Bordel informatique et dépendance envers les consultants

BordelInformatique_YGreckÉcoutez également ma chronique au FM93,3 sur le sujet

La semaine dernière, la Vérificatrice générale du Québec déposait un rapport portant sur les Contrats en technologies de l’information. Pour les uns, ce qu’on y lit est scandaleux alors que pour les autres, le scandale est plutôt dans l’inaction gouvernementale de la dernière décennie. Dans les faits, ce que rapporte la VG, tous les employés du gouvernement qui travaillent dans les technologies de l’information en sont parfaitement conscients.

Je vous dis ça parce que dans une autre vie, j’étais parmi eux. Diplômée en informatique de génie, j’ai réalisé des projets informatiques à la CSST et à la SAAQ à titre d’employée du gouvernement, puis, par la suite, à mon compte comme pigiste d’une firme externe bien connue. C’est donc avec une double perspective – celle de l’interne et celle de l’externe – que les conclusions de ce rapport me sont familières.

La VG décrit ni plus ni moins la dynamique de travail dans les directions informatiques du gouvernement, ministères et organismes, et relate ce qui lui paraît inacceptable:

  • Des analyses de besoins définies par des ressources externes (des consultants)
  • Des critères dans les appels d’offres qui favorisent un fournisseur plutôt qu’un autre; une compagnie plutôt qu’une autre (donc, on étouffe la concurrence)
  • La pondération des critères dans les appels d’offres qui élimine la concurrence, particulièrement lorsque ces critères ne sont pas respectés une fois le contrat obtenu (on exige des profils spécifiques avec des compétences spécifiques, avec des années d’expérience, des connaissances dans les systèmes spécifiques, des technos spécifiques).

Bref, pour qui a déjà participé à un comité de sélection de fournisseurs de services professionnels, la participation des consultants à toutes les phases du processus fait partie des moeurs et n’a rien d’inhabituel. Côte à côte, ressources internes et externes participent à la définition des besoins, aux architectures de système, aux spécifications des produits et systèmes, jusqu’à la rédaction des appels d’offres. L’équipe externe étant souvent très présente dans les phases de réalisation des projets, des essais et d’implantation des systèmes, il n’est pas rare que les ressources internes qui héritent des livrables soient complètement ignorantes et non qualifiées pour assurer la maintenance du projet. On gardera donc, sur le plancher, une couple de ressources externes et on procédera – peut-être – à un transfert d’expertise.

J’y ai vu, par exemple, un chargé de compte d’une firme externe me dire: « Ouin. Pas mal d’ouvrage au bureau pour remplir des cahiers de soumissions qui n’ont aucune chance d’être sélectionnés ». Le directeur du département de l’agence gouvernementale lui avait confié en toute transparence: « Écoute, ça me prend plusieurs soumissionnaires. Peux-tu me rendre service? T’auras pas ce contrat-là mais je te promets le suivant. » C’était aussi simple que ça. On a des budgets de développement de projets, on sait très bien que le personnel interne ne suffira pas, et on s’organise pour répartir les sommes à des firmes « amies », préférablement celles du Québec Inc. bien connecté.

J’ai vu des architectes externes au profil très convoité qui étaient suggérés sur à peu près tous les appels d’offres. Le moment venu, c’était quelqu’un d’autre qui arrivait et qui facturait au même tarif.

À titre de pigiste, et en passant par des firmes externes qui obtenaient les contrats, j’avais le bonheur de pouvoir travailler sur des projets excitants. Je facturais la firme externe qui à son tour, refacturait le gouvernement en y ajoutant un 30, 40, parfois 50%. (N’y a-t-il pas moyen de creuser ça un peu?)

Et puis il y a ces fameux retraités qui partaient plus tôt avec leurs banques de congés de maladie (d’environ 1 an, 1 an et demi), qui allaient faire une partouse de golf pendant un an, puis qui revenaient comme consultants dans la même boîte.

Il y a bien longtemps de ça… mais en lisant le rapport de la VG, je n’ai aucune raison de croire qu’il n’en est pas encore ainsi, d’autant que la VG en rajoute et donne des exemples. À l’article 101 de son rapport, elle raconte qu’au Ministère des ressources naturelles,

une seule des 21 personnes proposées dans la soumission a travaillé à la réalisation de travaux reliés à un contrat de 3,6 millions de dollars. L’expérience et la pertinence de ces ressources comptaient pour 80 % de la note pour la qualification de la firme.

Inéquitable envers les firmes qui ont souffert d’une telle pondération injustifiée, conclut-t-elle. C’est le moins qu’on puisse dire. À l’article 115:

Nos travaux font ressortir que, sur une période de un an, il y a eu quatre ressources externes qui ont travaillé simultanément pour des firmes différentes (de deux à cinq firmes), et pour plusieurs entités vérifiées.

Pas pire, celle-là, non?

À propos de la dépendance envers des ressources externes (consultants)

 Ce qui nous amène à la fameuse question de la dépendance des ministères et organismes envers des ressources externes, omniprésentes à toutes les étapes du déploiement des systèmes et technologies de l’information au gouvernement.

Je vais vous le dire carrément. Je la comprends. Je la comprends dû à mon expérience personnelle qui est celle d’une informaticienne qui s’est vu obligée de quitter son emploi permanent pour se joindre à des équipes de consultants, si elle voulait travailler sur des projets stimulants. De quelqu’un qui, après quelques années comme pigiste se fait convoquer par un Directeur de services informatiques qui m’offre une charge de projet. « Mais pourquoi préférer un pigiste externe pour ce poste? », lui ai-je demandé? Sa réponse: « Parce que je n’ai personne dans mon équipe qui veut la job. »

Détrompez-vous. Il n’a pas dit qu’il n’y avait personne dans son équipe qui était en mesure d’occuper le poste. Seulement, personne à l’interne ne voulait la job. Exigeante, une charge de projet. Heures supplémentaires, fins de semaine à faire des essais de système…

Le comble? Aujourd’hui, on peine même à trouver des personnes à l’interne qui sont intéressées à participer à des comités de sélection (de fournisseurs de services professionnels). C’est pas peu dire. Voici ce que raconte la VG dans son article 69:

Il y a peu de personnes intéressées à participer au comité de sélection, entre autres parce que la charge de travail pour évaluer les soumissions dans le domaine des technologies de l’information est importante (appels d’offres complexes et volumineux).

Ayoye! Il est là, le vrai scandale, si vous voulez mon avis.

Parce que cette dynamique de dépendance envers les consultants externes, elle repose sur des fondations que personne ne remettra en question:

  • la permanence des ressources informatiques à l’interne de qui on ne peut rien exiger
  • l’incapacité de congédier une ressource qui n’a pas le profil de l’emploi (celui qui nécessite une insatiable soif de renouveler ses connaissances et d’être à jour)
  • une complicité entre le gouvernement et des firmes externes dont le chiffre d’affaires repose en grande partie sur des contrats gouvernementaux

Quand on est plus attaché à la permanence qu’à sa job, quand on est plus attaché à ses conditions de travail qu’à occuper un poste stimulant, quand on préfère le confort de la routine plutôt qu’une dynamique d’apprentissage continu, c’est ça que ça donne.

Enfin, imaginer que l’ajout de règles, de suivi et de contrôle puisse changer cette dynamique m’apparaît également un brin illusoire même si cela contenterait la VG, protégerait les arrières des responsables à l’interne, et rassurerait les bureaucrates.

À sa défense, le président du Conseil du trésor Martin Coiteux, lui-même responsable des technologies de l’information du gouvernement, a pondu un plan d’action en juin dernier dont les mesures doivent être mises en oeuvre de juin 2015 à mars 2018. On y retrouve quelques-unes des recommandations de la page 37 du Rapport de la Vérificatrice générale.

Parmi ces mesures, on y retrouve la mesure #13 – Ajouter des effectifs. Difficile de recruter des informaticiens, selon les syndicats? Il faudra bien mieux les rémunérer, clament les syndicats? Pas vraiment. Heureusement – ou malheureusement – l’État québécois a une force d’attraction encore exceptionnelle.

En effet.

Contre toute attente, le gouvernement a reçu dix fois plus de candidatures que le nombre de postes à combler afin de dénicher de nouveaux fonctionnaires pour travailler en informatique. Finalement, personne ne devait autant s’inquiéter, puisque des milliers de personnes veulent se joindre à la fonction publique.

Québec a reçu 5286 candidatures, selon les données compilées par le Conseil du trésor. De ce nombre, 2286 (43 %) ont plus de dix ans d’expérience. – Jean-Nicolas Blanchet, Journal de Québec

DIX FOIS PLUS de candidatures!!! Ce n’est pas rien. Le gouvernement dépense des sommes gigantesques en technologies de l’information à chaque année. Peut-on espérer qu’avec ce sang neuf, on pourra redynamiser les moeurs des fonctionnaires à l’interne et injecter des expertises de pointe qu’on ne sera plus obligé de solliciter de l’externe? Enfin, espérons qu’au bout du compte, il y aura des instruments de mesure qui pourront nous confirmer qu’on en aura plus pour notre argent.

On verra ça en 2018.

23 réflexions sur “Bordel informatique et dépendance envers les consultants

  1. J’ai les pieds de chaque coté, construction et technologie. Et je sais que c’est bien pire dans la technologie que la construction. On a fait les gorges chaudes avec le commission Charbonneau. Mais si on fait pareil dans la technologie, ça ne va pas être très beau à voir. Il y a eu des centaines de millions mis dans la construction. Mais à la fin il y a un livrable. Dans la technologie c’est à coup de milliards. Et souvent aucun livrable utilisable. Quelqu’un se souvient du registre des armes à feu…

  2. Malheureusement Madame Marcotte, le cancer n’est pas confiné aux TI mais généralisé.
    Les dés sont pipés d’avance, quand on cherche à faire affaire avec le gouvernement ou ses monopoles commerciaux (Hydro0Québec, SAQ, etc.).
    Par exemple (réel); on (le gouvernement) réussit à amalgamer à l’intérieur du même appel d’offres un système de géothermie pour un Cegep, un système de chauffage à biomasse pour un hôpital, changer les fenêtres dans une autre école, installer une nouvelle unité de stérilisation dans un hôpital d’une autre vile et peinturer des locaux encore dans une école.
    Combien d’entrepreneurs possèdent les ressources et les compétences pour réaliser de tels contrats si disparates, qui s’élèvent à plus de $100 millions?
    Le Boy’s club est très restreint, et de plus ceux-ci ne font affaire qu’avec leurs ‘amis’.
    Donc impossible pour un petit entrepreneur de dénicher quoique ce soit auprès du gouvernement pour espérer grandir un peu.
    Des exemples comme cela. je pourrais vous en décrire 200.
    La solution à mon avis: un gouvernement plus petit et moins présent à régenter nos vies, donc plus facile à surveiller.

    Hors propos: de nouvelles taxes s’en viennent, sous prétexte que seul les gouvernements peuvent nous sauver contre un réchauffement de la planète, mais avec notre argent, bien sûr!

  3. Fait 7 ans chez Hydro.

    Faut bien que quelqu’un travaille dans ces organismes. Qu’il y ait quelqu’un d’intéressé à la réussite du projet. Quelqu’un qui veut apprendre et maitriser la nouvelle technologie.

    Quelqu’un qui sait autre chose que le nombre d’années, mois, semaines et jours avant la retraite…

    Otez tous les consultants: le gouvernement sera encore plus boiteux que maintenant.

    Et c’est, à peu de choses près, la même chose au Fédéral.

  4. Joanne, est-ce particulier au Québec que toutes ces incohérences dans la fonction publique?

    C’est décourageant et à se demander comment il se fait que le Québec puisse garder la tête hors de l’eau avec un tel système vicié

    Le nationalisme économique dans tous ses états!

    • Je ne connais pas de grosse entreprise privée où l’on assure la sécurité d’emploi. Tu as la sécurité d’emploi dans l’entreprise privée si tu performes et si la compagnie fait des profits, syndicats ou non…… La raison pour laquelle les grosses entreprises sont grosses c’est qu’elles prennent les décisions qui s’imposent quand elles doivent le faire. Ils doivent prendre les bonnes décisions car ils sont jugés par les actionnaires, non par des «ti-clins» qui croient toute la «bullshit» qu’on leur prêche durant les campagnes électorales sans tenir compte qu’il y a quelqu’un qui va payer pour ces promesses….. ….Un gouvernement qui gère mal l’argent n’a qu’à lever des impôts, ou comme c’est malheureusement le cas, emprunter des institutions financières……c’est ce qui s’en vient au Fédéral….

  5. Je ne comprends pas pourquoi vous défendez encore Coîteux? Il se traîne vraiment les pieds dans ce dossier. C’est pas en 2018 qu’il faut agir, c’est maintenant.

    • Hugo: Coiteux est celui qui a demandé à la VG de vérifier ce qui se passait, côté Contrats informatiques. Ils ont été élus en 2014. En juin 2015, le Conseil du trésor a pondu un plan d’action allant de juin 2015 à 2018. Selon lui, il agit maintenant.

  6. Bonne réflexion… Toujours le même problème au gouvernement…trop d’employés et trop d’incompétents qui sont tolérés et mis sur des tablettes…plutôt que d’être congédiés. On change les gouvernements et c’est toujours pareil…..Quand quelqu’un va-t-il se décider à embaucher une ou des firmes extérieures pour vraiment faire une restructuration, même si ça coûte quelques milliards pour le faire….?? L’enjeu en vaut la chandelle…..Si seulement on baissait le nombre d’employés d’une trentaine de mille (30,000) , le gouvernement épargnerait des milliards chaque année….et je suis certain que le service aux citoyens n’en serait pas diminué puisqu’il laisse déjà beaucoup à désirer avec tous les formulaires inutiles et encombrants à remplir…..

  7. Le fourbis des systèmes informatiques de grandes institutions ,privées et gouvernementales à comme base l’incompréhension des spécialistes en la matières et du manque de connaissances techniques des décideurs financier .Le langage propre à un domaine devient la bête noir de l’autre !

    Qui plus est , celui qui n’y comprend pas grand chose simule une connaissance inexistence pour ne pas perdre la face. Cette situation est amplifiée quand il est question des mandarins du pouvoir , leurs décisions n’ayant pour la plupart aucune incidence directe sur la remise en question du poste qu’ils occupent ! C’est la faute de tout ce qui bouge autour d’eux ,ils ne peuvent tout connaître et patati et patata ….

    Pour votre information M. Brisson la presque totalité des ministères donnent des contrats à des firmes extérieures , le problème est que ce sont toujours les mêmes et que certaines de Montréal , des spécifications propre à chacune doivent répondent au  »tender’s  » . De plus , ils passent par Montebello pour se rendre à Québec.¨ ce qui permet d’étirer la sauce et favorise la facturation . Si en plus votre frère ou votre mère est membre des divins mandarins , vous êtes tigidou … And the show must ……..

    • Je crois que vous avez mal compris ma note ou peut-être n’ai-je pas été assez explicite. Je ne parlais pas de donner plus d’ouvrage à l’extérieur; ce que je voulais dire c’est que le gouvt. devrait engager des firmes extérieures pour réorganiser tous les ministères….autrement dit une vraie ré-ingénierie de l’état comme le proposait J. Charest durant la campagne électorale de 2003 et qu’il n’a jamais faite après avoir été élu. Je ne sais pas comment fonctionne la machine gouvernementale et je crois que le gouvernement ne le sait pas non plus…… Il faut que le travail soit réorganisé et ce n’est pas en demandant aux fonctionnaires que ceci peut se faire puisqu’ils vont tous protéger leurs territoires et c’est normal. Ils sont trop proches de l’arbre et ne voient pas la forêt….C’est la raison pour laquelle je dis que l’on pourrait diminuer la taille de l’état d’au moins 30,000 personnes. Je crois que de taponner avec une augmentation de 3% du salaire sur une période de cinq ans n’est pas honnête envers les employés puisque le vrai problème n’est pas là……Ils ne sont pas surpayés; ils sont trop nombreux…Il ne faut pas oublier que 3% ne couvre même pas l’inflation et en plus ils devront payer de l’impôt sur ce 3%…..C’est un peu une risée………. Il ne faut pas oublier qu’une bonne partie de cette fameuse inflation est causée par notre propre gouvernement avec des augmentations déguisées de toutes sortes…..en essayant de nous faire croire que c’est de la bonne gestion…..Une saine gestion c’est quand tu réussis, ou au moins tu te donnes le défi de manger l’inflation, non pas de la suivre ……..ce qui est une gestion pleutre…..

  8. Un commentaire reçu en privé de quelqu’un dans le milieu que je reproduis ici:

    Pour ce qui est des 5600 candidatures pour les 500 postes offerts par le gouvernement, ce chiffre ne m’étonne guère. Cette abondance a été provoquée par le gouvernement lui-même qui a littéralement étranglé le marché avec son « austérité » (austérité qui existe vraiment en informatique, les appels d’offres sortant au compte-goutte depuis 18 mois). Plusieurs professionnels de l’informatique sentent une grande insécurité depuis un an et n’hésitent pas à se porter candidat. D’ailleurs, la majorité de ces 500 postes ne sont pas réellement nouveaux, ils étaient affichés depuis des mois ou ils étaient vacants, les organismes étaient résignés à ne pas les afficher car ils savaient que les candidats étaient rares. Ce ne sont pas de nouveaux besoins. Et pour vraiment assurer que l’expertise demeure à l’interne, ça en prendrait au moins 4 fois plus que ça! Et si le gouvernement avait affiché ces 500 postes il y a deux ou trois ans, laissez-moi vous dire que ça ne se serait pas bousculé aux portes comme on vient de le voir!!

    Les « heureux élus » vont déchanter rapidement, surtout ceux qui ont plus de 10 ans d’expérience. Plusieurs d’entre eux ne pourront faire reconnaître plusieurs de leurs années d’expérience pour se positionner à un échelon salarial intéressant. Les plus « chanceux » de ceux-là obtiendront l’échelon maximal dès leur entrée et comprendront rapidement que malgré ça, ils devront revoir leur budget familial (pas mal à la baisse) pour les 5 prochaines années. Fini Punta Cana à chaque hiver et l’école privée pour ses enfants! Parlant vacances, ils vont aussi découvrir que leurs dates de vacances vont dépendre largement des décisions de leurs collègues ayant plus d’ancienneté. Certains de ces nouveaux fonctionnaires ne resteront qu’un an ou deux, dès qu’un emploi semblable va s’ouvrir dans une compagnie d’assurances ou toute autre entreprise privée qui n’est pas une firme de consultants, ils vont quitter l’enfer de la fonction publique.

    Ceux qui vont rester seront loin d’être les plus compétents du domaine. Oh, je ne dis pas que tous les informaticiens de la fonction publique sont incompétents ou des tire-au-flanc, j’en connais plusieurs qui sont exactement le contraire, des personnes dévouées et passionnées, mais avec le temps, on dirait qu’une bonne partie d’entre eux devient improductifs. Blasés? Je sais pas. Y a aussi le fait que lorsqu’un fonctionnaire est plus productif que la moyenne, il aura tôt fait de se faire dire par quelqu’un de mettre son frein à main!!! Ça nuit aux autres! Car c’est bien connu, les fonctionnaires se doivent d’être solidaires!! Un vrai éteignoir à passions!!

    Et que se passera-t-il lorsque le marché reprendra dès que le gouvernement va relancer ses appels d’offres? Parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoire, ce n’est pas avec ses 500 « nouveaux-pas-si-nouveaux-que-ça » postes de professionnels de l’informatique que les ministères et organismes vont pouvoir assurer la pérennité de leurs systèmes désuets à souhait.

  9. L’autre partie de son commentaire:

    Pour finir, voici le pourquoi on n’a pas fini de voir la sous-traitance très présente dans l’informatique gouvernementale;

    Depuis quelques années et pour les prochains 5 ans (on peut même dire 10 ans), les ministères et organismes publiques doivent impérativement moderniser leurs systèmes informatiques. La plupart sont désuets, ils utilisent des technologies obsolètes et ils sont difficilement adaptables au web 2.0. Et comme la technologie évolue très rapidement, tout projet d’envergure doit être réalisé dans un délai de 3 ans entre l’étude préliminaire des besoins et sa livraison finale.

    Option 1 : Tout à l’interne. Cette option permet à l’organisme d’étendre les coûts de développement sur plusieurs budgets annuels. Ça assure aussi que l’expertise demeure à l’interne. Puisqu’on devra limiter le nombre de ressources pour ne pas se retrouver avec plusieurs personnes avec une permanence, cela repousse la date de livraison d’au moins un an peut-être deux.

    Option 2 : Tout à l’externe. Des contrats forfaitaires, quelque chose qui a pratiquement disparu au gouvernement depuis 5 ans, c’est le rêve de Martin Coiteux que ça revienne. Le problème avec ça, c’est que le client doit avoir défini clairement ses besoins avant de lancer son appel d’offres. Si c’est mal fait, ça ouvre la porte à des demandes de changement et donc, aux dépassements de coûts.

    Option 3 : Mixte. Un heureux mélange d’internes et d’externes. On serait portés à croire que cette option n’a que les avantages des deux autres options mais ce n’est pas vraiment le cas. Les projets informatiques sont comme toute organisation, ils avancent toujours à la vitesse des plus lents du groupe.

  10. En santé c’est une véritable passoire …comment expliquer que vous pouvez subir un examen pour la même pathologie chez quatre praticiens différents en trois jours .
    Puis vous allez chez deux médecins le même jours et obtenez deux prescription identique que vous ( encaissés ) dans deux pharmacies différentes sans problèmes…..

    c’est l’illogisme volontaire du gouvernement du Québec ,

  11. François , si tu vas au privé tu peux même en voir plus ,deux le matin , 2 l’après-midi et un autre le soir . Par contre que le doc soit au privé n’est pas un gage de compétence , loin de la , la rapidité est la seule avantage assurée !

    • M. Dufort,
      Mme Marcotte vous demandait hier quelle était votre source et vous ne semblez pas avoir répondu et en rajoutez aujourd’hui… Où est votre source ou sommes-nous en train de jouer à l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.?????…

    • Qu’entendez-vous par source , ce n’est pas un secret d’état , vous pouvez vous même le faire , source de quoi ou de qui , n’importe quel médecin vous le confirmera ….vous en voulez encore , des patients externes des centres de psychiatries sectoriels vont chercher leurs zantax, zoloft et autres membres de ces deux familles et les vendent à la sortie de leur rendez-vous . La source…. la rue…sortez un peu l’ours est moins dangereux que es push ers…

    • Quels pauvres arguments pour justifier des écrits non prouvés. Je m’abstiendrais plutôt que d’écrire des niaiseries…….Certaines personnes pourraient vous croire et le répéter à d’autres et pourraient passer pour des menteurs….

  12. Pour avoir effectué plusieurs mandats dans le secteur public je peux confirmer qu’ils n’ont aucune difficulté à attirer et retenir du personnel de qualité. Les grands responsables sont évidemment la sécurité blindée et le fond de pension.

    Le paradoxe est que malgré que le personnel soit très qualifié les organisations sont souvent peu efficace et peu productive. La bureaucratie devient sans cesse plus intrusive et kafkaïenne et pour tout dire la sécurité blindée, l’absence d’évaluation ne sont pas de grands motivateurs, entre autres…

    Autre paradoxe, malgré les dépenses pharaoniques les systèmes sont très souvent désuets et obsolètes, on dépense allègrement pour satisfaire la convention collective alors on tente d’économiser côté équipements et systèmes. C’est que voyez-vous un logiciel ou un router ça ne fait pas la grève ni de piquetage devant l’entrée du building. Évidemment les systèmes «passé date» doivent éventuellement être remplacés, souvent parce qu’on ne trouve plus de pièces ou que les fournisseurs ne les maintiennent plus, généralement les travaux sont urgents, ce qui est propice aux dépassement du coûts et on doit souvent faire appels à des consultants.

    Question consultant toutes les combinaisons sont essayés, généralement au fil des «réorg» on change d’approche, on a soit pas de consultant, des consultants qui aident les employés réguliers ou encore des projets à l’externe. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’en général peu importe la façon choisie ça finit par coûter très cher et la productivité générale reste faible.

    Le responsable pour ça ce ne pas la gestion des consultants mais plutôt la faible productivité inhérente à la fonction publique syndiquée.

    • A fréquenter la tribu du fonctionnarisme , la tendance à déteindre sur les consultés est plus qu’évidente ! Beaucoup de consultant qui peinent eau et sang se mettent à fantasmer sur les avantages certains de leurs commettants et cette quête d’en devenir affecte ainsi la productivité de ces derniers. Peu ou pas de fonctionnaire rêvent de devenir consultant ,
      l’effet d’entrainement est donc unidirectionnelle .
      Facile de conquérir un fonctionnaire , il suffit de le déresponsabilisé et le tour est joué .De nature , il recherche la protection que l’improductivité lui procure , le rendant semblable à sa communauté et donc invisible dans la foule.

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