Ça veut dire quoi le « parti de l’économie »? + autres nouvelles

L’ex-vice première ministre et maintenant animatrice de l’émission du midi au 93,3 de Québec, Nathalie Normandeau, a déclaré au micro qu’elle ne croyait plus que le Parti libéral de Philippe Couillard était le parti de l’économie. (Écoutez ici la conversation avec Mario Dumont) Bien. Difficile d’argumenter contre ça lorsqu’on voit l’état de l’économie québécoise.

Cela dit, un gouvernement doit-il être le principal générateur d’emploi? Quel est, exactement, le rôle d’un gouvernement en matière économique? Voilà la question! Et en prime, celles que je récupère du blogueur Antagoniste.net sur sa page Facebook.

Quand on parle d’être le « parti de l’économie » dans les médias, de quoi parle-t-on ?

D’être le parti des subventions, des programmes de stimulations économiques, d’être le parti de l’intervention, du dirigisme et du favoritisme? Être le « parti de l’économie » c’est subventionner les éoliennes, payer un aréna de 400 millions à Québec, perdre 1 milliard dans Quebecor, faire un bailout à Bombardier et « investir » dans des projets pétroliers boudés par le privé?

Si c’est ça être le parti de l’économie, alors on peut passer notre tour. Ce sont les « partis de l’économie » qui ont tué l’économie du Québec en voulant mettre leur nez partout avec l’argent des autres.

Le directeur du think tank Macdonald-Laurier Institute, Brian Lee Crowley, dans un article de ce matin du National Post, met en garde les citoyens. Vous serez nécessairement déçus, leur dit-il. En parlant des attentes suscitées par l’arrivée du gouvernement Trudeau (elles pourraient également s’appliquer au gouvernement libéral de Philippe Couillard), Crowley met le doigt sur le véritable problème: cette idée que le gouvernement peut tout régler.

Now the Liberals are back with an ambitious agenda to stimulate the economy, bolster the middle class, reduce inequality, save the planet, revolutionize relations with aboriginal people, build green infrastructure, make peace with the public service, renew the military’s equipment (that comes up a lot, doesn’t it!), save medicare, and much more to boot.

In this they will almost certainly fail more than they will succeed because the reason so many of these problems remain unresolved is not bad intentions or “lack of political will.” They remain unresolved because government is actually a poor instrument for solving most of them and the little government can do is entirely incremental, not revolutionary.

The looming crisis of our democracy is the growing anger sparked by the clash between the public’s expectation that every problem can be legislated or regulated away by omnipotent government, and the reality that governments struggle every day to do relatively simple tasks like deliver the mail, build needed infrastructure and equip our soldiers. Contrary to the expectations of many, this anger cannot be appeased by the election of an activist government. It will be exacerbated until the public’s exaggerated expectations can be brought into line with government’s actual abilities.

Quant au texte du chroniqueur Alain Dubuc de La Presse, je crois à mon humble avis qu’il fait erreur lorsqu’il suggère que le problème se situe au niveau de la « structure de gouvernance » de l’équipe économique du gouvernement Couillard.

Pour qu’un chef d’orchestre économique émerge, il faut revoir les structures de gouvernance pour éviter l’éparpillement de l’action. Il faut aussi un ministre qui dispose d’un poids politique au sein du gouvernement et de la capacité d’être la voix économique du gouvernement et d’exercer un leadership dans le domaine auprès des acteurs économiques et de la population dans son ensemble.

Philippe Couillard, dans l’entrevue de fin d’année qu’il accordait à mon collègue Denis Lessard, disait : « On contrôle trois choses : la taxation, les infrastructures et les politiques d’accueil pour les investissements. » Il y en a une quatrième, à mon humble avis, et c’est la vision et le cadre stratégique d’un gouvernement. Et ça prend quelqu’un pour élaborer cette vision, l’imposer à l’appareil gouvernemental et la faire partager.

Le « problème » n’est pas dans les structures de gouvernance qui « éparpillent l’action » entreprise par le trio économique de Philippe Couillard. À mon avis, le problème, c’est qu’à la tête de cette structure de gouvernance s’y trouve un chef de gouvernement qui ne pêche pas par excès de cohérence.

Peut-être Dubuc voulait-il suggérer, bien poliment, que le PM délègue davantage ce « leadership » en matière économique qu’il dit éparpillé. Si c’est cela, alors j’avoue que l’idée est bonne. Il resterait à savoir si une personnalité telle que celle de Philippe Couillard en est capable ou si elle est plutôt celle qui préfère « micro-manager » son équipe ministérielle. On verra bien. Pour l’heure, ce que le premier ministre croit comprendre parfaitement, c’est son système de santé. En ce sens, le ministre Barrette a les mains libres. Pour les autres, voyez le dégât: le projet de loi 59, l’éducation, Bombardier…

Mon opinion

Je crois que les gouvernements nationaux ont de moins en moins à voir avec la santé d’une économie mondialisée. De plus en plus, le contexte mondial et le prix des matières premières participent beaucoup aux cycles économiques. S’ils réussissent à échapper aux effets dévastateurs des récessions en étant prudents et plus conservateurs lors de périodes plus douces, c’est déjà beaucoup leur demander.

Cela dit, d’autres facteurs importants, particulièrement dévastateurs au Québec, sont structurants en matière économique et enlèvent une marge de manoeuvre aux citoyens, aux entrepreneurs pour créer la richesse: le vieillissement de la population, l’état des finances publiques et de l’endettement, la trop forte présence des syndicats qui limite la liberté entrepreneuriale et effraie la relève, la rigidité des lois du travail, l’absence de concurrence réelle, etc.

Tout cela se traduit par des monopoles (publics ou privés), la fuite de nos meilleurs agents d’innovation, l’état pitoyable des infrastructures, le trop lourd fardeau des taxes sur la masse salariale, et je dirais même, le gaspillage énorme d’investissements en éducation qui répondent de moins en moins aux demandes du marché de l’emploi.

Si on avait à juger du rôle d’un gouvernement, ce serait probablement quelque chose qui tournerait autour de ça: jouer sur les facteurs structurants qui encouragent les formations académiques pertinentes, repenser les modes de production des services publics, alléger le fardeau fiscal des entrepreneurs, etc.

Malheureusement, on en est loin. Il semble que la plus récente obsession du premier ministre soit les changements climatiques.

L’avenir des syndicats dans le secteur public devant la Cour suprême des États-Unis

Parlant de facteurs structurants pour l’économie, l’avenir des syndicats dans le secteur public sera soumis à la Cour suprême des États-Unis. La Cour commencera à entendre les arguments le 11 janvier prochain. Lisez ici.

Le Québec, chef de file en matière de taxes sur la masse salariale

Toujours sur le thème des facteurs structurants d’une économie prospère, excellent blogue de Michel Hébert dans lequel il reproduit un tableau comparant les taxes sur la masse salariale et les cotisations sociales des employeurs, par province. Pas mal cute.

TaxesMasseSalariale

Un referendum obligatoire avant de modifier le mode de scrutin au Canada

Énormément de textes à l’extérieur du Québec portant sur la promesse de Justin Trudeau d’introduire un mode de scrutin proportionnel à la prochaine élection fédérale. Cette fois-ci, cela vient du Globe and Mail. Curieux qu’on n’en fasse aucune mention dans les journaux québécois.

Electoral reform of this magnitude is not regular legislation. This isn’t the usual business of government: reworking the tax code, amending criminal law or rethinking how and where government spends. All of these moves can be undone by a subsequent administration, as the Liberals are about to do with much of the Tory legacy. Rewriting the rules of democracy isn’t like that.

Electoral reform will not just change government. It will change who forms government, and who has political power. It will decide who governs, and who does not. It cannot be left to politicians – particularly politicians soon to be seeking re-election – to decide this.

À propos de Uber

Saviez-vous qu’un utilisateur de Uber doit recopier lui-même sur son téléphone, le facteur de multiplication qui s’appliquera au tarif de base? Et les gens se disent victimes? Allons donc. Gimme a break. Voyez ici un article qui raconte l’aventure de quelqu’un de Edmonton. Comme le titre le dit, Uber n’est pas à l’abri des idiots.

En complément, un texte signé Philippe David.

4 réflexions sur “Ça veut dire quoi le « parti de l’économie »? + autres nouvelles

  1. Sur Uber: Ca arrive tout le temps, mais personne parle des fois que les chauffeurs de taxi prennent des chemins weirds en t’allongeant de 20$. Fais l’addition des crosses que t’as pa vu et celle que les gens acceptent lors du « surge » et je suis pas mal sûr qu’on capote pour rien.

  2. Uber…comme je l’ai lu récemment, ça me fait penser au gars qui va au resto avec sa blonde un samedi soir (le soir le plus dispendieux), qui commende ce qu’il y a de plus cher sur le menu et la bouteille de vin la plus coûteuse, qui signe et paie la facture mais qui veut contester le tout le lundi matin sous prétexte que le restaurateur l’a « four.. »!

    Apparemment, « Juripop » se mêle maintenant au dossier… Z’ont du temps à perdre là-bas.

    Pour le reste, le Québec me désespère. Je croyais vraiment et sincèrement qu’avec Couillard, Leitao et SURTOUT Coiteux, que nous aurions enfin droit à une certaine réforme majeure du modèle québécois notoirement onéreux et inefficace mais je me rends bien compte que nous sommes dirigés par des nouilles mollassonnes qui ne veulent surtout pas ébranler les structures qui, justement, font de nous des dépendants économiques du reste du Canada, bref, des BS corporatifs.

    Je suis presque dégoûté…

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