe and Mail intitulée Quebec’s fantasy is Canada’s nightmare, Margaret Wente confirme. L’amour n’y est plus.

What’s different this time is that the marriage has grown colder. We don’t love them any more. We stare at them across a chasm of mutual incomprehension and grievance. But the adults among us know we’ve got to stay together because breaking up would be even worse. Sometimes, a marriage of convenience is infinitely preferable to divorce.

Enfin, son collègue Jeffrey Simpson rapporte que le reste du Canada en a assez des menaces. Bien franchement, dit-il, « on s’en balance ».

If Quebeckers believe that voting PQ means putting a knife to Canada’s throat, they should think again. The ROC is fed up with these threats. As Rhett Butler said to Scarlett O’Hara in Gone With The Wind, “Frankly, my dear, I don’t give a damn.” – The Rest of Canada will have choices to make

Il y a, certes, des commentateurs dans le reste du Canada qui étudient chacune des déclarations de Pauline Marois et de ses ministres. Andrew Coyne trouve paradoxale pour ne pas dire farfelue l’idée qu’un Québec indépendant dispose d’un siège à la Banque du Canada, par exemple. « Qui voudrait d’un partenaire aussi instable? », se demande-t-il.

Une analyse signée Nicolas Van Praet rapporte une étude réalisée par Stephen Gordon, un économiste de l’Université Laval. Le Canada n’aurait rien à y gagner, selon le chercheur. Encore là, pas trop de peine à imaginer que le Québec soit obligé, à terme, de se débrouiller avec un ratio dette/PIB comparable à celui de l’Italie.

It’s extremely unlikely the rest of Canada would agree to the central bank extending that protection to a newly formed country that would have a debt-to-GDP ratio the size of pre-crisis Italy, Mr. Gordon said.

LE CHAMP EST LIBRE

Ce qui m’amène à croire qu’advenant l’élection d’un gouvernement majoritaire péquiste, la résistance du Canada ne sera peut-être pas très élevée. On exigera, bien sûr, une question référendaire claire et la facture sera salée. Mais un « love-fest » comme en 1995? Don’t even think about it.

Beaucoup d’autres voix se tairont également, ou du moins, n’oseront pas ouvertement défendre l’appartenance du Québec au Canada. C’est le cas de la communauté des affaires. Vous croyez sincèrement qu’un chef d’entreprise affrontera le complexe médiatico-politique et toute l’artistocratie indépendantiste? Je crois pas.

Enfin, il y a les Québécois eux-mêmes. Je me surprends, moi-même, quelques fois à souhaiter qu’un référendum ait lieu. Question qu’on en finisse. Vous vous souvenez du blogue où je suggérais même à M. Couillard de proposer un référendum?

Certains analystes et partisans politiques affirment que les Québécois en ont marre d’entendre parler de la question nationale et d’un référendum à venir avec un gouvernement péquiste majoritaire. Ils ont raison.

Mais en avoir marre et ne plus vouloir en entendre parler ne signifie pas que nous ne reconnaissons pas très exactement à quelle pièce de théâtre le Parti québécois nous a conviés. On peut bien demander aux gens de voter pour des bonnes idées et selon leurs convictions, mais si la conviction est celle qu’il n’y a rien de pire qu’un gouvernement qui gâchera les 5 prochaines années à négocier le départ du Québec du Canada, de grâce, n’appelons pas ça un vote stratégique.

Dans ce cas, même s’il s’agit, par tous les moyens possibles, de tenter d’éviter le pire des scénarios, c’est bel et bien d’un vote réfléchi dont il s’agit.

P.S. Lire également Jérôme Lussier

Lire également mon blogue de ce matin suivant le sondage CROP-La Presse: 2/3 des Québécois croient à un référendum.

8 réflexions sur “ROC to Québec : Partez et finissons-en!

  1. La facture sera salé, je crois que vous omettez des données dans votre calcul,.

    Pour le reste c est une excellente nouvelle 😉

  2. Bonjour Mme Marcotte,

    J’aimerais qu’on parle du mythe de la souveraineté. On sait que le Québec est l’un des états les plus endettés dans le monde avec une dette de 75% du PIB quand on inclue ses créatures a.k.a: société d’état, municipalité.

    Sachant que le Québec indépendant perdrait minimum 5% de son PIB avec les transferts fédéraux(sans inclure les pertes de sièges sociaux ou le déménagement de citoyen) et que le Québec devrait assumé près du quart de la dette de la fédération.

    Est-il possible de demander à un économiste la dette minimal que la séparation causerait au Québec? Par exemple, en rapport au PIB?

    Par exemple, est-ce que la dette pourrait dépasser les 100% du PIB comme certain pays mal foutu?

    Merci de répondre à ma question et ça serait génial qu’un économiste fasse un peu de pédagogie sur ce sujet et votre blogue.

  3. La question de la dette assumée par le Québec après la séparation c’est comme parler du droit international pour les votes de sécession – ben oui le droit international prévoit ceci ou cela mais à la fin de la journée ce sont le poids des joueurs en place et les leviers que chacun possèdent dans la négociation qui jouent. Les USA et UE peuvent crier tant qu’ils veulent (avec des sanctions à la con contre la Russie) mais la Crimée va passer du côté de la Russie parce que les USA et UE n’ont pas de cartes dans leur jeu pour le moment. Dans le cas du Québec vs ROC – disons que le Québec part avec plusieurs strikes contre lui – quand tu es déjà endetté – que tu vis de péréquation… tu n’as pas beaucoup de cartes dans ton jeu non plus et le Québec ne contrôle pas les agences de crédit – le boys club de la finance n’est pas au Québec mettons…Avoir un siège au sein de la BC ne change absolument rien – les feds régionales aux USA n’ont pas vraiment d’influence sur la FED – c’est la NY Fed qui fait les opérations majeures quotidiennes et la FED s’assurent que les grosses banques n’ont pas de problèmes puisque la FED est là pour elles – le reste – les autres banques rurales – le peuple – ils n’en n’ont rien à foutre – idem pour la BC – elle s’assurerait que les banques canadiennes (les banques canadiennes ont sur leur balance sheet des obligations CAN, PROV et de l’immobilier…) seraient remboursées dans le cas d’un tel événement (et vu qu’elle a la planche à billets et pas le Québec – c’est le ROC qui contrôle) – pour le reste – ce sera comme la Grèce (350B$ avec 11M pop – le Québec: 260B$ and counting avec 7.8M pop vieillissante…) – la BCE fait des prêts à la Grèce mais c’est pour rembourser les banques européennes qui sont exposées massivement – pour le reste – they could not care less. Dans le cas du Québec – avec toute la dette qui est déjà présente – même si tu en rajoute avec la part du Canada – ça devient une question de capacité de rembourser – et je vois pas comment le Québec pourrait faire ça (avec le risque fort élevé aussi de fuite de capitaux..) – le ROC va s’en rendre compte assez vite. Comme en Grèce, ils demanderaient qu’il y ait vente de feu pour rembourser – Hydro Québec – Port de Montréal (fédéral…?), autres actifs mais il n’y en a pas des tonnes… $ (pensions) à la RRQ… ne riez pas – ça s’est fait en Europe – la France a pigé dans les pensions pour ne pas perdre sa cote AAA et … elle l’a finalement perdu il y a 2 ans. Mais pour ceux qui rêvent que la carte de crédit soit coupée au Québec et pas à peu près – c’est peut-être la leçon qu’il faut donner aux marchés financiers! arrêter de prêter à ce junkie sinon … separation/default is coming… enfin!

  4. Pingback: Sondage CROP-La Presse : 2/3 des Québécois croient à un référendum | Le blogue de Joanne Marcotte

  5. Il fut un temps ou je boursicotais. Heureusement pour moi c’était dans un temps ou tout rapportait, j’étais à l’envers des autres dans le sens que les autres dépensaient et faisaient tourner l’économie et moi j’épargnais et achetait des actions de compagnies qui marchaient bien parce que justement les autres dépensaient.

    Ce n’est plus pareil aujourd’hui et à moins de bonnes connaissances en la matière, je ne conseille pas de jouer à la bourse. Mais même dans ces temps fort fort lointain ou je jouais à la bourse tout n’était pas garanti. Je me souviens d’un lot d’action que j’avais acheté en me disant que cette compagnie était trop grosse pour tomber et que ça allait surement repartir à la hausse. J’ai perdu mes billes cette fois-là.

    On se laisse tous emporté par nos ambitions, ou d’autres sentiments, à un moment ou l’autre et on perd certaine réalité de vue. PKP dans l’entrevue à Radio X parle longtemps de l’exemple d’Hydro-Québec, une sorte de « pouvoir infini » si on veut mais il faut se rappeler qu’il n’y a jamais de pouvoir infini, toute entreprise humaine et financière se résume assez bien dans un bilan financier. La question qui se pose invariablement c’est: Est-ce que ça vaut la peine de continuer ? Est-ce que c’est rentable ? On a beau croire que rien ne surpasse et ne surpassera jamais l’électricité au Québec, qu’il faudra toujours se chauffer… Oui mais si on produit l’électricité à .12 cents le kw et on le vend à 03 cent aux u.s.a ou aux grosses compagnies , ça nous coûte quelque chose… Si pour cette raison HQ veut me la vendre 20 cents pour rester en affaires et qu’une compagnie de gaz disons états-unienne m’offre ses services moins chers ? HQ va faire comme ma compagnie que je croyais too big to fall. Il ne faut pas trop suivre le discours de PKP, il a ses intérêts financiers à lui qui ne sont pas les mêmes que ceux des Québécois.

  6. « Ce qui m’amène à croire qu’advenant l’élection d’un gouvernement majoritaire péquiste, la résistance du Canada ne sera peut-être pas très élevée. On exigera, bien sûr, une question référendaire claire et la facture sera salée. Mais un « love-fest » comme en 1995? Don’t even think about it. »

    Selon la répartition des votes, depuis l’arrivée du candidat PKP, un gouvernement majoritaire péquiste est impossible.
    Puis… La question référendaire ne fait pas partie du programme du PQ durant cette élection. Qui a fait croire le contraire, au Canada ?…

    « Andrew Coyne trouve paradoxale pour ne pas dire farfelue l’idée qu’un Québec indépendant dispose d’un siège à la Banque du Canada, par exemple. « Qui voudrait d’un partenaire aussi instable? », se demande-t-il.
    »
    JM

    Le commentateur Andrew Coyne est un étranger, salarié anglo saxon qui vit au Canada. Qui au Québec donne une importance à son existence ?…

    « Enfin, son collègue Jeffrey Simpson rapporte que le reste du Canada en a assez des menaces. Bien franchement, dit-il, « on s’en balance ». »

    Le commentateur Jeffrey Simpson est aussi un étranger, salarié anglo saxon, qui a été schtroumfé plusieurs fois durant sa carrière. Dont les opinions sont plus près de la fédération russe de Poutine, que du Québec et l’est du Canada.
    Quelle est son utilité dans la vie ?…

    SP

    • Je pense que vous n’avez pas compris l’essence de mon blogue. C’est bien sûr que je parle des Canadiens hors-Québec! C’est le sujet de mon blogue!

  7. L article 1 du pq est dans leur programme donc dans cette election – faut etre clair si on veut un pays chers separatistes…le beurre et l argent du beurre …. Typical…
    Traiter les gens de nom sans fournir d arguments n est pas une facon de debattre mais tellement repandu au quebec….
    Quand l etranger va couper la carte de credit…. Je crois que ca va attirer votre attention

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