Commission Charbonneau – Le mot-clé devrait être « concurrence »

Écoutez également ma chronique au FM93,3 – Perplexe. Voilà le mot qui me vient lorsque je prends connaissance des recommandations de la Commission Charbonneau et de la dissidence du commissaire Renaud Lachance quant au lien indirect  entre le financement des partis politiques provinciaux et l’octroi des contrats dans le secteur de la construction.

Si le commissaire Renaud Lachance ne pouvait se résoudre à admettre un lien direct entre le financement d’une compagnie X à un parti Y, et l’octroi d’un contrat Z, comment peut-on au moins ne pas admettre que les grands argentiers du PLQ de l’époque avaient contraint plusieurs entreprises à contribuer aux caisses électorales de leurs ministres (dont l’objectif était d’amasser $100,000 par année!) en échange de quoi ils s’inscrivaient sur une liste de gens « connus » et « qualifiés » pour obtenir des contrats du gouvernement en place? Mystère…

Comment ne pas rester sur sa faim lorsqu’on constate qu’on a à peu près évacué toute notion de blâme. En toute québécitude, personne ne sera responsable, personne ne paiera, à part les dénonciateurs qualifiés de courageux par la juge Charbonneau elle-même. Peut-on faire confiance à l’UPAC pour faire aboutir des enquêtes qui selon ce qu’on apprend dans La Presse, s’impatiente de la lenteur avec laquelle le Directeur des poursuites criminelles et pénales décidera de déposer ou non des accusations formelles? Occupés dans la « re-structurite », nous dit-on du côté du DPCP…

Les Québécois auraient raison de se croire mal servis par leurs institutions. Si on se fie aux recommandations de la Commission Charbonneau, il y a pas mal de monde qui n’ont pas fait leur job: l’Agence du revenu du Québec, le Bureau de la concurrence du Canada, l’Ordre des ingénieurs du Québec, l’Office des professions du Québec, la Commission municipale du Québec, les vérificateurs généraux des municipalités tout spécialement, la Direction générale des élections… Tous ces gens ont failli à leur devoir de protéger le public.

Et au cas où vous l’auriez oublié, on paie pour tout ce beau monde qui ont choisi d’ignorer le problème, qui y ont participé activement et dans le pire des cas, qui s’y sont enrichis.

Un mot-clé: Concurrence

Soixante (60) recommandations sont proposées par le rapport de la Commission Charbonneau qui, au passage, n’a pas de sommaire exécutif… Le gouvernement, par la voix de Jean-Marc Fournier, nous dit que le rapport recevra toute l’attention requise.

Si c’est le cas, un mot-clé devra guider l’action gouvernementale. Ce mot est « concurrence ».

Parce que tant qu’on colorera les spécifications des appels d’offres pour correspondre à des fournisseurs spécifiques choisis à l’avance, tant qu’on aura comme critère prépondérant l’obligation de « faire affaire » avec des fournisseurs du Québec Inc., tant qu’on n’ouvrira pas l’offre à une diversité de fournisseurs et qu’on aura un régime de main-d’oeuvre dans le domaine de la construction aussi réglementé et aussi rigide, on pourra s’attendre encore des années à ce que le Québec soit parmi ceux qui paient le plus cher pour ces projets d’infrastructure, incluant les systèmes informatiques.

En bout de piste, voilà ce qu’était le but de la Commission Charbonneau: comment nous assurer que le contribuable québécois en avait pour son argent.

13 réflexions sur “Commission Charbonneau – Le mot-clé devrait être « concurrence »

  1. Prévisible. On a nommé une juge et on a fabriqué un gros et mauvais travail de recherche qui aurait mérité une note de  »très médiocre dans mes années ou on était encore évalué. 45 millions pour un bottin téléphonique , c’est comme dans certaines écoles, on paie à la livre et à l’épaisseur. Plus on remplit de cahiers aux examens, meilleurs on est ….

  2. La commission Charbonneau à été institué par le Partie Libéral , pour le partie Libéral est ses sympathisants ( sic ) comment la résultante peut ‘elle surprendre les quidams que nous sommes.
    Du pain et des jeux ..disait l’autre , les siècles se suivent et se ressemblent ! C’est sans doute la seule référence au passé que nous pouvons confirmés . Depuis la nuit des temps l’or à préséance sur tout ce qui ne brille pas.

  3. Il n’y a pas de lien direct entre un financement politique et un projet puisque les projets passent par le plus bas soumissionnaire. Le problème est ailleurs soit d’être mis au courant d’avance qu’un projet va venir ou d’amener les politiciens à lancer un projet dans notre region plutôt qu’ailleurs.

  4. La source du problème, c’est que le gouvernement est trop gros.
    A mon avis la commission Charbonneau ne met même pas le doigt sur le bobo.
    Les ramifications sont telles et les gens qui y travaillent sont tellement nombreux qu’ils se sont dotés d’un espèce de système  »No Fault » et personne de l’extérieur y peut changer quoi que ce soit.
    Donc si le gouvernement revenait à ses réelles missions de base, il y aurait bien moins de monde pour piger dans le plat de bonbons et les personnes qui le feraient seraient bien plus exposées au regard de tous, donc seraient moins tentées.

  5. Joanne met le doigt sur le bobo.. la concurrence.

    La concurrence restera étouffée tant qu’on amalgamera nationalisme et économie..

    Malheureusement ce n’est pas demain la veille que nos politiciens vont avoir le courage de s’attaquer de ce protectionnisme qui découle de la peur de voir « notre peuple » disparaître.

    Force est de reconnaître les préjugés favorables pour tout ce qui est « québécois » de nos institutions, à nos artistes à nos entreprises made in Québec.. tels les Accurso, Bombardier, Coutu, Québécor, FTQ. Davie…

    Nos canards boiteux pourront toujours s’appuyer sur la béquille gouvernementale pour leur survie.. La loi du marché n’a pas la cote au Québec et les syndicats veillent au grain..

    Cette mentalité qui tue l’ambition est aussi présente dans notre système d’éducation.. Valoriser l’effort, le dépassement de soi va à l’encontre de notre société égalitaire.

    Lise Payette organisera sous peu un rassemblement pour « exiger » de nos gouvernements la parité hommes|femmes.. sans égards aux compétences..

    Comme dirait l’autre, on a encore des croûtes à manger avant de voir la corruption éradiquer sans aborder le problème à la source.. les monopoles d’États sont des terreaux fertiles à la corruption.

    On ne s’est pas préparé au choc démographique qui s’annonce.. On vit sur notre nuage.. Sans esprit de sacrifice, ce système vicié finira par nous appauvrir irrémédiablement.

    .

  6. «tant qu’on n’ouvrira pas l’offre à une diversité de fournisseurs et qu’on aura un régime de main-d’oeuvre dans le domaine de la construction aussi réglementé et aussi rigide, on pourra s’attendre encore des années à ce que le Québec soit parmi ceux qui paient le plus cher pour ces projets d’infrastructure, incluant les systèmes informatiques.»

    Là vous mettez le doigt en plein sur le bobo Joanne. Les innombrables réglementations dans le domaine de la construction ont pour effet d’éliminer la compétition (notamment celle venant de l’extérieur), créant ainsi des petits royaumes et monopoles un peu partout. Tant que le Québec restera ce petit marché hermétique, fermé et sur-réglementé les problèmes subsisterons, la collusion, le copinage et le marché noir resteront florissants. Pour que ça change je ne retiendrai pas mon souffle mettons…

    Pour L’informatique je crois que c’est un peu différent, là on parle de copinage et carrément d’incompétence, les projets complexes sont ingérables pour une fonction publique irresponsable (qui modifie les spécifications en cours de projets sans conscience réelles des coûts), non imputable et peu productive. Les projets dérapent, les échéances s’allongent et les coûts explosent. En cours de route il y a des réorganisations, les gestionnaires changent et c’est un bordel dont on en sort plus, au final bien les projets avortent après avoir dépensé des fortunes.

  7. Une société riche c’est une société socialiste (Alexandre Taillefer)

    Il est en campagne de promotion pour ses taxis électriques et pour ce faire quoi de mieux que l’intervention de l’État??

    Et pendant ce temps on pouvait lire cette semaine que les Tesla (voiture électrique dont Julie a fait la promotion) sur le marché depuis 2012 ont toutes été rappelées..

    Notre cause est désespérée!

    A gauche toute!

    • Je pense que M. Taillefer soutient le socialisme pour les riches comme Bombardier, c’est-à-dire, subventions, financement de l’État au profit d’entreprises amies des politiciens, etc.

      Ce qui ne marche pas dans le modèle Québécois, c’est justement cela et les privilèges du secteurs publiques alors qu’une social-démocratie efficace prendrait soin d’abord des pauvres et assurerait le bon fonctionnement du système économique par la concurrence et des lois pour la transparence, contre la fraude et par un État qui administre la justice, la police et les prisons. L’État ne doit pas sélectionner les gagnants au Québec mais laisser le meilleur gagner en autant qu’il ne triche pas.

      Pour l’auto électrique, elle va s’imposer quand la technologie sera à point pour notre climat Québécois et qu’elle sera fiable et plus abordable.

  8. Les monopoles étatiques sont l’essence de la corruption. Privatiser le plus de « missions » étatiques et vous éliminerez la corruption à 90%.

    Bien sûr, il y a des missions étatiques qui ne se privatisent pas. Pour celles-là, il faut déréglementer et ouvrir au plus grand nombre de concurrents possibles les contrats publics et surveiller la qualité des produits.

  9. Le Québec est un gros village…qui se prend pour un pays, mon client de maintenant, peut-être demain mon patron, mon compétiteur mon employé bientôt, et, etc, monopoles syndicaux sur les chantiers, le mètre linéaire de trottoir 400 % plus cher à Montréal qu’a Toronto, les éoliennes en Gaspésie 70 % plus chères que partout au monde. Dés que Hydro a tenté de se fournir en pylones au Texas, Drainville et PKP se sont mis à hurler pour la défense des joyaux, les entreprises locales qui ne font aucun effort d’exportation….se sont mises à hurler…le dossier du médecin, il y a des solutions clés en main qui fonctionnent aux USA, a Singapour…on fait local, on ré-invente tout, avec les indispensables ‘partenaires’, 1 milliard de $ plus tard…rien…

    Ainsi va le Québec…

    Je gratte ton dos, tu grattes le mien, nous remplissons nos caisses…rien ne changera.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s