Une élection qui ne devait pas être

Petite réflexion du jour – Quand on pense à ça, l’élection que nous fait subir le Parti québécois de Pauline Marois ne devait pas être. Si Madame avait agi comme une véritable femme d’État, elle aurait respecté le mandat que lui avait confié la population du Québec, soit un gouvernement minoritaire.

Oh, elle a bien vendu cette idée que les deux partis de l’opposition allaient la renverser de toute façon. La vérité, c’est que son gouvernement était minoritaire. Il lui appartenait, à elle, d’agir comme un gouvernement minoritaire, de négocier avec les deux partis d’opposition une entente pour que cela ne se produise pas. C’est ça, un mandat minoritaire. Après tout, n’a-t-elle pas fait adopter une loi pour des élections à date fixe?

Si elle avait eu vraiment à coeur de résoudre la problématique des accommodements religieux, elle aurait adopté une approche pragmatique, et convenu avec la CAQ et le PLQ d’une solution qui aurait résolu 80 à 90% des inquiétudes des Québécois. Elle aurait également intégré dans son projet de loi ce que suggère Fatima Houda-Pépin en matière de surveillance des mouvements intégristes.

Si elle était sincère pour ce qui est de nettoyer tout ce qui entoure l’octroi de contrats publics au milieu de la construction, elle aurait attendu que la population entende les recommandations de la Commission Charbonneau avant de déclencher une élection. Ne dit-elle pas qu’elle ne fait pas confiance au PLQ pour mettre en oeuvre ce que Madame Charbonneau lui recommandera?

Certains (dont Gilles Duceppe lui-même) insinuent que Madame Marois aurait déclenché une élection pour s’éviter une comparution en commission parlementaire. Lisez le chroniqueur Michel Hébert, le 5 mars dernier:

Mais le glorieux bus du PQ n’avait pas fait dix kilomètres qu’on lisait sur Twitter que Gilles Duceppe jugeait que le déclenchement des élections soulageait Pauline Marois d’une comparution en commission parlementaire avec son mari Claude Blanchet pour expliquer le fameux deal entre la fiducie familiale Closerie et le Fonds de la FTQ.

Avec tout ça, les Québécois se réveilleront aux lendemains de l’élection avec une Commission Charbonneau qui se poursuivra et avec des partis à l’Assemblée nationale qui seront blâmés de malversations en matière de financement. On devra vivre avec, mais combien d’entre nous aurions souhaité que tout ce que nous apprendrons dans les jours qui viennent soit déjà connu au moment de l’élection? Permettre cela aurait été faire preuve de hauteur et de respect du citoyen.

Impossible de prévoir comment les Québécois réagiront le 7 avril. Mais en ce qui me concerne, cette élection pourrait, oui, être historique. Celle qui pourrait servir à lancer un premier puissant signal: celui de mettre fin à un cycle politique qui dure maintenant depuis plus de 40 ans.

On parle ces temps-ci que la présente campagne se résume à un campagne de peurs. La peur d’un référendum vs la peur de ne pas avoir de Charte. Je ne suis pas d’accord. Cette campagne est une campagne du rejet. D’un côté, on a plutôt des gens qui sont épuisés de la question nationale et qui veulent rejeter une fois pour toute l’hypothèque référendaire. De l’autre, le camp guidé par une élite intellectuelle en manque d’un pays imaginaire qui exige des siens de rejeter des libertés et droits fondamentaux.

On remarque également que la campagne ne porte pas vraiment sur des enjeux. Je me demande pourquoi on s’en étonne. Après tout, quand les partis politiques se ressemblent au point où ce qui les distingue véritablement porte sur la question nationale, pourquoi s’étonner qu’on verse dans la boue? Blanc bonnet, bonnet blanc, dit-on.

Quand on y pense, tant qu’on aura des partis politiques qui n’ont qu’à se distinguer sur la question nationale, quel incitatif ont-ils de se distinguer autrement? Tant qu’on parlera de référendum, qu’est-ce qui pousse nos partis politiques à parler de politique publique autrement que par un étatisme débridé? Tant qu’on n’évacuera pas les obsessions identitaires d’une certaine élite philosophique, qu’est-ce qui motiverait nos politiciens à amincir le Gouvernemaman?

Rien.

Vous voulez en finir avec ce cycle politique qui ne mène nulle part? Faites ce qu’il faut. Faites ce que vous avez fait à la dernière élection fédérale lorsque vous avez donné congé au Bloc québécois. Envoyez un signal clair au Parti québécois et mettez fin à cette Grande Production. Ce sera toujours ça de gagné. Pour ceux qui ne croient pas faire une différence à ce niveau, vous pouvez aussi voter selon vos convictions et pour les gens à la droite du spectre idéologique, vous avez avantage à prendre connaissance de ce qui se trame du côté du parti d’Adrien Pouliot, le Parti conservateur du Québec.

P.S. Pour connaître la meilleure façon d’envoyer ce signal clair, voyez comment en consultant le résultat des élections dans votre propre circonscription.

26 réflexions sur “Une élection qui ne devait pas être

    • M. Héroux, depuis l’élection de Mme Marois et son parti, ils ont toujours dirigé le gouvernement comme si ils étaient majoritaire. Lorsqu’on est minoritaire il faut composer avec les autres parti c’est à dire l’opposition, ce qu’ils ont toujours refusé de faire en ce qui me concerne.

      Tout cela pour dire que je pense comme vous. Elle a déclenché cette élection par opportuniste et sans tenir compte de ce que les gens voulaient et désiraient. Lorsque la population met un gouvernement minoritaire au pouvoir c’est qu’elle n’a pas assez confiance dans les partis pour leur donner plein pouvoir. C’est pourquoi le parti au pouvoir doit faire des concessions. Ce que Mme Marois et son gouvernement ont refusé de faire. Et par la même occasion c’est nous qui en payons le coût.

  1. J’aime bien votre article, surtout que vous mentionnez le PCQ d’Adrien Pouliot, la vrai alternative pour la droite au Québec. Les électeurs auraient intérêt à prendre connaissance de leur programme novateur.

    Dans un autre ordre d’idée, il y a présentement la mascotte Joe Dette (vu à LCN ce matin) qui arrive tout juste dans la campagne dont le seul but est de faire prendre conscience aux électeurs le niveau catastrophique de la dette publique au Québec. Dette qui pèse toujours un peu plus lourd dans la balance du budget et dont aucun des élus ne parle actuellement.

    • Dur a croire….le transfert des voix vers la CAQ se ferait surtout a partir du PQ…ce serait historiquement incroyable. Breguet dont le blog (tooclosetocall) se trouve sur le JDM trouve aussi cette possibilitée invraisemblable.

      Je me demande si les francos sont bien représentés dans le sondage de La Gazette et surtout sur combien d’électeurs porte t-il ?

      Si c’est vrai c’est un désastre pour le PQ, peu importe ce que l’on pense de la question nationale, existe t-elle d’ailleurs ?

      Peut-être les Drainville, les Block-Coté et les autres vont finir par payer le prix d’avoir encouragé la xénophobie, la haine de l’autre, l’ignorance, si cela est vrai, on pourrait parler d’un beau 7 Avril pour la démocratie.

      Ces gens seront de retour, ils vont lécher leurs plaies…

  2. A ce stade ceux qui veulent la séparation du Québec ne veulent rien savoir ou entendre sur les magouilles de financement et le droit de contester la charte qui sera très restrictives avec la clause dérogatoire.
    Les journaux sont tranquilles aucune mention car une mise en demeure flotte sur leurs têtes. En parallèle ces mêmes gens vendent des cartes pour le retour du bloc pour accélérer le processus de former un pays. Certain qui se le PQ en sortait gagnant nous retournerons 40 ans en arrière et cette fois ce sera la cours suprêm du Canada contre le peuple Québecois

    • OK c’est Forum Research….Il se sont constamment trompé et copieusement dans le passé, comme Ekos…

    • C’est vrai. Je n’avais pas remarqué qu’il venait de Forum Research. Pas trop crédible…

  3. Jean Pierre Blackburn; (Cet élection aura au moins l’avantage de nous débarrasser du gouvernement) ben voyons donc, attendez au moins au 7 avril avant de tué ce parti (on appelle sa vendre la peau de l’ours avant de le tuer! pas fort comme résonnement je vous souhaite un P.Q. majoritaire.

    Michel Héroux; si on inverse sa aurait été le même scénario pas mieux avec le P.L.Q.
    Si le Québec réélit les libéraux notre réputation de province la plus corrompu n’est pas prêt de nous lâcher.

    monique; combien de projet de loi on été déposé et tous refusé par l’opposition?? en 18 mois tu ne peut corrigé le gâchis de 9 ans de pouvoir.
    Pierre M dit; c’est un poisson d’avril et vous avez mordu a l’hameçon dommage.
    alain maronani; (encouragé la xénophobie, la haine de l’autre, l’ignorance) se sont les libéraux qui depuis 9 ans qui l’on fait, une vraie honte pour les payeurs de taxe.
    ondes courtes dit : accélérer le processus de former un pays, pas besoin le fédéral sen charge a l’heure actuelle, et retourné 40 ans en arrière serait bénéfique pour notre pays, que le fédéral nous foute a la porte pour qu’on puisse évolué enfin, et pour ceux qui ne sont pas content y a toujours l’Ontario a coté.
    Richard Sagala dit : bien dit, en ce qui me concerne c’est déjà fait et c’est au peuple maintenant de choisir pas les blogueurs.

    • a date je n’ai JAMAIS perdu une élection, car je vote pour le candidat le plus apte a me représenté dans mon compté, ce que bien des gents ne font pas. C’est sa la démocratie monsieur.

    • Moi aussi j’aurais bien aimé que la dette actuel du Québec soit un poisson d’avril, malheureusement, c’est la triste réalité que mes enfants et petits-enfants vont devoir rembourser un jour…

    • le P.L.Q. a rajouté un beau 66 milliard en 9 ans a la dette, et Mr couillard propose den rajouté 15 milliard de plus a la première année de son mandat, pour supposément relancé l’économie, et oui avec le P.L.Q. vos enfant devront remboursé la dette accumulé, bien triste tout ca.

    • Je suis d’accord avec vous. C’est pourquoi je n’ai pas voté pour PLQ ni pour PQ. Deux partis qui nous font souffrir depuis 40 ans.

    • je n’ai aucun problème avec le fait que la C.A.Q. se fasse élire, même si je suis péquiste mais de grâce pas le P.L.Q.

  4. Pingback: Chronique: Une élection potentiellement historique | Le blogue de Joanne Marcotte

  5. La C.A.Q.? c’est du pareil au même. Tous (PLQ, PQ, CAQ, QS) à différents degrés veulent toujours plus d’état alors que le problème que nous avons au Québec se situe justement là. L’État est omniprésent et gère nos vies toujours un peu plus à tous les jours. La solution passe obligatoirement par une réduction du rôle de l’état en ne concentrant ses activités que sur l’essentiel. En faire moins mais mieux. En ce moment, on fait tout mais presque toujours de travers. Ce n’est pas pour rien qu’on cumule une dette catastrophique et à voir aller la campagne en ce moment, c’est pas demain que le problème se règlera.

  6. En 2012, malgré la défaite libérale, le parti avait créé la surprise en obtenant plus de sièges que les sondages avaient prédits, sauf Forum Research.. (Claire Durand)

    L’élection en Alberta, alors que toutes les maisons de sondages avaient largement surestimé le Wild Rose party, là aussi c’est Forum Research qui avait été celui à avoir moins surestimé le Wild Rose Party et donc le plus près des résultats du scrutin.

    Les sondages Internet utilisés par Crop et Léger ne sont pas précis non plus.. Les sondages Internet sont l’avenir mais il faudra corriger certaines lacunes, dont un nombre anormalement élevé de réponses.(Claire Durand)

    D’ailleurs l’écart entre le Crop et le Léger, publiés à deux ou trois jours d’intervalles en février dernier, avait fait en sorte que Jean ‘Lapierre avait cherché à connaître les raisons de cet écart. Les chiffres de Crop donnaient 44% au « Oui »!!

    Leçon: Plutôt que de se fier aux sondages, fions-nous donc à notre gros bon sens. Pour libérer le Québec du débat souverainiste, la seule voie c’est une élection du PLQ majoritaire.

    Dans quatre ans. Adrien Pouliot aura consolidé le PC et cette fois-là, oui l’espoir pour la droite existerait dans ce Québec alors que le PQ aura été déclassé au rang de QS….

    • si tout le monde votait pour son député local favoris le résultat serait bien plus juste, les sondages ou le vote partisan ne font que faussé l’élection, les gents vote contre un parti et non pour son député de compté, le P.Q. est le parti a abattre et pourtant il est encore la, et il sera encore la le 7 avril qu’il vous en déplaise ou non, c’est au peuple a parlé le 7 avril.

  7. Il y a des élections qui revêtent un caractère particulier.. Oui le vote du 7 avril pourrait fort bien être historique.

    A situation exceptionnelle solution exceptionnelle.

    Toute ma vie je l’ai passée dans ce climat de division entre Québécois, je pense que la récréation des Boomers est terminée

    Place aux jeunes! Laissons les déployer leurs ailes.. Ils ont plein de défis captivants qui les attendent. Ne boudons plus leur plaisir!

  8. Le vote stratégique ne sert plus à rien, tout indique que le PLQ gagnera et sera peut-être même majoritaire. Un vote donne 2.50$ au parti, imaginez le Parti Conservateur du Québec avec seulement 1% des votes pourrait avoir un budget de 107 000$ pour se faire voir réellement.

    Ça c’est le meilleur argument pour voter par conviction.

  9. « Petite réflexion du jour – Quand on pense à ça, l’élection que nous fait subir le Parti québécois de Pauline Marois ne devait pas être.
    Si Madame avait agi comme une véritable femme d’État, elle aurait respecté le mandat que lui avait confié la population du Québec, soit un gouvernement minoritaire. »

    Elle a respecté le mandat des électeurs, pendant dix huit mois.
    Durant lesquels elle a haussé les impôts sur les revenus du travail de 2,240 $ l’an pour les travailleurs professionnels.
    Haussé la TSB, taxe santé Bachand, de 200 $ à 1000 $, pour certains contribuables.
    Approuvé la hausse lapidaire des tarifs de l’électricité de plus que l’inflation.
    Présenté des projets de lois mort nés, comme le 14 et le 60, selon les souhaits des libéraux.

    Puis, les libéraux sous le chef Couillard ont retiré leurs appuis au gouvernement de Pauline Marois.
    Qui ne sait pas encore que cette élection a été forcée par Phil Couillard et les libéraux ?…

    « Quand on y pense, tant qu’on aura des partis politiques qui n’ont qu’à se distinguer sur la question nationale, quel incitatif ont-ils de se distinguer autrement?
    Tant qu’on parlera de référendum, qu’est-ce qui pousse nos partis politiques à parler de politique publique autrement que par un étatisme débridé? »
    JM

    Tant qu’on aura au Québec un parti politique libéral, peuplé d’anglophones et d’immigrants qui rejettent l’intégration et carburent à la peur de la souveraineté et du référendum, pourquoi parler de programme électoral et de politiques publiques ?…

    SP

  10. Pingback: Mes "pas pires" blogues de campagne | Le blogue de Joanne Marcotte

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