Déficits monstres? Pas grave. Parlons sacs de plastique

Vous pouvez également écouter ma chronique sur le sujet ici – Si les citadins de Montréal sont fiers de leur maire, alors le mystère Montréal est bien vivant. Ces jours-ci, on parle de l’interdiction de sacs de plastique. Viendra plus tard l’interdiction des bouteilles de plastique. Plastique… Hmmm. C’est pas fait avec du pétrole ça? Suis-je parano? Qui peut bien être derrière cette dernière initiative? Même les sacs dégradables seront interdits. Non mais tsé… Tant qu’à faire. « Un choix de société », y paraît.

J’A-DO-RE les « choix de société »…

Pendant ce temps, le Canada annonce un retour aux déficits. Qu’importe les sacrifices qui ont dû être faits pour en revenir à l’équilibre budgétaire, les pertes d’emplois dans la fonction publique fédérale… les programmes qui ont fait l’objet de sérieuses réformes…Tout ça, c’était pour rien. On a voulu rêver. Rêvons.

On a voté pour des déficits, et on sera servis. Le ministre fédéral des Finances nous dira que presque 10 milliards $ du prochain déficit sont dus à une baisse des revenus. Le cash ne rentre plus. C’est le déclin économique. Moins d’impôts sur les revenus des particuliers (-7,6 G$), moins d’impôts sur les profits des sociétés (-1,2 G$), plus de prestations d’assurance-chômage (+2,5 G$), etc.

La journaliste du Devoir, Hélène Buzzetti, reste positive. « Les libéraux assument leurs déficits ». Ah ben, s’ils assument leurs déficits… ça doit être correct! Y’a là matière à réjouissance, non? En autant qu’on s’assume. Et puis, est-ce que Stephen Harper n’avait pas fait de même?

« De la même manière que Stephen Harper a creusé en 2009 un trou budgétaire de 54 milliards de dollars à peine trois mois après avoir promis en campagne électorale des budgets équilibrés…« , rappelle-t-elle.

Ben oui. 2008-2009. Ça ne vous rappelle rien? La pire crise financière depuis la Grande Dépression. ÇA, c’était une crise. Qu’importe, selon Bob Rae.

BobRaeDéficits

Bon. OK. Venant de Bob Rae, celui qui a tellement endetté l’Ontario jadis que les gens ont élu le méchant conservateur Mike Harris deux fois de suite pour faire le ménage après. Faut lui pardonner. (Bob Rae fait maintenant partie de la grande famille du Parti libéral du Canada).

Alors ne nous illusionnons pas. Le déficit qui sera annoncé en mars prochain sera très important. De plus, aucun retour annoncé à un équilibre budgétaire pour l’instant. Pas grave. C’est le temps d’emprunter. Les taux d’intérêt sont bas. Et puis… les économistes sont d’accord.

L’économie canadienne est-elle en santé? Il semblerait que non. A-t-on un problème de productivité? Il paraît que oui. Les entreprises n’ont pas investi quand c’était le temps, quand la monnaie était plus forte. Aujourd’hui, elles réclament de l’aide. Scénario connu.

Et puis, il est vrai que la chute du prix du pétrole et des matières premières fait mal. L’Alberta ne sera plus la mamelle de la péréquation. Si la province a contribué, entre 2000 et 2014, 200 milliards $ à la fédération canadienne, ces jours-là sont terminés. C’est 200 milliards AU NET, ça, les amis. Vingt milliards (20) annuellement pour les années 2007 et 2008. On se plaignait, à ce moment-là, de la maladie hollandaise. Une monnaie forte (due à un prix du pétrole élevé) nuisait au reste du pays, disait-on.

Bon ben. Notre monnaie est faible. Ça va-tu mieux là?

L’économie canadienne doit être diversifiée, raconte-t-on. C’est la ligne officielle qui, au passage, plaît bien aux groupes qui veulent en finir avec les hydrocarbures. D’autres racontent qu’elle est la plus diversifiée qui soit. Bon. OK. On va laisser les économistes s’obstiner là-dessus. Mais par-dessus déjà tous les défis qu’on aura à relever pour attirer les investisseurs et les emplois, quand j’entends les politiciens ces temps-ci avec leurs obsessions vertes, je me dis qu’on ne s’aide pas. Y’aurait-tu pas moyen de se calmer les nerfs un peu là? Il me semble qu’on a assez d’un contexte mondial périlleux sans en rajouter?

Les réglementations excessives, les concepts « d’acceptabilité sociale », les « test-climat », les sacs de plastique, on a-tu vraiment besoin de se nuire à nous-mêmes en plus de tout le reste? Je comprends que c’est rendu une business. Le monde de la gestion n’est pas à court d’idées pour créer des opportunités d’études, de nouvelles vagues et de nouveaux mots-clés. Mais sérieusement là, n’investissons-nous pas trop dans l’économie de l’irréel plutôt que de comprendre une vérité toute simple: la création de la richesse, ce sont d’abord les entrepreneurs eux-mêmes qui la créent. Et si trop d’impôt tue l’impôt, trop d’embûches tue l’innovation.

Les grands de ce monde et le club des écolos doivent être heureux ces jours-ci. Il est, de fait, de plus en plus difficile de justifier des projets d’exploitation de nos ressources naturelles quand ce n’est pas le gouvernement lui-même qui les beurrent à coups de BAPE, de comités de consultation ou de concepts fumeux. Ce ne sont pas eux, évidemment, qui perdent leurs emplois. Grassement subventionnés par leur clergé, ils occupent de beaux bureaux, se promènent en Jet, et font la morale aux chefs de famille lorsqu’ils reçoivent un prix de leur « Académie ».

Mais en réalité, pas trop besoin d’idéalistes et de coreligionnaires de la pensée verte, ces temps-ci, si vous voulez mon avis. L’économie est déjà assez cruelle comme c’est là. Le principe de précaution, il devrait également s’appliquer dans vos ardeurs idéologiques, non? Et puis, une transition a-t-elle besoin d’être aussi brutale et douloureuse pour ceux qui finissent par être les seuls à payer la note?

P.S. Tiens. Un autre exemple de réglementation fo-folle ici.

10 réflexions sur “Déficits monstres? Pas grave. Parlons sacs de plastique

  1. La compétitivité du Québec? En voilà un exemple:

    Ériger une éolienne au Québec coûte près de 70 % plus cher que n’importe où en Amérique du Nord, selon ce qu’a appris notre Bureau d’enquête.
    En raison des conventions collectives, il en coûte 250 000 $ pour monter une éolienne au Québec tandis que, partout ailleurs, c’est plutôt une moyenne de 150 000 $.
    Ces 100 000 $ de différence équivalent à payer un travailleur de la construction à ne rien faire pendant un an.
    Par peur de représailles, l’industrie se fait discrète.

    http://www.tvanouvelles.ca/2013/06/03/energie-eolienne–70–plus-cher-au-quebec

    • Selon Justin, on va devenir des leaders mondiaux au Canada dans les énergies vertes. On est aussi bien de se lever de bonne heure pour battre la compétition.

  2. Choix de société? Il y longtemps qi il ny a plus de choix de société au Québec! Ce sont en réalité des choix de lobby, de groupe de pression, quelques personnes qui on un accès facile aux médias, d ou le poids démesuré de leurs arguments. Il va sans dire que les politiciens récupère la balle au bond, leur permettant ainsi de collecter plus de taxes…
    Je trouve vraiment déplorable de voir cette complicité volontaire des médias, sans même rechercher d’opinions contraires, ne serais ce que pour créer un débat…
    ,

  3. Pingback: CHRONIQUE: Enfin le retour aux déficits + Qui veut coucher avec Bombardier? – Le blogue de Joanne Marcotte

  4. C’est quoi ce besoin obsessif de vouloir prouver au « Monde entier » qu’eux ils ne l’ont pas l’affaire?? On va leur montrer car nous on sait sans conteste que l’avenir sera vert ou ne sera pas.. et en avant le virage vert à 180 degrés sur les chapeaux de roues

    Le scandale c’est que ce risque, ce « crois ou meurs », nos illuminés de politiciens le font assumer par les contribuables d’une petite société vieillissante déjà la plus taxée en Amérique du Nord.

    Verdict: Aveuglement causé par un orgueil nationaliste qui relève de la pathologie,

    Le syndrome de la grenouille qui se veut plus grosse que le bœuf.. un symptôme du mal être collectif que nos intellectuels masochistes s’affairent à perpétrer de génération en génération.

    Je pense que devant notre impuissance face au délire écologiste nationaliste en cours, il ne reste aux esprits rationnels qu’à déplorer qu’on en soit rendus là.. une forme de fatalisme devant ces sourds qui ne veulent rien entendre..

    Reste à se recroqueviller en position de fœtus dans l’attente de la catastrophe qui ne saurait tarder mais dont il prendra des années à s’en remettre.. les jeunes générations vont vite se rendre compte que la récréation est terminée!..

    • Pas sûre, Hélène, qu’on peut relier les excès des écolos anti-développement au nationalisme. Il me semble plus que c’est un mouvement supra-national. Il transcende les nationalités. À preuve, COP21

  5. Faut se rappeler aussi que les conservateurs étaient minoritaires à l`époque. Le NPD et le PLC ont forcés les conservateurs à faire d`énormes déficits. Sinon s`était le retour en élection.

    http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/200811/27/01-805049-lopposition-prete-a-renverser-le-gouvernement-harper.php

    Une chose est sûr, le gouvernement Trudeau a les écolos bien collés au derrière et ils sont pressés :

    http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201602/23/01-4953698-reduction-des-ges-des-groupes-veulent-quon-ne-perde-pas-trop-de-temps-a-consulter.php

  6. Pourquoi alors se voir comme chef de file? L’orgueil nationaliste n’y serait pour rien?

    Nous sommes une province endettée et on n’a pas les moyens de pareilles ambitions!!

    Tous les partis au Québec sont écolos.. me semble, plus encore, que les partis au fédéral.

    Oui Philippe Couillard semble avoir trouvé la Lumière à Paris mais que fait l’opposition?

    Qui ne dit mot consent! le Québec pays serait tout autant vert que ne l’est la province de Couillard..

    Le discours de PKP et son pays tout à l’électricité? La Tesla choisie pour se marier.. les éoliennes, etc..

    Et Legault?? même vision rétrograde que les deux autres partis sur le modèle québécois

    Si au moins il existait un parti conservateur au Québec comme c’est le cas pour le Canada. pour équilibrer les débats..

    Peut-être pense-t-on réussir avec l’électricité du Québec ce que l’Alberta a réussi avec son pétrole?

    Les nationalistes pour faire la séparation et le PLQ comme monnaies d’échanges contre le passage de l’oléoduc sur le territoire québécois??

    Joanne, avez-vous lu le contrat mal foutu par le PQ dans le dossier Anticosti.. aucun droit de retrait pour le gouvernement mais pour les autres partenaires, oui?? Je dilapide, tu dilapides, il dilapide…..

    Chose certaine, difficile de demeurer sereins devant la bêtise de nos politiciens..

    Des plus Inquiétant!

    .

    • Entièrement d’accord avec vous Hélène, pour la dette c’est à croire qu’aux yeux des « écolos » et compagnie que tout va très bien comme dans la chanson « Tout va très bien, Madame la marquise ».

  7. Un Canadien (en comptant bébés et vieillards) doit dépenser environ de 1400$ à 1700$, dépendant de la province où il vit, pour servir la dette publique dans son pays. Évidement pour un Québécois on est déjà à 1700+…

    Un américain, malgré tout le boucan concernant l’immense dette, moins de 1000$ en incluant la dette des états.

    (Ces calculs sont faciles à faire en observant la part du service de la dette dans les budgets)

    De plus les ménages Canadiens sont eux-mêmes beaucoup plus endettés que les américains (qui ont beaucoup et très douloureusement corrigé leur situation), en fait à 171% du revenu ils sont les plus endettés du G7.

    Il reste peu de marge fiscale au Canada et les perspectives de croissance sont déjà médiocre à cause du plongeon des ressources et du pétrole.
    Mais ce n’est rien à côté de ce qui va nous arriver quand le mirage de crédit dans lequel nous vivons vas se corriger.

    L’économie Canadienne doit se renouveler, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce que vous auriez intérêt à comprendre le plus tôt possible c’est à quel point et combien ça va faire mal.

    Il n’y a qu’une seule recette pour retrouver le chemin de la prospérité: les gouvernements doivent se tasser, et laisser les entreprises entreprendre (et laisser les perdants perdre…). Au moment où on dilapide les fonds publics pour ressusciter Bombardier et qu’on menace d’exclure Uber à grands coups de réglementations et de redevances, mettons qu’on part de loin!

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