Au milieu de l’éducation: De grâce, rangez vos macarons!

Chronique du lundi 31 août à Bouchard en parle du FM 93,3 – J’ai probablement été chanceuse. Du temps où j’allais à l’école primaire, le retour à l’école était un beau moment. Qui sera mon professeur? Retrouvailles des amis, cahiers et crayons tout neufs, on retrouve notre classe, nos bureaux, le bruit des casiers, les activités parascolaires.

Le retour à l’école, c’est supposé être le fun!!!

Si on se fie au Téléjournal et à la couverture médiatique de l’événement, ce sera l’horreur: « L’école publique en danger », « Le gouvernement abandonne l’école publique », « On sonne l’alarme », « Une rentrée sous le signe de l’austérité », etc.

Demain, 1er septembre, des coalitions de parents formeront une chaîne humaine autour de « leur » école publique qu’elles sentent menacées. Une chaîne humaine autour de l’école!!! Un emprunt aux lignes de piquetage peut-être? Ça dit quoi ça, à des petits enfants impressionnables de 5, 6, 7, 8 ans? Après « La planète qui pleure », mon école qui risque de disparaître?

Indécent. Insolent. Répugnant. Sacrez-leur la paix bon sang!

Ces élèves dont les syndicats prétendent défendre le qualité de l’enseignement, n’ont pas à connaître les problèmes de relations de travail entre leurs enseignants et leurs patrons et à se faire dire à quoi servent vos macarons de propagande. Ils n’ont pas non plus à servir de voie de transmission de messages à leurs parents.

Je serais curieuse par ailleurs de connaître le profil de ces parents militants qui s’associent aux centrales syndicales… Ont-ils raison de défendre les services spécialisés ou des assistants-professeurs pour élèves en difficulté? Certainement. Est-ce essentiellement une question d’argent ou de conditions de travail des professeurs? J’en doute. Si on se fie aux études, plusieurs autres facteurs sont déterminants et contribuent de façon importante au succès des élèves: le niveau de scolarité de la mère, la stabilité des équipes-écoles, la participation des parents à l’importance de l’éducation, l’autonomie des directions d’écoles à fabriquer une offre de services qui colle aux besoins du milieu, etc.

Le ministre de l’Éducation, François Blais, mettait en garde les représentants syndicaux des enseignants. Il ne faut pas perturber l’enseignement. Bien. Mais il ne faut pas non plus perturber les élèves! Si vous valorisez vraiment l’enseignement et l’école publique, vous ferez ça ailleurs! Devant le bureau du Ministre, devant l’Assemblée nationale… mais pas devant une école primaire. Ça aussi, c’est une différence entre l’école publique et l’école privée. Je le sais. L’année où il y a eu tant de grèves à l’école publique d’une de nos petites filles a été l’année où on a décidé de participer aux coûts d’une école privée. Plus belle décision de nos vies.

Le ministre Blais songe également à rehausser les exigences pour l’enseignement. Bravo! Il songe à contingenter les programmes. Encore bravo. Cela enverra un signal comme quoi nos jeunes Québécois méritent la crème de la crème. Il lui reste à proposer des moyens concrets pour assurer une stabilité du personnel enseignant et à procéder à un changement de culture important dans les établissements.

En gros, ça prend un patron. Quelqu’un qui évalue, embauche et qui peut congédier. Tous ne sont pas faits pour enseigner et tous n’ont pas ce qu’il faut pour diriger une école. Dans un monde où personne n’est responsable, où c’est la commission scolaire qui décide de tout, où tout devient une corvée à saveur bureaucratique, où les priorités des milieux sont sacrifiés à l’hôtel de l’uniformisation des processus administratifs, peut-on seulement imaginer qu’on mérite mieux? Au ministre de régler ça: autonomie, souplesse, liberté d’établir des liens et de faire participer le milieu et la communauté, relation privilégiée entre la direction de l’école et les parents dans les cas extrêmes, etc.

Malgré tout ça, ce n’est pas la catastrophe dans nos écoles primaires et secondaires. Je prétends même qu’il y a là des milieux de vie extraordinaires où les jeunes découvrent le monde, explorent leurs talents dans des activités parascolaires, apprennent les matières de base qu’ils porteront en eux tout au long de leur vie. Ce à quoi nous assistons maintenant n’est qu’une tempête savamment orchestrée pour soutirer le plus d’avantages possible en cours de négociations de conventions collectives.

La balle est donc dans le camp du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux pour ce qui est de la négociation des conventions collectives et du ministre de l’Éducation François Blais pour ce qui est d’accoucher de la vision « libérale » de l’école. On va donc se souhaiter que tout ça se règle rapidement et que cela soit bien ficelé, parce que bien franchement, si cela ressemble au projet de loi 59 de la ministre Vallée, projet de loi qui porte sur le discours haineux, on est pas sortis du bois.

À lire également, un texte de Mario Roy: La Gloire de mon père.

13 réflexions sur “Au milieu de l’éducation: De grâce, rangez vos macarons!

  1. «Indécent. Insolent. Répugnant. Sacrez-leur la paix bon sang!» Voilà l’essentiel et l’important à retenir et surtout à mettre en pratique à l’égard des écoliers à la rentrée… Bravo Joanne

  2. C’est vrai que beaucoup parmi cette jeune génération d’écoliers se comportent en militants et en revendicateurs; je me demande-bien où ils ont appris cela…
    L’État providence (gouvernemaman) va demander à qui de payer pour ces avantages réclamés à hauts cris par les syndicats?
    L’endettement public est tel que ce ne sont pas les enfants au primaire présentement qui vont devoir payer pout tout cela, mais leurs propres enfants à naître dans 15-20 ans!
    Quel gâchis!

  3. « Ça dit quoi ça, à des petits enfants impressionnables de 5, 6, 7, 8 ans? Après « La planète qui pleure », mon école qui risque de disparaître? » Cette stratégie syndicale d’avoir recours aux enfants rappelle la sinistre jeunesse hitlérienne qui sous couvert de formation, ne faisait que préparer les jeunes Allemands à devenir de parfais nazis…

    • Jamais très sage de comparer nos syndicats à des stratégies nazies. Cela dit, il ne fait aucun doute dans mon esprit qu’il est grand temps d’isoler les enfants de la propagande syndicale québécoise.

  4. Je viens de lire une statistique RC (lien antagoniste.net) sur le taux de fréquentation des écoles privées dans les provinces canadiennes.

    C’est au Québec que le taux est le plus élevé (12%)… serait-ce à dire que le réseau des écoles publiques dans les autres provinces offrirait une qualité d’éducation supérieure??

    C’est quoi le secret?? Ne comptons surtout pas sur les bureaucrates syndiqués québécois pour s’en inspirer… notre modèle québécois nous distingue, c’est cela qui compte, peu importe que ce soit dans la médiocrité.

    La société québécoise se retrouve enfermée dans un cercle vicieux.. l’état providence a accouché d’une cohorte d’enfants-rois devenus adultes.. qui ne veulent rien céder sur leurs privilèges..

  5. Un commentaire que je viens de recevoir d’un ami qui ne veut pas s’identifier:

    Salut Joanne,

    Merci pour ton article. J’étais en beau maudit de voir les profs avec leurs t-shirts syndicaux ce matin lors de la rentrée de mes 2 plus jeunes en 1ère et en maternelle. En plus, les profs reviennent de 2 mois de vacances… De plus, comme contribuable, je n’ai pas les conditions que je dois leur payer…
    Comme je ne veux pas nuire à mes enfants, j’ai fermé ma gueule

    A+

    Moi: Il va falloir à un moment donné que les enseignants arrêtent de « fermer leur gueule » s’ils ne veulent pas subir le discrédit que leur impose leurs représentants syndicaux.

  6. Les enseignants en se taisant se font complices.. délibérément??

    Et si c’était que le discrédit qu’ils subissent les indiffère… leur intérêt l’emportant sur celui des enfants..

    Ils n’ont pas le « gun » sur la tempe.. qui ne dit mot consent..

    C’est ce qui arrive quand l’éthique fout le camp… beaucoup de professionnels au Québec se font de moins en moins de scrupule à déroger aux règles éthiques de leur ordre… .

    Comment une société peut-elle espérer progresser avec une élite qui a perdu tout sens de l’honneur?

    Quand un parent se voit forcé d’accepter, par peur de représailles, un comportement condamnable de la part de ceux à qui il confie l’éducation de ses enfants, je pense qu’il est trop tard…

    Les Québécois semblent encore porter en eux l’esprit de mortification, relent de notre passé clérical.

    On subit en silence… victime un jour, victime toujours??…

  7. Je sais que dans certains états américains, le homeschooling ou instruction à domicile a gagné en popularité. La situation varie au Canada d’une province à l’autre. Voici quelques liens sur le sujet
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Instruction_%C3%A0_domicile#Am.C3.A9rique
    http://ontariohomeschool.org/
    http://homeschoolcanada.ca/

    Il y a quelques inconviénents mais il y a un gros avantage qui est un gros inconviénent pour les centrales syndicales…😉

  8. Pingback: Chronique: Rentrée scolaire et effets pervers du syndicalisme dans nos écoles | Le blogue de Joanne Marcotte

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